lundi 7 novembre 2016

Ariane 6 reçoit son "Go" définitif


Jeudi 3 novembre à Paris, le conseil de l'agence spatiale européenne (ESA) a confirmé le programme Ariane 6. 1,7 milliards d'euros pour développer un lanceur qu'on annonce moins cher de 40 à 50%.

Les choses auront décidément bien avancé en deux ans (on se demandait encore à l'époque s'il fallait faire évoluer Ariane 5 ou directement passer à la prochaine génération). Un premier acompte de 680 millions avait été approuvé l'année dernière, la réunion de jeudi à Paris a mis un point final à l'attribution du budget du programme Ariane 6.

Mais avant de signer, l'ESA a d'abord dû clarifier quelques points, notamment s'agissant d'une demande de l'Allemagne de pouvoir fabriquer des éléments des propulseurs d'Ariane 6, tâche déjà attribuée à l'Italie (Avio).
Et l'Allemagne qui a finalement obtenu satisfaction, avec une seconde ligne de production pour l'enveloppe des propulseurs à poudre.

Cet accord entre les principaux contributeurs d'Ariane 6 et l'ESA permet en tout cas au conseil de l'agence de confirmer le programme Ariane 6, à savoir un programme de 2,4 milliards d'euros.



Le premier vol d'Ariane 6 est attendu avec optimisme pour 2020, pour une pleine capacité opérationnelle (donc commerciale) en 2023. 
Un programme qui se veut réactif face à la concurrence croissante, avec un lanceur modulable de 2 ou 4 propulseurs: 
  • la version A62: capacité d'emport de 5 tonnes, destinée aux clients institutionnels; 
  • A64: capacité d'emport de 10,5 tonnes, et pourra donc mettre en orbite plusieurs satellites commerciaux en même temps.

L'ESA dirige Ariane 6 oui, mais n'oublions pas que la France le finance pour moitié  (52% du programme), largement devant l'Allemagne (23%), puis l'Italie.
La France qui y a un intérêt géostratégique certes, mais aussi grandement économique, le maître d'oeuvre d'Ariane 6 étant la coentreprise Airbus Safran Launchers (ASL). ASL, je le rappelle, c'est aujourd'hui 8400 emplois, dont 3400 en Aquitaine !


Une dernière chose, prouvant les ambitions de la "puissance France": selon l'OCDE, elle se place sur le podium (en % du PIB investi) des budgets alloués au programme spatial.

Nous allons d'ailleurs très vite reparler d'espace, avec le départ du français Thomas Pesquet pour l'ISS dans quelques jours !



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