lundi 3 octobre 2016

A Bordeaux, Thales prépare l'aéronautique du futur



Patrice Caine, le jeune PDG (oui, 46 ans !) de Thales, géant de l'électronique dans la défense, l'aérospatiale et les transports, était ce matin l'invité du "Conseil des entrepreneurs bordelais" pour présenter la stratégie du groupe. Au même moment, les premiers employés prenaient leurs quartiers au sein du nouveau campus Thales de Mérignac.

C'est aujourd'hui une date importante pour Mérignac et plus généralement la Métropole bordelaise, car en effet, le nouveau campus de Thales, fruit d'un investissement de 200 millions d'euros de la part du groupe, est désormais opérationnel. Il accueillera à moyen terme 2600 employés.

Ce n'est donc pas un hasard si le PDG du groupe, Patrice Caine était l'invité de Virginie Calmels et du "Conseil des entrepreneurs bordelais" pour une conférence publique à l'Athénée municipale de Bordeaux.

Thales Group va bien, merci. Après une période de "stagnation", l'entreprise a renoué avec la croissance depuis 2011, et les bénéfices. Un chiffre d'affaires de 14 milliards d'euros en 2015, et un excédent brut de 1,2 milliards.
En quelques chiffres, Thales Group, c'est une présence dans 50 pays, la moitié de son CA en Europe (25% en France), et 30% dans les pays émergents, particulièrement convoités. Thales Group, c'est surtout 68 000 employés dans le monde, dont 34 000 en France qui assurent les 2/3 de la R&D et les 3/4 de la R&T.

A eux deux, l'Etat (27%) et Dassault Aviation (26%) possèdent la majorité du groupe, garantissant une certaine sécurité sur une activité stratégique, car Thales, ce sont des participations majeures à des programmes militaires ou spatiaux emblématiques. Le Rafale en est le premier symbole.

Patrice Caine

Défense: Thales, membre de l'équipe de France

Très performant quand il s'agit de gagner des petits contrats, Thales Group cherche dorénavant à multiplier les grands contrats, et le secteur défense l'aide en ce sens: "Les clients militaires raisonnent différemment du civil. Il serait inconcevable de ne pas mettre en cohérence ce que l'on vend avec la politique diplomatique et stratégique du pays."
Et de mettre l'accent sur la notion de confiance, déterminante dans ce milieu: "Les accords de défense signés par la France, et ils sont nombreux, créent la confiance avec les clients. (...) Nous avons beaucoup de chance en France d'avoir le soutien actif du Ministère de la Défense, du Quai d'Orsay, et du réseau des ambassades." 
Patrice Caine évoque même l'importance et l'efficacité d'une "équipe France", un terme - ou concept même - décidément bien intégré chez les industriels de la Défense. 

La défense, le spatial, des atouts majeurs de l'Aquitaine de Bordeaux Métropole.
Selon Patrice Caine, "Bordeaux fait partie des pôles d'excellence pour Thales. (...) Nous sommes présents sur l'agglomération depuis une quarantaine d'années, le nouveau site va nous y ancrer au moins quarante autres. Nous y préparons l'aéronautique du futur.Et de saluer l’activisme des élus locaux dans leur ensemble.

Un mot enfin sur le contrat géant remporté par le groupe naval DCNS en Australie avec ses sous-marins Barracuda. Thales y joue un coup essentiel puisqu'il travaille avec l'américain Lockheed Martin sur les parties électroniques des submersibles (sonars, communications, mâts optroniques, systèmes de guerre electronique...). Les retombées pour Thales pourraient atteindre le milliard d'euros.


C'est la rentrée à Mérignac ! 

Qu'il est allé vite ce chantier ! 200 millions d'euros ("on investit pas une telle somme tous les jours!" rappelle le PDG), neufs bâtiments sur une surface de 60 000 m², en face de l'usine d'assemblage du Rafale (Dassault Aviation). 
Les 2 600 employés qui peupleront ces locaux, issus de Thales systèmes aéroportés (Pessac), Thales Avionics (Le Haillan), et de région parisienne, vont s'y installer progressivement.



Une usine ? Non, un campus. Avec ce complexe, Thales mise sur une organisation du travail à l'anglo-saxonne, très "sillicon valley" devrais-je même dire (de la verdure, du confort de salon, des open-space 2.0, salles de réunion décloisonnées...). Pas innocent quand on sait que la révolution digitale bénéficie de l'attention toute particulière du groupe, qu'il voit comme un ensemble de technologies de ruptures. L'exemple le plus connu étant le "big data", mais on pense aussi à la cybersécurité.


PS: je découvre l'existence de la Fondation Thales, qui se penche notamment, avec des outils du Groupe, sur des crises humanitaires. Allez y jeter un oeil.

Fini les vues d'artiste ! Ceci est bien une photo du site.
Photos: Thales Group.


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