mercredi 22 septembre 2021

Inauguration des nouveaux bureaux d'études de Dassault Aviation à Mérignac


Après deux ans et demi de travaux, les nouveaux bureaux de Dassault Aviation à Mérignac ont été inaugurés ce 21 septembre. Face à l'usine d'assemblage, ce bâtiment va contribuer à rapprocher les bureaux d'études de la production.

Ci-dessus: le tout nouveau "bâtiment M" à Mérignac - Dassault Aviation


Ce triptyque de bâtiments, vous l'avez sûrement vu grandir en traversant l'aéroparc bordelais durant ces deux dernières années. Entre l'usine d'assemblage Dassault et le campus Thalès à Mérignac, ce sont 26 000 m², 1 650 postes de travail, 24 espaces collaboratifs modulaires, 9 plateaux projets… ainsi qu'un auditorium qui sont sortis de terre pour constituer le "bâtiment M".

Bâtiment M a été inauguré par les dirigeants de Dassault et les autorités politiques locales ce 21 septembre à Mérignac, et s'inscrit dans la politique menée par l'actuel PDG Eric Trappier de rapprocher conception et production. Ce qui consiste par définition à rapatrier du personnel parisien vers Bordeaux (une partie seulement, et sur la base du volontariat je vous rassure). Cela devrait déjà faire environ 350 personnes fin 2021.

Des bureaux d'études donc, mais aussi des services de développement, de soutien, commerciaux. Civils comme militaires. Egalement, un Command Center Falcon ainsi que des bancs systèmes avions.
 
Mérignac est plus que jamais au cœur de la stratégie de l'avionneur alors que des programmes cadres sont déjà engagés, qui nous amènent dans les toutes prochaines années s'agissant des Falcon, et jusqu'en 2040 et plus encore si l'on parle du combat aérien futur. 


Présentation du site en vidéo (visionner sur YouTube si l'incrustation ne fonctionne pas):



Et l'aéroparc n'a pas fini de se transformer, puisqu'il accueillera en 2023 le "Cockpit" de Bordeaux Technowest, moment où débuteront les travaux de la Cité des Savoirs Aéronautiques et Spatiaux, Tarmaq.



lundi 20 septembre 2021

Les armées avancent sur la maintenance des aéronefs par drones


Dans le cadre des développements du standard du Rafale F, un appel à projets pour l’automatisation de l’inspection d’aéronefs avait été lancé par l'AID, la DMAé, et la DGA. On en connait déjà quelques résultats.

Sources & Images: ministère des Armées.


Rafale "F4" doit projeter le MCO dans une nouvelle ère, celui de la maintenance prédictive, qui devra contribuer, grâce au Big Data et à l'IA, à régler une partie des soucis de disponibilités des flottes d'aéronefs militaires (problème qui épargne assez largement le Rafale d'ailleurs). 

C'est dans le cadre de cette évolution qu'en juillet 2019, l’Agence de l’innovation de défense (AID) a lancé via l’Innovation Défense Lab en partenariat avec la Direction de la maintenance aéronautique (DMAé), la Direction générale de l’armement (DGA) et l’Armée de l’Air et de l’Espace, un appel à projets « automatisation des contrôles non destructifs (CND) sur aéronefs ». 

En effet, comme le justifie l'administration, la maintenance des aéronefs nécessite l’inspection régulière de ses revêtements ainsi que de réguliers contrôles de l’intégrité de la structure interne de certains points critiques par des moyens dits « contrôles non destructifs ». Ce sont des tâches chronophages et potentiellement dangereuses pour les opérateurs dans le cas des aéronefs de grande hauteur. 

Dans les faits, la proposition de solutions innovantes se traduit par l'emploi de drones:


Sur une vingtaine de candidatures, l'agence a retenu deux entreprises qui ont pu développer, en un peu plus d’un an, un démonstrateur, en lien étroit avec les équipes techniques compétentes des armées:

  • DONECLE, en partenariat avec 8tree et Dassault, propose une inspection 3D automatique des revêtements aéronefs grâce à un drone 100% automatisé. Cette technique permet de détecter et mesurer les défauts de surface tels que des enfoncements, impacts ou perforations. Testée sur des surfaces métalliques et composites, la solution permet en outre des comparaisons avec la maquette numérique de l’avion et le suivi digital de l’évolution des défauts.
  • ROBOPLANET, propose un robot semi-autonome pour les mesures de contrôle non destructif par ultra-sons, qui scanne automatiquement des zones prédéfinies, avec l’assistance d'un logiciel de mise en œuvre et de suivi des acquisitions. Ce robot semi-autonome permet la détection automatique de défauts au cœur de la pièce et le format des données générées assure une continuité numérique avec le logiciel en place de génération de rapports d’inspection.


Au bout du processus, des démonstrations ont eu lieu cet été, le 9 juin, sur la BA 118 de Mont-de-Marsan. 
Des essais qui selon le MINARM "ont permis de mettre en évidence les conditions d’utilisation qui pourraient être envisagées par les forces", devant un quorum d’expert de spécialistes et de potentiels utilisateurs en provenances des armées, de la DGA, de la DMAé, du Service Industriel de l'Aéronautique (SIAé), de la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (SIMMT) mais aussi de l’industrie aéronautique.

La restitution finale de cet appel à projet s’est déroulée le 7 juillet à l’Innovation Défense Lab permettant de faire le bilan tant sur le fond que sur la forme de ce projet.

Tout comme l'impression additive, il ne fait pas de doute que les drones & robots ont toute leur place dans ce MCO "4.0" qui pourrait considérablement révolutionner les missions des forces armées.


Ci-dessous: des essais avaient déjà été menés avec la Marine en 2020.



vendredi 17 septembre 2021

Fin des illusions dans l'IndoPacifique ?


Nous sommes vendredi soir, 17 septembre, et la semaine se clôture par un fait historique: la France rappelle pour consultations ses ambassadeurs aux Etats-Unis & en Australie à cause de la "gravité exceptionnelle" de l'annonce du partenariat Washington-Londres-Canberra débouchant sur l'annulation d'un gros contrat d'achat de sous-marins à la France.

Ci-dessus: signature du 11 février 2019 > 15 septembre 2021, le "contrat du siècle" n'est plus.


Ce mercredi 15 septembre 2021, les rumeurs se répandent selon lesquelles l'Australie annulerait son partenariat stratégique (le fameux "contrat du siècle" pour Naval Group, remporté en 2016, et confirmé depuis) avec la France.
Nous sommes alors peu à y croire, habitués à ce que les médias australiens médisent sur la technologie des sous-marins français. Pourtant cette fois… c'est officiel. Canberra renonce aux sous-marins français de Naval Group (le système de combat allait lui à Lockheed Martin) pour se lancer dans un nouveau contrat pour - et c'est LA grande surprise - des SNA américains. Avec une participation encore indéterminée du Royaume-Uni. 

Depuis, tout a été dit ou presque.

Le coup de grâce vient évidemment de Washington où l'administration Biden prend décidemment peu soin de certains de ses plus fidèles alliés, Paris n'ayant même pas été prévenu. Mais finalement, Bush, Obama, Trump... Biden, le comportement américain n'est que continuité. 
Et en matière d'armement, on n'oublie pas non plus comment la France fut doublée en juin sur le contrat des avions de chasse suisses.

Quant aux Britanniques, impliqués dans ce nouveau partenariat stratégique dans le Pacifique, "AUKUS", cela touche à la schizophrénie. A Londres, on hurlait à la trahison américaine il n'y a même pas un mois lors de la chute de Kaboul. On s'y gargarise aujourd'hui, se félicitant de la consécration de la stratégie naissante (et post-Brexit) du "Global Britain"... en se moquant bien des naïfs Français, désormais accusés d'être mauvais joueurs. 

La conférence tenue par Joe Biden fut également surréaliste, et d'un point de vue français, humiliante. Etats-Unis en leader, Royaume-Uni et  Australie au second rang… cela rappelle un peu l'aventure irakienne de 2003. 


La France l'Europe hors jeu dans l'Indo-Pacifique ?

La crise diplomatique est là. Et maintenant ? 

La France, tout comme l'Europe vient tout simplement d'être mise hors-jeu par Washington dans le Pacifique, ce qui demeure une décision absolument incompréhensible… incompréhensible oui, car elle était évitable. 
Au prix d'un renforcement politico-militaire certes sans précédent avec l'Australie, l'Amérique se positionne ouvertement face à la Chine en ostracisant un partenaire, la France, qui quoiqu'on en dise compte dans la région. 
Bien plus par exemple que le Royaume-Uni, si fier d'abattre sa carte "Commonwealth", mais dont la jadis glorieuse Royal Navy est aujourd'hui menacée de déclassement radical.  

L'Europe aussi ambitionne d'être un acteur aux antipodes, comme en témoigne la parution cette semaine de sa stratégie en la matière (l'affaire AUKUS est tout autant un camouflet pour elle). Mais à la pointe de la lance, il y avait bien sûr la France qui y a fait un retour très remarqué depuis une décennie. Le dénouement australien y met-il un coup d'arrêt ? Assurément oui… mais pas définitif. 

Il lui faudra en premier lieu bien sûr se tourner vers l'Inde, l'autre acteur majeur de la zone. Et en second, lieu, refonder sa stratégie autour, soit de nouveaux partenaires, soit de ses territoires, comme la Nouvelle Calédonie (le prochain référendum devient un enjeu vital), avec des moyens nettement plus conséquents qu'initialement prévu. 

Attention cependant à ne pas tomber dans une posture "gaullienne" peu probante au 21ème siècle. 

Sur le grand tableau de la stratégie, l'épisode français est cependant secondaire, car l'information principale est bien la formation de cette coalition AUKUS, ou autrement dit le lancement officiel d'un grand plan face aux ambitions chinoises. Une Chine qui réagira.
Si cette semaine marque la fin des illusions pour certains, elle semble bien poser les jalons d'un nouvel ordre international dans l'IndoPacifique. On peut donc bien parler d'un événement historique. 


mercredi 15 septembre 2021

Airbus propose aux Britanniques un nouvel hélicoptère militaire


Airbus a profité du salon londonien de l'armement pour présenter un nouvel hélicoptère militaire: le H175M. L'appareil semble surtout conçu pour le marché britannique, la Royal Air Force devant renouveler son actuelle flotte de Puma.


Alors qu'on évoque en France des commandes possibles pour venir combler quelques trous capacitaires dans la flotte d'hélicoptères de manœuvre, les Britanniques doivent eux se pencher sur le remplacement de leurs 23 Puma dans le cadre du programme New Medium Helicopter (NMH).

C'est donc lors du DSEI qui se tient à Londres cette semaine qu'Airbus Helicopters a dévoilé maquette et clip de présentation (vidéo ci-dessous) concernant son dernier né: le H175M. Il s'agit bien d'une variante militarisée du H175 civil. 

Tout cela reste bien préliminaire puisque ni Airbus, ni la Royal Air Force n'ont communiqué sur les spécifications du futur programme. Airbus Helicopters se positionne d'ailleurs officiellement comme "dans l'attente" de la publication par le ministère de la Défense des spécifications formelles.
Le prototype à l'image ne semble d'ailleurs pas avoir fait l'objet de grandes modifications par rapport à sa version civile. Il s'agit surtout là d'une annonce. 

En cas de succès, le constructeur européen avance comme argument fort le fait que l'appareil serait assemblé chez Airbus Broughton (y compris pour le marché export), site industriel durement touché par la fin du programme A380. 


Alors quid de l'avenir de ce nouveau venu de la gamme militaire d'Airbus ? Pour l'instant la cible britannique reste bien mince et il devra affronter le AW149 de Leonardo (possiblement aussi le Blackhawk de Sikorsky), mais l'on devine déjà un grand frère conceptuel au H160M "Guépard" qui fera office d'hélicoptère léger en France.

Chez les historiques européens, sur le continent, cela semble en revanche bouché avec des flottes de NH90 et de H225 bien fournies, et quelques commandes encore à venir même si à l'horizon commence à poindre une fin de carrière industrielle pour ces appareils (surtout le NH). D'autant plus que tous les pays n'ont pas la même approche doctrinale, notamment sur la dichotomie léger/moyen/lourd.

Il faudra aussi surveiller le projet de l'OTAN "Next Generation Rotorcraft Capabilities" auquel participent tant la France que le Royaume-Uni, Airbus, Leonardo, et d'où pourraient émerger des programmes de rupture. 


lundi 13 septembre 2021

La Grèce veut 6 Rafale supplémentaires (qui font 24)

Le Premier Ministre grec a déclaré publiquement samedi 11 septembre que le pays avait l'intention de commander non plus 18 Rafale, mais bien 24, afin de renforcer les escadrons de l'Hellenic Air Force.

Ci-dessus: livraison du premier Rafale de l'Hellenic Air Force le 21 juillet - Dassault Aviation


Alors que la France et Dassault Aviation ont bien honoré leur engagement auprès du client grec (en livrant cet été en un temps record les premiers appareils), nous avons désormais la confirmation qu'Athènes compte ajouter 6 Rafale supplémentaires à sa commande passée l'hiver dernier.

Des bruits de couloirs le laissaient penser depuis le printemps, mais la confirmation vient aujourd'hui de la bouche même du Premier Ministre Kyriákos Mitsotákis. Ces appareils rejoindraient les autres sur la base de Tanagra.

Pour rappel, la Grèce a officiellement commandé 18 Rafale, mais 6 seulement sont neufs, et 12 "légués" par l'armée de l'Air et de l'Espace française. 
L'armée française devant également céder 12 Rafale à la Croatie (attention ce n'est pas encore signé), et ne disposant donc plus de marge en la matière, il ne fait aucun doute que les possibles nouveaux Rafale grecs seraient eux des appareils neufs… à ajouter sur la chaîne d'assemblage de Mérignac.

Cette année, un premier groupe de pilotes HAF est formé par l’armée de l’Air, ainsi que 50 techniciens grecs au Centre d’Entraînement à la Conversion (CTC) de Dassault Aviation à Mérignac.