vendredi 18 mai 2018

Dispositif estival de sécurité en zone sud-ouest


La Préfecture de la Nouvelle Aquitaine/Gironde a présenté le plan de sécurité pour la saison estivale dans les 12 départements de la zone Sud Ouest. Comme chaque année, il faudra veiller sur plusieurs fronts.

Ci-dessus: "Dragon 33", l'EC-145 de la sécurité civile basée à Arcachon - Photo Sud Ouest


Il le faut bien, la saison estivale étant multiplicatrice de risques, faisons un rapide point sur les dispositifs de sécurité mis en place par l'Etat, et ici en l’occurrence la préfecture de Nouvelle-Aquitaine.

Le préfet délégué Cyrille Maillet annonçait aujourd'hui - c'est 1 mois plus tôt qu'à l'accoutumée - à Bordeaux les moyens mis en oeuvre, et ce sur les différents fronts de la sécurité publique, à savoir la lutte contre l'insécurité routière, la protection des baignades et le sauvetage, la gestion du risque terroriste, et la lutte contre les feux de forêt.

Ainsi, pour ce dispositif estival ce sont 1100 policiers, gendarmes et pompiers, 6 hélicoptères (Gendarmerie et Sécurité Civile) et des avions bombardiers d'eau (pré-positionnés à Mérignac) qui seront mobilisés  au plus fort de la saison dans le sud-ouest, en complément des effectifs présents à l'année.

Rien ici sur Sentinelle, mais les militaires sont toujours bel et bien présents sur les sites touristiques et événementiels (férias, fête du vin...). Les années précédentes, le dispositif dans la zone comptait des renforts, et se chiffrait à hauteur de 520 militaires durant l'été, dont une cinquantaine sur les stations du littoral aquitain. Chiffre à confirmer donc.


jeudi 17 mai 2018

Une idée du futur de l'Armée de terre


A moins d'un mois du grand rendez-vous mondial de l'armement terrestre, le salon EuroSatory, les industriels français ont commencé à dévoiler quelques nouveautés. Et non des moindres puisqu'elles incarnent le futur de l'Armée de terre. A court, moyen, et à long terme.

Images du Jaguar: Thales Defence; Twitter.


Ce 16 mai au matin à Satory, Nexter présentait à la presse les éléments phares qui seront à n'en pas douter les stars du prochain salon EuroSatory, qui se tiendra du 10 au 14 juin prochain. Et la star justement, c'est ce premier prototype du Jaguar, l’EBRC (Engin blindé de reconnaissance et de combat) du programme SCORPION de modernisation de l'Armée de terre. 
Le Jaguar remplacera les chars AMX-10RC et ERC-90 Sagaie, mais aussi les VAB HOT de l’armée de Terre.

Avec le Jaguar, Nexter (mais aussi RTD, Thalès, Safran...) tient peut-être une nouvelle référence du combat blindé, conçue pour les conflits modernes. Exit par exemple le canon de 105mm, devenu clairement obsolète. On laisse place ici à un canon de 40mm, et en cas de menace plus musclée, à des missiles MMP (pour vulgariser, il faut imaginer un char très mobile capable de tirer un missile Javelin).  
Ce 6×6 de la classe 25 tonnes n'en oublie pas sa propre protection puisqu'il sera doté de tous les atouts modernes en la matière, notamment contre les IED. Ses armements sont évidemment télé-opérés.

Pour rappel, le programme SCORPION prévoyait à l'origine de commander 248 blindés Jaguar. La nouvelle Loi de programmation militaire rehausse cette cible à 300 véhicules. Il équipera également l'armée belge.

Intégrer au dispositif SCORPION, le Jaguar évoluera dans un environnement numérique qui le liera en temps réel aux autres vecteurs de l'Armée de terre, comme le char lourd Leclerc, ou les futurs VBMR (véhicules blindés multi-rôle) "Griffon" et VBMR légers.




A Limoges, Texelis fait de l'ombre à RTD

Justement, chez le co-constructeur du VBMR léger (en photo ci-dessous), Texelis, c'est la grande forme. L'industriel de Limoges, ex du groupe RTD, a remporté contre ce dernier un contrat majeur pour la fourniture à l'Armée de terre d'un véhicule qui sera commandé à près de 1000 exemplaires (978). La moitié auront été livrée dans les forces entre 2022 et 2025, la totalité en 2030.

Texelis va concevoir et produire le châssis du blindé pour Nexter, ce qui représentera un tiers du contrat. Une trentaine d'employés vont être recrutés pour le développement, et tout autant devraient l'être en phase de production dès 2021. Texelis emploie déjà plus de 300 personnes.

Petit frère du Griffon dans les OPEX de demain, le VBMR (pas encore baptisé) est annoncé comme un véhicule de 15 tonnes, capable d'embarquer jusqu’à 10 soldats dotés du sytème FELIN. Il intégrera parfaitement le programme SCORPION, ce qui en fait donc également un candidat à l'export. En Belgique par exemple.
Le VBMR léger se déclinera en quatre versions: patrouille, renseignement et reconnaissance, relais de communications et guerre électronique. Une version sanitaire sera développée pour le Service de Santé des Armées.

Concept de VBMR Léger par Texelis

Maquette du VBMR léger de Texelis - Twitter de Forces Opérations Blog

Les drones armés terrestres. Enfin !

Nexter affiche enfin un drone de combat terrestre: le Themis. Enfin ? Ne voyez pas ici une preuve d'impatience. On s'inquiétait cependant du fait que ces machines commencent à fleurir de façons très nombreuses chez les fabricants étrangers (à l'est principalement: Russie, Europe de l'est, Turquie, Asie Centrale...), tandis que les français ou européens, demeuraient eux bien silencieux.

Et justement, Themis, à l'origine, est un produit de l'estonien Milrem Robotics, qui existe depuis déjà deux ans. Mais la version présentée ici par Nexter, dotée d'une tourelle ARX20 (une tourelle télé-opérée de 20mm du fabricant français), est plus musclée que les précédentes versions de ce "petit" UGV (unmanned ground vehicule) d'une tonne.


Toutefois, les drones terrestres de combat ne sont pas prêts d'être employés dans l'Armée de terre, ou même les armées occidentales (contrairement à la Russie, ou c'est tout l'inverse. Question de doctrine). Les robots autonomes encore moins. 
Les expérimentations débutent à peine et il ne faut pas s'attendre à des applications dans nos forces avant, au bas mot, 2025. La frilosité existe, et elle est compréhensible.


Présentation des produits de Nexter, le 16 mai 2018, dans la vidéo ci-dessous:



mercredi 16 mai 2018

Le CNES lance un fonds d'investissement pour un "New Space" français


Le CNES, le Centre national d'études spatiales, a annoncé lundi 14 mai la création d'un fonds d'investissement dédié au soutien des start-up dans le domaine des satellites, des lanceurs et des nouveaux services. CosmiCapital, c'est son nom, devrait atteindre les 80 à 100 millions d'euros.

Aura t-on la chance de voir émerger un "New Space" français ? C'est en tout cas la volonté du CNES qui avait émis un appel à manifestations fin 2017 pour des participations minoritaires, publiques ou privées, dans des sociétés innovantes.
A l’occasion de la réunion du Conseil d’administration de sa filiale Telespace Participation, le CNES a sélectionné CapDecisif Management pour mettre en place et gérer un fonds de capital-innovation en faveur des entreprises liées au spatial et à ses applications.

Lire sur le blog: New Space vs Vieille Europe ?


CosmiCapital a pour objectif de réunir 80 à 100 millions d'euros par des investisseurs institutionnels et industriels, et de favoriser l'émergence de services (comprendre des forts potentiels de croissance économique).
Le fonds, qui sera géré depuis Paris et Toulouse, interviendra dans la phase amont du développement de jeunes entreprises européennes. 

Aussi, Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, déclare: « Le secteur spatial est aujourd’hui en pleine mutation du fait de sa rencontre avec le monde du numérique, mais aussi avec l’arrivée de nouveaux venus sur le marché. Dans ce nouveau contexte, le CNES soutient l’émergence et le développement des acteurs innovants dans toutes les strates de l’écosystème spatial et déploie plusieurs outils en faveur de l’innovation et des applications. »

Car en réalité, le temps presse. Le monde du spatial fait sa révolution, initiée outre-atlantique, et cet écosystème du "New Space" demande à être à la fois poussé, et protégé. Question de souveraineté nationale. L'initiative du CNES, avec une volonté affichée sur deux niveaux, national et européen, mérite d'être saluée. Il faudra néanmoins à moyen terme, dépasser largement le cap de la centaine de millions d'euros.