mercredi 11 décembre 2019

« Aliénor », nouveau cluster aquitain dédié à l'innovation de Défense


Aerospace Valley organisait ce jeudi 5 décembre sur le site de l’Aérocampus de Latresne le lancement d'un nouveau cluster aérospatial régional: « Aliénor ». Le pôle de compétitivité a signé avec la DGA une convention qui permettra aux entreprises innovantes de mettre un pied dans le monde de la défense. Littéralement. 

Ci-dessus: lancement du cluster Aliénor, le 5 décembre 2019 sur le site d'Aerocampus à Latresne - photo Aerospace Valley


S'il s'agit bien d'une initiative placée sous le haut-patronage de la Région Nouvelle-Aquitaine, le ministère des Armées était présent en force jeudi 5 décembre en banlieue bordelaise, pour le lancement du cluster Aliénor.
Face aux représentants de la communauté défense du pôle Aerospace Valley étaient rassemblés ceux des 3 sites régionaux de la DGA: Essais Missiles (Saint-Médard-en-Jalles et Biscarosse), Essais en Vol (Cazaux). 

La Direction Générale de l'Armement donc, mais d'autres acteurs de l'institution devraient venir renforcer le projet, avec en premier lieu le CEAM de Mont-de-Marsan (Armée de l'air: Centre d'Expérimentation Aériennes Militaires), et l’Atelier Industriel de l'Aéronautique (AIA) de Bordeaux. 

Pour l'occasion, quelques start-up bordelaises sous la coupe d'Aerospace Valley exposaient à Latresne: HPS (Hybrid Propulsion for Space, dans les micro-lanceurs), Delfox (IA), Touch Sensity (technologies des matériaux), Rescoll (matériaux polymères)...


Un cluster de plus: pourquoi faire ?

« Aliénor », dont la convention a été signée ce 5 décembre, signifie cluster Aérospatial de la défense pour Labelliser les Innovations et Etudes Nouvelles Opérationnelles de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Derrière cet acronyme, certes historiquement porteur, mais -vous le concéderez- tout à fait artificiel, il faut voir la volonté de la DGA de pouvoir exercer une détection, voire une captation des innovations de défense. Car l'innovation, s'il est le cheval de bataille de la région, est aussi celui de la défense comme du monde aérospatial en cette ère de ruptures technologiques.

Le partenariat se veut gagnant-gagnant, et intéresse naturellement la jeune AID: l'Agence de l'Innovation de Défense, elle qui est à la recherche de la formule magique en matière d'incubateur.

Depuis la création de ce blog en 2013, nous avons pu voir en moyenne une initiative de la sorte être lancée tous les deux ans. Tous les ans même si l'on ajoute les programmes universitaires. Or, toute la question réside dans le fait de déterminer si ce dynamisme, qui suit en réalité les tendances du milieu, ne contribue pas à la constitution d'un mille-feuille.
Pour preuve, nous nous rappellerons qu'il y a quelques années, lors d'une extraordinaire période de "buzz" autour du marché des drones, chaque Région française a créé son cluster drones, ainsi que son salon professionnel dédié... Au point fatalement de se faire concurrence. La bulle des drones a nettement dégonflé depuis.

Cependant, le cluster Aliénor vient répondre à un besoin concret, en offrant une collaboration directe entre les pépites naissantes et la DGA, ce qui d'une part permet aux premières de mieux comprendre les besoins de la Défense Nationale, et d'autre part permet un accès aux sacro-saintes zones d'essais militaires. Un Graal.
Une donnée importante quand on sait que la phase de démonstrateur est aujourd'hui au cœur du phénomène de "vallée de la mort", qui voit bien des start-up mourir avant leur 3 ans, par manque d’accès au(x) financement(s).

La méthodologie est la suivante: définir les besoins (les opérationnels des Armées). Orienter l'innovation (Aerospace Valley). Accompagner les partenaires (DGA). Reste à savoir si les financements eux, pourront être facilités par l'Etat à travers cette convention.

Mais cette association avec la DGA a d'autant plus d'importance et de potentielles vertus que le ministère a semble t-il trouvé des process efficaces s'agissant des innovations en interne. On pense ici notamment aux travaux fructueux du CEAM et des unités de forces spéciales.

Outre l'innovation de défense au sens large, un sujet stratégique est bien entendu celui du spatial. La Région étudie d'ailleurs un projet de SpaceHub bordelais, tandis qu'à Toulouse devrait se constituer un Space Campus autour de l'Armée de l'air et du CNES dans le cadre du Commandement de l'Espace.


lundi 9 décembre 2019

Dassault Aviation recentre ses activités pyrotechniques sur Bordeaux


Dans le cadre de son plan de réorganisation territoriale, Dassault Aviation rapatrie sur la métropole bordelaise ses activités pyrotechniques basées à Argenteuil et Poitiers. Un nouveau bâtiment spécialisé a été inauguré le 27 novembre à Martignas-sur-Jalle.

Sources: Dassault Aviation


Mercredi 27 novembre 2019, Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, présidait la cérémonie d'inauguration des nouvelles installations dédiées à la pyrotechnie sur le site historique de Martignas-sur-Jalle. A ses côtés, étaient présents Pascal Nibaudeau, directeur du site, ainsi que le Secrétaire Général de la Préfecture de Nouvelle-Aquitaine et de Gironde Thierry Suquet, ou encore le Président de la Région, Alain Rousset, le Vice-Président de Bordeaux Métropole Alain Anziani et le Maire de Martignas Michel Vernejoul.


L'ensemble des activités pyrotechniques de Dassault Aviation étaient auparavant basées à Argenteuil et Poitiers, et se retrouve concentré à Martignas dans un bâtiment en forme de tripode de 2 500 m², dont chaque aile est dédiée à une fonction particulière : 
  • la première est destinée à la production de produits longs (cordeaux de découpe, tubes expansibles et lignes de transmission);
  • la seconde à la fabrication de pyromécanismes et d’initiateurs; 
  • et la dernière est affectée aux activités d’études et aux laboratoires d’essais.

Une cinquantaine de salariés vont venir s'installer en région bordelaise avec cette réorganisation.

Dassault précise que la pyrotechnie est un élément clé pour la sécurité des pilotes d’avions de chasse, principalement en ce qui concerne l'éjection. 
Dans le spatial, la pyrotechnie est utilisée pour allumer les moteurs et pour séparer les étages et les coiffes. Elle sert aussi à l’éjection des satellites, au déploiement des panneaux solaires et des antennes. Ces fonctions sont assurées par de nombreux équipements pyrotechniques (boîtiers relais, vannes, lignes de transmission, etc.) commandés numériquement. Ces compétences sont déployées par Dassault Aviation sur Ariane 5, la fusée Vega, certains lanceurs non-européens et des satellites.

« La pyrotechnie aéronautique est une spécialité rare et de haute technologie. L’installation de cette activité à Martignas s’inscrit pleinement dans le plan de transformation « Piloter notre avenir » lancé fin 2016. Ce plan a pour but de rendre notre entreprise plus flexible et plus compétitive, sans modifier notre ADN. Avec la cérémonie d’aujourd’hui, une nouvelle étape de notre transformation est franchie avec succès », a déclaré Eric Trappier lors de cette cérémonie.


vendredi 6 décembre 2019

A Bordeaux, quatrième lot de Rafale pour le Qatar


Au départ de Bordeaux-Mérignac, 5 nouveaux Rafale pour la force aérienne du Qatar. Mardi 3 décembre en effet, la Qatar Emiri Air Force a réceptionné son 4ème lot de Rafale. Cette livraison porte à 20 le nombre de Rafale qataris. L'Emirat en a commandé 36 au total.

Photos: Jean-Pierre Dewam


Toujours un plaisir de voir un C-17 dans la région ! La Qatar Emiri Air Force a réceptionné à Bordeaux-Mérignac (où sont assemblés et préparés les Rafale qataris et indiens) son quatrième lot de 5 Rafale: quatre monoplaces, un biplace.
 
Immatriculés QA212, QA213, QA214, QA226 et QA205, ils ont rejoint l'unique escadron Rafale du Qatar à Doha.
C'est déjà la quatrième livraison de l'année (juin, juillet, septembre et décembre). Il reste donc pour Dassault 16 Rafale à livrer à son client qatari.

A nouveau, un grand merci à JP Dewam pour les photos.






mercredi 4 décembre 2019

L'opération Chammal fait sa transition du Rafale biplace vers le monoplace



Mi novrembre, deux chasseurs Rafale C sont arrivés sur la base aérienne projetée "H5", en Jordanie. Ces deux aéronefs en provenance de la base aérienne de Mont-de-Marsan sont venus relever deux Rafale B et participent à l'opération Chammal de lutte contre le groupe état islamique au Levant.

Infos et images: Ministères des Armées


L'Armée de l'air dispose donc actuellement de 4 chasseurs Rafale en Jordanie. Deux biplaces (Rafale B), et deux monoplaces (C).

L'Etat-Major des Armées précise que "Dorénavant, le volet « appui » est structuré autour de deux avions de chasse de type RAFALE B biplaces et deux avions de chasse de type RAFALE C monoplaces de l'armée de l'Air." 
On sait également que les deux Rafale B encore présent seront relevés dans les prochaines semaines par deux nouveaux Rafale C, ce qui achèvera cette transition vers le chasseur monoplace. 

Si l'attention s'est - pour des raisons malheureusement funestes - retournée vers le Sahel et Barkhane, l'opération Chammal compte encore près de 1 000 militaires au Levant, engagés sur les volet "appui"  (en Jordanie) et "formation" (auprès des Irakiens). S'ajoute à cela plus d’une centaine de militaires projetés à Bagdad pour la formation et le conseil des états-majors et unités irakiennes, ainsi que des forces spéciales.


Une présence encore nécessaire en Jordanie

Avec l’effondrement territorial de l'EEI, la question s'est posée récemment en France de savoir quand mettre fin à l'opération Chammal.

Nous l'avons vu, la situation est loin, très loin d'être stabilisée et des efforts seront donc poursuivis en 2020 par les membres de la coalition. Pour l'Armée de l'air, si les sorties sont peu fréquentes, et les frappes encore moins, l'activité persiste. Avec la relève des Rafale citée plus haut, le dispositif s'adapte.
Quant à la base aérienne projetée, un rapport parlementaire de la commission des affaires étrangères, de la défense, et des forces armées du Sénat, préconise de la maintenir. En effet, la proximité avec le théâtre permet des économies en temps d'action, ainsi qu'en maintenance (sans H5, les Rafale devraient intervenir depuis les Emirats, à 3h de vol).

La présence  française sur H5, dont le loyer serait "peu élevé", bénéficie de surcroît à la coopération bilatérale avec la Jordanie, avec qui des exercices sont très régulièrement organisés.