lundi 1 août 2016

Les candidats sont connus pour le futur chasseur du Canada

Le JSF F-35 (Lockheed Martin) est-il en danger au Canada ?

Les cinq avions de combat occidentaux du moment seront présents dans la lutte qui décidera du futur de la chasse canadienne. Une course où les américains partent largement favoris, même si le Rafale français ne compte pas faire de la figuration, loin de là.

Allez, admettons le, ce n'est pas vraiment une surprise mais les cinq avions de chasse occidentaux sont au rendez-vous s'agissant du futur appel d'offres canadien. La presse locale nous apprend en effet que Lockheed Martin (F-35), Boeing (F-18), Dassault Aviation (Rafale), Eurofighter (Typhoon) et Saab (Gripen) ont donc répondu dans les délais aux consultations lancées par le ministre de la Défense, Harjit Sajjan. La date butoir était ce vendredi 29 juillet.

En effet, comme vous le savez peut-être, l'Aviation Royale Canadienne va devoir urgemment remplacer ses CF-18 datant des années 80, sous peine de ne plus pouvoir très prochainement remplir ses engagements internationaux, notamment au sein de l'OTAN. 
Le gouvernement Trudeau reconnaît lui-même ce danger, qui est né de l'annulation du choix fait en 2010 de se procurer 65 chasseurs F-35A, après que ce dernier (le programme JSF) ait accumulé retards, défaillances techniques, et surcoûts exorbitants... Un rapport public avait alors conclu que le F-35 coûterait 25 milliards de dollars sur 20 ans au lieu des 9 milliards annoncés.

Aussi, les avionneurs qui le désiraient ont donc pu répondre à un questionnaire détaillé de 38 pages portant sur les coûts et capacités de leurs appareils ainsi que sur les retombées qu’ils pourraient engendrer pour l’économie canadienne.
L'avion devra par exemple pouvoir employer les mêmes munitions que les CF-18. Dans le cas contraire le Canada voudrait pouvoir compter sur une solution "économique".
De plus, autre point important du questionnaire, quelles seront les compétences de l'appareil en milieu arctique, dans ce nouveau territoire stratégique qu'est le Grand Nord canadien ?

On ne doute pas que les avionneurs ont su répondre avec la plus grande assurance.


Un F-35 repêché de justesse
Un bref rappel du contexte: le F-35 est réellement mis en danger au Canada dès 2014, où il est accablé de critiques, on ne le juge pas plus "capable" que les avions déjà en service dans le monde. Le Rafale est d'ailleurs à l'époque cité en exemple.

Puis en 2015, les libéraux de Justin Trudeau remportent les élections et font donc tomber le gouvernement Harper, conservateur et très pro-américain. Or, une des promesses de Justin Trudeau était justement l'abandon de la participation canadienne au programme JSF F-35, jusqu'à même évoquer une éviction définitive de l'appareil pour le prochain appel d'offres ! Chose qui finalement n'aura pas eu lieu.


Alors certes en France - en Europe même - on se dit qu'il y a là une carte à jouer, que placer un avion de combat en Amérique du Nord, chasse gardée des USA, serait une formidable publicité... mais on est pas dupe non plus, comme le reconnaissait le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier dans une interview pour Challenges: « Il faudrait être sûr que nous ne soyons pas là pour jouer les lièvres ».

Boeing cherche à remplacer les vieux CF-18 canadiens par les modernes F/A-18 Super Hornet

Une lutte fratricide entre le F-35 et le F-18 ?

Il faut bien reconnaître en effet, que même avec un F/A-18 en fin de carrière chez Boeing, et un F-35 qui part avec un gros malus, l'industrie américaine est particulièrement bien ancrée au Canada, ce qui n'a rien de surprenant. C'est l'une des raisons pour laquelle le questionnaire actuel cherche à savoir quelles seraient les retombées économiques proposées par les industriels européens. 

Et la tendance actuelle, si l'on se penche sur les déclarations des spécialistes sur place, va bien vers une lutte entre américains, avec des arguments pour le moins... agressifs. Pour Ricardo Traven par exemple, pilote d'essais en chef  sur F/A-18 Super Hornet, la compétition ne se jouera vraiment qu'entre le F-18 et le F-35: « Les autres ? Nous allons les écraser. (...) Le Gripen par exemple, pour moi nous ne sommes pas dans la même classe. C'est, pour moi, un jouet ».

Les suédois apprécieront.

On sent donc bien l'excès de confiance côté américain, chez Boeing notamment, où même si l'on admet que le F-35 sera meilleur en bien des points, l'offre se présente avec un prix attractif, et une livraison rapide (il ne faudrait pas oublier que la chaîne de production est en bout de course et que le F/A-18 doit trouver client sous peu). Un Super Hornet annoncé selon la rumeur comme le favori au sein du cabinet de Justin Trudeau.

Côté F-35, un échec serait catastrophique en terme d'image. Aussi, on compte sur sa mise en service (enfin) qui "devrait" avoir lieu en ce mois d’août aux USA pour prouver qu'il s'agit bien du meilleur avion au monde. Et surtout sur de puissants lobbys, le premier d'entre eux étant probablement... la Maison Blanche.


Aussi, tout dépendra au final du résultat l’élection présidentielle américaine, une victoire du sulfureux Donald Trump donnant selon plusieurs analystes une grosse marge de manœuvre (au moins à court terme) aux industriels européens sur plusieurs marchés du globe.


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