mardi 21 juin 2016

Les forces spéciales Terre devraient totalement passer sur NH90


Lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le général de Saint-Quentin, commandant des opérations spéciales (COS), a révélé qu'il faudrait rapidement remplacer tous les hélicoptères de manœuvre du 4e RHFS par des NH90 "Caïman". A ce jour, seuls 6 modèles ont été commandés sur 24.

Nous sommes un samedi après-midi, le 18 juin, sur la piste des 24H du Mans. Comme c'est souvent le cas lors de grands événements sportifs, une unité d'élite offre une démonstration à la foule. En l’occurrence ici, ce sont les commandos du 1er RPIMa qui viennent remettre à l'acteur Brad Pitt le drapeau tricolore, afin que ce dernier donne ensuite le départ de la course automobile.
Sauf qu'un détail, passé totalement inaperçu auprès du public et des médias, a fait bondir les initiés (enfin...on les compte sur les doigts de deux mains mais j'en fais partie !). Nos hommes des forces spéciales sont arrivés en hélicoptère NH90 Caïman pour effectuer une descente en rappel, un "aérocordage".

Pour bien comprendre, il faut savoir que le NH90, fabriqué par Airbus HC, est le dernier hélicoptère à être entré dans les forces françaises. Le plus moderne de la flotte donc, et qui apporte une autonomie, une maniabilité et une capacité d’emport nettement plus importantes quand on les compare à nos vieux Puma et Cougar (rénovés certes).

Les NH90 ont été déployés par l'Armée de Terre pour la première fois l'année dernière, au Sahel. C'est d'ailleurs avec de très belles images en vol tactique (ci-dessous) qu'on les avait vu extraire une unité d'élite (pas du COS, je parierais plutôt sur le 2ème REP).


Et si le NH90 n'est à ce jour arrivé que dans les régiments d'hélicoptères de l'Armée de Terre (RHC), il n'est prévu d'en doter son régiment d'hélicoptères des forces spéciales, le 4ème RHFS, que depuis la fin de l'année 2015.
En effet, dans le cadre de l’actualisation de la Loi de programmation militaire 2014-2019, il a été décidé d’en acquérir 6 pour les forces spéciales. Une décision que salue leur commandant, le général de Saint-Quentin, pour qui « la faculté à équiper rapidement le 4e RHFS de machines de dernière génération telles que le NH-90 » est déterminante, voire même « indispensable pour assurer la mise au au bon niveau d’exigence et de capacité du COS pour les 15 prochaines années ».


Le commandant des opérations spéciales estime que « le besoin est de l’ordre de 24 appareils (...) dans le but de doter le 4e RHFS d’un même parc de machines adaptées à sa mission ». Il a également rappelé que l'homogénéisation des flottes était « un gage d’efficacité ». C'est d'ailleurs ce qui se produit avec la "migration" des Caracal vers Cazaux et l'Armée de l'air.

Toutefois, il est nécessaire de rappeler que le NH-90 devra pour cela passer par une phase d'adaptation afin d'être "customisé" pour les opérations spéciales: avionique, communications, imagerie infrarouge, armement, aérocordage (la démo au Mans a montré que sur ce point, ça fonctionnait)... Nous en avions déjà parlé sur Pax Aquitania.


Aussi sur le blog: Quelques pistes sur le futur NH90 Caïman des forces spéciales



Il faudra notamment en priorité « déplacer l’armement de sabord afin de libérer l’accès aux portières ». Et comptons sur le COS pour que les choses avancent rapidement: « Ce dossier, qui n’est pas encore abouti, revêt à mes yeux une importance particulière ».

Toutefois, ce processus d’adaptation est annoncé par le général lui-même - et non l'industriel pour une fois - comme « long et coûteux ». Rageant quand on sait qu'aucune version pour forces spéciales n'a été produite par Airbus HC alors que dans le même temps, le NH90 existe déjà dans quasiment autant de versions qu'il a de clients, c'est à dire une quinzaine. 


Voici quelques images trouvées ici et là de la présentation aux 24H du Mans:








Photos: Frederic Lert; Medias Drop; France 2.


1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Par pur souci d'exactitude je me permets de relever une erreur dans votre texte : Le NH 90 n'est pas fabriqué par Airbus Helicopters ; il est construit par NHI (NATO Helicopter Industries), société de droit français constituée en 1992 et qui regroupe Airbus Group, Finmecanica helicopters (ex Agusta-Westland et Stork (ex Fokker Aerostructures).

    Philippe Boulay

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