vendredi 22 mai 2020

A Mérignac, ADS Show devient le principal salon aéronautique. UAV Show reporté


Tout professionnel l'a appris à ses dépens, la pandémie aura eu raison de l'ensemble des salons et rendez-vous, que ces lieux soient destinés au business ou à l'accueil du grand public. Dans ce contexte, les salons de fin d'année comme EuroNaval ou ADS Show font désormais figure de derniers grands étendards pour les acteurs du secteur de la défense.

L'édition 2020 d'ADS Show, le salon international du MCO (maintien en condition opérationnelle) aéronautique de défense organisé notamment par la Région Nouvelle Aquitaine et Aerocampus, se tiendra bien comme prévu du 24 au 26 septembre à Mérignac, dans l'enceinte de la base aérienne 106.

Secteur clé du monde aéronautique, la maintenance a fait l'objet d'une réforme profonde dans les armées françaises, sous égide de la nouvellement créée DMAé (Direction de la maintenance aéronautique). Le fer de lance de cette réforme est la "verticalisation" des contrats avec les industriels, qui se voient plus directement mis en responsabilité des taux de disponibilité des aéronefs.

Et ADS Show, devenu un rendez-vous incontournable sur ce créneau, notamment lorsqu'il s'agit de présenter les innovations de la révolution numérique "4.0" (impression additive, réalité virtuelle, objets connectés...) aura cette année un intérêt supplémentaire.
Le salon se présente en effet comme l'un des rescapés de la pandémie de COVID-19, un salut qu'il doit à sa date plus tardive dans l'année. Un point sur lequel l'organisation a donc décidé de mettre l'accent : 
Cet événement sera l'occasion de démontrer la capacité de résilience et de mobilisation de la filière Aéronautique, Spatial, Défense pour faire face aux enjeux qui seront d'autant plus cruciaux au sortir de cette crise inédite.
Préparons d'ores et déjà l'après pour accompagner et soutenir l'économie et toutes les entreprises et organismes durement éprouvés !
Une opportunité donc, pour les industriels de rattraper l'important retard accumulé cette année dans les showrooms, séminaires, et rendez-vous B2B... 


Inscriptions et programme sur le site de l'événement: www.adsshow.eu/fr/

Enfin, nous remarquerons que la troisième et dernière journée du salon sera consacrée au recrutement et à la formation. Même touché de plein fouet par la crise, les besoins en ressources humaines dans le secteur de la maintenance aéronautique civile comme militaire restent gargantuesques.



UAV Show, le salon des drones, reporté à 2021

On était habitué à Bordeaux au diptyque ADS Show / UAV Show, tous les deux ans. Mais la pandémie du Covid-19 aura cependant eu raison du dixième anniversaire du salon des drones. L'édition est néanmoins reportée au mois d'octobre 2021.

Il faut d'ailleurs noter que la pandémie aura eu des effets contradictoires sur le monde des drones et plus généralement de la robotique. D'abord consacrés par les règles de distanciation sociale et les mesures de confinement, les appareils autonomes ou pilotés à distance sont désormais dans le viseur des organismes et juridictions s'agissant de la protection des libertés individuelles. 



mercredi 20 mai 2020

A Limoges, Arquus produit son 1000ème blindé Sherpa


L'industriel Arquus annonce que ses équipes de Limoges ont tout récemment conclu la production du 1000ème  véhicule blindé Sherpa. L'entreprise est donc fière d'intégrer son Sherpa au sein du club fermé des véhicules produits à plus de 1000 exemplaires, 14 ans après sa première présentation.

Illustrations: l'assemblage à Limoges - Arquus


Alors que l'industrie française de défense, qui a su garder une activité à hauteur de 30% durant le confinement, tente de retrouver des conditions de travail à peu près normale d'ici l'été, ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs annonces. Aujourd'hui nous retenons celle, dans le domaine terrestre, d'Arquus (ex-Renault Truck Defense), qui a sorti de ses lignes de production à Limoges son millième 4x4 blindé Sherpa.

Le Sherpa est donc un vrai succès. Décliné en 4 modèles de base (Sherpa Scout pour la reconnaissance, Carrier pour le transport, APC pour le transport protégé, Sherpa Forces Spéciales), il équipe plusieurs forces armées et/ou de sécurité, faisant dire à son constructeur qu'il est de tous les théâtres.

Véhicule militaire, le Sherpa réalise surtout une belle carrière dans la sécurité intérieure, grâce à une version dotée d'Echelle d’Assaut développée en 2014 sur fonds propres par l'industriel. 
Le GIGN en possède mais on trouve également des Sherpa dans les groupes d'élite de la police au Chili, au Liban, en Indonésie, en Inde ou encore au Brésil. 

Dans les armées, les utilisateurs sont l'OTAN qui l'a engagé au sein de l'ISAF en Afghanistan, l'Egypte, ou le Koweït avec 300 exemplaires commandés.

Enfin, les forces spéciales françaises ont choisi une version spécifique du Sherpa FS pour leur programme VLFS (véhicule lourd des forces spéciales) en 2016. Programme qui connait quelques difficultés, mais dont les livraisons ont débuté.


Dans son communiqué Arquus félicite ses équipes et rappelle qu'en 2019, le site Arquus de Limoges a battu ses records de production, avec plus de 200 livraisons sur l’année. "Le site de Limoges a montré à cette occasion sa capacité à s’adapter à des rythmes très soutenus de production, allant jusqu’à deux véhicules Sherpa par jour. Ce record, obtenu l’année du 80e anniversaire du site, illustre le dynamisme et la capacité de renouvellement d’un centre historique de la Défense française."

Depuis qu'il a été présenté en 2006, le Sherpa est entièrement assemblé à Limoges grâce à une ligne de production complète. En 14 ans, ce sont désormais plus de 1000 véhicules Sherpa de tous modèles et de toutes configurations qui y auront été produits.


lundi 18 mai 2020

La Space Force lance X-37B, et l'armée de l'Air ses premiers opérateurs satellite


Un point spatial aujourd'hui. Les USA ont relancé avec succès leur navette (drone) X-37B, tandis que le Commandement de l'espace français accueille ses premiers officiers "opérateur satellite".

Ci-dessus: le lanceur Atlas V qui a mené avec succès le drone X-37B en orbite ce 17 mai - DoD


Alors que l'Iran a  (enfin) lancé fin avril son premier satellite militaire, s'auto-proclamant par la suite « force spatiale », les USA gardent bien entendu un large leadership dans le domaine.
La communication a commencé tambour battant autour du lancement de la très fameuse Space Force (voir le clip officiel très hollywoodien ci-dessous), mais c'est aujourd'hui la navette X-37B qui nous intéresse.


Le drone X-37B (ou plus exactement l'un des X-37B) a donc décollé de Cap Canaveral sur un lanceur Atlas V pour sa 6ème mission ce dimanche 17 mai. Cet appareil longtemps resté mystérieux est aujourd'hui connu du monde entier. Signe du temps, le lancement a fait l'objet de félciitations officielles sur les réseaux sociaux de la part du secrétaire à la Défense Mark Esper. 

Pour une nouvelle mission de longue durée (la dernière établissait un joli record de 780 jours), le drone spatial va mener à bien plusieurs expériences orbitales tout à fait intéressantes, et lancer un micro satellite FalconSat-8.

Le drone X-37B dans la coiffe du lanceur Atlas V


En France, le premier opérateur satellite du Commandement de l'espace

Dans le même temps, l'armée de l'Air (et bientôt "de l'Espace") avance à son rythme avec la qualification de son tout premier officier, en la qualité d' « ingénieur mission satellite ». 
En effet, le ministère confirme qu'à l’issue d’une formation de plusieurs mois, réalisée au sein des équipes de maintien à poste des satellites militaires d’observation au Centre spatial toulousain du Centre national d’études spatiales (CNES), le lieutenant Charles, a été formé avec succès au métier d'ingénieur mission.

Ce dernier est affecté à l'’équipe de maintien à poste des satellites militaires CSO du CNES à Toulouse. Il a directement été suivi d'un second officier, le lieutenant Maximilien.

Pour rappel, les armées avaient annoncé leur volonté il y a un an de devenir leur "propre opérateur", ce qui n'était pas tout à fait le cas jusqu'à maintenant.

L'armée de l'Air reconnaît qu'il s'agit certes d'un « petit pas » en apparence, mais néanmoins d'un nouveau « bond » pour le Commandement de l’espace.

Le Commandement de l’espace, créé à l'automne 2019, va continuer sa montée en puissance en augmentant progressivement ses effectifs à Toulouse (hébergé par le CNES) avec durant l'été qui arrive l'intégration d'une vingtaines d’officiers supplémentaires. Les recrutements pour ces postes d'OSC sont d'ailleurs ouverts. Ces équipes apprendront à opérer les systèmes PLEIADES et CERES, en plus de CSO.

Le CDE sera tout à fait opérationnel à l'été 2021 si tout va bien, mais bénéficiera de son plein potentiel d'ici à 2025, avec ses propres structures et un centre de contrôle dernier cri. 

La France n'est pas la seule puissance moyenne a vouloir se doter d'un commandement dédié aux opérations spatiales: le Japon inaugure ce 19 mai son premier "Space Operations Squadron" dont la mission sera la surveillance des satellites et débris.  


vendredi 15 mai 2020

Cognac et ses drones Reaper mis à l'honneur

Madame la ministre des Armées Florence Parly a enfin pu réaliser sa visite sur la base aérienne 709 de Cognac de jeudi 14 mai. Dans le même temps, la flotte de drones Reaper prend désormais une importance considérable dans les opérations au Sahel

Ci-dessus: un MQ-9 Reaper armé des forces françaises à Niamey au Niger - Armée de l'Air


Florence Parly était à Cognac ce jeudi 14 mai - une visite de multiples fois reportée - pour y rencontrer les personnels de la base aérienne 709 de Cognac Chateaubernard.
On retrouve sur cette enceinte, qui prend de l'importance,  l'école de pilotage de l'armée de l'Air et la 33ème escadre de surveillance, de reconnaissance et d'attaque, reformé tout dernièrement. Cette escadre comprend l'escadron de surveillance 1/33 Belfort et ses fameux MQ-9 Reaper, l'escadron de transformation opérationnelle drones 3/33 Moselle et l'escadron de soutien technique aéronautique 15/33.

Dans le respect des nouvelles normes de distanciation, la ministre a fait le tour des installations, alors que la base doit recevoir entre 2 et 400 nouveaux personnels, accueillant en effet une partie des effectifs de Tours.
Nous avions d'ailleurs vu sur ce blog l'an passé que la base a subi d'important travaux de rénovation. Avec ses Reaper et ses Pilatus PC-21, elle est désormais tout à fait stratégique pour les forces aériennes françaises. 


Profitons en justement pour faire un point sur la flotte de Reaper, qui peuvent désormais être armés de bombes guidées (depuis fin 2019). 
L'escadron 1/33 Belfort mène désormais sur l'opération Barkhane des opérations de frappes régulièrement. 40% des tirs de bombes depuis le début de l'année lui seraient imputés, selon le blog Le Mamouth. Soit plusieurs dizaines de bombes GBU (les missiles sont attendus à court terme).

Un chiffre assez impressionnant au regard de la "jeunesse" de cette capacité dans l'armée de l'Air, mais qui s'explique assez simplement, par deux raisons:
  • la permanence en vol de ces drones, qui permet la frappe au moment le plus opportun.
  • le fait que frapper depuis un drone n'a rien de bouleversant en soi, cela s'apparentant à une frappe aérienne tout à fait classique (ce à quoi les aviateurs sont longuement formés).
Le "33" possède aujourd'hui 5 drones Reaper Block 1, qui seront modernisés (le 6ème a été perdu dans un crash fin 2018, mais sera remplacé pour 1$ symbolique), et 2 Reaper Block 5 depuis cet hiver 2020. 4 autres Block 5 sont attendus tout prochainement.
Sont basés à Cognac 2 Reaper Block 1 de 2 Reaper Block 5. Tandis que 3 Block 1 œuvrent sur Barkhane depuis Niamey.

L'arrivée du Block 5 et de sa suite de capteurs ROEM est attendue avec enthousiasme au Sahel.

La prochaine étape, normalement, sera celle de l'Eurodrone, mais avec le véritable cafouillage qui entoure ce dernier, il est envisageable que la flotte de Reaper soit encore amenée à s'agrandir au cours de la décennie qui vient...

© Sgt Midreuil


mercredi 13 mai 2020

Création d'un groupe de travail entre les états-major Air du programme SCAF


Le ministère des Armées communique ce mercredi sur une visioconférence qui a réuni ce 7 mai 2020 le général Philippe Lavigne, le général Javier Salto et le général Ingo Gerhartz, respectivement chefs d’état-major des armées de l’air française, espagnole et allemande, et ayant pour objet l’avancement du système de combat aérien futur (SCAF).


Pandémie ou pas, l'armée de l'Air demeure sur tous les fronts ! Nouvelles frappes contre l'Etat Islamique en Irak (le premières depuis plusieurs semaines), nouveau déploiement de Mirage 2000 dans les pays baltes pour la mission Baltic Air Policing, entraînements d'opportunité en métropole (dû à un ciel libéré du trafic civil), ou encore activité intense sur l'opération Résilience, jusque dans le Pacifique... l'activité opérationnelle est donc intense. Mais cela ne doit pas faire oublier les grands programmes en cours, et principalement le SCAF.

D'autant plus que les inquiétudes sont grandes avec la crise économique qui s'annonce. Relance ou austérité, le monde de la défense attend de connaître son sort...  

Mais à ce jour, le calendrier (politique/industriel) suit son cours, et cette nouvelle rencontre a été l’occasion pour les CEMAA des pays partenaires de s’accorder sur les critères d’évaluation opérationnels qui permettront de sélectionner les meilleures combinaisons possibles d’avions de combat futurs et de drones en appui, dont les résultats sont attendus pour mi-2021 (terme prévu de l’étude conceptuelle).

Et, je cite, "les trois chefs des armées de l’air française, allemande et espagnole se sont ensuite accordés sur une compréhension commune des besoins de connectivité pour le combat collaboratif aérien. En effet, le combat collaboratif rend nécessaire de faire concourir les différents programmes nationaux dans les deux décennies à venir, avant la mise en service du système aérien de nouvelle génération qui n’interviendra qu’en 2040."

On apprend enfin qu'un groupe de travail trilatéral dédié a été créé, dont la première tâche sera d'identifier les périodes où les programmes nationaux peuvent s’ajuster, "afin d’y intégrer les besoins de connectivité en vue de l’arrivée du SCAF et son approche native de système de systèmes."


MAJ: Airbus lance également un nouveau Forum dédié au SCAF, ainsi qu'un groupe de réflexion dédié à l'éthique (du combat aérien futur). Un panel d'experts quasi exclusivement germanophone... Correction: Airbus indique que ce panel sera élargi aux chercheurs des autres nations participantes.