vendredi 19 janvier 2018

[En images] Exercice Athéna pour les forces spéciales Air à Mont-de-Marsan


Jusqu'au 26 janvier se déroule à Mont-de-Marsan l'exercice d’entraînement des forces spéciales air "Athena". Il rassemble près de 300 militaires des unités spéciales, et des unités concourant à la réussite de leurs missions (par exemple, les escadrons référents comme les Rafale du Normandie-Niemen). 
Outre les Caracal du Pyrénées, ou les CPA, sont également présents les grandes unités du COS issus des forces spéciales Terre, telles que le 13ème RDP, ou le 4ème RHFS.

Photos - Armée de l'air


L'exercice Athéna (source officielle):

Le Ministère des Armées décrit sur son site l’exercice «Athéna» comme un entraînement bisannuel de certification des forces spéciales air (FSA), tant au niveau tactique qu’au niveau opératif, avant leur déploiement en opération. 

Les trois unités de l’Armée de l’Air labellisées « Forces spéciales », l’escadron de transport 3/61 «Poitou», le commando parachutiste de l’air n°10 (CPA 10) et l’escadron d’hélicoptères 1/67 «Pyrénées», sont au cœur de l’exercice. Ils y mettent en œuvre l’ensemble de leurs capacités aussi bien sur le terrain que dans les différentes structures d’un poste de commandement de groupement de forces spéciales (PC GFS).

Les modules capacitaires d’appui aux opérations spéciales (MAOS) y sont également certifiés. Ces modules sont fournis par des unités conventionnelles de l’Armée de l’Air et affichent un très fort engagement dans les opérations spéciales (OS). Ils permettent notamment d’y garantir la cohérence de la manœuvre aérienne:
  • Escadre aérienne de commandement et de conduite projetable (EAC2P) de la base aérienne 105 d’Évreux
  • Groupement aérien d’appui aux opérations (GAAO) de la base aérienne 106 de Bordeaux
  • 25e Régiment du génie de l’air (25e RGA) de la base aérienne 125 d’Istres
  • Commando parachutiste de l’air n°30 (CPA 30) de la base aérienne 123 d'Orléans
  • Centre air de saut en vol (CASV) de la base aérienne 123 d’Orléans
  • Section d’intervention NRBC de l’escadron de sécurité incendie sauvetage (ESIS) de la base aérienne 120 de Cazaux



D'autres unités de l’Armée de l’Air apportent leur concours aux opérations spéciales, notamment dans les domaines de la surveillance, du transport et de l’appui-feu. Lors d'«Athéna», l’accent a est particulièrement mis sur les unités «référentes» dans leur domaine d'expertise en terme de préparation opérationnelle:
  • Escadron de chasse 2/30 « Normandie-Niémen » de la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan
  • Escadron de drones 1/33 « Belfort » de la base aérienne 709 de Cognac
  • Centre d’excellence drone de la base aérienne 701 de Salon-de-Provence













jeudi 18 janvier 2018

Trois Chinook britanniques en renfort de l'armée française au Sahel


Emmanuel Macron et Theresa May se retrouvaient ce jeudi 18 janvier pour le sommet de Sandhurst. Il y était grandement question de défense et de sécurité. Et les britanniques n'ont pas déçu en annonçant le support de trois hélicoptères lourds CH-47 à l'opération française Barkhane au Sahel.

Photo: des soldats français et britanniques montant dans un CH-47 lors de l'exercice Griffin Strike en 2016 - EMA.


L'Entente Cordiale a du bon ! Voici enfin des hélicoptères lourds dans la BSS* ! Lors d'un sommet tenu au sein de la prestigieuse Académie royale militaire britannique de Sandhurst, plusieurs travaux au programme s'agissant de la coopération franco-britannique: immigration, terrorisme, dissuasion, FCAS (future combat air system), et... finalement l'annonce d'une participation britannique à l'opération française Barkhane dans la bande sahélo-saharienne.  
Ces trois hélicoptères lourds CH-47 Chinook apporteront "un soutien logistique aux troupes françaises dans leur effort pour accroître la stabilité dans la région du Sahel", apprenait-on ce matin dans un communiqué.
Pour les forces françaises qui sont présentes en nombre au Sahel avec 4 000 personnels, c'est bien sûr une bonne nouvelle, elles qui manquent généralement de ce type de moyens lourds, capables de transporter l'équivalent d'une section en une rotation (sauf évidemment, quand nous opérons en coalition, ce qui n'est donc pas systématiquement le cas ! #autonomiestratégique).
Pour le Président Macron, cela va également dans le sens d'un plus grand partage des responsabilités s'agissant de la sécurité du continent européen...  rendant possible l’allègement du dispositif français ? 

Et les anglais ne sont pas les seuls à venir en renfort dans la BSS, puisque l'Italie valide également un renforcement de ses capacités en Libye, et va déployer 470 hommes (avec 130 véhicules et 2 avions) au Niger. Hors Barkhane cependant, il s'agit d'accords bilatéraux.

Ces déploiements sont rendus possible par effet de pivot, grâce à un allègement des dispositifs occidentaux en Irak et en Afghanistan. Pour le Royaume-Uni, c'est bien sûr également le moyen, outre de s'inscrire dans le cadre de son partenariat stratégique avec la France (Lancaster House 2010), de montrer à l'Europe qu'il reste un acteur majeur de sa sécurité. Brexit ou pas.


*Oui les hollandais en avaient au Mali, mais dans le cadre de la mission de l'ONU MINUSMA, et non le cadre Barkhane, qui se veut lui, bien plus "offensif", puisque avant tout conçu pour exercer une pression constante sur les GAT (groupes armés terroristes).


mercredi 17 janvier 2018

Présentation du nouveau camion blindé de la BRI à Bordeaux

 

En présence du Préfet, était présenté à Bordeaux ce 17 janvier un nouveau fourgon blindé destiné à la brigade de recherche et d’intervention (la fameuse BRI) de Bordeaux-Bayonne. Partout en France, les moyens d'intervention sont ainsi renforcés, conséquence de la vague d'attentats des années récentes.

Photos: Préfecture de la Gironde


Une fois n'est pas coutume, nous allons parler des forces de sécurité intérieure aujourd'hui, plus particulièrement de la Police Nationale, à l'occasion de la présentation très officielle du nouveau fourgon blindé qui équipera la BRI de Bordeaux-Bayonne (mais possiblement aussi le RAID, selon les besoins).

Ce véhicule visible sur la photo ci-dessus permet le transport de huit agents lourdement armés. Il a été conçu à partir d’un fourgon blindé dédié au transport de fonds par le secrétariat général pour l’administration du Ministère de l’intérieur (SGAMI- SUD OUEST), où sont réparés chaque année au niveau national plus de mille véhicules de tous les services de la Police Nationale et de la Gendarmerie.



Pas de fiche technique, mais si l'on se réfère au véhicule délivré ce noël à la BRI de Montpellier, visiblement semblable, et également conçu par le SGAMI local (Pompignane) à partir d'un fourgon de la BRINK'S, il aura impliqué non moins de 35 mécaniciens, carrossiers, peintres, électriciens durant 450H de travail sur environ un an (lire par ailleurs ici).

Surtout, ce travail réalisé en interne n'aura représenté à Montpellier qu'un coût de  5 000 € ! Véritable prouesse, rendue possible notamment grâce à l’utilisation de pièces récupérées sur des véhicules réformés.

On a pu découvrir également ce mercredi à Bordeaux d'autres curiosités, comme ce shotgun de combat.


Ce renforcement des moyens de la Police Nationale vient comme vous le comprendrez en réponse à la menace terroriste, tout comme au grand banditisme. Dans les deux cas en effet, ce sont des armes de guerre (du calibre 7.62 à la roquette RPG) auxquelles sont confrontées les forces de l'ordre désormais, de façon quasi-systématique.

On avait déjà pu voir à Bordeaux en 2016, avant et durant l'Euro, un PVP du Raid (voir lien ci-dessus), véhicule en service dans l'Armée de terre... Tout comme le Titus de Nexter, un monstre blindé de 20 tonnes destiné initialement au marché militaire, a pu être régulièrement prêté et testé par les forces d'intervention de la Police Nationale. Durant la COP21 par exemple.

Toute la difficulté revient bien-sûr pour le Ministère de l'Intérieur français à ne pas reproduire le syndrome de Ferguson (Missouri, USA), où les images d'une police sur-militarisée (notamment du fait de l'existence des surplus en véhicules blindés et armes individuelles de la guerre en Irak) avait choqué l'opinion publique mondiale en 2014. Car le Territoire National n'est pas une zone de guerre.





mardi 16 janvier 2018

« Tous Solidaires » revient en 2018 avec un concert gratuit le 12 mars


L’opération « Tous Solidaires » connaît en 2018 sa quatrième édition. À cette occasion, la Musique des parachutistes de Toulouse et la Musique des Forces aériennes de Bordeaux s’associeront pour un concert exceptionnel le lundi 12 mars 2018 à 20h00 au Pin Galant à Mérignac.

Ce concert caritatif célébrera plus particulièrement le centenaire du soutien apporté aux militaires blessés. Il a pour objectif de focaliser durablement l’attention des citoyens français sur nos soldats blessés au service de la France. Les fonds récoltés seront reversés à Terre Fraternité et au Bleuet de France. Ils seront destinés, d'une part, à l'amélioration de la prise en charge et l'accompagnement des soldats blessés en opération, et d'autre part, à aider les veuves et orphelins.

L’entrée est gratuite mais sur réservation uniquement à tous-solidaires@hotmail.com ou au 05.57.85.22.03.


lundi 15 janvier 2018

A Cognac, l'Armée de l'air fait ses adieux au drone Harfang


Le drone Harfang quitte déjà les forces aériennes. Dix ans après son entrée en service, une cérémonie d'adieux était organisée le 8 janvier sur la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard, où réside l'escadron de drones 1/33 "Belfort". Désormais, seul le Reaper fait office de drone MALE.


Photos: Armée de l'air

Malgré bien des services rendus, le drone MALE (moyenne altitude longue endurance) Harfang aura été l'un des symboles du retard des armées françaises en la matière en ce début de 21ème siècle. Alors que la BITD européen ne proposait quasiment rien au catalogue à l'orée des années 2000, Airbus avait porté le projet de "francisation" d'une plate forme d'origine israélienne.
Ainsi naquit le drone Harfang, dont le programme prit malheureusement 5 ans de retard, en raison d'une complexité technologique "sous-estimée" (l'épisode drone devra rester en Europe une leçon à ne pas reproduire).  

Et cela impliqua naturellement... des surcoûts, d'ailleurs dénoncés dans un rapport en 2014 par le Comité des prix de revient des fabrications d’armement (CPRA). Estimé à 100 millions d’euros environ, ce furent 440 millions qui durent être dépensés afin d'intégrer les 4 appareils commandés par la France.

Quoiqu'il en soit, le drone entra en service en 2008, année tragique où l'embuscade d'Uzbin en Afghanistan allait montrer toutes les lacunes de nos capacités de soutien.


Harfang (du nom de cette fameuse chouette des neiges) a été engagé depuis en opérations extérieures, où il a cumulé plus de 5000 heures de vol en Afghanistan, en Libye en 2011, et enfin sur Serval puis Barkhane en BSS depuis 2013. 
Au total plus de 7000 heures de vol ont été réalisées au-dessus du théâtre africain avant un retour définitif en juillet 2016. Ce système aura totalisé 15440 heures de vol sans aucun accident, y compris durant de grands événements en France (Euro 2016, G8, 14 juillet...).

Après avoir connu tout de même quelques soucis de disponibilité, ce drone pourtant capable d’être maintenu dans les airs 24 heures durant à une altitude de 7000 mètres, de transmettre instantanément les images captées aux centres de commandement et aux combattants, subit désormais la concurrence d'un nouveau venu dans l'Armée de l'air, à savoir le Reaper américain.

A l'heure du retrait, une cérémonie était donc organisée à Cognac, au sein de l'escadron 1/33 "Belfort", sous la présidence du général Éric Charpentier, commandant la brigade aérienne de l’aviation de chasse (BAAC), et en présence d’autorités civiles. Les aviateurs ont rendu un dernier hommage au drone Harfang.



En attendant 2025, et un programme européen de drone MALE, place maintenant au Reaper, dont la France possède 6 exemplaires, dont 5 déployés au Niger. Le 1/33 Belfort en attend 6 de plus, qui seront très probablement armés, puisque la décision a été annoncée en septembre dernier. Le Harfang n'était pas en capacité d'emporter des armes.


La capacité drone va monter en puissance dans l'Armée de l'air, ce que confirme le général Éric Charpentier, commandant la brigade aérienne de l’aviation de chasse (BAAC), « l’escadron de drones 1/33 Belfort et le Reaper ont encore de belles pages à écrire et de nombreux défis à relever. Demain le Reaper français sera en mesure, avec son armement, de mieux protéger les troupes amies au sol et de traiter directement des cibles à caractère fugace. Le retrait du Harfang libère de la place pour l’arrivée des six drones Reaper block 5 supplémentaires à partir de 2019 et les 180 aviateurs à l’ED seront 320 au moins en 2020 ». En effet, outre les vecteurs, l'autre défi sera du côté des ressources humaines. Une mission drone occupe 4 personnels.


Des drones aussi... dans la Marine et l'Armée de terre

Un mot enfin pour signaler que l'actualité des armées nous offre deux informations, toujours en ce qui concerne les drones.

Premièrement, la Direction générale de l'armement a officialisé jeudi 11 janvier la notification à Airbus Helicopters et Naval Group d'un contrat d'études sur le futur drone embarqué de la marine française, un programme connu sous le nom de SDAM (système de drone aérien marine). Cette étude vise le développement d'un démonstrateur de drone hélicoptère à l'horizon mi-2021, qui effectuera des essais en vol depuis une frégate. Airbus et Naval Group travailleront en partenariat avec la PME Hélicoptères Guimbal, mais aussi avec Safran, Thales, et l'Onera.

Deuxièmement, l'EALAT accueille désormais à Dax dans les Landes la formation initiale des futurs télé-pilotes des drones tactiques Patroller, qui entreront en service dans l'Armée de terre d'ici 2020. La France en a commandé 14 il y a deux ans. Leur production devrait débuter cette année.