mercredi 18 octobre 2017

Renault Trucks Defense... n'est plus à vendre


Contre toute attente, Volvo Group a mis fin au processus de cession de sa division Government Sales qui regroupe Panhard, Acmat et Renault Trucks Defense. En cause, la faiblesse des offres. le Français Nexter et le belge CMI étaient candidats à la reprise. 

Images - Reuters, RTD

Officiellement mise en vente il y a un an (voir lien ci-dessous) par le suédois Volvo, la division Government Sales du groupe, qui rassemble Panhard, Acmat et Renault Trucks Defense en France, ainsi que Mack aux États-Unis ne sera finalement pas cédée. Les offres reçues ne reflètent en effet pas la valeur de cette division, selon le Deputy CEO et CFO de Volvo, Jan Gurander: « Volvo Group Governmental Sales se développe positivement et s’est construit un carnet de commandes conséquent. Nous avions annoncé notre volonté de céder cette activité, mais les offres reçues ne reflètent pas sa valeur. Nous avons donc décidé de mettre fin au processus de cession ».


Volvo comptait via cette cession se désengager de la défense. La division Volvo Government Sales, si elle ne représente qu'1,5% des ventes du groupe, comprend pourtant des industriels essentiels pour les programmes de l'Armée de terre notamment, et l'emploi en France.
Renault Trucks Defense (RTD), c'est par exemple 1 200 salariés dont une partie à Limoges, la modernisation des VAB, ou la production des 4x4 Sherpa destinés aux forces spéciales.
C'est aussi via Acmat à Saint-Nazaire la militarisation des 3700 Ford Everest qui seront les nouveaux Véhicules légers de transport de personnes non protégé (VLTP-NP) des armées, remplaçant du légendaire P4.




Le français Nexter, ou plus précisément groupe franco-allemand KNDS (KMW & Nexter Defense Systems) et le belge CMI, qui avait fait une offre audacieuse, étaient candidats à la reprise. eux sociétés étaient candidates au rachat de RTD. On évoque une offre de CMI avoisinant les 400 millions d’euros, et une de KNDS entre 300 et 400 millions. Or, Volvo Group attendait lui  entre 500 et 700 millions d’euros de cette vente.

S'il est compréhensible qu'avec les perspectives du marché, Volvo ne brade pas ces quelques bijoux de famille, on pourra regretter l'occasion manquée de voir réunies sous la même bannière plusieurs majors de l'armement terrestre européen, notamment fournisseurs des armées françaises. 



mardi 17 octobre 2017

Désormais trop à l'étroit à Dax, DCI étend l'activité du CIFH dans les Landes


DCI est à l'étroit à Dax ! Le groupe de conseil en défense et sécurité a signé un protocole de mise à disposition de plate-forme aérienne avec l’EAR (association Entente aéronautique rionnaise ) et la commune de Rion des Landes. Une partie des activités de formation des pilotes d'hélicoptères militaires y sera délocalisée.

Illustration: les EC120 Colibri (ou "radis", ça marche aussi) de la société Helidax, branche de DCI, à Dax dans les Landes - Helidax


Vu sur Sud Ouest, jeudi 12 octobre, en mairie de Rion des Landes, a eu lieu la signature tripartite du protocole de mise à disposition de plate-forme aérienne de la commune. Le bénéficiaire sera DCI, et plus précisément le CIFH, le centre international de formation hélicoptères.
On apprend également dans le journal que sont prévus à Rion trois stages de neuf semaines par an pour deux à six stagiaires, qui apprendront à réaliser des tours de piste en double commande ou en solo élève.

Comme vous le savez si vous suivez ce blog, la société DCI (Défense Conseil International), via sa filiale d'HéliDax, possède une base école pour la formation des pilotes d'hélicoptères de l'EALAT (école d'aviation légère de l'Armée de Terre) depuis 2010, à Dax.
Plus tard, en 2015, fort de son succès, le modèle était étendu à l'international avec l'ouverture du CIFH, qui joue pleinement depuis son rôle au "soutex", le soutien aux exportations (DCI est également impliquée sur la formation des opérationnels clients du Rafale).


Aussi sur le blog: La première promotion koweïtienne brevetée au CIF-H de Dax



Cette véritable externalisation et l'utilisation d'appareils civils ont permis de réduire le coût de l'heure de vol de 2300 à 1100 euros. En cause, la consommation de carburant et surtout la maintenance. Aussi, là où l'EALAT utilisait 53 hélicoptères Gazelle et 175 personnels, Helidax semble faire mieux avec moins de machines et 50 employés. Selon l'Armée de Terre elle-même, 100% du besoin exprimé est rempli par 36 hélicoptères, et ce notamment grâce à un taux de disponibilité record de 90% !  (données datées de 2015) 
De plus, Hélidax est maintenant sollicité pour des heures de substitution, c'est à dire que les régiments entretiennent directement leurs compétences via l'école de Dax, économisant ainsi des appareils militaires bien peu disponibles.



Lors de la signature à Rion les Landes, Antoine Beorchia (sécurité et qualité hélicoptères) et Fabrice Revel (formation hélicos et avions) du CIFH ont confié que l’aérodrome de Dax était désormais trop chargé, peut-on lire dans l'article de Sud Ouest. Le nouveau terrain « nous permet, aussi, de nous ouvrir sur le massif forestier, très prisé et bien moins encombré. »

Dernier détail, qui a son importance: la mise à disposition du site a été conclue et signée à titre gracieux pour une durée de deux ans, renouvelable une fois. En contrepartie, DCI assure la sécurité de l'enceinte (notamment contre les dégradations de... sangliers !) en s’acquittant de la pose d’une clôture de protection d’un coût de 3 404,30 €, très précisément.


lundi 16 octobre 2017

Thomas Pesquet en visite au CEAM de Mont-de-Marsan


Avant les célébrations de Toulouse pour les 20 ans de la Cité de l'Espace, Thomas Pesquet a fait un détour par l'Aquitaine. Il a notamment visité l'un des poumons de l'innovation aérospatial du pays, le CEAM de Mont-de-Marsan. L'occasion également de passer par Bordeaux et l'Airbus Zéro-G.

Photos: Twitter & Facebook CEAM, Thomas Pesquet


Véritable star depuis son départ à bord de l'ISS il y a bientôt un an pour la mission Proxima, Thomas Pesquet n'en finit plus d'être demandé.
C'est l'Armée de l'air qui a eu l'honneur de l'accueillir (honneur réciproque pour l'invité) sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, plus précisément au CEAM.

Le CEAM est le centre d’expertise aérienne militaire (anciennement appelé le centre d’expériences aériennes militaires). Composé de 25 unités et de 700 experts, il est le centre d’innovation de l’Armée de l’air, où se construiront les capacités opérationnelles futures de l’institution.
Le CEAM a de plus développé ces dernières années un Air Warfare Center, et concentre ses experts autour des trois piliers constitutifs d’une capacité opérationnelle de première ligne : la doctrine, les équipements et l’expertise tactique du combattant.

L'astronaute a pu en profiter pour voir les Rafale du CEAM et du Normandie Niemen (escadron français créé sur le front de l'est durant la Seconde Guerre Mondiale), pas anodin si l'on signale qu'il était lors de sa visite accompagné de son collègue russe Oleg Nivtiski.

Pour rappel, Thomas Pesquet est bien pilote... mais pilote de ligne et non de chasse, dans une tradition bien française puisque contrairement à la conquête spatiales américaine par exemple, la "caste" des spationautes français est restée très civile.



Et avant d'être l'invité d'honneur des 20 ans de la Cité de l'Espace à Toulouse ce dimanche, l'astronaute français s'est également rendu chez Novespace à Bordeaux (Mérignac), seule société au monde à proposer du vol en gravité zéro, à bord de son Airbus Zéro-G.






vendredi 13 octobre 2017

La Revue Stratégique 2017 est en ligne ! Grandes ambitions teintées de lucidité



Le monde de la défense l'attendait fermement, la voici. La Revue stratégique officiellement demandée au Ministère des armées par Emmanuel Macron a été présentée le 11 octobre au Président de la République en Conseil de défense, puis officiellement rendue publique par la  ministre des Armées Florence Parly ce 13 octobre. Décryptage.

NDA: ceci est une analyse "à chaud" (plus longue que prévu d'ailleurs), susceptible de subir des modifications dans les jours à venir. 


Après deux Livres Blancs en 2008 et 2013 respectivement demandés par Nicolas Sarkozy puis François Hollande, Emmanuel Macron a pris lors de la campagne électorale de 2017, puis de son élection, la décision d'une part, qu'un nouveau document devrait être rédigé, et d'autre part qu'il ne prendrait cette fois pas la forme d'un pavé de +300 pages (dont plus grand monde ne voulait sous cette forme), mais d'un document plus court, publiable dans l'année même: la fameuse "Revue stratégique de défense et de sécurité nationale".

La mission fut confiée le 29 juin à la ministre des Armée Florence Parly (tout juste entrée en fonction après la démission de Sylvie Goulard) par le président de la République.

La Revue stratégique de défense et de sécurité nationale se définit comme tel, je cite:
"destinée à fixer le cadre stratégique de l’élaboration de la prochaine Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, qui doit porter notre effort de défense à 2% du PIB à l’horizon 2025. Elle tire les leçons de l’évolution, depuis le Livre blanc de 2013, d’un contexte stratégique instable et imprévisible, marqué par une menace terroriste durablement élevée, la simultanéité des crises, l’affirmation militaire de puissances établies ou émergentes, l’affaiblissement des cadres multilatéraux et l’accélération des bouleversements technologiques. La Revue examine dans ce contexte les intérêts de la France, son ambition pour sa défense et en déduit les aptitudes prioritairement requises pour nos armées.
Placée sous l’autorité de la ministre des Armées, cette Revue a été conduite par un comité de rédaction composé de 18 membres, représentants des institutions civiles et militaires et de personnalités qualifiées notamment issues de la société civile et présidé par Arnaud Danjean, député européen. Le comité a consulté un ensemble représentatif d’élus, de responsables publics et privés ainsi que de chercheurs, en France et à l’étranger, en particulier en Europe. Au bilan, le comité a auditionné ou s’est entretenu avec 140 personnalités françaises et étrangères et a effectué quatre déplacements à l’étranger (UE, OTAN, États-Unis, Allemagne et Royaume-Uni)."

Voici donc en ce vendredi 13 octobre 2017, la revue stratégique, que vous et moi sommes libres de consulter. Décrite sur le site du Ministère comme "une analyse lucide et volontariste pour préparer la prochaine loi de programmation militaire", on ne peut nier que ce format d'une centaine de pages (en 321 points) rend le document plus accessible aux citoyens.


Cliquer sur ce lien pour accéder au document
(une synthèse de 4 pages est également disponible)





L'analyse de ce document s'avère relativement simple. Très honnêtement, sa dénomination même de "revue stratégique" lui convient absolument, tout comme sa description citée plus haut ("une analyse lucide et volontariste pour préparer la prochaine loi de programmation militaire"). En aucun cas il ne s'agit d'un contrat opérationnel.


L'Etat du monde

Lucide pourquoi ? Le comité de rédaction, avec à sa tête le député européen Arnaud Danjean, plutôt connaisseur de ces sujets, est bien conscient que cette publication ne révolutionne rien, dans la mesure où, et cela est signalé dès l'introduction, nous sommes dans la continuité de 2013: l’érosion de la puissance occidentale, l'émergence de la Chine, l'activité véhémente de la Russie, les zones de crises, le terrorisme globalisé, les ruptures technologiques présentes ou à venir, le climat comme facteur de conflictualités... tout cela était déjà appréhendé, constaté, assimilé il y a 5 ans.
Comme le disait Arnaud Danjean lors de la présentation à la presse ce matin, «on ne va pas inventer de nouveaux concepts, ni de nouvelles doctrines, ce dont nos forces ont besoin c’est de visibilité».

Car entre temps donc , la France a dû faire face comme rarement à la violence - exacerbée il est vrai - de la géopolitique mondiale, et souvent bien plus que la plupart de ses partenaires. Avec des attentats terroristes très meurtriers sur son Territoire National, et un niveau d'engagement en opérations extérieures d'une rare d'intensité et simultanéité, les forces françaises fonctionnent sur un rythme intenable à moyen terme. Des constats s'imposent donc... afin de prendre les décisions politiques qui en découlent, fixer un cap, comme dirait le Président. C'est le tant attendu objectif de remontée en puissance que tous les candidats à l’élection présidentielle avait promis.

Pour qui travaille dans le milieu stratégique (dans toutes ses largeurs), la première partie du document (parties A & B) semble être, après une première lecture, une juste synthèse des enjeux mondiaux pris en compte depuis maintenant quelques années déjà. Ces constats sont donc pour la plupart déjà assimilés par les opérationnels, les industriels, les chercheurs... et on l'espère par les décideurs politiques. Pour les non-initiés en revanche, la lecture pourra s'avérer très instructive en ce qui concerne les rapports de force et la réalité d'un champ de bataille, en 2017, et à l'horizon 2030. C'est n'est pas un mal, nous y verrons là encore une fois une démarche pédagogique très "macronienne".

Aussi sur le blog: Le SGDSN imagine les chocs stratégiques de 2030



Les premières réactions entendues ici et là font ressortir cependant un manque de... panache, mais sûrement était ce en attendre trop d'un document produit en à peine 3 mois.

La remise de la revue stratégique par le comité de rédaction le 6 octobre à la ministre - photo Arnaud Danjean sur Twitter

Autonomie stratégique...

Voici mots pour mots l'intitulé de la partie C qui définit notre stratégie de défense, à la page 52. Une partie qui aurait pu s'avérer la plus captivante à découvrir. Mais brisons d’emblée les fantasmes ! Ce manque de panache que j'évoque quelques lignes plus haut peut entièrement être attribué au contenu de cette 3ème partie. En effet, le document ne se contente ici que de poser sur papier les grands principes de la vision stratégique française en 2017. Pas de détails, pas de chiffres, pas d'annonce sur l'augmentation du volume des forces et des matériels, pas de problématique du second porte-avions... frustrant n'est ce pas !? Mais répétons le, ce n'est pas un contrat opérationnel.

Non ce n'est pas en ça que cette partie sur la stratégie du pays est intéressante, mais plutôt pour son aspect très "français", ou devrait-on dire son aspect en accord avec les objectifs de la première puissance militaire et diplomatique de l'Union Européenne.

Comme à l'habitude, la doctrine gaullienne est rappelée, sacralisée, c'est bien sûr l'autonomie stratégique. En ce sens, et c'est écrit dès la préface signée Emmanuel Macron, la dissuasion demeure la base de notre politique stratégique. Forces navales et aériennes stratégiques seront maintenues et modernisées, le débat n'a même pas lieu d'être. Les relations internationales, telles qu'observées ces dernières années n'encouragent pas à baisser la garde. Au contraire, l'hypothèse d'un conflit de haute intensité est aujourd'hui envisagée avec grande attention.

Nucléaire compris, nous retrouvons en fait logiquement les 5 grandes fonctions stratégiques énoncées depuis le Livre Blanc de 2008:
  • Dissuasion
  • Protection
  • Connaissance et anticipation
  • Intervention
  • Prévention

Dans ces 5 principes résident l'ensemble des capacités de défense et de sécurité du pays, la justification de notre modèle d'armée voulu comme "complet et équilibré". Un modèle qui nécessitera une remontée en puissance s'il veut perdurer face aux enjeux de 2030, et garantir nos intérêts vitaux. C'est inscrit noir sur blanc dans le document (p.53), qui fait mention des programmes de modernisation en cours.

Cette autonomie est également assurée par notre BITD (base industrielle de technologie et de défense, forte de 200 000 emplois) et notre capacité à innover pour anticiper et faire face aux ruptures, dans le numérique notamment. Globalement, les nouvelles technologies imprègnent les objectifs définis par la revue stratégique.
Là encore, rien de nouveau, mais un rappel nécessaire. Il est fait mention de l'export d'armement et de la concurrence internationale.

La page la plus intéressante du document ! Elle résume la doctrine d'autonomie stratégique française



....et ambition européenne

Si cette partie sur la politique stratégique de la France ne surprend pas, prenons là donc dans son entièreté. 

Cette politique est extrêmement marquée par une volonté de multilatéralisme (encore une notion chère à E. Macron). L'Alliance atlantique y est citée comme la clé de nos partenariats, mais on évoque aussi les accords bilatéraux (la Grande Bretagne notamment, malgré le Brexit), les organisation internationales, l'ONU et son Conseil de Sécurité en tête, et surtout... l'Union Européenne.

L'UE est prioritairement citée dans les premiers paragraphes de cette 3ème partie, avant même le chapitre sur l'autonomie stratégique.

Il y a ici le ressenti d'une vraie volonté, d'un vrai souffle que tente d'instiguer la France envers ses partenaires européens. Le discours du Président prononcé à la Sorbonne le 26 septembre dernier, y est même cité. Emmanuel Macron y avait en effet souhaité la construction d'une culture stratégique européenne.

Sur le blog: Emmanuel Macron plaide pour une culture stratégique européenne



Problème: la revue stratégique française n'est pas la revue stratégique de l'Union européenne. Si la France a selon moi raison de considérer que l'Europe toute entière fait face aux mêmes enjeux et a de ce fait besoin de sa propre autonomie stratégique, cette dernière ne semble pas prête, ou du moins décidée, à se ranger derrière l'étendard "France". Cette approche très directe est certes audacieuse, mais probablement vouée à l'échec, car trop franche justement.
Toutefois, la vocation de cette énième déclaration d'amour de la France à l'UE pourrait simplement être de marquer les esprits, et sonne avant tout comme un pari.

Dans ce cadre continental, l'Allemagne ET le Royaume-Uni sont cités comme les principaux partenaires en matière d'opérations, d'industrie (un avion de 5ème génération), de renseignement. Suivent l'Espagne et l'Italie qui ont un paragraphe commun.


La fin des Livres Blancs ?

Alors, quel impact sur le futur ? La revue stratégique a tout d'un document généraliste et relativement court-termiste... "et en même temps", est maintenant la base officielle sur laquelle va reposer l'une des plus importantes lois de programmation militaire de la Cinquième République.

Si les objectifs promis sont tenus sur le quinquennat, à savoir la planification d'une remontée en puissance budgétaire à 2% du PIB en 2025, dans cette LPM et ses multiples problématiques (les programmes d'équipement et notamment la question d'un ou plusieurs porte-avions, que tout le monde attendait dans cette revue) que sera fixée la ligne concrète à suivre au cours de la décennie 2020/30, strictement on l'espère malgré la contrainte du déficit budgétaire, véritable Epée de Damoclès.

Ce format, produit en 3 mois seulement contre un an pour un LB, au prix tout de même de quelques deadlines ardues à tenir on le devine, a de fortes chances de s'imposer comme une publication quinquennale, ou comme le furent les deux dernières LB, la marque laissée par un nouveau chef des Armées.

Quoiqu'on pense du résultat, ce travail d'actualisation, de synthèse, méritait d'être réalisé. Il est la première pierre d'un chantier décisif. A mon sens, la cohérence globale de la Revue stratégique, dont le contenu est partagé entre ambition et lucidité sur nos capacités, est sa principale réussite. Nous évitons pour l'instant le syndrome de la lettre au Père Noël.



BONUS: intervention d'Arnaud Danjean dans Le Talk du Figaro.




jeudi 12 octobre 2017

Grandes manœuvres interarmées pour l'exercice Brillant Mariner de l'OTAN



L’impressionnant exercice maritime de l'OTAN, "Brillant Mariner", se déroule cette année du 29 septembre au 13 octobre au large des côtes méditerranéennes françaises. Réunissant 13 nations et quelques 3500 militaires, Brillant Mariner implique aussi des unités des autres armées, à travers la présence d'hélicoptères de l'Armée de terre et de l'Armée de l'air.

Images: Marine Nationale, OTAN, Armada Española



Les marins se plaignent qu'on ne parle pas assez d'eux sur Pax Aquitania ! Toute occasion est donc la bonne pour évoquer la Royale (d'autant plus que des Tigre et Caracal sont ici de la partie).
De -très- grandes manœuvres se déroulent actuellement en Méditerranée. Il s'agit de l'exercice de l'OTAN "Brillant Mariner" qui réunit 13 pays et plus de 3500 personnels. 

Du premier au dernier plan sur le pont du BPC Mistral: H225M Caracal, NH90 Caïman, Tigre

Ce sont plus d'une vingtaine de bâtiments qui participent à l'exercice: des frégates/destroyers, sous-marins, porte-aéronefs, ravitailleurs, chasseurs de mines… et de nombreux moyens aériens, hélicoptères ou chasseurs (comme les Harrier espagnols).
La force de surface se décompose à première vue tel quel: 9 navires français, 3 espagnols dont le porte-aéronefs (LHD) Juan Carlos Primero, 2 britanniques, 2 danois, 2 turcs, 1 grec, 1 canadien, 1 italien, 1 allemand, 1 portugais, 1 norvégien et 1 néerlandais.

On notera bien sûr que les américains sont absents de la flotte, qui est presque exclusivement européenne.

Comme vous avez pu le constater ci-dessus, l'impressionnante force multinationale est composée non seulement de navires, mais aussi d’éléments des Armées de terre, de l’air, et des forces spéciales. Nous y apercevons notamment des hélicoptères de l'ALAT (Tigre et Caïman) et de l'Armée de l'air (le Caracal). Pour les régiments d'hélicoptères français, ces entraînements aux opérations depuis le BPC rappellent la Libye en 2011.
Remarque: ces hélicoptères ici en photos ne faisaient pas officiellement partie de l'exercice, en tout cas selon le dossier de presse, où il n'est fait mention que d'un Caïman et d'un Lynx de la Marine.


Brillant Mariner propose un scénario simulant une crise impliquant un pays membre de l’OTAN, permettant d’entraîner l’ensemble des participants aux opérations aéromaritimes dans tous les domaines de lutte en mettant tout particulièrement l’accent sur le caractère expéditionnaire d’un déploiement de la NRF.
Le contre-amiral Olivier Lebas, commandant la Force aéromaritime de réaction rapide française (FRMARFOR), exerce d'ailleurs le commandement des unités engagées pendant l’exercice. L'Etat-major interallié et interarmées œuvre depuis le BPC Mistral, parfaitement dans son rôle de bâtiment de commandement et de projection.

Cet exercice vise à préparer la composante maritime de la NRF (NATO Response Force) et notamment l’état-major français, qui en prendra le commandement à partir du 1er janvier 2018, pour une période d’un an. 
Il est important de noter que c’est la quatrième fois depuis 2007 que la Marine nationale assume ce commandement. Elle est surtout l’une des 5 seules forces navales à avoir cette capacité de commandement, avec les marines du Royaume-Uni, de l’Espagne, de l’Italie, et bien sûr des Etats-Unis.

Un AV-8B Harrier II décolle de nuit du LHD Juan Carlos I

MH-60R Sea Hawk danois

Commandos de marine du Danemark

La rade de Toulon bien remplie avant de débuter l'exercice otanien