vendredi 25 septembre 2020

Arquus lance son camion ARMIS 6x6


Le constructeur de matériel terrestre militaire Arquus a organisé le 17 septembre 2020 sur les pistes d’essais de Satory une journée consacrée à ses produits et à ses services. Une journée durant laquelle il a présenté son nouveau Armis 6x6, dont le marché estimé concerne des milliers d'exemplaire en France ou à l'export. 

Source & Images: Arquus


Héritier des porteurs logistiques et tactiques (VLRA, GBC180...) l'ARMIS 6x6 a été développé sur fonds propres avec le soutien du Groupe Volvo.

Disposant d'un châssis "spécialement rehaussé et durci", l’ARMIS 6x6 équipé d’un moteur 11L de 460 chevaux qui lui permet de passer des rampes à 50%. "Proche du moteur de l’EBRC Jaguar, celui-ci lui confère une grande agilité et lui permet d’accompagner des véhicules de combat de toute dernière génération sur le champ de bataille." 

Annoncé comme "rustique et endurant", disponible en version non protégée comme blindée, l’ARMIS 6x6 est, selon le constructeur, adapté aux déploiements longs, aux missions complexes, aux environnements difficiles avec des besoins réduits en maintenance. Il est bien sûr aérotransportable.
Son plateau multifonction est en mesure de transporter des personnels de façon sécurisée et ergonomique, du fret, des systèmes ou des shelters de 10 ou 15 pieds.

On apprend également que la cabine de l’ARMIS 6x6 est configurée aux standards de l’armée de Terre, avec des supports ou des housses d’armes, des logements pour les systèmes de communication ainsi que pour les musettes, packs d’eau et autres équipements. La cabine est équipée d’écrans de contrôle permettant d’assurer le contrôle de tourelleaux télé-opérés (TTO) et du Battlefield Management System (BMS).
L’ARMIS 6x6 peut d'ailleurs accueillir un armement varié, de la circulaire manuelle aux tourelleaux télé-opérés Arquus, déjà sélectionnés par l’armée de Terre pour équiper les nouveaux véhicules de combat du programme Scorpion. L’ARMIS 6x6 est évidemment intégrable à la bulle Scorpion et pensé pour accueillir les systèmes de communication et d’information de dernière génération


Une précision importante concerne également le caractère évolutif de la gamme, et particulièrement sa prédisposition pour l’ensemble des dernières innovations  en matière de téléopération, de robotisation et d’optimisation énergétique.

Enfin, la maintenance des véhicules est annoncée comme facilitée, et prise en compte dès la conception du véhicule, avec des éléments de maintenance prédictive. Le MCO de la gamme ARMIS bénéficie du réseau de concessions Arquus, qui couvre la France entière, DOM-COM compris, et qui place chaque régiment de l’armée de Terre à moins de 15 minutes d’un point de service.

Tous les sites du constructeur sont déjà impliqués dans le programme Armis (4x4, 6x6 et 8x8), de Bourg-en-Bresse à Limoges et de Blainville à Marolles-en-Hurepoix.



BONUS :

Arquus a également présenté les capacités hybrides de son prototype de 4x4 Scarabee. Mais cela nous en reparlerons dans les prochains mois. 

 

mercredi 23 septembre 2020

Prévu pour 2028, l'Eurodrone arrivera t-il avec une guerre de retard ?


Alors que rien n'est encore signé, l’Eurodrone, fameux MALE européen attendu depuis plus de 20 ans, devrait finalement arriver dans les forces en 2028 selon le ministère des Armées. Le dossier pourrait se décanter avant la fin de l'année. 


Un responsable du ministère des Armées a révélé récemment quelques informations sur le dossier de l'Eurodrone. Ainsi le fameux programme qui doit offrir un drone MALE "souverain" (moyenne altitude longue endurance) à l'Europe pourrait enfin être débloqué dans les prochaines semaines.

Impliquant la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, ainsi que les industriels Airbus DS (maître d'oeuvre), Dassault Aviation et Leornardo, l'Eurodrone doit affranchir le continent de sa dépendance aux matériels américains ou israéliens (voire chinois dans certains pays déja). 

Jusqu'ici, c'est sur le prix que les négociations bloquent, le constructeur Airbus ayant présenté une facture largement supérieure aux 7 milliards sur lesquels les Etats se sont engagés (notamment alourdie par la double motorisation exigée par l'Allemagne). 7,1 milliards d'euros pour 63 drones. 

Les nouvelles informations divulguées par le MINARM français font donc état d'un énorme effort d'Airbus pour réduire le prix d'un système (3 drones et 2 stations sol) à 160 millions d'euros. Mieux encore, l'heure de vol s'établirait à seulement 3000 euros !
Sur les deux points, c'est mieux que le concurrent MQ-9 Reaper. Mais ces chiffres semblent également très optimistes, et demandent à être confirmés dans le futur.

Enfin, on découvre que la date de 2025 n'est évidemment plus tenable, et que c'est au mieux en 2028 que les forces françaises recevront leurs premiers Eurodrones.


La conséquence est double: 
  • dans l'attente et devant surtout l'urgence opérationnelle, il semble désormais acté que l'armée de l'Air et de l'Espace obtiendra la commande à relativement court terme d'un nouveau lot de MQ-9 Reaper américains (ce que nous évoquions il y a quelques semaines). Peut-être même que ces derniers seront "européennisés", General Atomics ayant compris que l'argument de la souveraineté pouvait faire mouche chez une certaine clientèle. 
  • 2028: l'Eurodrone arrive t-il trop tard ? Question légitime quand on découvre justement que le Reaper aura un successeur désigné par son constructeur comme une aile volante, rapide, furtive, et possédant encore plus d'endurance que les +24h du MQ-9. Or, ce drone MALE de nouvelle génération censé pouvoir évoluer dans un espace aérien plus contraint (comprendre "contesté') grâce à ses performances et sa furtivité, arriverait justement à la fin de la décennie. Soit en même temps que l'Eurodrone...

Double problématique donc: l'Eurodrone est il déjà dépassé, et nos armées en auront-elles l'utilité ? Il ne fait pas de doute que la configuration de l'Eurodrone, telle qu'actuellement présentée (double turbopropulseur, architecture de planeur) possèdera toujours un grand intérêt en 2028, notamment du fait que son usage pour être autant militaire que civil. On pense ici à la surveillance des eaux territoriales et de la ZEE (couplé en temps réel aux futurs Falcon de la Marine), ou sur terre, celle des grands événements, des feux de forêts ou parcs nationaux... 

Mais dans le même temps donc, de nouveaux drones émergeront sur le marché, et surtout, sur les théâtres. Furtifs, véloces, encore plus endurants, et potentiellement armés de missiles air/air, comme cela a déjà pu être annoncé par plusieurs puissances.

Il s'agirait donc, en parallèle du développement de l'Eurodrone, de ne pas fermer la porte à l'examen d'une solution de nouvelle génération, en reprenant par exemple les travaux effectués sur le démonstrateur de drone de combat furtif nEUROn de Dassault.



lundi 21 septembre 2020

La 30ème escadre de chasse offre son baptême du feu au Rafale F3-R


Un an après son entrée en service opérationnel, l’armée de l’Air & de l’Espace vient tout juste de déployer la dernière version du Rafale en opération extérieure, au Levant dans le cadre de l'opération Chammal. Et c'est la 30ème escadre de chasse qui a offert son baptême du feu au Rafale "F3-R" lors d'une opération contre Daesh.


Version proposée à l'export (sauf dans le cas tout récent de la Grèce, qui elle aura un nombre majoritaire de Rafale d'occasion), l'itération "F3-R" du Rafale, dont le développement a été lancé en 2013, est d'abord entrée en service dans la Marine Nationale, avant d'arriver dans l'armée de l'Air et de l'Espace (AAE) et d'être déclarée opérationnelle en décembre 2019.


Alors que la Marine lui offrit son baptême du feu sur Chammal l'hiver dernier lors du déploiement du groupe aéronaval, c'est en ce mois de septembre que l'Etat Major des Armées annonce que le Rafale F3-R est désormais également "combat proven" dans l'AAE.

En effet, la 30ème escadre de chasse, basée à Mont-de-Marsan et régulièrement en pointe des opérations, a déployé 4 Rafale au standard F3-R sur la base H5 en Jordanie, et ce dans le cadre de l'opération Chammal.
C'est ainsi que dès le début de la mission, une patrouille de deux appareils a dû réaliser une frappe d'opportunité contre le groupe Etat Islamique (l'EMA cite plusieurs bombes, et plusieurs victimes chez les terroristes).

Lire sur le blog: Rafale passe au standard F3-R


Avec le Rafale F3-R, les missions ne changent donc pas, mais les capacités évoluent largement (voir lien ci-dessus), renforçant ce formidable outil au service des aviateurs français. Le dernier standard permet notamment de mieux adapter les frappes air-sol, dans un cadre où les frappes d'opportunité sont désormais devenues la norme.
Encore très présente sur Chammal, notamment grâce à l'implantation jordanienne, l'AAE fournit même actuellement 25% du renseignement image de la coalition grâce à ses Rafale. 

Un mot enfin pour signaler que ce 21 septembre marque le début du célèbre exercice VOLFA à Mont-de-Marsan, et ce jusqu'au 9 octobre. Il concerne un très grand nombre d'unités de l'AAE et devrait nous offrir comme à l'habitude de magnifiques images !


vendredi 18 septembre 2020

3 conférences exceptionnelles sur l'Espace stratégique les 7, 8 & 9 octobre


La chaire "Défense & Aérospatial" de Sciences Po Bordeaux a le plaisir de vous informer qu'elle organise prochainement les « 2020 Defense Space Talks ».


Cette grande conférence devait initialement se tenir dans les locaux de Sciences Po Bordeaux au printemps dernier, mais le confinement en aura décidé autrement.

Ces échanges prendront donc finalement la forme d’une série de trois conférences en ligne, les 7, 8 et 9 octobre 2020 de 16h30 à 18h30 (une conférence par jour). Ces 3 webinars, qui s’inscrivent dans le cadre des travaux de recherche, de formation et de diffusion de la chaire "Défense & Aérospatial", traiteront de la thématique générale suivante : 

« Espace, y préserver la paix, y prévenir les conflits ». 


Ils décriront successivement : 
  • Les facteurs de risques sécuritaires du champ spatial pouvant affecter la paix mondiale (7 octobre) ; 
  • Les dynamiques politiques et juridiques actuelles en mesure de réduire le risque d'une escalade sécuritaire (8 octobre) ; 
  • Les stratégies et mesures d'anticipation pour faire face à une éventuelle crise spatiale (9 octobre). 

Ces conférences bénéficieront de panelistes de haut niveau, civils et militaires, issus des principaux organismes officiels français et européens concernés, de l'enseignement supérieur et de la recherche et d'entreprises du secteur. 

Toutes les informations sur ces Defense 2020 Space Talks (objectifs, programme, intervenants) ainsi que la procédure d’inscription sont accessibles en suivant CE LIEN


mercredi 16 septembre 2020

Remise de brevet pour la première promotion chasse formée sur PC-21

A Cognac, ce 16 septembre marquait la première remise de brevet d'une promotion de l'école de chasse formée sur Pilatus PC-21. 

Ci-dessus: les Pilatus PC-21 sont arrivés à Cognac il y tout juste deux ans - Armée de l'Air & de l'Espace.

Sur la base aérienne 709, leur formation théorique avait commencé en avril 2019. La voilà qui s'achève en cette rentrée 2020.
Il s'agit véritablement d'une nouvelle ère initiée en 2016 par le programme de modernisation de la formation des pilotes.


Doté de nombreuses qualités aéronautiques et d’un cockpit moderne, le PC-21 est très proche d’un avion de chasse de dernière génération au niveau avionique. L'appareil comme son simulateur à Cognac sont de plus spécifiquement paramétrables pour imiter le comportement d'un Rafale (jusqu'au facteur de charge), et disposent d'outils pour l'apprentissage (simulation de pannes par exemple).

La formation sur PC-21 comprend une phase "Basic" dont la priorité  reste l’apprentissage des fondamentaux du pilotage (gestion des pannes, voltige, vol en formation, navigation, vol de nuit), puis une phase "Advanced", qui comporte elle quelques thèmes tactiques de base comme l’interception simple ou la délivrance de l’armement.

Argument ultime, la gamme d'outils PC-21 permettrait de réaliser des économies substantielles, divisant presque le coût de la formation d'un pilote de moitié.

Un dernier mot: félicitations aux brevetés !