vendredi 24 février 2017

Bordeaux parmi les bons élèves de la lutte contre la radicalisation


Lancé à peine plus d'un  an après le début de la vague d'attentats qui allait toucher la France, un travail parlementaire des sénatrices Esther Benbassa (EELV) et Catherine Troendlé (LR) avait pour lourde tâche de juger de la prise en charge de la problématique "radicalisation" en France. Aujourd’hui le constat est sévère: c'est un « échec ».

Ce mercredi 22 février, les deux élues écologiste et Les Républicains ont remis leur rapport intitulé « Désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe ». Un rapport qui attention, ne sera pas publié avant l'été.
Comme on le pressentait, ce dernier préconise un changement de politique s'agissant de la lutte contre la radicalisation violente. Principalement, les centres de "déradicalisation" sont dans la ligne de mire, comme celui de Pontourny (Indre-et-Loire) que le président de la commission des Lois du Sénat, Philippe Bas, juge comme « un fiasco complet, tout est à repenser, tout est à reconstruire ».

Le rapport reconnaît le contexte de panique qui a perturbé la naissance des ces centres, mais n'excuse que certaines associations aient tenté de jouer la carte du « business de la déradicalisation ». La méthode "Bouzar" (sic) est y notamment montré du doigt. Pour Esther Benbassa, « ces associations ne connaissaient pas la question, elles se sont juste engouffrées dans la brèche, en menant des actions qui n’étaient pas à la hauteur des défis ».

Les sénatrices comme l'ensemble des décideurs préconise désormais une approche tournée vers la prévention et la réinsertion.

Et justement, parmi les bons points distribués, on retrouve le CAPRI, le centre d'action et de prévention des individus (oui mon illustration n'est pas à jour) basé à Bordeaux.
Nous en avions parlé ici dans les semaines suivant sa création en 2016, le CAPRI a choisi une approche "douce" favorisant la prévention. Ainsi, plusieurs personnes en voie de radicalisation et surtout non concernées par une procédure judiciaire en cours pour des faits de terrorisme ou de violence (ou figurant sur la liste des fichés S) sont suivies sur le long terme par des conseillers, juristes, psychologues, ou personnels du clergé...
Ce sont 36 jeunes qui ont été suivis par le centre depuis son ouverture selon Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux en charge de l'égalité et de la citoyenneté et porte-parole du CAPRI.
Le ministre de l'intérieur, Bruno Le Roux, s'était d’ailleurs rendu fin janvier à Bordeaux, au sein de la l'association, estimant que ce modèle devait avoir la chance de faire ses preuves à moyen terme, pouvant même être pérennisé à échelle nationale.
C'est tout le mal que l'on souhaite dans un pays qui, il faut le dire, partait de zéro en la matière.

Pour plus d'infos sur la structure, voir son site internet (radicalisation.fr) ou le libellé CAPRI sur Pax Aquitania.


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