vendredi 31 juillet 2020

UAV Show laisse place à UAV Day le 16 septembre


COVID oblige, le salon bordelais des drones, UAV Show, qui devait se tenir cet automne a été reporté à 2021. Mais en remplacement se tiendra tout de même une journée thématique sur le site du CESA Drone, à Sainte Hélène le 16 septembre. Rendez-vous est pris.

Le site officiel est en ligne, avec programme et inscription: http://uavday.fr/



NOTE: LE BLOG PREND DES VACANCES.
RETOUR DES PUBLICATIONS A LA RENTRÉE.
BEL ÉTÉ !





mercredi 29 juillet 2020

L' armée de l'Air... et de l'Espace !


En visite vendredi 24 juillet à Salon-de-Provence pour consacrer la dernière promotion de l'Ecole de l'Air (illustration ci-dessus), la ministre française des Armées Florence Parly a également officialisé la  transformation de l'armée de l'Air. Une loi sera votée en janvier 2021.


Un mot bien évidemment pour signaler que l'armée de l'air peut désormais, un an après l'annonce gouvernementale" user de son nouveau nom d'armée de l'Air et de l'Espace. Historique !

Contexte stratégique international oblige, la France s'est alignée (presque en pointe) sur les grandes puissances de ce monde en créant un commandement de l'Espace en 2019, cœur d'une nouvelle stratégie spatiale de défense. 

Et si certains - comme votre serviteur - était plutôt pour la création d'une "Space Force" (dont la nature aurait finalement été faussement interarmée), c'est assez logiquement que l'armée de l'Air hérite de ces prérogatives spatiales, devenant donc l' "armée de l'Air et de l'Espace". Une vraie consécration.



Un arsenal législatif devrait voir le jour début 2021, sur lequel s'affaire actuellement le ministère des Armées.

 

lundi 27 juillet 2020

Les premiers Rafale indiens ont quitté Mérignac


Les cinq premiers Rafale de l'Indian Air Force ont quitté Bordeaux-Mérignac ce lundi 27 juillet. Ils vont être convoyés vers leur localisation finale, la base aérienne d'Ambal, où ils opéreront au sein de l'escadron n°17 Golden Arrows. Une livraison qui tombe au bon moment pour New Delhi.

Ci-desssus: les pilotes et officiels indien ce 27 juillet à Mérignac - photos India in France/ Dassault


Effervescence ce lundi 27 juillet 2020 au petit matin, avec la visiste de l'ambassadeur d'Inde en France sur le site Dassault de Mérignac pour le départ des premiers Rafale made in France vers leur pays d'adoption (nous l'évoquions au début du mois sur ce blog). 
Son Excellence Shri Jawed Ashraf, et Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, ont félicité l’équipe de l’Armée de l’Air indienne présente en France depuis près de trois ans, pour la gestion irréprochable du suivi du contrat.

Opérés par des pilotes indiens, 5 appareils ont ensuite décollé de Mérignac pour leur convoyage vers la base aérienne d’Ambal.

L'entraînement des pilotes a été mené ces derniers mois depuis Mérignac, par Dassault Aviation, avec l'appui de l'armée de l'Air.

Il s'agit des 5 premiers Rafale sur 36 commandés par l'Inde, qui est le 3ème pays étranger à recevoir le Rafale, après l'Egypte et le Qatar. 
De grands espoirs sont évidemment portés sur l'avenir du partenariat stratégique avec l'Inde, qui se trouve dans une situation stratégique de plus en plus oppressante avec à ses frontières le Pakistan et la Chine. 

Le besoin immédiat d'avions de combat modernes, et en grand nombre, attise la convoitise de tous les avionneurs.












vendredi 24 juillet 2020

La relance au secours de Dassault Aviation ?


Bien que peu concerné - au contraire d'Airbus - par le crash de l'aviation commerciale, Dassault Aviation a pourtant de quoi être (un peu) pessimiste. Ses produits phares, les Falcon, se vendent moins... tandis que de minces espoirs se portent désormais sur le Rafale pour garantir un socle de production.

Ci-dessus: Rafale & Falcon, les deux produits phares de Dassault Aviation - image DA


Dassault Aviation publie ses résultats semestriels (CA de 2,6 Mds €, soit une baisse de 13,6% sur un an), au sein desquels un chiffre fait tiquer le monde aéronautique. L'avionneur de Saint-Cloud résiste à la crise, mais ne prévoit plus en effet que la livraison de 30 avions de la gamme Falcon cette année. C'était 40 l'an passé, 49 en 2017, 75 en 2013...

Ce chiffre s'explique certes par un glissement des livraisons 2020 (-10), provoqué par la crise sanitaire, mais s'inscrit aussi dans une tendance inquiétante.

Au lancement de ce blog en 2013, il y a une phrase que l'on entendait souvent dans la communication de Dassault: "le grand public nous voit comme un vendeur d'armes, alors que 80% de notre chiffre d'affaires est réalisé via la gamme de business jet Falcon". Le record avait été atteint en 2008, avec 77 livraisons.

Aujourd'hui ce chiffre s'est tellement rééquilibré, que c'est bien le militaire qui maintient le groupe à flot (le Rafale oui bien sûr, mais sans oublier la part substantielle que représentent les futurs programmes de Falcon militarisés). Malgré les études de marché rassurantes depuis une décennie, la reprise ne sera jamais venue pour les jets d'affaires qui souffrent encore de la crise financière de 2008, crise qui semble t-il a mis un point définitif à leur apogée.
D'autant plus que question d'image, les déplacements en jet privé, même pour un membre du gouvernement, peuvent faire tache dans un environnement désormais écolo-formaté.

Il faut donc s'adapter et si les investissements en R&D ou en modernisation - comme à Mérignac - sont heureusement maintenus (et ce malgré les mauvais signaux envoyés par le politique, comme la suppression de la navette Bordeaux-Orly), une réduction de la production, y compris militaire, aura des conséquences sur l'emploi. Des mesures de chômage partiel "longue durée" sont déjà évoquées. Et cela sans parler des sous-traitants... dont certains n'ont pas survécu au confinement.


Après l'annulation du programme 5X en 2017, l'arrivée d'un nouvel appareil, le Falcon 6X en 2022 redonnera on l'espère un peu d'élan à cette gamme historique. 


Le militaire au secours ?

Le SCAF est encore loin (et non pérennisé d'ailleurs), et nous en sommes encore à la modernisation du Rafale au standard F4. Pourtant, déjà, les yeux se tournent vers l'export, et surtout, les possibles commandes de l'Etat français.

S'agissant de l'export, difficile de dire dans quel environnement stratégique se considère chaque pays aujourd'hui. Certains comme l'Inde (qui reçoit son premier escadron Rafale la semaine prochaine), ou l'Egypte, sont clairement sous pression et pourraient réveiller les marchés. D'autres sont plutôt dans une position d'attente, on pense ici à la Finlande. Et il y a le cas de la Suisse, qui a mis le destin du renouvellement de sa chasse entre les mains des citoyens, qui se prononceront lors d'une votation cet automne. 

La mission "Flash" sur la relance dans la BITD portée par les députés Benjamin Griveaux et Jean-Louis Thiériot évoque un prospect en Croatie. Mais il s'agirait de Rafale d'occasion que la France céderait au moment où elle recevrait de nouveaux appareils...

Et justement, cette même mission Flash rappelle que les livraisons Rafale courent jusqu'en 2024 grâce à l'export, et qu'il existe un trou de 3 ans avant que la France ne prévoit de recevoir de nouveaux appareils pour ses armées (2027 donc).

C'est pourquoi déjà, le résultat des consultations nous indique l'espoir d'une relance à grand renfort de commande publique dans la défense, avec le retour notamment de la fameuse "tranche 5" du Rafale. Le plan de relance aéronautique dévoilé en juin faisait la part belle à Airbus (MRTT & hélicoptères), là où la mission Flash évoque directement le Rafale:
  • une vingtaine de Rafale commandés à court terme, pour environ 2 milliards d'euros;
  • une dizaine de Rafale M supplémentaire pour l'aéronavale (combler l'attrition et assurer la formation);
  • assurance dans le projet d'eurodrone (Airbus, Dassault, Leornardo);
  • développement d'un drone spatial comme le X37-B américain.


On notera évidemment les pistes exotiques dans le cadre de cette relance, comme le développement d'un drone spatial militaire pour l'armée de l'Air (et de l'Espace). L'avion spatial dont Eric Trappier (PSG de Dassault Aviation) aime tant parler ? 
Un tel projet aurait des avantages certains (missions, outil de souveraineté, gros impact en R&D) mais en revanche, peu, voire même aucun intérêt commercial.

Sur ce blog, j'avais personnellement plaidé il y a quelques mois pour un programme de drone furtif issu du démonstrateur Neuron de Dassault (voir lien ci-dessous). Un drone de combat furtif dont le premier théâtre semble tout trouvé: la Méditerranée, au sujet de laquelle le Président de la République a récemment exprimé de vives inquiétudes.

Aussi sur le blog: Penser un avenir au drone nEUROn



Nul ne sait aujourd'hui si ce plan de relance pour la BITD deviendra réalité, où s'il irriguera tous les acteurs. On peut néanmoins conclure que Dassault Aviation, grâce au Rafale d'abord, en sera un des principaux bénéficiaires s'il venait à voir le jour.
Cette stratégie de l'Etat s'inscrirait en tout cas dans un cadre géopolitique plus large qui a vu la pandémie cristalliser des inquiétudes déjà bien ancrées.


NB: cet éventuel plan de relance dans la défense est à différencier de l'augmentation budgétaire prévue dans la Loi de programmation militaire. Le projet de budget 2021 prévoit bien lui, une augmentation de 1,7 milliards d'euros du budget MINARM. Comme prévu.


mercredi 22 juillet 2020

Quelques lectures estivales...


Après deux mois de déconfinement, les rapports sur la situation stratégique se bousculent. Dans un monde où l'incertitude est désormais de mise, accompagnée de surcroît par des ruptures technologiques, ces écrits officiels (parlementaires) ou provenant de la recherche en viennent tous ou presque à la conclusion suivante: la France doit se préparer à un accroissement des tensions mondiales, et dans le cadre immédiat de la crise économique, la relance par la défense peut servir de double-levier. 

Ci-dessus: cérémonie du 14 juillet 2020 avec en fond l'Assemblée Nationale. 2020, année stratégique ? - photo Elysée



> MISSION « FLASH » SUR LA PLACE DE L’INDUSTRIE DE DÉFENSE DANS LA POLITIQUE DE RELANCE
  • 21 juillet 2020, 28 pages - Lien ICI
  • Quelques détails ci-dessous (en cliquant puis déroulant):

> Commission de la défense : Systèmes d'armes létaux autonomes

  • 22 juillet 2020, audition en vidéo - Lien ICI

> 2040, l'odyssée du SCAF - Le système de combat aérien du futur

  • Rapport d'information de M. Ronan LE GLEUT et Mme Hélène CONWAY-MOURET, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces arméesn° 642 (2019-2020) - 15 juillet 2020
  • Lien ICI


> Enjeux géopolitiques et stratégiques des bases militaires avancées

  • Morgan Paglia (IFRI), mai 2020.
  • Lire l'entretien avec l'auteur sur le blog Mars Attaque - Lien ICI