mardi 7 juin 2016

La "Der des Ders" pour le croiseur Colbert à Bordeaux


Ça y est. Il est donc de retour sur la Garonne, et désormais stationné à quelques encablures de son ancienne place quai des Chartrons à Bordeaux. Dimanche 5 juin au soir, le croiseur Colbert est arrivé de Brest dans le port de Bassens pour y être démantelé. 

Deux ans après l'annonce de son retour (funeste) à Bordeaux, et dans la suite du porte hélicoptères Jeanne d'Arc, voilà que le croiseur Colbert de la Marine Nationale se dirige lui aussi vers la casse.
Et quelque part, c'est une part du port de Bordeaux qui va disparaître avec ces 10 000 tonnes d'acier, le croiseur étant resté amarré sur les quais des Chartrons comme musée pendant quasiment 14 ans, et ce jusqu'en 2007.

Lire aussi sur le blog: La Jeanne d'Arc est arrivée à Bordeaux


Désarmé et immobilisé depuis dans un cimetière pour navires en Bretagne, le Colbert (un patronyme prestigieux, puisque celui du célèbre ministre de Louis XIV, qui entre 1669 et 1683, alors Secrétaire d'Etat de la Marine, donna un sérieux coup de fouet à la "Royale") vient de passer ces dernières années à dépérir.
Et c'est couvert de rouille qu'il arrive à Bassens, à l'entrée du Port de la Lune, pour une opération de démantèlement - et désamiantage surtout - qui devrait durer 18 mois. A noter qu'avant l'an 2000, on coulait les bâtiments de la Marine !

Le Colbert était un croiseur anti-aérien comme on en fait plus aujourd'hui dans la Marine. Sa carrière s'est étendue de 1956 à 1991, point d'orgue de sa vie opérationnelle puisqu'il participa à la Guerre du Golfe cette même année. Cependant, le Colbert ne tira jamais le moindre coup de feu en opérations !

Son armement, plutôt conséquent, comprenait : 8 tourelles doubles de 127mm anti-aérien et anti-surface, 10 tourelles doubles de 57mm anti-aérien. Tout cela dans sa configuration de 1959.

Après une modernisation entre 1970 à 1972, il pouvait opérer :
  • 4 rampes lance-missiles anti-navires Exocet « MM 38 »; 
  • 2 rampes lance-missiles anti-aériens moyenne portée Masurca;
  • 6 affuts doubles anti-aériens de 57 mm;
  • 2 tourelles simples anti-aériens et anti-surface de 100 mm;
  • 1 zone d'appontage sur la plage arrière pour hélicoptères.

En son temps, le croiseur Colbert apparaissait comme un fleuron de la Marine française, en matière d'électronique notamment (radars, central d'informations). Il fut à ce titre le navire amiral de l'Escadre de Méditerranée, basée à Toulon. Dans sa configuration de guerre, il pouvait embarquer un contingent de 2 400 hommes.

Le Colbert rejoint donc la célèbre Jeanne d'Arc à Bassens, sa dernière résidence. Vous avez d'ailleurs l'occasion de les apercevoir depuis le pont d'Aquitaine. On ne pourra s’empêcher de penser qu'il n'avait nul autre endroit où finir !


© PHOTO LAURENT THEILLET POUR SUD OUEST

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