mercredi 24 mai 2017

Le premier ALSR est arrivé à Mérignac


Grâce à plusieurs témoins présents dans les environs de l'aéroport de Bordeaux - Mérignac, le public a pu apercevoir il y a une dizaine de jour un appareil singulier. En effet, il s'agit ni plus ni moins du premier ALSR français commandé pour le renseignement militaire il y a un an.



Une info qui en a surpris plus d'un ! En effet, le premier Beechcraft "King Air 350" commandé par la France en 2016 est apparu sur le tarmac de Mérignac vendredi 12 mai. Pourquoi surprenante ? Car cet avion léger de surveillance et de reconnaissance (ALSR) - autrement dit un avion espion - est arrivé en région bordelaise alors que toute la communauté des spotters aéro s'y rassemblait dans le cadre du meeting aérien de la BA 106 ! Pas l'idéal en matière de discrétion.

Lire sur le blog: La France se paye deux avions espions Beechcraft "King Air"



Mais point de scandale, que l'on se rassure, l'appareil est encore "nus", dans sa version civile, et n'est guère porteur de secrets à ce jour. Car en effet, le contrat de 50 millions d'euros avait été notifié l'an dernier avec Thales Group, qui se chargera avec Sabena Technics à Mérignac d'équiper les appareils en moyens ISR (Intelligence, surveillance et renseignement).

L'Armée de l'air réceptionnera en 2018 deux King Air équipés,puis éventuellement un troisième comme l'option du marché le précisait. Ces appareils seront mis au service de la DRM et possiblement de la DGSE, des entités qui en utilisent déjà, mais loués dans le privé.

Et puisque je publie en retard, je vous invite pour en apprendre plus à aller faire un tour chez mon confrère de Défens'Aéro qui avait révélé l'info en premier la semaine dernière.


mardi 23 mai 2017

Le Normandie-Niemen fête le centenaire de ses escadrilles, et un départ



Le 16 mai 2017 marquait le jour du centenaire de trois escadrilles appartenant aujourd'hui au célèbre régiment de chasse "Normandie-Niemen". Trois Rafale commémoratifs arborent en cet honneur une dérive peinte aux couleurs de ces mythiques escadrilles de la Grande Guerre.

Vous le savez peut-être, en même temps que l'Europe commémore le centenaire des quatre années de tourmente que fut le Première Guerre Mondiale, l'Armée de l'air elle, célèbre la naissance de l'aviation de guerre. Et par la même donc, le centenaire de ses escadrilles (dont bon nombre ont été réactivées ces dernières années).

Lire aussi sur le blog: Les escadrilles de l'Armée de l'air, 100 ans d'Histoire !


C'est ainsi que du côté de Mont-de-Marsan, ce sont 3 Rafale qui arborent désormais une dérive peinte aux couleurs de chaque escadrille centenaire, que vous pouvez admirer sur les photos délivrées par l'Armée de l'air.


Le "Neu-Neu" est un des régiments les plus opérationnels de France, ce qui vaut également pour l'ensemble de la 30ème escadre basée à Mont-de-Marsan.
Pour preuve, ses Rafale viennent actuellement pour une part, d'être envoyés en relève sur la base française d'Abu Dhabi dans le cadre de l'opération Chammal (contre l'EI). D'autres sont eux partis en direction de de la Scandinavie pour le grand exercice local, Artic Challenge 2017. Et je ne cite ici que l'actualité de ces dernières heures...


Mais restons sur la BA 118 où dans le même temps (ou presque), le LCL P. avait fait ses adieux au régiment le 15 mai, en volant sur le Rafale aux couleurs des 75 ans du régiment.
Commandant du  Régiment de Chasse 2/30 Normandie-Niémen, le LCL P. passait son autorité au CDT F., nouveau chef de l’unité.

"Barba", de son surnom, a connu le Régiment comme pilote de Mirage F1 avant d’y revenir, qualifié Rafale, pour gravir les échelons du commandement.

Pax Aquitania lui souhaite une excellente continuation dans sa brillante carrière !

Le régiment, qui avait été créé par la France Libre sur le front de l'est en 1942, fêtera lui ses 75 ans très prochainement. Un Rafale, dont vous pouvez découvrir une avant-première ci dessous, portera pour l'occasion une livrée spéciale. Lors de son vol d'inauguration, il a justement été piloté par le LCL P., tout un symbole donc, pour ce dernier rodéo.


lundi 22 mai 2017

Décès du général Serge Soulet, commandant les forces aériennes


J'apprends avec grande tristesse le décès ce dimanche 21 mai du général Serge Soulet, des suites d'une longue maladie. Bien connu à Bordeaux, il dirigeait en effet la zone de Défense, mais également le Commandement des Forces Aériennes (BA 106). Il fut notamment l'artisan de la migration de ce service en région bordelaise, et de sa fusion avec le CSFA.

Le général Soulet avait 55 ans, il était marié et père de 3 enfants. A titre personnel et pour l'avoir croisé à de nombreuses reprises, je me souviendrai d'un homme droit et charmant. Il avait aimablement donné une interview à ce blog lors de son arrivée à Bordeaux en 2014. 

Je tiens à adresser toutes mes condoléances à ses proches, ainsi qu'à la grande famille des Forces Aériennes. 

Un hommage lui sera rendu ce mercredi. Ci-dessous, le message de l'Armée de l'air.

                                   
Le général de corps aérien Serge Soulet, commandant les forces aériennes, officier général de la zone de défense Sud-Ouest et commandant la place militaire de Bordeaux, s’est éteint dimanche 21 mai 2017, à l’âge de 55 ans, en menant son dernier combat.

« Serge était un homme de mots justes et directs. Et s’il est un mot qu’il incarnait, c’est celui de courage. Courage sur tous les fronts. » Cet hommage du général Richard Reboul, commandant en second les forces aériennes, témoigne bien de l’homme et du chef qu’était le général Serge Soulet. A la tête de près de 500 unités et de 23 000 personnes depuis le 1er septembre 2013, il s’est toujours appuyé sur un état d’esprit et un travail d’équipe dignes de son sport de prédilection, le rugby, qu’il a pratiqué jusqu’à ses 40 ans. C’est imprégné de cette culture du collectif qu’il a mené une carrière exemplaire au sein de l’Armée de l’Air. « J’ai eu énormément de chance, une carrière passionnante », confiait-il au magazine Air actualités, en novembre 2013.

Breveté pilote de chasse en 1985, il entame sa carrière opérationnelle au sein de l’escadron de chasse 2/4 « La Fayette » à Luxeuil, puis au 3/3 « Ardennes » à Nancy. En 1989, il est le premier pilote français en échange sur CF-18 au Canada. Une véritable aventure humaine et professionnelle dont il conservera un souvenir impérissable, jusque dans certaines de ses expressions. Autre temps fort de son parcours, le général Soulet retient ses trois années en tant que conseiller auprès du personnel navigant « chasse », une fonction à forte connotation RH. « L’humain mérite plus que notre attention et notre engagement », soulignait-il. Cet attachement pour les relations humaines marquera profondément son commandement de la base aérienne 103 de Cambrai, de 2004 à 2007.

« Il a tenu la barre du CFA malgré toutes les difficultés avec une détermination et une pudeur qui forcent le respect et l’admiration, témoigne le général Reboul. Sa dignité et sa discrétion dans la lutte sont une source d’inspiration à l’image de toute son œuvre au profit de notre institution. »

Pour rendre hommage au général Soulet et retracer sa carrière, un livre d’or est ouvert. Témoignages (récit et même photos), messages de sympathie et de soutien, condoléances… Laissez aller votre plume en vous adressant à : cfa.relation-presse.fct@intradef.gouv.fr


Biographie du général de corps aérien Serge SOULET

Commandant les Forces Aériennes 
  • Né le 6 mai 1962 à Thionville (Moselle)
  • Marié et père de 3 enfants
  • Promotion 1981 « Colonel Rossi-Levallois» de l’Ecole de l’air
  • Breveté pilote de chasse en 1985
  • 1985 : Pilote, EC 2/4 «La Fayette», Luxeuil ;1988 : Pilote, EC 3/3 « Ardennes », Nancy ; 
  • 1989 : Officier d’échange, 433e ETAC Bagotville, Canada ;1992 : Chef des opérations, EC 3/30 « Lorraine », Reims ; 
  • 1996 : Collège interarmées de défense, Paris ;1994 : Commandant en second, EC 3/33 «Lorraine», Reims ; 1997 : Commandant en second, EC 1/30 «Alsace», Colmar ; 
  • 2000 : Conseiller du personnel navigant « chasse », direction du personnel militaire de l’armée de l’air, Paris ;1999 : Commandant, EC 1/30 «Alsace», Colmar ; 2003 : Chef du bureau des officiers, DPMAA, Paris ; 2004 : Commandant de la base aérienne 103, Cambrai ; 
  • 2007 : Auditeur du Centre des hautes études militaires (CHEM) et de la session nationale de l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), Paris ;2008 : Chef de la cellule « organisation et ressources humaines » et adjoint-Air du chef du cabinet militaire du ministre de la Défense, Paris ; 2010 : Sous-chef «emploi-soutien», état-major de l’armée de l’air, Paris ; 
  • Septembre 2015 : Commandant des forces aériennes Bordeaux, Officier Général de la Zone de Défense et de Sécurité Sud-Ouest, Bordeaux.1er Septembre 2013 : Commandant des forces aériennes et commandant du soutien des forces aériennes, Dijon-Bordeaux ; 
  • 24 septembre 2014 : Commandant des forces aériennes Dijon-Bordeaux, Officier Général de la Zone de Défense et de Sécurité Sud-Ouest, Bordeaux ;

Promotions :
  • 1er août 2010 : Général de brigade aérienne
  • 1er janvier 2013 : Général de division aérienne
  • 1er septembre 2013 : Général de corps aérien
  • Décorations :
  • Commandeur de la Légion d’Honneur 
  • Commandeur de l'Ordre national du mériteMédaille de l’aéronautique 
  • Médaille de la défense nationale échelon bronzeMédaille Outre-mer, agrafe « Tchad » 
  • Médaille de l’OTAN
  • Médaille commémorative française, agrafe « Ex-Yougoslavie »

vendredi 19 mai 2017

Le SGDSN imagine les chocs stratégiques de 2030


Les experts de la stratégie ou des technologies semblent unanimes. Nous sommes à l'aube de ruptures qui pourraient bien influer sur la géopolitique mondiale. C'est pourquoi, comme d'autres, le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale a planché sur ces sujets. Il rend désormais public son rapport « Chocs Futurs - Étude prospective à l’horizon 2030 : impacts des transformations et ruptures technologiques sur notre environnement stratégique et de sécurité ».

« Chocs Futurs », rapport d'environ 200 pages, est paru il y a quelques semaines (le 21 avril 2017), et est consultable ou téléchargeable librement. Pour rappel, le SGDSN service du Premier Ministre qui, bien que largement inconnu du grand public; est chargé d'assister le chef du Gouvernement dans l'exercice de ses responsabilités en matière de Défense nationale et de Sécurité nationale.
La réalisation d'un tel document gouvernemental en matière de prospective technologique est une nouveauté pour le SGDSN.

La première partie du document se concentre sur les tendances "probables". Il prend en effet le parti de parier sur la consolidation de certains courants actuels que sont: 
  • la défense antimissile balistique;
  • la démocratisation de l’accès à l’espace;
  • paix et guerre dans le cyberespace; 
  • la dissuasion, atout de puissance et facteur de paix;
  • un terrorisme de plus en plus technologique;
  • des frontières "passoires" ou  intelligentes ?


Sa deuxième partie en revanche, met véritablement l'accent sur les ruptures, technologiques notamment, qui de facto pourraient initier des ruptures stratégiques (à grande échelle donc). On y retrouve un éventail de sujets de plus en plus familiers comme:
  • les missiles et vecteurs hypervéloces;
  • la militarisation de l’espace;
  • la révolution de l’impression 3D;
  • la biologie de synthèse;
  • les neurosciences;
  • la cryptographie quantique;
  • ou bien évidemment le champ de bataille « 3.0 » (impliquant l'intelligence artificielle, les robots, nanotechnologies et armes à énergie dirigée).


Le document présente comme avantage d'être relativement accessible (certains le verront peut être au contraire comme un manque d’approfondissement), sa lecture est claire et plutôt facile. Sans parler de vulgarisation, nous pouvons conclure qu'il s'agit d'un rapport institutionnel à la portée de tous, pas seulement des spécialistes.

De plus, et comme souvent ces dernier temps, nous sommes à la limite entre la notion très française (académique en fait) de prospective, et celle plus en vogue dans le monde anglo-saxon, la futurologie.



Afin d'accéder au document, cliquer sur l'image ci-dessous



jeudi 18 mai 2017

Sylvie Goulard devient la nouvelle ministre des Armées


Mercredi 17 mai a été dévoilé le gouvernement du Premier Ministre Edouard Philippe, lui même nommé ce lundi 15 mai par le Président de la République Emmanuel Macron.
La grande question en ce qui concerne la défense tournait autour du maintien, ou non, de Jean-Yves Le Drian. Lui succède finalement à l'hôtel de Brienne une européenne convaincue, Sylvie Goulard. Et la surprise, c'est que celle-ci n'est pas ministre de la Défense, mais ministre... "des Armées" !

Le montage photo est tout à fait non-officiel !


Emmanuel Macron annonçait la parité dans son gouvernement, c'est chose faite avec 11 femmes parmi les 22 ministres et secrétaire d'Etat. Et l'une d'elles obtient une des grandes fonctions régaliennes, avec le poste de "Ministre des Armées". Sylvie Goulard, 52 ans, eurodéputée issue des du Modem succède en effet à Jean-Yves Le Drian, qui déménage lui non loin de l'hôtel de Brienne, au Quai d'Orsay.


Récapitulons: le ministre de la Défense Le Drian devient "Ministre de l'Europe et des Affaires Etrangères", et est remplacé au Ministère de la Défense, non, "des Armées" par une spécialiste de l'Europe (notamment des finances).
C'est tout un monde que l'annonce de cette nouvelle dénomination a surpris ! Il aura même fallu 24h pour que le logo du Ministère évolue. Il faudra également penser à revoir la façade du Balardgone.



Le "Ministère des Armées", et les questions que cela pose

Ministère des Armées donc. L'institution n'avait plus porté ce nom depuis 1974, date à laquelle elle avait adopté le titre que nous connaissions donc depuis maintenant 43 ans. Plutôt que de nous lancer dans divers hypothèses sur un changement de doctrine à la tête de l'Etat, nous attendrons de connaître les explications de ce choix, de la part du Premier Ministre, de la Ministre, ou même pourquoi pas du Président Macron lui-même.

Le choix est étonnant quand on regarde l'évolution des dernières années. Le Livre Blanc notamment mélangeait "Défense" et "Sécurité Nationale" (et il n'est absolument pas certain que cela change avec le nouveau document attendu). On constatait un élargissement, une diffusion de la notion de Défense à travers la société. Ce Ministère des Armées semble annoncer comme un recentrage.

En tout cas, on connaît déjà quelques mécontents: les personnels civils de la défense... qui rappelons le ne travaillent pas obligatoirement pour une des 3 armées.
Évoquons les armées d'ailleurs. Terre, Air et Marine Nationale sont de facto spécifiquement mises à l'honneur. De plus, faut-il s'attendre à la naissance d'une armée cyber, une priorité du nouveau Président déjà conceptualisée comme la 4ème armée ? Sans oublier qu'au Ministère de l'Intérieur, les gendarmes sont toujours militaires malgré le changement de maison en 2009 (mais là je digresse).

Avec l'élection d'Emmanuel Macron, soutenu par Jean-Yves Le Drian, le monde de la défense s'attendait à de la continuité. Il est donc amusant de constater que cette véritable surprise, si on n'imagine pas encore qu'elle rebatte les cartes institutionnelles, a le mérite de faire réagir. Et réfléchir.


Le pari européen 

La nouvelle ministre des armées, Sylvie Goulard, a passé la majorité de sa carrière au sein des institutions européennes, où elle a commencé par travailler sur le dossier de la réunification allemande. Pas rien.
On la dit novice en matière de Défense, mais on sait au moins déjà qu'elle sera bien entourée, avec pour Directeur de cabinet Martin Briens, diplomate Sous-Directeur de la non prolifération au MAE et Directeur de la stratégie de la... DGSE !



Avec une europhile au Ministère des Armées, le ton est donné. La volonté française de relancer l'Europe de la Défense ira au delà des mots (le fait que le Ministère des Affaires Etrangères place l'Europe au premier plan en est une preuve supplémentaire). C'est ici un pari, un pari risqué même, puisque nous ne pourrons pas avancer sans que nos alliés y mettent la volonté et les moyens. Cette bataille est loin d'être gagnée, mais la France d'Emmanuel Macron envoie là un signal très fort. Un de plus.

On remarquera enfin - et surtout je dirais - qu'une des spécialités de Sylvie Goulard est la finance, ce qui devrait jouer sur le plan franco-français au moment où il faudra négocier la nouvelle LPM et des budgets en hausse constante pour atteindre 2% du PIB. 
Tout comme cela aiderait sûrement si la carte de la soustraction des efforts de défense des critères de Maastricht devait être invoquée par le camp tricolore à Bruxelles.


Le Drian, un poids lourds au Quai d'Orsay

Le jeu de mots à la mode aujourd'hui dans la presse était de parler de "ministre désarmée", en sous entendant:
  • soit que le Président de la République Emmanuel Macron comptait remettre la main sur les affaires militaires (façon quinquennat de Nicolas Sarkozy où l'Elysée pilotait nombre de dossiers majeurs). La ministre des armées aurait elle pour mission de bâtir la défense européenne.
  • soit que Jean-Yves Le Drian partait aux Affaires Etrangères avec ses dossiers, en premier lieu ceux touchant aux ventes d'armement.

Evidemment, il est trop tôt pour jouer les devins. Mais selon moi, le nouveau poste de Jean-Yves Le Drian fait sens pour plusieurs raisons.
Premièrement, il s'agit d'un homme jugé efficace, pragmatique, maîtrisant ses sujets. Et comme l'indique le nouveau nom du Quai d'Orsay, l'Europe est LE dossier prioritaire. Il sera secondée en ce sens par la Ministre des Affaires Européennes Marielle de Sarnez.

Sur le plan économique, ses succès sans précédent en matière d'armement pourraient bien se voir décliner à tous les pans de l'économie (avec cette fameuse formule de l'Equipe de France), afin de réussir à résorber cette balance commerciale toujours déficitaire.

On l'oublie également peut-être, mais Emmanuel Macron arrive au pouvoir avec la volonté de régler politiquement les crises sécuritaires, et bien évidemment en priorité celles qui regardent la France et ses forces armées. Son discours au Mali sera probablement très intéressant à ce niveau. De ce point de vue, Jean-Yves Le Drian pourrait bien au Quai d'Orsay reprendre le fil des dossiers qu'il connait déjà par cœur, dans le sens de la normalisation.

Enfin, JYLD est devenu en l'espace de cinq ans une personnalité incontournable à la tête de l'Etat, qui plus est très appréciée des français. Et il ne fallait pas moins qu'un mastodonte des affaires internationales pour représenter la France en l'état actuel de la géopolitique mondiale. En effet, face à un Sergueï Lavrov par exemple (le MAE russe), il faut bien cela. Emmanuel Macron a sans doute vu juste en confiant les affaires étrangères à un vieux briscard.


Emmanuel Macron sera dès ce soir auprès des soldats français au Mali, accompagné de la ministre des Armées. Peut-être y verra t-on des premiers indices concrets du fonctionnement de la Défense Nationale de ce quinquennat à venir.