vendredi 18 septembre 2020

3 conférences exceptionnelles sur l'Espace stratégique les 7, 8 & 9 octobre


La chaire "Défense & Aérospatial" de Sciences Po Bordeaux a le plaisir de vous informer qu'elle organise prochainement les « 2020 Defense Space Talks ».


Cette grande conférence devait initialement se tenir dans les locaux de Sciences Po Bordeaux au printemps dernier, mais le confinement en aura décidé autrement.

Ces échanges prendront donc finalement la forme d’une série de trois conférences en ligne, les 7, 8 et 9 octobre 2020 de 16h30 à 18h30 (une conférence par jour). Ces 3 webinars, qui s’inscrivent dans le cadre des travaux de recherche, de formation et de diffusion de la chaire "Défense & Aérospatial", traiteront de la thématique générale suivante : 

« Espace, y préserver la paix, y prévenir les conflits ». 


Ils décriront successivement : 
  • Les facteurs de risques sécuritaires du champ spatial pouvant affecter la paix mondiale (7 octobre) ; 
  • Les dynamiques politiques et juridiques actuelles en mesure de réduire le risque d'une escalade sécuritaire (8 octobre) ; 
  • Les stratégies et mesures d'anticipation pour faire face à une éventuelle crise spatiale (9 octobre). 

Ces conférences bénéficieront de panelistes de haut niveau, civils et militaires, issus des principaux organismes officiels français et européens concernés, de l'enseignement supérieur et de la recherche et d'entreprises du secteur. 

Toutes les informations sur ces Defense 2020 Space Talks (objectifs, programme, intervenants) ainsi que la procédure d’inscription sont accessibles en suivant CE LIEN


mercredi 16 septembre 2020

Remise de brevet pour la première promotion chasse formée sur PC-21

A Cognac, ce 16 septembre marquait la première remise de brevet d'une promotion de l'école de chasse formée sur Pilatus PC-21. 

Ci-dessus: les Pilatus PC-21 sont arrivés à Cognac il y tout juste deux ans - Armée de l'Air & de l'Espace.

Sur la base aérienne 709, leur formation théorique avait commencé en avril 2019. La voilà qui s'achève en cette rentrée 2020.
Il s'agit véritablement d'une nouvelle ère initiée en 2016 par le programme de modernisation de la formation des pilotes.


Doté de nombreuses qualités aéronautiques et d’un cockpit moderne, le PC-21 est très proche d’un avion de chasse de dernière génération au niveau avionique. L'appareil comme son simulateur à Cognac sont de plus spécifiquement paramétrables pour imiter le comportement d'un Rafale (jusqu'au facteur de charge), et disposent d'outils pour l'apprentissage (simulation de pannes par exemple).

La formation sur PC-21 comprend une phase "Basic" dont la priorité  reste l’apprentissage des fondamentaux du pilotage (gestion des pannes, voltige, vol en formation, navigation, vol de nuit), puis une phase "Advanced", qui comporte elle quelques thèmes tactiques de base comme l’interception simple ou la délivrance de l’armement.

Argument ultime, la gamme d'outils PC-21 permettrait de réaliser des économies substantielles, divisant presque le coût de la formation d'un pilote de moitié.

Un dernier mot: félicitations aux brevetés !


lundi 14 septembre 2020

En Grèce, premier succès historique pour le Rafale en Europe


Comme pressenti, le premier ministre grec Kyriakos Mitsokasis a annoncé samedi soir que le pays se doterait prochainement de 18 avions de combat français Dassault Rafale. Cette commande apparaît comme un fort signal politique en pleine crise avec la Turquie en Méditerranée Orientale. La Grèce cherche également des frégates.

Ci-dessus: l'aube d'une série de succès pour le Rafale en Europe ? - Armée de l'Air


C'est une première qu'on espérait, malgré l’échec en Belgique (qui a choisi le F-35), voir venir en Suisse, ou peut-être en Finlande... Mais c'est bien finalement la Grèce qui devient la première nation européenne à annoncer vouloir acquérir le fleuron de l’aéronautique militaire française, le Rafale. Mieux encore, avec la Grèce, le Rafale arrive chez un membre de l'UE, mais aussi et surtout de l'OTAN !

Grande utilisatrice des Mirage (comme tous les clients du Rafale d'ailleurs), l'armée de l'Air grecque passe donc au Rafale, avec 18 appareils, acquérant ici une véritable supériorité technologique face à la Turquie, qui elle s'est vue privée de ses futurs F-35 pour avoir acheté des systèmes anti-ariens russes S-400. Car en effet, avec le Rafale F3, ses capacités et son radar, vient également toute la gamme de missiles de MBDA.

Aussi, si on parle bien ici d'une commande de Rafale que le client entend maintenir sous les 2 milliards d'euros (selon des sources françaises), il faut rappeler que la Grèce, avec un budget annuel de la défense de 4,3 milliards d'euros, reste une très bonne élève en Europe si l'on se réfère à la fameuse norme des 2% du PIB.

Enfin, un client européen du Rafale, c'est bien évidemment un potentiel partenaire pour le SCAF. A noter que la Grèce a déjà coopéré avec grand succès sur le programme de démonstrateur de drone de combat furtif nEUROn.


Commande franco-française en vue: la « cinquième tranche », enfin ! 

Dassault Aviation, tout comme la ministre des Armées Florence Parly, ont salué le partenariat stratégique établi de longue date avec Athènes, et récemment renforcé. Cela se traduit comme vous l'aurez constaté par une coopération active des forces françaises en Méditerranée Orientale.  

Et dans ce contexte particulier, la Grèce a annoncé un large renforcement de ses moyens militaires. Modernisations multiples, recrutement de 15 000 militaires, marché à venir pour 4 frégates. Sur ce dernier, la FDI de Naval Group conserve des chances sérieuses.
Mais contrairement à l'Inde, au Qatar, ou même à l'Egypte qui elle bénéficiait de garanties financières étrangères, la Grèce ne peut se permettre une commande de Rafale excédant les 2 milliards d'euros. C'est pourquoi la solution passe par une petite quantité d'appareils neufs, 6 à 8, accompagnés d'avions d'occasion prélevés dans l'armée de l'Air.

Certains artistes se sont déjà amusés à imaginer une livrée grecque pour le Rafale


Or, en l'état actuel des choses, Dassault possède dans son carnet de commandes 68 Rafale: 40 à l'export (Inde et Qatar) et 28 pour la France, avec des livraisons France prévues pour reprendre en 2022. 

Pour le ministère des Armées, l'enjeu qui se pose est donc de satisfaire l'allié grec sans amputer ses propres moyens... ce qui devrait passer par la commande de la très fameuse "cinquième tranche" de 30 appareils qu'attend l'armée de l'Air depuis des années, et non prévue dans cette LPM 2019-2025. Cette hypothèse ne faisait d'ailleurs pas partie du plan de relance post-COVID, ce qui a déçu chez les industriels. La cinquième tranche dépend donc aujourd'hui d'une commande export et du destin de ces avions d'occasion.


Première victoire en Europe, qui en appelle d'autres ?

Plus le temps passe, plus le Rafale gagne en maturité opérationnelle, et plus il devient intéressant financièrement de se le procurer. Des clients comme l'Inde, où il est officiellement entré dans les forces la semaine dernière, lui permettent de rayonner dans des régions entières... attirant forcément l'intérêt de nouveaux prospects (Indonésie ?). 

Mais on parle bien aujourd'hui d'une première exceptionnelle avec cette victoire en Europe, et dans l'OTAN, d'autant plus que c'est ici le cas d'un pays pourtant promis au F-35.

Très symboliquement, la porte est ouverte pour de nouveaux succès. Si vous suivez ce blog ou l'actualité du Rafale, vous connaissez les dossiers Suisse (votation sur la question ce 27 septembre) et Finlandais. S'y ajoute désormais la Croatie, pour une potentielle commande de 12 Rafale. D'occasion, là encore. Une tendance ?


Sur la ligne d'assemblage à Mérignac, on peut donc se réjouir avec une production pour l'instant assurée jusqu'en 2025. En attendant les nouveaux succès qui viendront assurément. 


vendredi 11 septembre 2020

L' armée de l'Air & de l'Espace (suite)


Le processus de transformation se poursuit. L'armée de l'Air et de l'Espace prend possession de son nouveau patronyme et du logo qui l'accompagne. Avec en prime l'ordre du jour du CEMAA, le général Lavigne.

Ci-dessus: le nouveau logo de l'AAE. L'ancien épervier prend de la hauteur, la courbe représentant la sphère terrestre. 





mercredi 9 septembre 2020

La Région Nouvelle Aquitaine lance son projet de «Space Hub»

La Région Nouvelle Aquitaine a lancé lundi 7 septembre son projet de SpaceHub, qui se traduira par l'installation à Saint-Médard-en-Jalles d'un accélérateur de projets et d'un  think tank autour du thème du spatial et de ses applications dans la société. 

Ci-dessus: la réunion de lancement à l’hôtel de Région à Bordeaux - photo Nicolas Roussel sur Twitter


Une année normale, c'est le genre de lancement qui aurait eu grande publicité. Mais en 2020, c'est presque en catimini que cela se déroule... Bordeaux et le spatial qui sont décidément malchanceux, puisque 2020 était l'année où la capitale girondine était désignée "ville Ariane".

Le projet SpaceHub, suivi discrètement sur ce blog depuis un an, consiste en l'établissement à Saint-Médard-en-Jalles (33) d'un accélérateur de projets pour les PME et Start Up du "New Space". Forte de son écosystème aéronautique et spatial, la région compte en effet capitaliser sur son réservoir d'innovations pour conquérir les immenses marchés offert par le New Space. On parle ici de défense, de souveraineté, mais aussi de la vie quotidienne, du marché de la donnée, de la santé, de l'agriculture...

Sur le blog: La propulsion hybride: un atout pour l'accès souverain à l'espace ?


Pour ce qu'on en sait, et faute d'une communication abondante pour le moment, il s'agira à la fois d'un accélérateur de projets (incubateur ?) et d'un think tank. Des grands noms sont impliqués, comme Ariane Group et Dassault Aviation, ainsi que le CEA, le CNES bien sûr, et Bordeaux Université. 

L'étude de positionnement et de définition avait été lancée à la rentrée 2019. Mais entre temps, beaucoup de choses ont évidemment évolué. D'une part, Saint-Médard a changé de Maire durant le printemps, alors qu'un projet autour du spatial stratégique avait été largement porté publiquement par l'ancien élu Jacques Mangon.
D'autre part, le ministère des Armées, le CNES, et Aerospace Valley se sont associés à Toulouse pour échafauder un Campus du spatial autour du nouveau Commandement de l'Espace de l'armée de l'Air (et de l'Espace). Il s'agira de ne pas reproduire la concurrence néfaste qu'on a pu voir entre Régions françaises sur le secteur des drones par exemple...

Lire aussi: Lancement du Centre Spatial Universitaire Nouvelle-Aquitaine


A noter que c'est la seconde fois qu'un projet spatial est monté à Bordeaux, après celui d'un "Data  Space Campus" initié en 2016, qui n'aura finalement pas vu le jour. Ce qui est bien dommage tant il aurait été précurseur.

A suivre donc.