lundi 18 mars 2019

Safran implante son centre de recherche sur la fabrication additive à Bordeaux


Mardi 12 mars, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et le directeur général de Safran, Philippe Petitcolin, ont annoncé la création au Haillan près de Bordeaux d'un centre de recherche consacré à la production de pièces issues de la fabrication additive pour l'aéronautique. Le projet porte avec lui 200 emplois, pour un aboutissement en 2021.

Ci-dessus: le centre de recherche Safran Ceramics, inauguré en 2018 sur l'Aéroparc de Bordeaux


La fabrication additive, ou plus trivialement impression 3D, est l'une des 4 technologies de la révolution industrielle 4.0 (on en retient généralement 4), qui pourrait bien à moyen terme révolutionner des pans entiers de l'industrie.
L'aéronautique est fondamentalement concernée, tant elle a besoin de matériaux résistants et légers, que l'impression 3D rendrait plus aisée à produire. Les gains annoncés en matières premières, temps, et donc productivité offres des perspectives sans précédents.

Et pour la maintenance, domaine qui intéresse particulièrement les militaires, la perspective de pouvoir remplacer certaines pièces sur demande expresse rend la chose encore plus attrayante.

Et c'est donc en région bordelaise que Safran va investir 68 millions d’euros (dont 10 % de la Région Nouvelle Aquitaine) afin de construire en 2020 une usine "centre de recherche" destinée au développement et au prototypage de pièces en 3D. D'une surface de 10 000 m², dont 6 500 m² d’ateliers, le bâtiment accueillera dès 2021 200 employés et jusqu’à 50 imprimantes 3D, annonce le groupe.

L'installation sera bâtie au cœur des actuels terrains de Safran/Ariane Group au Haillan, qui accueillent déjà Safran Ceramics.

Cette annonce est un coup double: pour Safran qui menaçait de délocaliser ce projet à l'étranger en raison des lourdeurs de l'administration française. Et pour le gouvernement qui s'offre un contre feu face à la fermeture de l'usine Ford de Blanquefort. Safran assure d'ailleurs que "30 à 50" futurs ex-employés de Ford pourront être reclassés.


vendredi 15 mars 2019

Quel dispositif pour la Marine pour suivre la pollution du Grande America ?


Comme vous le savez, les côtes de Gironde et de Charentes sont menacées par des nappes de fioul lourd échappées du naufrage du Grande America en début de semaine. La Préfecture Martine estime que les premières pollutions pourraient toucher les côtes de Nouvelle Aquitaine d'ici dimanche. En première ligne, le dispositif de la Marine Nationale.

Les images de ce porte-containers en feu sont impressionnantes. Parti de Hambourg, le Grande-America se dirigeait vers Casablanca quand un incendie s’est déclaré à bord dimanche 10 mars, s’étendant à un pont supportant une partie des 365 conteneurs du navire. 
A deux heures du matin, dans la nuit de dimanche à lundi, le capitaine décide de quitter le navire avec l’équipage à bord d’une embarcation de sauvetage : les 26 membres du personnel et un passager ont alors été secourus par une frégate britannique.

L’intervention de trois navires français anti-incendie provoquera finalement le chavirement du navire mardi, à 333 km des côtes françaises.

Le Grande America transportait, outre de nombreux véhicules d'occasion à destination du marché africain, des produits chimiques, mais c'est bien ses réservoirs de carburant qui représentent la menace directe.

L'épave repose désormais à plus de 4 600 mètres de fond, à l'ouest de La Rochelle.



Dès le début de la crise, la Marine Nationale a dépêché sur place des moyens très importants, avec notamment la FREMM Aquitaine. 


Suite au naufrage, c'est l’Argonaute, navire de la Marine spécialisé dans la lutte anti-pollution, qui a appareillé mercredi soir de sa base de Brest.
Les conditions de son intervention sur place ont été jugées très difficiles en raison des conditions de mer qui compliquent les interventions sur les deux nappes qui se sont échappées de l’épave.

L’Argonaute est  équipé d’une centrale à vapeur et d’eau chaude pour fluidifier les hydrocarbures pendant leur récupération. Il possède également deux bras qui peuvent se déployer rapidement autour d’une nappe de pétrole et agir plus vite et plus efficacement qu’un barrage flottant.


A ce stade, c'est bien sûr par les airs que la surveillance est la plus efficace. Le dispositif est complété par les avions  Falcon 50 et Atlantique 2 de la Marine qui surveillent l’évolution de la pollution.



La préfecture maritime de Brest a demandé le concours de l’Agence européenne de sécurité maritime dans l’éventualité où il faudrait déployer des moyens supplémentaires.

Les départements de Charente-Maritime et la Gironde ont placé leurs services en "phase de pré-alerte". Les Préfectures se tiennent prêtes à déclencher le plan Polmar Terre. Le plan est activé si le sinistre dépasse les capacités d’intervention des communes côtières.

Si par malheur, comme cela semble être le cas, les hydrocarbures devaient toucher le littoral, l'Etat Français a annoncé qu'il fera porter les préjudices sur l'armateur.



PS: la Marine Nationale ouvre un blog "MARINS EN NOUVELLE AQUITAINE"


mercredi 13 mars 2019

Biscarosse va recevoir le radar Coast Watcher 100 de Thalès


Thales va installer deux radars Coast Watcher 100 sur les sites d'essais de missiles des Landes et de Méditerranée de la DGA.  Ce système côtier doit prévenir de toute intrusion sur ces sites ultra-sensibles.

Ci-dessus: le radar Coast Watcher 100 - Thales Group


Même si la France a choisi la défense côtière en amont et ne dispose pas de système de défense (batteries de missiles ou roquettes) sur son sol, elle dispose bien sûr de systèmes de détection autour de ses sites sensibles.

C'est ainsi qu'un marché portait sur la surveillance des sites d'essais de la Direction Générale de l'Armement, à Biscarosse et Toulon (DGA Essais Missiles : "Site Landes" et "Site Méditerranée"), deux haut-lieux des tirs de missiles pour les forces navales et aériennes françaises.

Thales a donc annoncé avoir remporté ce contrat auprès de la DGA. Les deux sites seront dotés du radar de surveillance côtières Coast Watcher 100
On ne connaît pas le montant de ce contrat, mais les systèmes seront installés à Biscarosse et Toulon d'ici à la fin de l'année 2020. Thales en réalisera le maintien en condition opérationnelle durant 7 ans.

Le radar Coast Watcher 100 a plusieurs niveaux d'emploi qui vont de la surveillance des eaux territoriales et de la zone économique exclusive, à la surveillance de sites (ports, plates-formes pétrolières et gazières, sites à forte valeur ajoutée ...), aux missions de police, à la détection de menaces asymétriques, ou la surveillance à basse altitude (petits avions, hélicoptères, ...).

Il est capable de détecter l'intrusion des petites embarcations à 16 NM (30 km), et des petits aéronefs à 35 NM (+60 km).


vendredi 8 mars 2019

Dassault Aviation a confiance dans l'avenir


Terminons ce tour de l'industrie aérospatiale de défense avec les résultats 2018 de Dassault Aviation. Dassault Aviation a réalisé un chiffre d’affaires de près de 5,1 milliards d’euros, en augmentation de 4,10%. Un chiffre clé: 78% de ces résultats ont été réalisés à l’export.

Après Thalès ou Safran (voir précédemment sur ce blog), Dassault Aviation présentait la semaine passée ses résultats 2018.
L'avionneur a réalisé un chiffre d’affaires de 5,084 milliards d'euros (+4,10% par rapport à 2017). Ses commandes ont elles progressé de 34,5% pour atteindre 5 milliards d'euros, portées par les commandes Rafale du Qatar, 12 Rafale supplémentaires après les 24 commandés en 2015.

S'agissant des Falcon dans le domaine des business jets, 42 commandes ont été enregistrées, soit à peine 4 de plus qu’en 2017. On ne dirait pas, mais il s'agit d'un progrès notable dans un milieu en crise profonde depuis 2008.

Côté livraison, la France, qui passe au standard F3-R de l'appareil, a reçu 3 Rafale, et l’Égypte 9. 2019 verra les livraisons au Qatar, le premier appareil ayant été perçu en grandes pompes début février comme nous en avons parlé sur Pax Aquitania.
Comme prévu, la production de chasseur va largement s’accélérer avec la livraison cette année de 26 Rafale, tous destinés aux clients étrangers.



41 Falcon ont aussi été livrés à divers clients institutionnels ou privés. Après l'échec du 5X, programme plombé par les déboires de son moteur Silvercrest, l'avenir s'incarne désormais dans le 6X.

Pour le futur, si dans le civil, le 6X cristallise un bon nombre d'espoirs, tout roule du côté militaire avec le lancement du standard F4 (qui va amener d'ici au milieu des années 2020 le Rafale au niveau d'un avion dit de "5ème génération"), le prospect export du coté de la Suisse ou de la Finlande, et même aussi pour les Falcon avec les programmes CUGE (Capacité Universelle de Guerre Electronique ) de l'Armée de l'air ou AVSIMAR (avions de surveillance et d'intervention maritime) pour la Marine.

Aussi sur le blog: Voici le Falcon "EPICURE" destiné au renseignement


Enfin, c'est bien sûr le SCAF, le système de combat aérien du futur, qui associe désormais Français, Allemands et Espagnols avec au centre un nouvel avion de combat de nouvelle génération dont Dassault a obtenu la maîtrise d'oeuvre, qui s'impose comme le nouveau grand programme stratégique pour le groupe. Les premiers contrats d'études ont été lancés.

Dans le même temps, on confirme à Paris que le projet "FCAS" initial portant sur un drone de combat furtif franco-britannique est arrêté. Définitivement ? Probablement, mais l'avenir le dira...

A noter que le démonstrateur nEUROn vole toujours pour de nouvelles campagnes d'essais.