mardi 10 janvier 2017

Trois nouveaux drones Reaper pour la France, dont un à Cognac


Dans les dernières heures de l'année 2016, l'Armée de l'air a pris possession à Niamey au Niger de son second système de drone MQ-9 Reaper. Ce sont deux drones qui ont rejoint les trois MQ-9 déjà présents sur l'opération Barkhane. Respectivement les 4 et 5ème commandés par la France. Un sixième est attendu fin janvier, mais à Cognac cette fois !

C'est en premier lieu la presse anglo-saxonne qui l'a révélé, avant que le Ministère de la Défense ne fournisse un communiqué: l'Armée de l'air dispose depuis le 31 décembre 2016 de 5 drones MALE de type Reaper, et dès la fin du mois de janvier d'un sixième, qui sera directement livré à Cognac,  sur le sol français donc. Une première !

Il s'agit là pour l'armée française d'une capacité qui d'une part monte en puissance, et d'autre part est essentielle pour les opérations terrestres, mais surtout pour le renseignement et le travail des forces spéciales. En décembre d'ailleurs, l'Etat-Major des Armées annonçaient que ses trois drones Reaper employés dans la BSS avaient franchi le cap des 12.000 heures de vol, et ce en à peine deux ans.
Une capacité que nos aviateurs, à force de formation aux USA, sont aujourd'hui en mesure d'employer sans l'appui de contractors de General Atomics, le fabricant (qui géraient notamment les phases de décollage et d'atterrissage).

C'est l’escadron de drone 1/33 Belfort, basé sur la BA 709 de Cognac-Châteaubernard, qui met en oeuvre les Reaper français. Et pour des raisons de certification, il est à noter, c'est peu commun, que jusqu'à maintenant, ces drones n'avaient pas vu le sol français, et encore moins son ciel... ne pouvant pas s'intégrer à la circulation aérienne en Europe.
Chose qui va changer avec la réception du standard "Block 5" du MQ-9 Reaper. En effet, le sixième appareil débarquera avant le 31 janvier à Cognac.

En Charente, il servira principalement à la formation, et éventuellement à des missions de sécurité intérieure (Le Bourget 2017 ?) comme c'est déjà le cas des deux drones Harfang encore en service dans l'escadron.
L'escadron Belfort disposera en métropole d'une station au sol, lui permettant théoriquement de réaliser des missions sur les théâtres d'opérations, depuis la France.

Autre information très intéressante, le Ministère nous apprend dans son communiqué que l’armée de l’Air et la Direction générale de l’armement (DGA) « conduiront une campagne d’essais pour valider l’aérotransport du système Reaper à bord des avions de transport de l’armée de l’air, principalement l’A400M, ainsi que les conditions techniques de son utilisation dans l’environnement électromagnétique de la base de Cognac et du territoire métropolitain ».
Que l'on me pardonne mon optimisme, mais lorsque l'on repense à la situation il y a peine une poignée d'années, l'Armée de l'air n'avait ni drone MALE (comprendre "avec de telles capacités"), ni A400M.

On se souviendra enfin que le 5 décembre dernier,  la DGA avait quant à elle avait commandé un quatrième système du drone MALE de General Atomics. A terme, en 2019, la France disposera donc de 12 Reaper, comme prévu par la Loi de Programmation Militaire 2014-2019.

Ultime précision, bonne à rappeler dans les temps qui règnent: les drones français ne sont pas armés.


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