vendredi 22 janvier 2021

Actualisation de la revue stratégique

Demandée par le Président de la République lors de son élection et rendue publique en octobre 2017, la revue stratégique du Ministère des Armées a été republiée dans une version actualisée ce 21 janvier 2021. Les tendances énoncées il y a plus de 3 ans semblent confirmées, et même accélérées par la pandémie. 


Initialement destinée à fixer le cadre stratégique de l’élaboration de la Loi de programmation militaire 2019-2025, qui doit porter notre effort de défense à 2% du PIB à l’horizon 2025, la revue stratégique actualisée (56 pages) vient cette fois appuyer la politique gouvernementale en évoquant l'accélération significative des tendances provoquée par la pandémie, mais pas seulement...

En effet, depuis 2017, d'autres événements se sont produits qui viennent conforter la vision stratégique défendue par la France. Nous citerons les frictions en Méditerranée Orientale (le document parle d' "enhardissement"), le durcissement chinois en matière de Droits de l'Homme, un nouveau conflit aux portes de l'Europe... 

Evidemment, c'est la question de la relance comme instrument de politique de souveraineté - notamment pour une nation plus résiliente -  qui s'impose comme la plus-value de cette revue stratégique actualisée. 

Document à consulter ou télécharger ICI.


Ou synthèse à découvrir ci-dessous:




mercredi 20 janvier 2021

Le SOFINS 2021 décalé au mois de juin (pour l'instant)


Le salon des forces spéciales, le SOFINS, devait se tenir sur le camp de Souge près de Bordeaux fin mars 2021. Il est décalé à de nouvelles dates que sont les 8,9 et 10 juin, en raison de la pandémie. 

L'édition 2021 du SOFINS (Special Operations Forces Innovation Network Seminar) devait se tenir du 23 et 25 mars, malgré la crise sanitaire. Fort logiquement, il n'en sera rien, et le salon est finalement décalé au moins de juin, du 8 au 10, toujours à Martignas (33).

Ce décalage sera t'il suffisant ? On sait que le Paris Air Show (salon du Bourget) devait se tenir mi-juin mais que l'organisation a préféré annuler.
Cependant, le SOFINS est d'ampleur bien moindre (autour de 5000 visiteurs essentiellement professionnels) et sa force réside notamment dans ses expérimentations et zones de test, en extérieur et groupes réduits.

SI jamais la situation au plan national ne devait pas s'améliorer assez suffisament d'ici la fin du printemps, un autre créneau serait prévu, pour début novembre.

Au final le SOFINS semble devenir le pionnier - ou le cobaye - qui marquera la reprise dans l'événementiel professionnel. 


lundi 18 janvier 2021

Tech Talks 2021/Maîtriser le cyberespace: entre menaces, solutions et innovations

Se déroulant les 24 et 25 février 2021, en ligne, Tech Talks 2021 est une conférence organisée par le Bordeaux Institute of International Cybersecurity Studies, une association étudiante de Sciences Po Bordeaux. Son thème sera "Maitriser le cyberespace : entre menaces, solutions et innovations".

Communiqué: 

Après une première édition en septembre 2019, le BIICS adopte un format 100% en ligne pour cette seconde conférence ! 

Au programme, trois panels différents : 
  • Quels enjeux internationaux pour la cybersécurité et le cyberespace ?
  • Internet et vie privée : quelle régulation pour garantir un usage raisonné de nos données personnelles ?
  • La cybersécurité pour les entreprises et les organisations : entre menaces grandissantes et solutions prometteuses.
Les Tech Talks 2021, c'est trois formats d'interventions, permettant une grande interactivité entre les participants et les intervenants. Keynotes, tables rondes et workshops vous permettront d'aborder des sujets très divers mais toujours complémentaires, afin d'être à la pointe de l'information concernant les enjeux politiques et sociaux du cyberespace.

Nous vous dévoilerons notre programme, ainsi que tous nos partenaires et intervenants dans les semaines à venir ! 

 Inscriptions en suivant ce lien !


vendredi 15 janvier 2021

Lancement de la production des blindés Serval

La Direction générale de l'armement a notifié aux industriels Nexter et Texelis les premières tranches de production du blindé multi-rôles Serval, qui doit venir compléter la nouvelle gamme de véhicule du programme Scorpion. Les 108 premiers véhicules sont attendus en 2022.

Source: Nexter

On l'apprend via un communiqué du groupe Nexter, la DGA a notifié les premiers contrats de production du "VBMR léger" Serval ce 23 décembre 2020. Ces premières tranches concernent 364 véhicules, dont les 108 premiers arriveront durant l'année 2022.

L'attribution du contrat VMBR léger avait été annoncée en 2018, au profit de Nexter et Texelis, pour une cible totale de 2308 véhicules, dont 978 livrés en 2030, venant côtoyer les nouveaux véhicules de SCORPION: le VMBR Griffon, grand frère du Serval dont les livraisons ont débuté, et le blindé médian Jaguar, qui arrive lui dans les forces cette année. 

Le Serval est un véhicule 4x4 de 15 tonnes, capable d'embarquer jusqu’à 10 soldats dotés du système FELIN. Il se déclinera en trois versions principales: patrouille, renseignement et reconnaissance, relais de communications. Une version sanitaire devait aussi être développée pour le Service de Santé des Armées, et Nexter évoque aussi aujourd'hui une base déclinable pour la Gendarmerie. Le coût unitaire de ce véhicule devrait être compris entre 500 000 et 700 000 euros.

Aussi sur le blog: Prochain véhicule 4x4 de l'Armée de terre, le Serval entame ses premiers essais


Pas attendu en opérations avant 2023 minimum, le Serval serait-il le segment "MRAP" tant attendu dans l'armée de Terre, alors que les VBL dans lesquels patrouillent les forces françaises souffrent fortement au Mali face aux IED ?

A Limoges, Texelis a monté une toute nouvelle ligne de production qui dès cette année 2021 va atteindre sa pleine capacité. L'entreprise doit assembler des éléments du châssis du Serval, quand Thalès et Nexter auront à charge les deux autres tiers du contrat. 



mercredi 13 janvier 2021

La relance passe par le spatial


Emmanuel Macron était hier en visite sur le site d'ArianeGroup à Vernon, où seront investis 30 millions d'euros sur les 500 que compte le volet spatial du plan de relance. Dans le même temps, l'Europe lance également ses grandes manoeuvres.

Ci-dessus: vue d'artiste d'un lanceur propulsé par Prometheus - Ariane Group


En France, le plan de relance économique post-Covid de l’Etat prévoit un soutien spécifique au secteur spatial, à hauteur de 515 millions d’euros. Il doit permettre de « redynamiser les entreprises du secteur sinistrées par la crise, d’investir dans l’innovation et d’améliorer leur compétitivité ». Il est constitué de deux volets, le premier devant soutenir la trésorerie des entreprises en difficulté et surtout éviter une fuite des talents, tandis que le second doit lui stimuler la recherche et l'innovation. 

C'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron s'est rendu sur le site Ariane de Vernon dans l'Eure, dont on sait depuis l'été qu'il fait partie du projet de production d'hydrogène vert désiré dans la stratégie étatique. 
Le Président a rappelé bien évidemment le caractère stratégique et souverain du secteur spatial, appuyant le fait que tout euro investi dans le secteur a des retombées sur l'économie globale à long terme. La France "doit rester un grand pays du spatial".

Le site recevra donc 30 millions d'euros: 15 pour la recherche sur l'hydrogène, et 15 pour une accélération du projet de moteur de nouvelle génération Prometheus, censé représenté l'avenir sur Ariane. Le démonstrateur Prometheus doit ainsi gagner un an.

Sur le blog: L'Europe démarre son programme de lanceur spatial réutilisable


Prometheus (voir lien ci-dessus) sera un démonstrateur de moteur de fusée à bas coût et potentiellement réutilisable. Son coût  doit être dix fois inférieur à celui du moteur d'une Ariane 6, en partie grâce aux nouvelles techniques de conception et d'industrialisation "4.0".

L'idée sous-jacente bien sûr, est de rattraper à toute vitesse les acteurs américains afin de rendre de nouveau compétitif le catalogue des lanceurs européens pour 2030.


L'Europe veut sa constellation internet souveraine 

Au plan européen, le Commissaire Thierry Breton le martèle depuis un an. L'Europe doit avoir ses micro-lanceurs et surtout sa constellation. 

C'est notamment pourquoi l'UE (la Conférence spatiale européenne se déroulait ces 12 & 13 janvier à Bruxelles) lance un fonds "Cassini" de 1 milliard d'euros afin de stimuler l'innovation dans le spatial. 

En outre, la renouvellement des satellites de positionnement Galileo (qui avec les constellations Copernicus et GovSatCom sont une des forces majeures de l'Union) est avancé à 2024.
Aussi et surtout, les ambitions sont clairement affichées désormais quant au lancement d'un programme de constellation satellitaire pour un internet européen souverain. Une étude de faisabilité est en cours auprès d'industriels, et le Commissaire Breton plaide pour une proposition faite au Parlement Européen en 2021.
Sont évoqués des nano-satellites, la cryptographie quantique, et la technologie 6G (horizon 2030). Une telle entreprise serait chiffrée à 7 milliards d'euros, mais viendrait répondre au déploiement des constellations privées d'Amazon ou SpaceX.

En revanche, le vol habité made in Europe n'est toujours pas au programme, les institutions préférant privilégier la stratégie d'un retour de gains vers le citoyen plutôt que celle de la "conquête" chère aux pays comme les USA, la Chine ou même l'Inde. Ceci dit, des Européens iront sur la Lune c'est une certitude, et cela se fera dans le cadre d'une collaboration au programme américain Artémis.

Lire aussi: Thalès remporte un contrat de 300 millions € pour la station orbitale lunaire