jeudi 5 janvier 2017

[FOMEDEC] C'est officiel, le Pilatus PC-21 va se poser à Cognac


Epilogue pour le programme FOMEDEC: l'Armée de l'air recevra un premier lot de 17 avions PC-21 fabriqués par le suisse Pilatus. Les appareils seront basés sur la base aérienne 709 (BA 709) de Cognac-Châteaubernard.

Nous en parlions début novembre sur le blog, le choix du Pilatus ne faisait alors guère de doutes. C'est maintenant chose sûre.
Un contrat d'une valeur approximative de plus de 200 millions d'euros a été signé avec Babcock MCS France*, pour la mise à la disposition de l’armée française d'avions et de moyens pédagogiques destinés à la formation des futurs pilotes de chasse.

C'est le groupe suisse Pilatus qui révélait (officiellement cette fois, contrairement à novembre) mercredi 4 janvier dans un communiqué la commande par l’Armée de l’air de 17 des ces petits avions à turbopropulseur.

Le néophyte se demandera alors logiquement pourquoi remplace-t-on nos actuels - mais vieillissants - Alpha Jet, avions "à réaction", par des avions "à hélice" en apparence moins toniques.
Eh bien c'est que le Pilatus PC-21 est un véritable concentré de nervosité, disposant grâce à son turbopropulseur PT6A-68B Pratt & Whitney d'une puissance 1600 chevaux et pouvant atteindre la confortable vitesse de croisière de 624km/h. Aussi et surtout, son avionique moderne le rapproche d'avions de combat de 4ème et même 5ème génération (écran tactile par ex).

Aussi, les caractéristiques de l'appareil comme ses performances en vol font que le Pilatus PC-21 arrive sans difficultés à remplir le cahier des charges des forces aériennes modernes.

Sur le programme FOMEDEC (Formation modernisée et entraînement différencié des équipages de chasse), celui-ci poursuit un double objectif : d’une part, remplacer le système actuel de formation des équipages des avions de chasse, et d’autre part, permettre une activité aérienne sur avion de formation en complément d’une activité sur avion d’arme pour les pilotes du « second cercle » qui ont vocation à renforcer et à soutenir les unités opérationnelles quand elles sont engagées. Je cite ici le Ministère de la Défense.
Sa première dénomination, "Cognac 2016", correspond à la concentration de la formation sur la base aérienne 709 dès 2016, avec le déménagement de l'école d'entraînement des pilotes de chasse de la BA 705 de Tours.

Il s’agira de former une cinquantaine de personnels navigants par an, et d’entraîner une cinquantaine de pilotes de chasse expérimentés. Le volume horaire annuel prévu est de l’ordre de 11 000 à 13 500 heures de vol.
Surtout, on espère du programme qu'il génère 110 millions d’euros d’économies sur le MCO à partir de 2020, date de mise en oeuvre du programme.

Trois avions s'affrontaient pour devenir le nouvel outil de formation des pilotes de chasse français. Il s'agissait du PC-21 donc, le M-345 HET de l'italien Alenia Aermacchi, et le L-39 tchèque d'Aero Vodochody.


A ce stade, il reste deux grosses questions s'agissant de la fin de carrière des Alpha Jet: que va devenir la Patrouille de France ? Et sur quel avion voleront les escadrons d'entraînement au combat tels que le "Côte d'Or" à Cazaux ?


* Point externalisation: le britannique Babcock est déjà impliqué aux côtés du français DCI dans la société Hélidax qui forme des pilotes d’hélicoptères au profit de l'EALAT.


2 commentaires:

  1. Niveau taux de montée, plus que vitesse, voire plafond (surtout en pratique, vu le temps pour y monter!) on peut penser que ce sera moins démonstratif d’où un gap plus important qu'avant au moment du passage sur réacteur, désormais direct sur avion de combat.
    De plus, la sécurité apportée par l'hélice via sa capacité à ventiler rapidement les plans sauvera sans doute des situations en instruction, mais gare ensuite même si les CDVE généralisées devraient rattraper les erreurs de débutants sur réacteur sans laisser au tapis un pilote après des années de formation + sa monture: Un seul accident invalidera le bénéfice coût calculé, sans même évoquer l'aspect humain.

    Espérons également en effet que ce ne soit pas... PAF la PAF. On pourrait l’imaginer suivre sur Pilatus, mais quelle image pour une grande nation aéronautique d'avoir sa patrouille ne volant pas sur un avion que l'on produise? Pas sûr que nous ayons comme les US les moyens de la faire voler sur avion de combat (+impact là aussi sur le bilan global de l'affaire), il y a donc en effet de quoi être inquiet.

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  2. A Cazaux les pilotes singapouriens s’entraînent déjà sur M-346. ils s’entraînent aussi sur le Pc-21.
    Peut-être que les pilotes français feront pareil?

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