mercredi 24 avril 2019

Deux "Squale" supplémentaires pour le 13ème RDP


La ministre des Armées Florence Parly a annoncé lors d'une visite à Quimper ce 19 avril, que deux nouvelles embarcations tactiques rapides "SQUALE" ont été commandées au profit des forces spéciales, en l'occurence le 13ème régiment de dragons parachutistes. Le Squale, qui équipe déjà le régiment depuis l'année dernière, pouvait être vu au SOFINS, parmi d'autres innovations.

L'actualité nous a un peu éloigné de notre débriefing du salon des forces spéciales "SOFINS" (qui se tenait du 2 au 4 avril), salon durant lequel le domaine nautique fut à l'honneur avec plusieurs matériels.

On avait notamment pu y voir, en dynamique sur la "lagune" du camp de Souge une démonstration de kayak à moteur électrique de Nautiraid, qui permet à l'opérateur d'avoir les deux mains libres tout en se déplaçant en silence, ou encore sur le stand d'Alseamarle tracteur sous-marin (SLV) "Murene" (voir l'article du site FOB, dont l'image ci-dessous est extraite).


Du côté des embarcations rapides, on pouvait voir sous la bâche du SOFINS le Air Shark, presque un bateau volant grâce à ses foils rétractables qui permettent de largement améliorer la stabilité en soulevant le navire au fur et à mesure que la vitesse augmente, limitant ainsi la traumatologie des hommes à bord.
Sur cette innovation, SEAir s'est associé à Sillinger pour proposer une solution qui, raconte t-on, intéresse fortement les FS de la Marine.


A l’extérieur sur le SOFINS, on pouvait également admirer au milieu des véhicules à 4 roues (ou même 6) plusieurs embarcations tactiques, dont le SQUALE de UFAST.

Le « SQUALE » équipe déjà les équipes du 2e escadron du 13ème RDP depuis plus d'un an. Et on apprend justement lors de la visite de la ministre des Armées Florence Parly à Quimper, chez le fabricant UFAST, que deux autres exemplaires ont été commandés ce 19 avril.

Lire sur le blog: Le SQUALE arrive chez les forces spéciales du 13ème RDP


Le SQUALE est présenté comme une embarcation capable d'évoluer à 40 noeuds, longue de  9m 40 et pesant 5 tonnes environ. Elle peut embarquer 15 personnels en ordre de combat dont 5 membres d'équipage ( 3 servants d'armes, 1 pilote, 1 chef de raid et/ou chef d'embarcation). Son tirant d'eau de seulement 70 cm en pleine charge lui autorise une manœuvrabilité en eau peu profonde.
Surtout, disposant d'environ 350km d'autonomie, elle convient parfaitement aux missions d'infiltration/exfiltration en toute discrétion sur une grande élongation et en toute autonomie qui caractérisent le 13ème Dragon.

Financée par l'EMAT sur son budget de fonctionnement et contractualisée par le service exécutant de la STAT, cette embarcation aux aptitudes peu communes a été selon l'Armée de Terre "conçue et développée par une équipe de programme regroupant U FAST, la STAT et le CFST. La DGA a été sollicitée pour apporter son expertise sur des segments très particuliers. Ce processus vertueux a abouti, dans un délai particulièrement contraint (1 an) à la satisfaction du besoin opérationnel. L'utilisateur a été associé à toutes les étapes de conception du projet, ce qui a permis d'avoir un produit fini correspondant pleinement au besoin de l'utilisateur."


vendredi 19 avril 2019

Avec Thalès, la Rafale Team se reforme enfin sur le programme SCAF


On connaît désormais l'une des missions du groupe Thalès, champion français du numérique de défense et de sécurité, dans le programme européen de système de combat aérien futur. Il aura la charge du dialogue entre les objets connectés de ce système de combat collaboratif.

Ci-dessus: la MinArm Florence Parly, le 15 avril sur le site Thalès de Limours - photo Thales Group


Une des premières difficultés d'un programme multinational de l’ampleur du SCAF (/FCAS), en français "système de combat aérien futur", stratégique s'il en est pour les pays participants, est d'associer les grands acteurs de la défense en Europe. D'autant plus que l'entrée dans le programme initialement est une opportunité industrielle incroyable, comme en témoigne la volonté espagnole de rejoindre ce programme, initialement franco-allemand, aussi tôt que possible (ce qui fut validé en janvier 2019).

Pour la France, l'enjeu global était bien évidemment de d'associer le champion Airbus, à la "Team Rafale", constituée de Dassault Aviation, Safran et Thalès, et ce notamment afin d'éviter le "divorce "des années 80 qui mena au lancement de deux programmes concurrents: Rafale & Eurofighter.

Dans cette équation initiée de façon tangible à Berlin il y a déjà un an par Airbus et Dassault (ce dernier étant maître d'oeuvre sur le chasseur), Thalès Group, était jusque là le grand absent, et même perdant. L'inquiétude était légitime, tant le rôle de Thales non seulement sur Rafale, mais également s'agissant de tous les équipements électroniques de défense français, est primordial. Et c'est notamment Airbus qui hérite sur SCAF de la conception de systèmes stratégiques.

Finalement, la participation de Thalès au SCAF a été confirmée ce lundi 15 avril par Florence Parly, qui visitait le site Thales de Limours, dans l’Essonne "J’ai l’ambition d'ici le milieu de l’année de passer des contrats relatifs au démonstrateur de l'avion: (...) Thales, par ses compétences d'intégrateur, aura toute sa place pour construire le dialogue entre les objets connectés de ce système de combat collaboratif", a annoncé la ministre.

Thales participera au  SCAF  en partenariat avec l'espagnol Indra et l'allemand Hensold qui vient d'acquérir une grande partie des activités du français Nexeya, spécialisée dans la conception et le développement d'équipements électroniques.

Conçu comme un système de systèmes associant le futur avion de combat, des drones aux rôles diverses (ailiers, ravitailleurs, senseurs, essaims...), des armes "intelligentes" comme les futurs missiles de croisière, ou bien encore autres avions, satellites, et même systèmes des autres armées, le SCAF associe déjà sur la papier une bonne douzaine de grandes entreprises. L'écosystème, qui va encore se renforcer c'est une forte probabilité (surtout si d'autres pays s'y associent), devra s’affiner et surtout se structurer. Devant l'ampleur du programme, on peut parier sur l'implication à long terme de centaines de sous-traitants, et donc par là même, de plusieurs milliers d'emplois sur le continent européen.

De nouvelles annonces seront faites au salon du Bourget le 17 juin au sujet de SCAF, principalement au sujet du développement d'un démonstrateur pour le chasseur de nouvelle génération. 

A noter que lors de sa visite chez Thalès, la ministre des Armées a assisté à la sortie des chaînes de production du premier radar Sea Fire 500 qui équipera les futures frégates de défense et d’intervention de la Marine Nationale, et signé avec Patrice Caine, le PDG, renouvellement de la convention Action PME.


mercredi 17 avril 2019

Le Colossus de Shark Robotics, ce "héros"


En plein drame de Notre-Dame de Paris, les connaisseurs auront très vite remarqué, dès la parution des premières images de l'intervention de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris (BSPP), qu'un drone terrestre avait été employé pour l' "entrée en premier" dans la cathédrale. Il s'agit du Colossus de Shark Robotics.


Colossus ce "petit robot héros" (!!) peut-on voir partout dans la presse. Jamais en mal de personnification outrancière, les médias ont découvert avec stupeur - et un certain émerveillement - que les Pompiers de Paris avaient eu recours au robot Colossus de Shark Robotics lors du terrible incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Notre-Dame à Paris.

Le petit robot chenillé donc (500 kg tout de même), a effectivement tracté sa lance à eau au cœur de la nef alors que l'incendie en cours menaçait de faire s'effondrer une partie, voire la totalité de la voûte.
La décision d'employer le robot fut prise très rapidement, a annoncé hier le porte parole de la BSPP: "Nous avons concentré notre effort sur l’extérieur et retiré les personnes qui étaient engagées à l’intérieur en les remplaçant par un robot qui permettait d’éteindre le feu et de faire baisser la température à l’intérieur de la nef".

Cette première image de l'intérieur de Notre-Dame fera le tour du monde. Au centre, le robot Colossus - BSPP

Colossus est déjà bien connu dans le monde de la sécurité. Sur ce blog, on avait même pu le croiser sur l'édition du SOFINS 2017 (séminaire des forces spéciales près de Bordeaux), à Eurosatory 2018, puis de nouveau lors du salon SOFINS 2019 il y a peine deux semaines, sur le stand de la Région Nouvelle Aquitaine. 




En 2017 déjà, le robot commençait son expérimentation auprès des Pompiers de Paris. De même désormais chez les pompiers de Bordeaux. Et bientôt à Marseille.


"Eloigner l'homme du risque", la devise de Shark Robotics

Colossus a pour lui un avantage énorme. Il n'est pas humain. Il va là où l'homme ne peut aller. C'est probablement en partie grâce à l'existence de ce type de technologie que les pompiers ont pu s'en tirer sans trop de blessures (un blessé grave rappelons le) malgré un incendie de cette ampleur.

"Made in France", puisqu'il est le fruit de Shark Robotics, PME d'une vingtaine d'employés basée à La Rochelle (et dont la gamme de robot se diversifie avec notamment les mules militaires, voir lien plus haut), le Colossus est capable de se déplacer en terrains très accidentés, y compris les escaliers, et bien sûr d'intervenir sur les incendies grâce à une lance à eau capable de déverser 3 000 litres/minute. 

Outre l'intervention, l'outil est idéal pour la reconnaissance grâce à ses nombreux capteurs (caméra thermique, vision jour-nuit, capteurs de gaz) en détectant par exemple la toxicité des fumées ou le niveau de stabilité d'une structure en proie aux flammes, comme ce fut le cas à Paris.

Colossus de surcroît peut intervenir 10h durant.



Colossus peut même avoir des emplois plus inattendus. Par exemple, lors d'une lors d’une prise d’otages à Paris en juin 2018, le robot de la BSPP était intervenu en plein milieu d'une opération de la BRI afin d'éteindre un véhicule en flammes. Il était alors hors de question pour les pompiers de se risquer sur des lignes de tirs.
Lors du SOFINS récemment, on a d'ailleurs pu voir le Colossus équipé pour... des opérations militaires.

Indéniablement, le grand incendie de Notre-Dame de Paris marque l'Histoire de France. Le rôle déterminant de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris s’inscrit lui dans la longue tradition des interventions héroïques de ces hommes. La grande Histoire fera également une petite place pour le robot Colossus, sans doute précurseur d'une nouvelle génération de moyens d'intervention. Mais attention, comme dans les conflits armés, c'est encore et toujours l'Homme qui doit prendre les bonnes décisions au bon moment. C'est aussi celui qui risque sa vie !


lundi 15 avril 2019

MBDA et ALPhANOV inaugurent à Bordeaux un banc d'essais laser



Le missilier MBDA et le centre ALPhANOV ont chacun annoncé ce 11 avril qu'ils avaient inauguré à Bordeaux le laboratoire VTF (Vulnerability Test Facility – Banc de vulnérabilité laser) le 27 mars dernier. Il s'agit d'un banc d'essais pour de futurs armements laser.

Sources: MBDA / Alphanov


MBDA a donc choisi Bordeaux et son pôle Route des Lasers pour réaliser des recherches et des tests concernant les lasers offensifs qui pourraient largement bouleverser les conflits de demain.

Ce nouveau moyen d’essais dont le développement a été initié en 2016, met en œuvre des sources laser de puissance réglables de 1 à 10 kW, de multiples moyens de mesure (imagerie rapide, visible et infrarouge, pyromètres, thermocouples), pour tester les effets du laser sur les matériaux. Cette coopération inclut la réalisation de ce banc, mais aussi sa mise en œuvre conjointe sur une durée de quatre ans.

Selon le communiqué du missilier, la capacité du banc VTF à simuler les imperfections de pointage d’un faisceau en dynamique, ainsi qu’à reproduire les conditions d’un tir réel sur une cible en défilement et en autorotation est unique en Europe. Elle permettra de modéliser les interactions complexes entre l’énergie déposée par le laser et la matière afin de définir avec précision les contraintes portant sur chacun des éléments d’une arme laser (source laser, précision du pointage, asservissements de tourelle, focalisation du faisceau, etc…) et optimiser les architectures futures de ces systèmes, face aux différents types de cibles (aéronefs, missiles, drones, obus, capteurs optiques, véhicules, navires, etc.) qu’ils pourront être amenés à engager.

À cette occasion, Antoine Bouvier, CEO de MBDA, a déclaré : « Venant s’ajouter aux capacités techniques de MBDA qui sont uniques en Europe, le banc VTF apportera une plus-value décisive aux travaux lancés par l’entreprise au profit de nos clients allemand et britannique. Il permettra en effet de spécifier nos futures armes laser pour répondre au plus juste aux besoins exprimés par nos clients militaires. Ce moyen d’essai est donc une étape majeure sur le chemin qui mène à la maîtrise totale des armes laser et à une autonomie stratégique en la matière. C’est l’objectif de MBDA, c’est celui de nos nations domestiques et désormais celui de l’Europe au travers de sa politique de Coopération Structurée Permanente. »

ALPhANOV aura pour mission de mettre en œuvre le laboratoire commun pour les études du domaine d’intérêt de MBDA et de le maintenir en condition opérationnelle sur la période de la collaboration.
Cette installation permettra l’accueil de travaux de recherche associant les laboratoires de l’Université de Bordeaux. Elle sera également utilisée par ALPhANOV pour ses recherches et applications propres ou collaboratives des procédés lasers dans les domaines industriels tels que le soudage, la fabrication additive ou le remodelage de surfaces par laser.


vendredi 12 avril 2019

"Elles du Dragon" s'envolent pour le Vietnam au service d'Entraide Parachutiste


Ce blog, il fut un temps, avait beaucoup évoqué la question des blessés de guerre et du stress post-traumatique (époque Sangaris notamment). Aujourd'hui, retour sur projet qui a illuminé le salon des forces spéciales SOFINS, et qui m'a particulièrement marqué: Elles du Dragon.

Ces trois t-shirt roses étaient immanquables sur le salon SOFINS, attirant même l'attention de la ministre des Armées.
En formant l'équipe "Elles du Dragon", Cyrielle, Dorothée et Axelle, se lancent dans une grande aventure qui les mènera jusqu'au Raid Amazones au Vietnam en octobre prochain. Elles y représenteront l'association "Entraide Parachutiste" et contribueront ainsi au soutien des militaires des troupes aéroportées touchés par les épreuves de la vie et des familles endeuillées. 

A l'origine du projet, la perte d'un être cher. Fin 2017, Cyrielle, a perdu son mari et le père de sa fille, Stéphane Grenier, adjudant-chef au 13e Régiment de Dragons Parachutistes, mort pour la France en zone irako-syrienne. 
Brisée par ce drame, le sport a été un moyen pour elle de se reconstruire. Aujourd’hui, elle veut faire de ce qu’elle traverse le moteur d’un défi sportif personnel et solidaire : participer au Raid Amazones pour rendre hommage aux militaires partis trop tôt ou blessés et marquer son profond soutien à leurs proches.
Dorothée et Axelle, animées par l’envie commune de se battre à ses côtés, choisissent, elles aussi, de s’engager dans cette grande aventure humaine et d’y représenter l’association Entraide Parachutiste. 

Les Elles du Dragon représentent l'Entraide Parachutiste et concourent ainsi au soutien des militaires blessés, des veuves et orphelins de guerre. 


Le Raid Amazones : par équipes de 2 ou 3, plus de 280 amazones se surpasseront du 11 au 20 octobre 2019 pour soutenir une cause qui leur tient à cœur. Durant 6 jours consécutifs, elles enchaîneront des épreuves sportives (trail, VTT, canoë, tir à l'arc, run and bike, et course d'orientation), dans les plus beaux paysages du Viêtnam.
L’organisation ZBO permettra également la construction d’une école dans un village proche de Danang grâce aux participations des équipières. 

Elles du Dragon cherche actuellement des soutiens/sponsors dans la préparation de ce projet. A quoi servira l'argent collecté ? Votre contribution - petite ou grande –  aidera à financer la participation au Raid Amazones 2019 (inscription, transport, équipements obligatoires) et à promouvoir et soutenir financièrement l’association Entraide Parachutiste. 
Vos dons sont déductibles des impôts, 66% pour les particuliers, 60% pour les entreprises qui souhaiteraient sponsoriser le projet.

Au travers de cette initiative, c'est d'abord la famille soudée des forces spéciales qui est à l'oeuvre, mais également l'ensemble de la communauté militaire, au sens large. Une initiative que soutient avec ferveur Pax Aquitania.

Les membres d'Elles du Dragon peuvent être soutenues ICI (page Facebook), ou pour les dons, ICI.

“ Telle la devise des parachutistes du 13e RDP, les Elles du Dragon iront "au-delà du possible" pour cette belle cause ; avec votre soutien et grâce à vos dons, nous parviendrons à faire de ce projet une réalité. “