lundi 6 février 2017

Le FA-18 Super Hornet s'offre une seconde jeunesse face au F-35


Sous le feu des critiques du Président Trump, le programme F-35 plie mais ne rompt pas. Boeing compte cependant développer une version modernisée de son vénérable F-18. Une alternative crédible au F-35 ? Le débat fait rage aux USA. Mais pour nous français, ce serait surtout une rude concurrence pour le Rafale.

Illustration: vue d'artiste du F/A-18 Avanced Super Hornet - Boeing.

On annonçait il y a peine quelques moins encore la fin programmée de sa production, mais voici que le F-18 de Boeing pourrait encore avoir de belles années devant lui.
L'hypothèse de cette nouvelle jeunesse trouve sa genèse dans les  tumultes du programme F-35, et l’élection de Donald Trump.

Lockheed-Martin, sous la - grosse - pression de la nouvelle administration (en particulier le nouveau Secrétaire à la Défense, James Mattis), vient  revoir le prix unitaire du F-35 à moins de 100 millions de dollars, mais cela suffira-t-il ?
En effet, dans un autre temps, Donald Trump avait tweeté (sic) en décembre: «Sur la base des coûts considérables et des dépassements de coûts du Lockheed Martin F-35, j'ai demandé à Boeing de prix à un F- 18 Super Hornet!» De plus, un mémo signé par James Mattis et diffusé par USNI News, révèle que les capacités opérationnelles du F-35C avec celle du F/A-18 E/F Super Hornet vont être comparées afin de déterminer si des améliorations portées à ce dernier seraient de nature à constituer « une alternative compétitive et rentable. »



Si ces déclarations mettent avant tout la pagaille en bourse, il est vrai que Boeing travaille depuis 2013 sur une version modernisée de son chasseur F-18, le F/A-18 Avanced Super Hornet.
Cette mise à jour est censée selon l'avionneur rapprocher le Super Hornet du F-35 en terme de capacité, y compris la furtivité, sans toutefois l'égaler sur ce point. Dan Gillian, vice-président des programmes F / A-18 et EA-18 de Boeing, a même déclaré dans une ITW donnée à Business Insider que ces mises à jour seront considérables et permettront de combler les lacunes de l'appareil. Selon lui, le F-18 a été conçu « dès le début d'une manière évolutive avec beaucoup de place pour la croissance de puissance, de refroidissement et de poids afin de pouvoir s'adapter aux changements au fil des ans ».
Ce discours rappellera à certains celui que l'on entend en France au sujet du Rafale, un avion qui connaîtra bientôt (en 2018) l'entrée en service de sa 3ème évolution, le standard F3-R.

La liste d'amélioration comprend des réservoirs de carburant 3 500 livres, réduisant la traînée de l'appareil, et capable d'étendre son rayon d'action d'environ 125 miles nautiques. Dan Gillian évoque aussi un radar infrarouge de recherche et de poursuite, qui serait la première de ces capacités incluses sur un avion de chasse américain depuis le F-14 Tomcat, un système de cockpit avancé avec un nouvel écran tactile de 19 pouces (comme sur le F-35 justement), une amélioration de l'avionique et de la puissance de calcul ainsi que d'une capacité accrue de réseautage pour recevoir des données de ciblage à partir de plates-formes comme le F-35 ou le Hawkeye E-2. Le Super Hornet "Advanced" serait également doté d'un radar de dernière génération, et surtout, d'un moteur amélioré.

S'agissant de la furtivité, on parle d'une signature radar diminuée de 50% !

On estime que le Super Hornet coûte aujourd'hui autour de 70 millions de dollars. La version "advanced" ne vaudrait que 10 millions supplémentaires, soit un coût unitaire encore largement en dessous de celui du F-35. 

Alors la question est de savoir si ce F-18 a une chance de venir mettre un danger le programme F-35 aux USA. Il est évident que l'avionneur tentera le tout pour le tout tant que Donald Trump occupera la Maison Blanche.
Mais c'est de l'étranger que pourrait venir le succès, et la mise en concurrence la plus rude pour le F-35, que de nombreux pays hésitent désormais ouvertement à acheter. C'est par exemple le cas du Canada qui semble se tourner vers Boeing. Un choix tout aussi politique qu'économique.

Canada mais aussi, Belgique, Finlande, Suisse... voire Inde où l'aéronovale se cherche un bimoteur, autant de marchés intéressant Dassault Aviation et son Rafale et où ce nouveau F-18 pourrait bien venir jouer les perturbateurs inattendus.


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