dimanche 9 octobre 2016

Le drone MALE européen RPAS volera en 2023


Le programme de drone MALE européen vient de vivre un véritable bond en avant avec l'attribution par l'OCCAR du contrat d'étude de développement à Airbus Defence & Space, Dassault Aviation et Leonardo (ex-Finmeccanica).

Illustration: le "MALE 2020" tel qu'on le voyait chez Dassault en 2014.

RPAS, volontaire ou non, cela ferait presque penser à "rapace", un nom qui irait plutôt bien à une machine capable de tournoyer des heures durant dans le ciel...
Mais RPAS, dans le jargon, cela signifie "remotely piloted aircraft system" et c'est le nouveau nom de code du projet de drone MALE (moyenne altitude longue endurance) européen. 

L'OCCAR (Organisation conjointe de Coopération en matière d'Armement) vient donc de confier la phase d'étude à trois industriels: le français Dassault Aviation, l'italien Leonardo et le très "européen" Airbus Defense & Space. Celle-ci est prévue pour durer deux ans et aboutira à l'automne 2018 à la phase de développement. 

On parle d'un vol inaugural pour 2023, avec de premières livraisons en 2025 (ce "MALE 2025" était encore il y a peu prévu pour 2020).


Ci-dessous le communiqué commun des trois industriels, qui évoque deux capacités déterminantes pour les armées européennes:
  1. Le drone est qualifié de "système aérien sans pilote de nouvelle génération dédié aux missions armées de renseignement, surveillance et reconnaissance." Personne n'en doutait plus vraiment, mais voilà la confirmation que les européens prennent la voie de l'emploi des drones armés.
  2. La certification qui le rendra capable d'opérer dans l'espace aérien "extrêmement dense" de l'Europe est une priorité.


Au Royaume-Uni, le mystérieux "Protector" tirera le missile Brimstone

Ce clivage permanent entre la Grande Bretagne et l'Europe s'appliquerait-il aussi aux drones ? Si France et Royaume-Uni se sont engagés ensemble sur la conception du drone de combat furtif "FCAS" (Future Combat Air System), l'histoire récente de l'industrie du drone militaire en Europe restera cependant marquée par la guerre fratricide entre le Watchkeeper de Thales (de fabrication largement britannique) et le Patroller de Safran qui a été choisi début 2016 pour équiper l'Armée de terre française.

On parle ici de drones dits "tactiques". S'agissant d'un MALE, les britanniques semblent là encore vouloir faire cavalier seul avec ce projet de drone "Protector". Attention, pas de méprise, ce fameux Protector n'est pas une nouvelle machine, mais une version récente du Predator B américain de General Atomics.
Un contrat de 450M £ a été passé avec les USA pour 20 de ces appareils qui viendront remplacer les 10 drones Reaper que possède actuellement la Royal Air Force .

Or, de l'autre côté de la manche, la RAF aimerait justement armer cette version avec du local, à savoir le missile air-sol Brimstone de MBDA, et la bombe à guidage laser  Paveway IV de Raytheon. Chose que l'on a pas réussi à imposer sur la précédente génération de drones américains.
Pour rappel, le MQ-9 Reaper exploité par la RAF, l'US Air Force, ou même l'Armée de l'air (qui ne les arme pas) est armé traditionnellement avec le missile AGM-114 Hellfire de Lockheed Martin

Quelques armements made in UK

Cette volonté est apparue flagrante le 3 octobre dernier alors que se déroulait  la Royal Aeronautical Society avec notamment une grande conférence sur le thème des drones. Les officiers l'ont assuré, rien n'est décidé sur l'armement du drone Protector "mais tout ce qu'il est possible de faire est étudié".

Enfin, une autre information très intéressante, ce futur drone pourrait être utile en matière de surveillance maritime, et viendrait compléter la prochaine flotte d'avions de patrouille P-8 Poséidon. On sait ce besoin immédiat en Grande Bretagne, où en raison des carences actuelles, ce sont des avions de la Marine française (des ATL2) ou canadienne qui assurent régulièrement la mission en lieu et place des britanniques au large de l'Ecosse.


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