lundi 11 juillet 2016

Le Charles de Gaulle voit passer le NEURON et accueille le V22 Osprey

Le drone furtif NEURON, son chaperon le Rafale, et le porte-avions CDG - Photo DGA

On s'y attendait depuis quelque temps, le démonstrateur de drone de combat NEURON a effectué, le 6 juillet 2016, une série d'essais en vol avec le porte-avions "Charles de Gaulle". Le but était de tester son évolution dans l'environnement d'un groupe aéronaval.

Certains espéraient une approche de la piste d'appontage, d'autres rêvaient carrément d'une grande surprise, mais le démonstrateur de drone de combat de Dassault Aviation, le NEURON, n'aura finalement réalisé "que" plusieurs passages à basse altitude, pendant une heure et jusqu'à 1000 pieds minimum, au dessus du porte-avions français Charles de Gaulle qui croisait au large de Toulon. Et c'est bien tout ce qu'il fallait espérer de ce drone, qui n'est pas navalisé.



C'est la DGA (Direction Générale de l'Armement) qui menait ces essais afin d'étudier l'utilisation d'un drone de combat dans un environnement naval, notamment "d'évaluer la furtivité du Neuron face aux senseurs de plusieurs bâtiments de la Marine Nationale impliqués dans cette courte campagne." La DGA qui a aussi signifié qu'il n'y aurait pas d'autres essais.
Et comme je le rappelais récemment (voir article en lien ci-dessus), le drone "nEUROn" n'a pas été conçu pour l'appontage ou le décollage depuis un porte-avions, contrairement au X-47B américain qui dès le départ avait été fabriqué pour l'US Navy.
En revanche, le démonstrateur européen a déjà réalisé avec succès ses campagnes de vol et de tir.

Pour savoir si un drone de combat posera un jour son train sur un navire français, il s'agira de suivre de près l'évolution du programme franco-britannique FCAS (Future Combat Air System). Il est fort probable tout de même que cela fasse partie du cahier des doléances côté français, ces drones furtifs ayant le potentiel de jouer un rôle déterminant dans les conflits de demain... en matière de dissuasion par exemple ?
Le seul problème - comme pour la conception d'un avion européen - c'est que français et britanniques ne prévoient pas d'utiliser les mêmes systèmes sur porte-avions. Le Charles de Gaulle possède en effet un pont d'envol à catapulte, le fameux système CATOBAR, quand les britanniques ont eux opté sur leurs deux bâtiments en construction, les HMS Queen Elisabeth et Prince of Wales, pour des ponts d'envol inclinés destinés à l'emploi du chasseur F-35. 


Après les BPC Mistral, le MV22 américain qualifié sur le Charles de Gaulle ?


Et ce n'est pas tout, la Marine Nationale nous apprend que le 6 juillet, le Centre d’Expérimentations Pratiques et de réception de l’Aéronautique navale (CEPA/10S) et l’équipage du porte-avions Charles de Gaulle ont expérimenté pour la première fois la mise en œuvre d’un V22 Osprey américain. Cet appareil et son équipage venait du Squadron VMM 263 du Marine Corps américain, basé à Moron en Espagne.



Je cite: "Les expérimentations ont permis de valider l’appontage et le décollage, le stationnement prolongé moteurs tournant, le ravitaillement en carburant, le pliage, le tractage et le saisinage sur le pont d’envol. Ces travaux permettront d’accueillir le V22 à bord du porte-avionsCharles de Gaulle lors des futurs déploiements, ce qui assurera la pérennité du soutien logistique américain au profit du groupe aéronaval à l’approche du retrait du service actif des C2 Greyhound. Les capacités opérationnelles du V22 devraient aussi offrir de nouvelles perspectives dans la réalisation des missions du groupe aéronaval."

Les V22 Osprey sont des aéronefs de transport de troupes et de soutien logistique hybrides ou "convertibles". Pour les acronymes, on parlera d'ADAV en français (aéronef à décollage et atterrissage verticaux) et VTOL (Vertical Take-off and Landing aircraft).
Les rotors basculants de ces appareils leur permettent d'une part de décoller et d'atterrir comme des hélicoptères, et d'autre part d’atteindre en vol des vitesses identiques à celles des avions classiques. C'est pourquoi à ce jour, leur usage principal touche au sauvetage en territoire ennemi, la vitesse étant alors une qualité déterminante (chose qui pourrait évoluer vers la généralisation avec le remplacement des Blackhawk par le futur V-280).

Officiellement, le but est de "consacrer la volonté commune de maintenir l’interopérabilité des forces aéronavale américaines et françaises, et d’entretenir leurs capacités d’intervention conjointe". On avait en effet déjà vu le V22 sur nos BPC de classe Mistral.
Le Opsrey a de plus pour lui la capacité de se replier, ce qui le rend apte à être parqué facilement en soute.

D'autre part, on ne pourra s’empêcher de penser en constatant la forte activité des Osprey en France ces derniers temps, que du côté des Etats Majors, on doit commencer à se dire qu'il s'agit là d'un appareil fort bien pratique ! D'autant plus qu'Airbus Helicopters travaille actuellement à la conception de ce genre de modèles (seulement pour le civil à ce jour).

En tout cas, nous reparlerons très très vite sur ce blog de l'avenir réservé aux ADAV dans les armées.


Photos Marine Nationale.


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