vendredi 23 septembre 2016

Avec le Rafale, la France signe un contrat historique en Inde


Tout le monde peut enfin souffler, le contrat Rafale en Inde a enfin été paraphé ce matin par le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian et son homologue indien Manohar Parrikar. Pour presque 8 milliards d’euros, 36 chasseurs fabriqués en France, et qui seront livrés entre 2019 et 2022.

Un de plus ! Après l'Egypte et le Qatar en 2015, voici le troisième succès à l'export pour Dassault Aviation et son Rafale. Et comme à l'habitude, c'est le VRP préféré des industriels français de l'armement, Jean-Yves Le Drian, qui était là pour conclure l'accord intergouvernemental validant ce contrat stratégique pour les deux pays.


Le président François Hollande s’est félicité lui aussi de cet accord à travers un communiqué:  « Cet accord (...) marque la reconnaissance, par une grande puissance militaire et stratégique, de la performance opérationnelle, de la qualité technologique et de la compétitivité de l'industrie aéronautique française ».

Parmi la délégation française on notera la présence de la très impliquée Députée de la 6ème circonscription de la Gironde Marie Récalde, dont le territoire est - vous le devinez - l'un des plus impactés par le succès industriel du Rafale.
Marie Récalde, également membre de la Commission Défense à l'Assemblée Nationale, a réagi en rappelant, notamment après le succès de DCNS avec ses sous-marins en Australie, la "force collective française et la compétitivité de notre industrie": « C'est non seulement le savoir-faire de notre industrie française qui est récompensé, mais aussi l'engagement résolu de tous les acteurs industriels et pouvoirs publics, qui ont œuvré ensemble pour conclure cette transaction. C'est une belle démonstration de l'efficacité de notre diplomatie économique ».


Il s'agit évidemment du plus gros succès jusque ici de la Team Rafale, et chez l'avionneur français, c'est presque plus le soulagement que la joie qui transparaît ! Tout comme chez les partenaires au sein de la "Team Rafale", les géants Thales Group et Safran, qui chacun ont savouré ce moment.


Un contrat "stratégique"

"Stratégique", c'est le mot qui ressort le plus des commentaires de cette victoire à première vue - pour le grand public qui regarde avant tout l'impact sur l'emploi et l'industrie en France - commerciale.
On parle ici d'un accord épais de 10 000 pages, qui vient conclure des années de négociations, et comprend diverses coopérations stratégiques et industrielles. Nous y reviendrons évidemment très largement et plus en détails sur ce blog au fur et à mesure.

Ce que l'on sait à ce stade, c'est le prix, 7,87 milliards d'euros pour 36 Rafale, 28 monoplaces et 8 biplaces, assemblés à Mérignac (33), et une idée de la période de livraison aux forces aériennes indiennes, c'est à dire une tranche de 30 mois à compter de 2019. Il y a bien sûr une partie de transferts de technologies, c'est une condition presque obligatoire de nos jours...
Mais aussi important que la vente d'avions, c'est une formation que la France vend à l'Inde, formation des pilotes... des mécaniciens. Car c'est également tout le volet maintenance qu'il s'agira d'assurer.

Les partenaires en profitent donc largement, en particulier le missilier MBDA, partie prenante de tout contrat Rafale (entre autres), qui n'est pas qu'un avion de chasse, mais un système d'armes à part entière.

Enfin, j'aurais tendance à penser que la plus grande victoire n'est pas sur le plan industriel mais bel et bien géostratégique. L'Inde a un besoin vital de moyens aériens modernes dans une Asie qui s'arme à grande vitesse par peur de velléités chinoises. Il est d'ailleurs légitime de penser que d'autres Rafale - beaucoup plus - pourront être vendus à l'Inde à moyen terme, à sa marine par exemple qui compte se doter d'une aéronavale puissante (lire ou relire les articles sur ce blog).

Après un partenariat à 34 milliards avec l'Australie, la France vient cette année de placer des pions importants sur la scène Asie/Océanie. Désormais pour la Team Rafale, c'est la Malaisie qui est en ligne de mire.


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