mercredi 19 octobre 2016

Voici la FTI "Belh@rra", nouvelle frégate de la Marine Nationale


Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a révélé ce mardi lors de l'inauguration du salon Euronaval à Paris la maquette de la future frégate de taille intermédiaire (FTI), la "Belharra", du nom de cette fameuse vague géante du pays basque.
L'Etat commandera à DCNS 5 de ces FTI au design innovant début 2017, qui viendront à partir de 2023 compléter la flotte française, et notamment les 8 FREMM alors en service.

Photos et vues d'artiste: DCNS, THALES, et les nombreux twittos présents sur le salon Euronaval !


Nous parlions hier ici même de la venue à Bordeaux d'une frégate russe tricentenaire... eh bien une fois n'est pas coutume, Pax Aquitania continue sa maritimisation avec le gros sujet de la semaine: c'est bien entendu la révélation au salon Euronaval à Paris du programme FTI.

Le programme FTI verra, pour environ 3,5 milliards d'euros, la Marine se voir dotée de cinq "Frégates de Taille Intermédiaire", qui viendront soutenir les 8 FREMM (Frégate Multi Mission) qui entrent actuellement en service progressivement et surtout remplacer à partir de 2023 les frégates légères furtives (FLF) de la classe La Fayette.

La classe "Belharra" en théorie, c'est une Aquitaine (classe des FREMM) "light", plus légère, moins chère, mais presque aussi bien armée.
Et rarement une maquette aura été si attendue ! Il revenait à Jean-Yves Le Drian de la dévoiler à un public venu nombreux ce matin (l'heure de queue à l'entrée aura laissé des traces n'est ce pas ?).





Première surprise, la FTI "Belh@rra" brise d'emblée les habitudes françaises en présentant une étrave inversée ! Chose qui rappellerait presque le destroyer à 6 milliards de dollars de l'US Navy, l'USS Zumwalt.
Notre FTI garde cependant une architecture moins grandiloquente mais tout de même conséquente: une longueur de 121m (20 de moins que la FREMM, sa grande soeur), un tonnage d’environ 4 200 tonnes, et un équipage de 125 marins.
Côté armement, on retrouve un canon de 76 mm, des missiles surface-air (Aster, VL Mica) et antinavire (Exocet MM40 Block3). ou encore des tubes lance-torpilles. Un arsenal plutôt efficient dont la principale différence avec la FREMM est l'absence de MDCN (Missile de Croisière Naval), dont les livraisons commenceront d'ailleurs en 2017.
Enfin, les FTI françaises pourront emporter un hélicoptère NH-90 Caïman, voire aussi un drone à voilure tournante. 

Enfin, le navire est présenté comme entièrement numérique, connecté, ce qui sera censé améliorer tant son efficacité en mission de patrouille ou de combat, que la maintenance. On retrouve les mêmes procédés en vogue que ceux présentés pour l'aéronautique, par Thales notamment, lors du salon ADS Show en il y a un mois. 

Il faut noter que cette version de la FTI est celle répondant aux besoins de la Marine Nationale. Une autre version, dite "export" est prévue par DCNS, qui pourrait être un peu plus "punchy".


La mer s'offre aux drones et systèmes autonomes
Une autre curiosité attire mon attention, il s'agit du AUSS (Autonomous Underwater and Surface System) de Thales, c’est à dire un drone maritime hybride.
Ce drone à l'apparence de torpille a exigé trois ans de travail et la collaboration de Thales avec 19 PME.

Capable d'assurer des missions aussi variées que la surveillance des plateformes pétrolières, le renseignement militaire, le contre-terrorisme maritime ou la guerre des mines... Surtout Thales évoque une autonomie astronomique de plusieurs semaines sur des centaines de kilomètres ! 

Le groupe ambitionne aussi la création d‘une véritable filière drones dans l’industrie navale en France. Une question évoquée sur ce blog il y a moins d'un an.



Dans les airs, c'est Safran qui propose une version marine de son drone tactique Patroller, argumentant que les "20h ou plus" d'autonomie de l'appareil offrent une capacité de surveillance sans égale. Et les voix sont de plus en plus nombreuses en France à réclamer que la Marine se dote d'escadrons de drones comme l'ont déjà fait les autres armées.

La prochaine décennie s'annonce d'ores et déjà décisive pour la Royale.


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