vendredi 7 octobre 2016

Des soldats français blessés en Irak.


Plusieurs soldats des forces spéciales françaises ont été blessés en Irak dans des combats avec le groupe état islamique. Ils ont été rapatriés en métropole dans la foulée. Ces commandos, qui appartiennent à la Task Force "Hydra", seraient environ 200 en Irak.

MAJ 11/10/2016: on sait maintenant que ce sont des soldats du CPA10 (principalement) et du 1er RPIMa qui ont été blessés près d'Erbil pour l'explosion... d'un drone. Le type d'attaque que l'on redoutait depuis des années.

Un bruissement sur les réseaux sociaux mercredi soir, puis plus rien. Ce n'est finalement que ce jeudi que le journaliste Jean Marc Tanguy a confirmé l'information sur son blog Le Mamouth: plusieurs membres des forces spéciales françaises ont été blessés en Irak dimanche dernier. Ils participaient à des combats contre les djihadistes de daech aux côtés des combattants peshmergas du kurdistan irakien. 

Le Ministère de la Défense ne commente pas pour le moment. Ce n'est de toute manière pas dans ses habitudes de communiquer sur l'activité des forces spéciales.

Les membres du COS (commandement des opérations spéciales) blessés, dont un au moins grièvement, ont été aussitôt rapatriés sur Paris pour être pris en charge. Souhaitons à ces hommes de l'ombre un prompt rétablissement.
De plus, deux peshmergas ont été tués nous raconte JMT, ce qui témoigne de la violence de l'attaque.

On trouve sur Facebook des pages militaires non officielles qui révèlent le nom des unités impliquées. Quand bien même la fiabilité de ces informations serait assurée, je fais le choix sur ce blog  de privilégier la sécurité opérationnelle, et vous invite plutôt à revenir sur un article paru en 2015 sur Pax Aquitania, où le service de santé des armées nous parlait de ses précieuses capacités de rapatriement sanitaire. Extrait ci-dessous.

Pas d'OPEX sans le service de santé des armées (SSA), et pas de SSA sans OPEX

La doctrine du SSA, découlant directement des RETEX, se veut comme telle: Médicalisation de l'avant, chirurgie & réanimation, évacuation. L'occasion donc de décrire tout le processus d'intervention dans les instants suivant directement la blessure.
La première cause de décès en opérations étant l’hémorragie, l'acteur premier et déterminant, est le binôme lui même. Chaque soldat doit pouvoir intervenir en urgence auprès de son camarade touché au combat. Il dispose pour cela d'une formation au "standard de soin". 
Interviennent ensuite des vecteurs médicalisés, incarnés le plus souvent par les hélicoptères, Caracal ou maintenant Caïman, ou les avions de transport légers, comme le CASA. On se démarque ici en France comme en Europe du modèle américain, où grâce aux très importantes voilures tournantes, on va privilégier rapidité à efficacité, avec un rapatriement par l'un des hélicoptères disponibles avec à son bord un "medic" depuis la zone de combat dans un temps très court. 
Quoiqu'il en soit, le transport du blessé se fait alors vers une antenne chirurgicale, domaine où la France est d'ailleurs en pointe. 
Enfin, la victime stabilisée, son rapatriement vers la métropole est effectué grâce à un Falcon ou un C135. 
L'ensemble de ce processus a un nom, le "Bout en bout". 
En 2014; ce ne sont pas mois de 1800 professionnels de santé qui ont été déployés en OPEX, pour environ 86 000 consultations, 86 000 interventions paramédicales, et 2132 interventions chirurgicales. 786 MEDEVAC ont été réalisées, incluant 75 processus vital engagé. 40% concernaient des trauma, 31% des maladies, et 21% des raisons psychologiques.
Des chiffres impressionnants qui justifient la mise en place du programme SSA 2020. Aujourd'hui ce sont 80 à 90% des médecins du SSA qui sont projetés en OPEX dans leur première ou deuxième année de service...


Photo EMA 06/10/2016: un des quatre canons Caesar français et ses artilleurs de la « Task Force Wagram » déployés au sud de Mossoul actuellement. Entre les différentes équipes de forces spéciales, de formateurs (COS toujours), ou ces artilleurs, les forces françaises "au sol" sont estimées en Irak à près de 500 hommes. Tout de même.


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