vendredi 14 avril 2017

"MI:6", sauvetage sur le Belem... les Caracal de Cazaux sur de nouveaux fronts !


En moins d'une semaine, nous avons pu voir en action les Caracal de l'Armée de l'air sur deux terrains inhabituels. Le premier, c'est l'océan, lors d'une opération de sauvetage plus que délicate. Le second, en plein Paris, était le tournage du prochain Mission Impossible.


Photos: Armée de l'air, Twitter

Non "MI:6 Sauvetage sur le Belem" n'est pas un titre de film ! Commençons donc par les missions, les vraies ! Il est important de préciser que les Airbus H225M "Caracal" en service dans l'Armée de l'air, et basés en Gironde à Cazaux au sein de l'escadron 1/67 "Pyrénées", sont des appareils conçus pour des opérations bien particulières, à savoir le CSAR (Combat Search and Rescue). Ce qu'on appelait autrefois la RESCO. Il s'agit donc de pouvoir récupérer un pilote en zone de combat, celle-ci pouvant être en milieu aquatique.

Seulement, le sauvetage en mer était généralement pris en charge sur la côte aquitaine par les hélicoptères PUMA de l'Armée de l'air (faute de Marine Nationale dans le secteur). Des Puma qui ont été transférés vers Solenzara en Corse. Il ne reste à Cazaux que des Caracal, à qui revient donc ce type d'urgences.

Lire sur le blog: Cazaux dit adieu à ses Puma


Malaise sur le Belem

Ce mardi mardi 11 avril 2017 donc, un Caracal a réalisé pour la première fois une mission de sauvetage en mer. En effet, un des passagers du célèbre trois-mâts construit en 1896, le "Belem", a été victime d'un problème cardiaque, ce qui a nécessité une évacuation d'urgence.

Un Caracal du Pyrénées a donc décollé à 16h00 de la BA 120 de Cazaux pour se rendre sur zone. Le Belem n'était à ce moment pas très éloigné des côtes girondines, puisqu'il avait quitté le matin même le port de Bordeaux, où il venait de passer l'hiver.
Le passager a ensuite pu être évacué par hélitreuillage dans des conditions difficiles, puis acheminé vers l'hôpital d'Arcachon.

La difficulté vous vous en doutez, vient du fait que le Belem n'est pas un navire comme les autres, mais un grand voilier comme on n'en fait plus. Long de 58 m, son grand mat culmine à 34 m au dessus du niveau de la mer ! La photo ci-dessus permet aisément de se mettre à la place de l'équipage qui réalise cette délicate manœuvre, et le sauvetage a donc été réalisé depuis la poupe du bâtiment.

Mission accomplie.

Le Belem à Bordeaux en mars 2017 - Photo Pax Aquitania

Les frenchies dans Mission Impossible 6. Cela s'appelle du soft power !

Changeons de théâtre, direction Paris pour une mission bien particulière. En fin de semaine dernière, les parisiens ont pu légitiement s'interroger à la vue d'un hélicoptère des forces spéciales qui se posait sur l'héliport du Ministère des Finances à Bercy.

Pas de putch au programme rassurez vous (la guerre Bercy/Balardgone continuera !): il s'agissait du tournage très confidentiel du prochain film de la franchise "Mission Impossible", le sixième exactement, qui prendra le nom de "MI:6", probablement une référence aux services secrets de Sa Majesté si chers à un autre espion superstar.

Sur ces photos volées qui ont fleuri sur les réseaux sociaux, on aperçoit un Caracal du Pyrénées, ainsi que des membres du RAID, et des Commandos Parachutistes de l'Air (CPA) probablement. Surtout, on y voit le drapeau français ! Et ça, c'est nouveau.


Non seulement le Ministère de la Culture, et notamment la Ville de Paris, mènent depuis quelques temps une grande offensive pour attirer le tournage de superproductions étrangères, mais dans ce cas très précis, les forces de défense et sécurité sont impliquées. Et ce n'est pas rien.

La France, en tant que puissance, joue un rôle très actif sur de nombreux fronts dans le monde. Or, elle est systématiquement absente de ce que je nommerai la "géopolitique hollywoodienne". 
Un exemple, alors que F35 et F22 (l'armée américaine est évidemment imbattable sur ce sujet) virevoltent depuis au moins une décennie dans les blockbusters à succès, même l'Eurofighter anglais est apparu au combat au dessus de Londres dans une production Marvel. Car oui, si les américains sont loin devant, la Grande Bretagne, puissance équivalente à la France, joue dans le haut du tableau également. Merci James Bond.

Quand la France est présente comme ce fut le cas dans des films des années 90, c'est de façon biaisée (exemple: avec des hélicoptères russes MI:8 pour ses forces spéciales). Le seul long-métrage récent qui avait mis en avant les forces françaises dans leur modernité est "Forces Spéciales" sorti en 2011, mais son succès en France fut... très relatif. Le film avait en revanche mieux marché à l'international.

Est-ce vraiment problématique ? Peut-on considérer le cinéma grand public comme un réel outil d'influence ? Je vous en laisse juge. Mais quand des agences de communication françaises en viennent à choisir des chasseurs F-16 dans des campagnes publicitaires... on peut s'inquiéter.
Il faut donc dans ce contexte se réjouir que les matériels dernier cri de nos armées se retrouvent à l'affiche... même si Tom Cruise est amené à les malmener !  Le Ministère de la Défense apparaît bien plus ouvert à la démarche que dans le passé.

Joli coup également pour Airbus, qui avait déjà placé un A400M de la Royal Air Force dans une scène grandiose du précédent Mission Impossible, et dont l'Airbus ZeroG de la société Novespace basé à Mérignac a récemment servi - camouflé en C130 Hercules - pour le tournage de "The Mummy" avec Tom Cruise. Décidément.


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