mercredi 22 juin 2022

L'incroyable Rafale des 80 ans du Normandie-Niemen


Il nous faut dire un mot aujourd'hui sur l'incroyable livrée du Rafale anniversaire du Régiment de Chasse 2/30 Normandie-Niémen. Le "Neu-Neu", basé de nos jours sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan,  a en effet l'honneur de vous présenter son avion des 80 ans.

Images: armée de l'Air et de l'Espace


C'est l'ESTA montoise qui a transformé la livrée du Rafale 30-GD en ce superbe hommage à la création du régiment. Nous étions alors en 1942, en URSS, et la France Libre gaulliste se cherchait encore des héros. 

On notera cependant que par rapport aux anniversaires précédents de cet illustre régiment, les références à la Russie se font largement plus discrètes. Signe de temps troublés… 

Remarque: on peut apercevoir sur la voilure de l'appareil que sont dessinés quelques appareils de légende qui ont servi dans le régiment avant le Rafale, à savoir chronologiquement, le Yak-3, le Havilland DH.98 Mosquito, le SNCASE Mistral, le Vautour N et le Dassault Mirage F1.




lundi 20 juin 2022

Arquus multiplie les annonces durant le salon Eurosatory

La semaine du 13 au 17 juin a vu se dérouler l'édition 2022 du plus grand salon de l'armement, Eurosatory. Un salon très riche en nouveautés, qu'il prendra plusieurs semaines pour digérer. Mais en ce qui nous concerne, concentrons nous d'abord ici sur le Français Arquus et ses multiples innovations présentées.

Images: Arquus


On commence bien sûr par le toujours très remarqué 4x4 Scarabée dont la dernière évolution était exposée sur le stand du constructeur. Une version qui a perdu ses portes coulissantes au profit de portières plus classiques (il y a une logique derrière ce choix). Un version qui était surtout présentée comme "anti-tank", car équipée d'un missile MMP de MBDA, récemment renommé "Akeron MP". Le missile est monté sur le tourelleau télé-opéré maison de Arquus, le TTO "Hornet".


A propos du Scarabée, on attend toujours le début de commencement d'un signal positif de la part des autorités françaises, qui ne se sont à ma connaissance jamais exprimées sur ce véhicule prometteur.

Continuons avec la signature le 13 juin, dès l'ouverture du salon, d'un accord entre Arquus et Michelin qui concerne la Recherche & Développement sur plusieurs sujets: la mobilité adaptive (solutions anti crevaison, systèmes de variation de gonflage), la maintenance prédictive, ou bien entendu les rudes conditions dans lesquelles sont mis à l'épreuves les pneus en zone de guerre.

Un accord a également été signé avec l’Institut Saint-Louis concernant la recherche sur des innovations comme l’électromobilité, la protection, la robotisation. 

Mais encore, Arquus, Thales et l’entreprise espagnole NTGS ont lancé à Eurosatory le Sherpa A2M, une solution de mortier rétractable automatiquement intégrée sur une base de Sherpa Light et équipée d’un tube rayé de 120mm de Thales.

L’A2M vise à offrir des capacités de soutien organique de l’infanterie, des solutions de contre-batterie, de forces spéciales ou de harcèlement, à une portée de 8-13km et avec une capacité à déployer très rapidement son système, à tirer avec une précision très élevée et à replier son système avant la détection ou la riposte adverse.


A noter qu'il s’agit d’une solution adaptable aux parcs de Sherpa déjà existants.

Toujours à propos du Sherpa Light, mais dans une coopération avec le Suédois Saab cette fois, Arquus a fait équiper son véhicule blindé de systèmes NRBC. Un standard d'ailleurs toujours recherché par la clientèle, notamment dans le contexte de haute intensité…


On passe sur le VAB MK3 avec la solution ARASTELLE, concept innovant d’alimentation filaire pour microdrones, intégré par Arquus sur son VAB.


Le drone peut ainsi voler aussi longtemps que souhaité jusqu’à une altitude de 100m, renforçant la capacité de surveillance et d’observation de jour comme de nuit. Cette solution offre des performances supérieures à celles d'un mât, pour un encombrement bien moindre tout en offrant des options tactiques supplémentaires pour les drones mis en œuvre.



Mais encore, sur le sujet du MCO, Arquus lance sa nouvelle valise diagnostic, ARQUUS DIAG. Cette nouvelle solution vient répondre à des enjeux de rapidité et de précision lors des entretiens préventifs ou curatifs. Elle permet d’améliorer de plus de 30% la localisation de la défaillance. Entièrement dédiée à une utilisation militaire en atelier ou au plus près des opérations, cette solution intègre une SSI militaire et ne nécessite pas de connexion internet à l’emploi.


Enfin, on en termine avec cette série d'annonces par la présentation conjointe Arquus/Nexter/Thales d'un blindé Griffon EPC équipé de batteries lithium-ion. Il s’agit selon les partenaires d’un grand pas en avant vers le Griffon hybride, pensé pour répondre aux défis d’optimisation énergétique des armées et actuellement en cours de développement. 

Les données publiées laissent entendre une large amélioration des performances grâce à la technologie lithium-ion, comparativement aux batteries acide/plomb.

Cette présentation suit une étude de dérisquage conduite sur l’intégration des batteries. 


mercredi 8 juin 2022

HyprSpace remporte l'appel à projets France2030 sur les micro-lanceurs


La start up bordelaise HyPrSpace a remporté une première phase de l’appel à projets sur les micro-lanceurs lancé par le gouvernement dans le cadre du plan France 2030. Cela devrait se concrétiser par une subvention d'environ 500 000 euros. Un autre acteur se démarque dans cet appel à projets: Sirius Space Services.


Grosse activité dans le spatial ces derniers jours ! Avec en particulier, concernant la Lune, la signature par la France des Accords Artémis à Washington.

Mais retour à l'automne 2021: le Président Macron, puis le ministre Lemaire, détaillant les objectifs du volet spatial (1,6 milliard d'euros) du plan d'investissement France 2030, avaient posé comme objectif la mise au point d'un micro-lanceurs français opérationnel à l'horizon 2026.

Au sein de France 2030, les manœuvres avaient été lancées dans la foulée, avec notamment un appel à projets spécifique aux lanceurs. On sait désormais depuis une annonce du 3 juin que ce sont HyPrSpace et Sirius Space Services qui ont remporté ce dernier.

La sélection a été opérée parmi une douzaine de candidatures, par un jury qui réunissait la banque publique Bpifrance, le CNES et la Direction générale des entreprises (DGE). Les critères examinés étaient la crédibilité technique du projet, l’équation économique et le niveau d’innovation proposé par le projet. 

S'agissant d'HyprSpace, dont le cœur d'activité tourne autour de sa technologie brevetée de propulsion hybride (sur le papier plus efficace, plus durable, et moins cher), il s'agit bien ici du projet "OB-1", micro-lanceur capable de mettre en orbite une charge utile de 250 kg. Objectif 2024 pour le lancement.

Ce premier montant doit permettre de poursuivre le développement du lanceur. Il pourra être suivi d'une phase secondaire impliquant un financement plus important. 

Pour l'entreprise bordelaise, c'est une belle année puisqu'il y a un mois à peine, elle annonçait la levée d'1,1 million d'euros auprès de différents investisseurs, dont le fonds Geodesic. Elle bénéficie de soutiens remarquables (CNES, ONERA), mais aussi de partenariats dans la défense, avec la DGA (qui offre notamment un support technique) ou MBDA.
Cela la place désormais en très bonne position dans la course -sprint ou marathon ?- qui oppose les acteurs français du micro-lancement. Mais la concurrence, avant le monde, se situe aujourd'hui d'abord en Europe.

En attendant, les dirigeants d'HyprSpace réalisent une tournée auprès des grands acteurs américains du spatial. Assurément un modèle, même s'il nous faudra en Europe inventer le nôtre.