mercredi 25 janvier 2017

Airbus Safran Launchers aimerait plus de patriotisme économique...européen


Lundi 23 janvier, c'est presque un cri du coeur qu'Alain Charmeau a lancé. Le dirigeant d'Airbus Safran Launchers (ASL) réclame l'assurance que l'Europe commandera 35 tirs de lanceurs spatiaux entre 2021 et 2025. En somme, un "Buy European Act" de l'espace.

Ariane 6 est sur les rails et prendra progressivement la place du lanceur Ariane 5 au début des années 2020. Un programme décisif pour l'Europe de l'espace, mais qu'en interne, on semble ne pas sentir assez soutenu.
Qu'à cela ne tienne ! Lors de ses vœux à la presse, Alain Charmeau, PDG d'ASL, la coentreprise qui a la charge de la conception et production des lanceurs Ariane (et des missiles balistiques français), a suggéré un engagement européen à commander 35 tirs aux deux futurs lanceurs européen sur la période 2021-2025, soit cinq lancements annuels pour Ariane 6 et deux pour la très italienne fusée Vega-C. "Je ne demande même pas d'exclusivité, que tous les autres pays donnent à leurs industriels, je demande d'avoir une commande qui nous permette d'avoir une visibilité pour des lancements entre 2021 et 2025. C’est un enjeu majeur pour 2017, année durant laquelle Arianespace fait ses premières propositions commerciales pour des lancements d’Ariane 6."

Ce que demande Alain Charmeau, c'est tout simplement une préférence européenne, à la manière des américains et de leur Buy American Act. Chinois ou russes ne sont pas en reste. En vérité, les pays européens sont les seuls à faire jouer la concurrence lorsqu'il s'agit de lancements institutionnels, y compris dans des domaines aussi stratégiques que le militaire. L’exemplaire Allemagne y fait d'ailleurs figure de très mauvais élève, usant des services de SpaceX !

C'est bien sûr un handicap pour Arianespace qui doit quasiment lutter pour s'offrir le luxe d'un calendrier rempli à long terme, surtout face à des concurrents comme SpaceX qui peuvent très largement compter sur la bienveillance de leur agence spatiale. "Une bonne partie des tirs institutionnels européens sont effectués par des lanceurs russes Soyouz depuis la Guyane, ce qui n’apporte pas grand-chose à l’industrie européenne", souligne Alain Charmeau.

Le message est lancé. Reste à savoir si la très stricte législation sur la concurrence peut être infirmée. Déjà l'année dernière, Bruxelles avait enquêté sur la formation de la joint-venture ASL, soupçonnant des anomalies fiscales...

Lire sur le blog: La Commission Européenne enquête sur le rachat d'Arianespace



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