vendredi 3 juin 2016

Pour Couach, les PME de la défense ne sont pas suffisamment soutenues


Dans un entretien accordé à Sud Ouest, Christophe Kloeckner, le Président du chantier naval Couach, basé à Gujan Mestras sur le bassin d'Arcachon, déplore que son entreprise ne bénéficie pas des soutiens offerts par l'Etat français aux grands groupes industriels.

En parcourant l'édition du journal Sud Ouest en date du jeudi 2 juin*, on découvre une interview de Christophe Kloeckner, président de Couach, fabricant girondin de yachts et de navires militaires légers. Plusieurs informations importantes ressortent de cet entretien:
  • D'une part, les récents contrats remportés par Couach lui donnent plusieurs années d'activité. L'entreprise a ainsi pu recruter "15 à 20 personnes" supplémentaires (286 employés) et compte passer d'une production artisanale à une production en série.
  • D'autre part, Christophe Kloeckner regrette grandement que l'entreprise ne soit soutenue par aucune institution ou banque. Pour lui, à tout niveau politique, les PME sont ignorées au profit des grands groupes industriels.  

Un petit retour en arrière s'impose. Le chantier naval gujanais Couach, alors, en difficulté, a été racheté au groupe Vial par Nepteam en 2011, et depuis lors, a progressivement retrouvé la forme, jusqu'à l'apothéose avec cet accord de sous-traitance signé avec l'allemand Lürssen.
Lürssen qui a justement remporté un contrat de 1,4 milliards d'euros pour équiper l'Arabie Saoudite. Couach y obtient la charge de fournir 79 intercepteurs (le modèle "Hornet" en illustration) pour les douanes locales. Le premier exemplaire s'apprête d'ailleurs à être livré et testé.


"Une visibilité économique à deux ans", une cadence de production accélérée, cinq ans de services derrière, et donc des emplois. Et comme le souligne Christophe Kloeckner, outre tout cela, "c'est surtout un vecteur d'image très riche".


Une entreprise en manque de soutien ?

Nous pourrions également évoquer les deux patrouilleurs destinés au Yémen (bloqués juridiquement en Gironde pour cause de conflit armé), la possibilité d'un contrat pour 34 patrouilleurs , toujours en Arabie Saoudite, ou enfin le marché des Yachts de luxe... mais vous l'avez compris, ça va beaucoup mieux chez Couach !

Non ce qui attire particulièrement mon attention se trouve à la fin de l'interview du quotidien régional: A la question de savoir si Couach a retrouvé de nouveaux partenaires, son Président en vient à déplorer le fait que l'entreprise ne soit "soutenue par aucun institutionnel, aucune banque".
Selon lui, la marque Couach n'a jamais été mise en avant par l'Etat, qui préfère se concentrer sur le lobbying en faveur des grands groupes. On pensera naturellement ici aux ventes de Rafale (Dassault Aviation), de navires FREMM et Mistral, ou tout récemment de sous-marins (DCNS). Alors que l'actuel gouvernement - le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian en tête - est largement loué pour son travail de VRP, on annonce chez Couach ne jamais avoir été invité à aucun déplacement de délégations à l'étranger. "Une PME comme nous n'est pas dans le radar de l'Etat", qui mise sur des contrats en milliards d'euros.

Au niveau local c'e n'est guère mieux puisque "nous avons parlé avec beaucoup d'élus, de quelque bord politique qu'ils soient, et les résultats ne sont pas à la hauteur des engagements de nos actionnaires et de nos espérances".

Une véritable surprise ! De très nombreuses PME bénéficient bien évidemment indirectement de la mise en avant et de la réussite de grands programmes (500 rien que pour le Rafale), ou même de salons dédiés comme c'est le cas des PME travaillant dans le milieu des forces spéciales avec SOFINS.
Toutefois, l'exemple Couach nous démontre que des petites entreprises ne peuvent parfois compter que sur elles-mêmes.


*Je n'ai pas trouvé le lien de la version numérique. Pas encore.


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