mercredi 11 janvier 2017

Le Pentagone teste un essaim de mini-drones. Une vision du futur ?


Le Department of Defense (DoD) américain a révélé aujourd'hui avoir testé avec succès le déploiement d'une centaine de mini drones Perdix depuis des chasseurs F-18. Les drones ont ensuite formé un essaim capable d'accomplir plusieurs types de missions. En premier lieu celle de désorienter l'ennemi. Une vision de la guerre de demain ?

C'était dans le courant du mois en octobre 2016: trois F/A-18 Super Hornet de la Naval Air Weapons Station de China Lake larguent une nuée d'objets à peine visibles à l’œil nu.
Il s'agit de précisément 103 mini-drones Perdix développés par des élèves du très réputé MIT (Massachusetts Institute of Technology).

Mais des images valent mieux que mes explications. Cela tombe bien, le communiqué comprend une vidéo assez impressionnante qui donne une idée des applications tactiques de l'emploi d'un essaim:


Comme vous le voyez sur les images, les mini-drones se rassemblent en un véritable essaim et accomplissent plusieurs missions différentes (4). Ils ont notamment formé un cercle de 100 mètres de large dans le ciel autour d'objectifs.
La stratégie est claire: les chasseurs, lors d'une frappe en profondeur dans un environnement ennemi, saturent la défense anti-aérienne adverse en larguant des centaines de leurres qui agissent alors de façon déterminée, mais qui sont aussi capables de changer de comportement selon l'évolution de la mission.

Selon William Roper, qui dirige le SCO, le Stratégic Capabilities Office du DoD, « chaque Perdix communique et collabore avec chacun de ses homologues, l’essaim n’a pas de leader, et peut s’adapter en douceur, si un nouveau drone rejoint le groupe, ou si au contraire un drone le quitte ». L'intelligence artificielle au service du pilote de chasse et de sa mission.

Lorsque le concept de la "saturation" par les drones fut pensé pour la première fois, on imaginait encore utiliser des aéronefs de grande envergure comme le Reaper et devoir les sacrifier dans le but d'ouvrir la voie à des chasseurs furtifs comme le F-35.
L'innovation permet aujourd'hui d'améliorer le concept, à un coût réduit. Ces mini-drones de 290 grammes seulement sont certes renforcés en fibres de carbone pour résister à leur largage depuis une nacelle lancée à Mach 0,6, sous des températures négatives, mais ils représentent un investissement minimal, une partie de leurs composants pouvant même être produite par imprimante 3D. Leur autonomie ne dépasse pas la vingtaine de minutes. Suffisant à ce stade pour être décisifs.

Ce principe est largement étudié depuis des années aux USA. Mais pas seulement. Des projets similaires étaient en cours en Europe et notamment en France il y a peu encore. En France toujours, le concept d'essaim intéresse également les développeurs civils.

C'est la seconde fois depuis 2014 qu'un test de ce type est réalisé aux USA. Pour des applications opérationnelles dans un avenir proche ? Plus proche que nous l'imaginions assurément...


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