lundi 26 septembre 2016

Les Rafale de Mont-de-Marsan alertés face aux bombardiers stratégiques russes


Jeudi 22 septembre 2016, ce sont pas moins que quatre pays européens, la Norvège, le Royaume-Uni, la France et l’Espagne qui ont dû mettre en œuvre leurs moyens de police du ciel afin d’intercepter et d’escorter deux bombardiers russes Tu160 Blackjack. 

Sources et photo : CDAOA/Armée de l'Air

Pour une fois, l'Armée de l'air aura pris tout le monde de court (elle est souvent critiquée pour ses communiqués tardifs, notamment sur cette question, au contraire des britanniques par exemple ) en révélant qu'une nouvelle fois, des bombardiers stratégiques russes à long rayon d'action s'étaient aventurés jusqu'à nos frontières.

Ce jeudi 22 septembre en effet, deux  Tu-160 "Blackjack" ont longé les côtes d'Europe de l'ouest. D'abord détectés par la Norvège, qui les escortait alors avec deux chasseurs F-16, puis qui laissait le relais à deux Typhoon britanniques vers le nord de l’Écosse.
Les avions russes, volant dans l'espace international, mais sous bonne surveillance donc, poursuivaient leur route en contournant l’Irlande par l’ouest, avant de se diriger vers la Bretagne.

Et c'est dans ce cadre, celui de la mission de police du ciel, qu'à "13h57, deux Rafale de la permanence opérationnelle (PO) de Tours décollent pour les intercepter à 100 kilomètres des côtes bretonnes. Ils escortent les Blackjack jusqu’au large de Mont-de-Marsan. Deux Rafale de la PO de Mont-de-Marsan prennent le relais à 14h33." 

Car la course des Blackjack n'était en effet pas terminée, ceux-ci n'ayant rebroussé chemin qu'après être allés "renifler" le long des côtes espagnoles au large de Bilbao, où nos Rafale ont laissé place à deux F-18 espagnols.

Pour plus de détails, l'Armée de l'air précise que "ces interceptions et escortes ont été menées en étroite collaboration entre les deux centres d’opération de l’OTAN du nord et du sud et le centre national des opérations aériennes (CNOA) de Lyon-Mont Verdun."
On sait aussi que durant cette mission de protection de l’espace aérien national, trois des quatre Rafale engagés ont été ravitaillés en vol.


Des incursions récurrentes

Ces aventures russes vers l'Atlantique - parfois par la Manche - se sont multipliées depuis quelques années, et la chasse européenne y réagit avec professionnalisme, et même un certain flegme. Précédemment, c'était d'antiques bombardiers stratégiques Tu-95 "Bear" qui, à plusieurs reprises, avaient volé près de nos côtes, mais on se souviendra particulièrement de cet épisode de janvier 2016, où la Marine Nationale française avait débusqué un sous-marin russe. Contrairement aux bombardiers, on doutera que celui-ci avait pour but d'être découvert. 


Naturellement, on se pose alors la question: "Mais que cherche la Russie avec de telles manœuvres ? Teste t-elle les défenses de l'OTAN ?"  Les plus inquiets y verront même une menace...
En vérité, outre offrir des interventions en conditions réelles aux pilotes de l'OTAN, le but des russes - donc de Vladimir Poutine - est éminemment plus politique que stratégique. De retour en force sur la scène internationale, la Russie s'est donnée comme mission primordiale de tenir ce rang retrouvé. Pour cela, elle se montre, fait étalage de sa puissance grâce à ses matériels les plus emblématiques ou les plus modernes (cela ne va pas systématique de pair), les bombardiers stratégiques à long rayon d'action Tu-160 "Blackjack" ou Tu-95 "Bear" en font partie.

On le voit en Europe de l'ouest, en Scandinavie (et Arctique) mais surtout bien sûr en Crimée et en Syrie. Et au moment même où notre porte-avions le Charles de Gaulle, appareillait pour la Méditerranée Orientale la semaine dernière, la Russie faisait savoir qu'elle y déployait son propre porte-avions "Amiral Kuznetsov". Un symbole fort quand on connaît le rôle diplomatique d'un porte-avions, mais une manœuvre jugée toutefois particulièrement risquée en raison de l'état inquiétant d'un bâtiment qui a connu des avaries très graves dans la période récente.


Avec 36 Rafale au Levant (dont 24 de la Marine sur le porte-avions) pour l'opération Chammal, 4 Mirage actuellement en Estonie pour la mission "Baltic Air Policing" de l'OTAN, 4 autres Mirage au Sahel pour appuyer l'opération Barkhane... voilà que le territoire national lui aussi demande la plus grande attention. Il semble bien que dans l'époque contemporaine, jamais la chasse française n'ait eu à rester sur le qui-vive de façon si permanente, que ce soit en OPEX ou sur la mission de police du ciel.


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