mercredi 20 février 2019

Le bordelais Drone Protect System protégera les sites de l'Armée de l'air


Le groupe Drone Protect System (DPS), basé sur le bassin d'Arcachon, a annoncé le 11 février avoir signé un contrat majeur avec l’Armée de l’air, pour la protection de ses installations sensibles. La solution 3S retenue par l’institution et brevetée, se déploie depuis le début de l'année sur le territoire national.

Alors que la technologie Skeyetech (développée à Bordeaux) employée par Azur Drones pour la surveillance autonome recevait l’homologation de la DGAC, un autre "droniste" issu de l'écosystème girondin connait le succès en ce tournant d'année 2019.

Le marché pour la surveillance des sites sensibles de l'Armée de l'air (sans plus de précisions) avait été annoncé en décembre dernier, il a désormais été signé, annonce DPS.



"Drone Protect System" a été créé sur le Bassin d’Arcachon et développe une solution innovante avec un concept d' "agent de surveillance 4.0". Les drones sont 100 % autonomes et accompagnés de leur station de rechargement. Cette station autonome permet au drone d’offrir un service du plus haut niveau de disponibilité, de réactivité et de fréquence d’intervention pour un grand nombre d’applications. 
Le drone "C2" pourra ainsi décoller automatiquement de sa base suite au déclenchement d'une alerte et se rendre directement sur le point désigné. Sur place, il pourra capter des images permettant de lever le doute très rapidement sur cette alerte.
A l'issue de sa mission, le drone, tout seul, rejoint avec une précision d'atterrissage unique sa base lui permettant de se positionner dessus afin de se recharger dans un espace protégé et sécurisé.

Que l'Armée de l'air confie une telle mission à ce prestataire ressemble à une formidable réussite. Car effectivement, le cahier des charges militaire requiert un produit robuste, fiable, efficace et facile d'emploi, capable de s'intégrer et de renforcer l'ensemble des dispositifs de protection, statiques passifs, actifs ou dynamiques.

Pour DPS, ce succès vient couronner une politique de R&D pointue et une rigoureuse exigence de conformité quant à la réglementation de l'aviation civile.


Avec un retard à l’allumage, car trop longtemps cantonné à des niches (et aussi tenté par une bulle des loisirs qui n'aura que brièvement existé), le drone semble désormais trouver sa voie dans le marché des services. Dans ce contexte, l'autonomisation offre des perspectives immenses, en particulier dans la sécurité.


lundi 18 février 2019

Le Rafale tire ses premiers missiles METEOR


Des Rafale de l’Armée de l’air et de la Marine Nationale ont réalisé ce mercredi 13 février à Cazaux, les premiers tirs pour cet appareil du nouveau missile air/air Meteor. Ce missile spécifique au dernier standard du Rafale (mais encore de l'Eurofighter et du Gripen), est qualifié de game changer en raison de sa portée de plus de 100 km en combat aérien.

Source: Ministère des armées


Communiqué MinArm:
Le mercredi 13 février, à 13h30, une patrouille composée de deux Rafale a décollé de la base aérienne de Cazaux (Gironde) pour tirer un premier missile Meteor. A 20h00, un deuxième tir a été effectué de nuit. Ces tirs ont pu être réalisés grâce à la mise en œuvre par la DGA, du dispositif d’essai, comprenant la sécurité, l’instrumentation, la mise en œuvre des cibles, et la restitution des tirs, depuis son site situé sur l’île du Levant au large de Hyères, dans le Var. 
Les avions ont été mis en œuvre et pilotés par du personnel du centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) de l’armée de l’air et du centre d’expérimentations pratiques de l’aéronautique navale (CEPA/10S) de la Marine nationale, en étroite collaboration avec la DGA, démontrant ainsi le très haut niveau de technicité des forces en milieu interarmées. 
Destiné à des missions de supériorité aérienne, le missile air-air Meteor est propulsé par statoréacteur et capable d’intercepter des cibles à très longue portée. Acquis par la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Suède, il est doté d’une zone d'interception assurée nettement supérieure à celle des missiles de même gamme actuellement en service.

Lire sur le blog: A Cazaux, quatrième et dernier test du missile METEOR pour la DGA (2017)



vendredi 15 février 2019

L'Espagne rejoint le système de combat aérien futur franco-allemand


Ce 14 février 2019 aura été marqué par la naissance d'un ménage à trois. En effet, comme pressenti depuis plusieurs mois, l'Espagne intègre le SCAF franco-allemand. Le système de combat aérien futur devient véritablement européen. 

Ci-dessus: de gauche à droite, les ministres de la défense française, espagnole et allemande - AFP


Comme prévu, l'Espagne rejoint donc la France et l'Allemagne dans le programme SCAF: système de combat aérien futur (ou FCAS: future combat air system). La ministre espagnole de la défense Margarita Robles a en effet signé une lettre d'intention en présence de ses homologues françaises et allemandes, Florence PArly et Ursula von der Leyen, en marge d'une réunion à Bruxelles au siège de l'OTAN.

Petit pied de nez par la même occasion puisque l'OTAN peut-être considéré comme le pré-carré du F-35 américain et de son système de systèmes bien à lui. Un F-35 d'ailleurs, à qui l'Allemagne a définitivement (?) claqué la porte la semaine passée, dans le cadre du remplacement de ses Tornado.



Voulu initialement à Paris comme un projet bilatéral, dont la roadmap serait formellement contrôlée par le couple franco-allemand, au moins durant la phase de définition des capacités, le SCAF devient avec l'arrivée de l'Espagne véritablement européen, ce qui ouvre même la voie aux financements du Fonds Européen de Défense, qui nécessite pour fonctionner la présence de 3 pays au sein d'un programme d'armement.

A Madrid en tout cas, on assure avoir bien regardé les divers projets, jugeant finalement que le SCAF était le plus crédible, et surtout le plus à même d'agglomérer les partenaires dans le futur. Pas de temps à perdre donc. 

Selon moi, le dossier n'est pas véritablement compliqué par l'engagement espagnol, pays qui arrive doté d'une forte industrie aéronautique militaire made in... Airbus (en charge du programme avec Dassault Aviation). 
Au contraire, l'ensemble du programme devrait même y gagner puisque l'Espagne, déjà membre du club Eurofighter, semble d'une part accepter de suivre les voies déjà empruntées et le rôle de leader de la France, et offre d'autre part des perspectives non-négligeables (financement et commandes) tout en étant certaine de bénéficier d'un retour géographique grâce à Airbus. 
Comme d'habitude depuis l'annonce du SCAF, les devants ont été pris. Les ministres ont confirmé que les divers rôles seraient attribués au cours de l'avancée du programme.

SCAF, tel qu'initialement présenté par Airbus en 2017

De plus, sur le plan purement opérationnel, pour les forces aériennes françaises (ne pas oublier l'aéronavale, qui sera néanmoins bien seule au sein du programme), c'est également une chance !

Comment sera construit le SCAF ? De ce que l'on en sait à ce jour, il s'agira d'un système de systèmes bâti autour d'un chasseur de nouvelle génération - et donc doté de capacités telles que la fusion de données, un haut niveau de furtivité, de l'IA, des armements de nouvelles générations... - capable d'évoluer avec des drones pour ailiers, tout comme avec l'ensemble des aéronefs constituant son environnement de combat, du cargo au satellite. 
Sur le principe pas de problème, nous sommes ici - plus ou moins - dans l'idée du système de combat aérien futur tel qu'imaginé partout dans le monde à l'horizon 2040/50. Mais qu'en sera t'il du chasseur lui-même, alors que la France était la seule en Europe a avoir opté avec le Rafale pour un chasseur unique, dit "omnirôle" ?

Leader sur ce SCAF qui est désormais amené à prendre de l'ampleur en Europe, prenant clairement l'ascendant sur le concept concurrent britannique "Tempest", la France est peut-être aujourd'hui en position de porter l'uniforme de leader stratégique en Europe sur le combat aérien. Il s'agira de faire les choix les plus judicieux afin d'être cohérent sur l'opérationnel bien sûr, mais aussi et surtout de garantir la cohésion entière des partenaires. La tâche n'est pas mince face au "club F-35".


Une semaine tout juste après le lancement officiel des premières études chez Dassault, Airbus, Safran et MTU, ce début d'année 2019 marque véritablement le top départ du programme. Prochaine étape de cet étonnant alignement des planètes, le salon du Bourget en juin où on espère bien découvrir quelques visuels et maquettes. 


mercredi 13 février 2019

Azur Drones obtient l'homologation de la DGAC pour son système Skeyetech


Avec son système Drone Guard de Skeyetech, Azur Drones a obtenu l'homologation de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC). C'est le première fois qu'un système de drone doté d'une autonomie si importante reçoit cette autorisation en Europe.

Le système Skeyetech obtient la première autorisation de vol autonome en Europe pour un drone sans pilote. 
Ce concept, issu du service "Drone Guard" proposé par Azur Drones, leader européen dans les drones de surveillance, a été développé à Bordeaux par la PME Skeyetech (d'ailleurs incubée à l'origine par Bordeaux Technowest), rachetée l'an passé par Azur Drones. 


Il permet à un drone doté de deux caméras et d'une autonomie de 25 minutes d'assurer la surveillance de sites sensibles, et ce en toute autonomie. Intégré à un réseau de capteurs, le Skeyetech peut décoller  de jour comme de nuit pour reconnaître une zone ou faire un point de situation en cas d’alerte.

C'est ici que l’homologation de la DGAC distingue Skeyetech d'autres cas, puisque son autonomie d'action est une première. Le téléopérateur n'est ici pas vraiment un pilote, il n'a d'ailleurs aucunement besoin de formation.


Une telle autorisation représente une étape assez fondamentale pour le futur des services par drones, voués à l'autonomie (tout comme les trafics routiers, ferroviaires, aériens...). Jusqu'ici, les pays industrialisés, et fortement urbanisés, hésitent encore*, mais il faut noter que Skeyetech n'aura pas accès à l'espace public, et donc au survol de zones habitées ou fortement fréquentées du moins.
Déjà, afin d’obtenir cette homologation, les composants du système Skeyetech ont tous été au moins doublés, faut valoir le fabricant. Et le système dispose également d'un parachute et d’un logiciel de maintenance prédictive... Des mesures de sécurité drastiques que Skeyetech a su remplir.

Doucement mais sûrement, ces systèmes autonomes ou "semi-autonomes" du moins, devraient trouver leur place dans le marché des services immense qui s'offre à eux.


*Pour les grandes expérimentations dans la livraison par exemple, il faut pour l'instant aller voir du côté de l'Afrique et de ses grands espaces inhabités.


lundi 11 février 2019

Frappe nucléaire dans les Landes


Dans la nuit du lundi 4 au mardi  février, un Rafale de l’armée de l’Air a effectué un tir d’évaluation du missile air-sol de moyenne portée amélioré (ASMP-A). Le missile, évidemment désarmé, a ainsi frappé avec succès la zone d’essais du centre DGA Essais de missiles de Biscarrosse.

Ci-dessus, au centre: le missile stratégique ASMP-A porté par un Rafale


Le tir du missile ASMP-A a été réalisé par un Rafale B de l’escadron 2/4 La Fayette de Saint-Dizier (Forces aériennes stratégiques), durant une mission de 11h nécessitant plusieurs ravitaillements par des avions C-135 et A330 Phénix.
Vous l'aurez compris, le test reproduisait les conditions réelles de cette mission primordiale des forces aériennes stratégiques. Le chasseur a donc terminé sa mission par une pénétration à basse altitude avant de délivrer son armement stratégique.

Selon le ministère des Armées, le tir d’évaluation a eu lieu sur une nouvelle génération de missiles ASMP-A avec une portée de 500 kilomètres et une charge nucléaire de 300 kilotonnes

Pour la ministre Florence Parly, « ce succès renforce la crédibilité technico-opérationnelle de la dissuasion dont la permanence de la composante aéroportée est assurée sans discontinuité par l’armée de l’Air depuis 1964 ».
Effectivement, ce type d'essais, tout comme les exercices "Poker" des FAF, perpétue le haut niveau de crédibilité de la composante "air" de la dissuasion nucléaire française.

Et même s'il était prévu de longue date, il est de surcroît intéressant de constater qu'il - le tir-  intervient dans le contexte dégradé de la sortie de la Russie et des États-Unis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (qui en réalité, est plutôt une conséquence des relations Chine/USA).
Or, après un rapide tour de la presse internationale la semaine passée, on remarque que le tir français a fait grand bruit, partout. Aux USA, en Grande-Bretagne et Europe (de l'est surtout !), Russie bien sûr, et jusqu'en Chine. Une telle publicité au final, nous "arrange" en termes de souveraineté et de place sur l'échiquier mondial, mais il demeure amusant de répertorier les divergences d'interprétations, qui vont de l'avertissement visant spécifiquement la Russie, au positionnement comme leader stratégique européen, et ce en concurrence avec les USA et l'OTAN.