jeudi 19 janvier 2017

Les bombardiers stratégiques de l'US Air Force frappent Daech en Libye


A deux jours de l'investiture de Donald Trump, les Etats-Unis ont bombardé mercredi soir deux camps du groupe Etat islamique en Libye. Une impressionnante démonstration de force quand on sait que, chose rare, des bombardiers stratégiques furtifs B-2 Spirit ont été employés.

Il était initialement prévu aujourd'hui sur le blog de parler du rachat par Safran de Zodiac Aerospace, mais une autre information attire grandement mon attention ! Plus tôt dans la journée, un responsable américain avouait à CNN que la nuit passée, des bombardiers stratégiques B-2 Spirit avaient effectué une mission de bombardement contre l'Etat Islamique en Libye, au sud de la ville de Syrte. Un théâtre - qui ne dit pas son nom - qui attire décidément le feu des projecteurs cette semaine...


Ashton Carter, le secrétaire à la Défense a depuis confirmé l'information, donnant même des précisions pour le moins déroutantes.

La mission:
  • L'opération a été menée avec l'aval direct du Président Obama (en poste jusqu'à... demain le 20 janvier);
  • Le gouvernement d'union nationale libyen était informé de la mission;
  • Deux camps d'entrainement de l'EI ont été ciblés dans le sud libyen;
  • 80 terroristes au moins ont été tués dans cette opération;
  • Surtout, il y avait selon A.Carter parmi les djihadistes tués "des gens qui étaient en train de planifier activement des opérations en Europe et ont pu être liés à des attaques qui ont eu lieu en Europe". Ces membres du groupes terroristes seraient des rescapés de la bataille de Syrte qui tentaient de se réorganiser.


Sur le plan purement technique:
  • Les frappes ont été exécutés par des bombardiers furtifs à long rayon d'action B-2 "Spirit"; 
  • Et également par des drones (Reaper ?);
  • Les bombardiers stratégiques ont décollé de leur base de Whiteman dans l'état du Missouri (et non d’Angleterre, plus proche ou 2 appareils sont basés);
  • La mission, d'une durée de 30 heures, a nécessité 15 avions ravitailleurs !
  • Les appareils ont délivré plus de 100 munitions sur les 2 cibles;
  • Les forces spéciales américaines ont assurés la coordination avec l'Air Force.

On parle donc ici d'une opération extrêmement lourde, impliquant des moyens absolument considérables. Des moyens à faire pâlir le plus actif des alliés (cf les problèmes des ravitailleurs français), mais aussi à faire réfléchir les prétendants au titre de concurrent des USA. Car en effet, personne aujourd'hui n'est en mesure de mener un raid d'une telle envergure.

Les B-2 "Spirit" (Northrop Grumman), bombardiers stratégiques furtifs à 2 milliards de dollars pièce, ne sortent en effet pas tous les jours ! Le théâtre libyen, ou les cibles, méritaient-elles l'emploi d'un tel vecteur ? Auparavant les frappes américaines contre Daesh en Libye avaient été menées par des F-15, F-16, ou encore des drones. Des appareils autrement plus "classiques". La présence de "High Value Targets" sur zone pourrait expliquer cette mission.

Une portée politique donc ? Il est très intéressant de constater qu'il s'agit là (très probablement) de la dernière décision de Barack Obama en tant que Commander in Chief. A ce titre, le monde a toujours en tête les images de ce dernier lors de l'opération Neptune Spear en 2011, l'assassinat d'Oussama Ben Laden par une équipe des Navy Seals, une opération qu'il avait suivi tout du long en direct depuis la Maison Blanche.
Un Président des USA qui laisse donc un message pour sa sortie: malgré les inquiétudes - des américains eux-mêmes - les Etats-Unis demeurent la première puissance militaire au monde, et n'hésitent pas à agir directement depuis leur territoire en cas de menace pour la stabilité d'une région. Une région, la Méditerranée ici, qui concerne directement l'Europe (le SecDef le rappelle bien ici, des membres de l'EI sur ces sites étaient impliqués dans des actions en Europe).

Alors, mission purement tactique ? Démonstration de force ? Mesure de réassurance des alliés ? Message destiné au peuple américain ? Cette dernière action du président Obama a de quoi alimenter les débats dans la sphère stratégique. 

Demain, 20 janvier 2017, le Président des USA se nommera Donald Trump.


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