jeudi 8 décembre 2016

Grogne chez les ouvriers d'Etat de l'Atelier Industriel Aéronautique de Bordeaux


Mardi 6 décembre, environ 500 employés de l'Atelier Industriel Aéronautique (AIA) de Bordeaux se sont mobilisés à l’appel d’une intersyndicale pour défendre leur statut d'ouvriers d'Etat. Un statut aujourd'hui en grand danger.

C'est la quasi totalité des ouvriers de l'AIA de Bordeaux (en réalité situé sur la commune de Floirac) qui manifestait ce mardi devant les grilles de cette structure du Ministère de la Défense consacrée à la maintenance aéronautique, domaine stratégique s'il en est... 
Et le mouvement social était national après l’appel des syndicats FO, CGT et CFDT.

La raison, la disparition du statut d'ouvrier d'Etat au profit de celui de "simple" fonctionnaire.

Les ouvriers d'État, hautement spécialisés, très qualifiés et expérimentés, assurent au sein de l'AIA la maintenance des turbomoteurs et turboréacteurs de l'armée française. Leurs statuts ont permis de maintenir un haut degré d'expertise.
Or, en conséquence directe de la RGPP (révision générale des politiques publiques) initiée en 2007, la tendance est par exemple au recours croissant à des contractuels. Intersyndicale, comme politiques, s'en inquiètent déjà depuis plusieurs années.


L'AIA, qui dépend du SIAé (Service industriel de l'aéronautique), est la dernière entité industrielle du ministère de la Défense, et compte quatre établissements: à Bordeaux, (maintenance de moteurs), Clermont-Ferrand (maintenance et modernisation d'aéronefs et équipements), Cuers-Pierrefeu, (maintenance et modernisation d'aéronefs, équipements, systèmes et radômes) et Ambérieu (métrologie, confection ou révision d'équipements, surveillance-sauvetage-secours). Le site de Bordeaux et son annexe de Cestas réalisent la moitié de l'activité des ateliers industriels de l'aéronautique.

Lire aussi sur le blog: Encore et toujours le MCO



Il a d'ailleurs tout récemment été cité en exemple par le DGA: "La réponse traditionnelle, quand l’industriel n’est pas à la hauteur, c’est d’essayer de former un des ateliers industriels de l’aéronautique (AIA) à l’entretien de l’appareil. Il se trouve que les performances des ateliers sont variables. Par exemple, l’AIA de Bordeaux est très performante et nous pensons que cet AIA aura une activité de soutien de moteurs d’avions exportés."

Un site stratégique pour l'Armée de l'air donc, ce que les syndicats ont bien compris... A suivre.


Photo © MaxPPP

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