mercredi 1 juin 2016

Le CAPRI lance sa campagne digitale de prévention de la radicalisation



Le centre d'action et de prévention contre la radicalisation des individus, association basée à Bordeaux, lance officiellement sur les internets sa vidéo de contre-discours, véritable étendard d'une campagne digitale plus globale. 

C'est dans la foulée du colloque européen sur la communication des villes face à la radicalisation violente que le CAPRI bordelais a lancé sa campagne digitale, avec comme outil majeur une vidéo de contre-discours. Le centre avait d'ailleurs présenté la version définitive de cette dernière lors de la conférence internationale du 27 mai, et dont Bordeaux était l'hôte de l'édition inaugurale.

Au cours de ce colloque, ce sont les représentants de 18 villes européennes qui ont partagé leurs expériences et méthodes de lutte contre la radicalisation (que l'on parle d'islamisme radical, ou d'extrêmes politiques).

Lire aussi sur le blog: Bordeaux représentée au sommet mondial des villes contre l'extrémisme


Et je vous propose ci-dessous de visionner la vidéo en question. Celle-ci reprend et détourne les codes de manipulation précisément employés par le groupe "état islamique" aujourd'hui, notamment l'utilisation d'images épiques, souvent tirées de productions hollywoodiennes (un comble n'est ce pas ?), ancrées dans l'imaginaire collectif, chez les jeunes surtout. Les jeunes qui sont bien sûr la principale cible du recrutement des djihadistes.

En utilisant le même ton et montage, le CAPRI tente de démontrer par quels moyens et avec quelle facilité parfois ces radicaux réussissent à faire passer le message. La prévention par l'exemple donc.

La vidéo:


A titre personnel, je noterai que la vidéo se démarque très nettement, avec son ton presque menaçant, du reste de la campagne digitale, dont vous pouvez voir deux "affiches" dans cet article. Ces dernières dégagent en comparaison une atmosphère bien plus paisible.

En tout état de cause, il demeure très difficile à ce jour de juger de la méthode quand on sait que toutes les initiatives existantes n'ont été lancées que très récemment. Leur impact mettra donc du temps à être mesuré.

En revanche, pour certains, on peut déjà cerner ce qu'il ne faut pas faire ! C'est le cas du politologue allemand Asiem El Difraoui, spécialiste du djihadisme. et cofondateur de la fondation berlinoise Candid.
Présent en tant que l'un des invités phare du colloque européen sur la communication et le contre discours face à la radicalisation, celui-ci a sèchement critiqué la campagne vidéo de la ville de Liège, en Belgique: « Vous n'avez visiblement pas pris l'ampleur du problème. C'est une vidéo d'office de tourisme alors qu'on cherche à s'adresser à des gens totalement exclus ! »
En effet, selon lui, la communication liégeoise, qui vante les qualités de la ville et de sa jeunesse comme on pourrait le voir dans n'importe quelle campagne de promotion (Euro 2016 par exemple) fait passer le mauvais message. Pire, l'ennemi l'utilisera sur ses cibles en dénonçant cette propagande qui cache la misère et l'exclusion sociale. Or, les exclus sont la base même des profils susceptibles de tomber dans la radicalité...

A vrai dire, le point de vue d'Asiem El Difraoui est aussi partagé en France par de nombreux experts du djihad et du monde musulman. La campagne du gouvernement français sur Twitter "STOP DJIHADISME" est à ce titre largement critiquée. Pour ce courant de pensée, il faut cesser d'infantiliser, de vulgariser le contre-discours, et également se montrer honnête en reconnaissant par exemple les erreurs commises par la communauté internationale, le but étant de tuer dans l’œuf les arguments des recruteurs.

Découvrez la campagne digitale du CAPRI sur radicalisation.fr


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