mercredi 2 novembre 2016

La base de Cognac va recevoir son premier drone Reaper. Avant les Pilatus ?



Cela devrait enfin se décanter en ce qui concerne le plan "Cognac 2016", devenu  depuis "FOMEDEC". La presse spécialisée (étrangère) annonce en effet savoir que c'est le suisse Pilatus qui a remporté le marché du nouvel avion de formation de l'Armée de l'air française. 
Cognac toujours, où l'escadron 1/33 "Belfort" devrait recevoir d'ici décembre son premier drone MQ-9 Reaper sur le sol français. 


Le dossier était un peu passé hors des radars dernièrement, malgré une importance stratégique. Souvenez vous, nous en parlions sur Pax Aquitania au début de l'été 2015: trois avions allaient s'affronter pour devenir le nouvel outil de formation des pilotes de chasse français. Il s'agissait du PC-21 du fabricant suisse Pilatus, le M-345 HET de l'italien Alenia Aermacchi, et le L-39 tchèque d'Aero Vodochody.

Lire sur le blog: En route pour le plan «Cognac 2016»



Le programme FOMEDEC (Formation modernisée et entraînement différencié des équipages de chasse) poursuit un double objectif : d’une part, remplacer le système actuel de formation des équipages des avions de chasse, et d’autre part, permettre une activité aérienne sur avion de formation en complément d’une activité sur avion d’arme pour les pilotes du « second cercle » qui ont vocation à renforcer et à soutenir les unités opérationnelles quand elles sont engagées. Je cite ici le Ministère de la Défense.
Sa première dénomination, "Cognac 2016", correspond à la concentration de la formation sur la base aérienne 709 dès 2016, avec le déménagement de l'école d'entraînement des pilotes de chasse de la BA 705 de Tours.

Il s’agira de former une cinquantaine de personnels navigants par an, et d’entraîner une cinquantaine de pilotes de chasse expérimentés. Le volume horaire annuel prévu est de l’ordre de 11 000 à 13 500 heures de vol.

Surtout, on espère du programme qu'il génère 110 millions d’euros d’économies sur le MCO !

Et le vainqueur serait donc le suisse Pilatus avec son PC-21 (photo ci-dessus) si l'on en croît son PDG Markus Bucher,  qui parle d'une une conclusion début 2017 pour 20 à 25 PC-21. C'était bien la cible évoquée par le passé.
Le contrat devrait se présenter, non pas sous forme d'achat, mais via un leasing (location) et concerne aussi des simulateurs de vol. 


Le drone Reaper enfin sur le sol, et dans le ciel français


...la base aérienne 709 de Cognac qui accueille également l'escadron de drones 1/33 Belfort. L'Armée de l'air possède actuellement un système de 3 drones américains (General Atomics) MQ-9 Reaper. Non armés, et tous basés à Niamey, au Niger.

Elle devrait cependant recevoir un second système de 3 drones dans les prochaines semaines, les drones n°4, 5 et 6 donc (sur 12 commandés). "4" et "5" viendront renforcer le pôle nigérien et l'opération Barkhane. Ou d'autres missions africaines, officielles ou pas, si besoin est.

Le sixième drone lui, et c'est une première, rejoindra la France et Cognac, accompagné d'une station de vol. Mais si, ces fameux containers de commande que vous voyez au cinéma.

C'est une capacité, pouvoir opérer depuis la métropole, que l'Armée de l'air espérait mettre en oeuvre depuis un moment déjà. Si éloigner le pilote de drone du champ de bataille n'est pas une doctrine en vogue dans les Etats Major (et chez les chercheurs), on aimerait d'une part, prouver que l'on sait le faire aussi bien que l'US Air Force par exemple, et d'autre part pouvoir disposer de cette capacité "en cas de pic d'activité, pour soulager les pilotes déployés sur le théâtre" me confiait-on à la direction du CFA il y a un an.

S'agissant du Reaper dans le ciel français, ce dernier ne pouvait jusqu'à maintenant pas y voler, au contraire du drone Harfang, pour des raisons de réglementation européenne. Une limitation qui devrait justement être levée sous peu.

On en reparle donc ici avant les fêtes de fin d'année !


Photos: Pilatus, et Armée de l'air

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