lundi 30 novembre 2020

800 000 euros pour la diversification d'Eurenco Bergerac

Le Conseil régional de Nouvelle Aquitaine a voté le 23 novembre l'octroi d'une subvention de de 817 000 euros pour le site d'Enrenco à Bergerac. Celle-ci doit permettre à cette poudrerie historique de diversifier sa production.


La société Eurenco fabrique à Bergerac (160 salariés) des charges propulsives destinées à l'armement. Elle a notamment remporté en 2020 un contrat important avec Nexter pour la fourniture de 70 000 munitions pour l'artillerie de l'armée de Terre. 
Problème, comme souvent dans la défense, Eurenco n'a qu'un seul client, dont elle dépend donc entièrement. 



C'est pourquoi, avec l'aide de la Région, le site entreprend une transformation en vue de sa diversification. La commission permanente du Conseil régional vient de lui octroyer plus de 800 000 euros au titre du soutien aux projets innovants. 
Diversification qui comprend également modernisation des process industriels (impression additive) et recrutements (3 CDI annoncés).

Un article de France Bleu énonce que l'entreprise souhaite trouver des applications militaires et civiles à ses nouveaux produits.


L'occasion de rappeler que la crise sanitaire et son effet dévastateur sur le marché de l'aviation civile ont rappelé une problématique connue et dénoncée depuis des années. La dépendance de nombreuses entreprises françaises des secteurs aéronautique/ défense/spatial envers un seul client ou donneur d'ordre. L'heure est donc à la diversification et à l'innovation duale.


vendredi 27 novembre 2020

Un laser anti-drone testé avec succès au Centre d'essais des Landes


Avec l'accompagnement de la DGA et de l'Agence pour l'Innovation de Défense, Cilas, filiale de d'Ariane Group, a développé une arme laser capable de détruire drones et mini drones à un kilomètre de distance. Elle vient d'effectuer avec réussite une campagne de tir à Biscarrosse.

Image ci-dessus: l'effecteur laser HELMA-P. © Cilas


Grosse activité du centre d'essais des Landes de la DGA ces dernières semaines, avec encore une fois, une première. À la mi-octobre, se sont déroulés les premiers tests de l'effecteur laser HELMA-P développé par CILAS (Compagnie industrielle des lasers), filiale d'ArianeGroup. Avec succès, puisque pour la première fois en France, un laser a détruit un drone en vol.

Si la lutte anti-drone prend toute l'attention des armées (et forces de sécurité) depuis plusieurs années déjà - notamment depuis les combats contre Daesh - le récent conflit armé entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie a accentué toutes les inquiétudes. Qu'oppose en effet la France face aux drones de petites tailles ou munitions rodeuses ?
Une partie de la réponse pourrait venir d'Helma-P, un effecteur laser qui a réussi lors des essais de tir menés cet automne à neutraliser plusieurs drones en quelques secondes après les avoir détectés volant à une distance d'un kilomètre.



Ariane Group qualifie l'innovation de rupture technologique, ou "solution de neutralisation ultime". Dans son communiqué, sa filiale Cilas précise que "HELMA-P a convaincu dès les premiers coups par sa précision, son efficacité et sa capacité à neutraliser des cibles en vol jusqu'à un kilomètre de distance en quelques secondes. Tous les tirs détruisaient systématiquement les drones capables d'atteindre des vitesses supérieures à 50 km / h et dans des conditions difficiles de poursuite de cibles".

Les tests vont continuer afin de préciser les capacités du laser, en ce qui concerne sa portée effective dans diverses conditions, et selon plusieurs scénarios opérationnels. 
De plus, il s'agira aussi de faire face à des tirs de roquettes, d'artillerie ou de mortier. Le dispositif vise tant à détruire un explosif qu'à neutraliser les composants électroniques du projectile ou aéronef. 

Si une version fixe du dispositif a été mise au point pour la surveillance de sites sensibles, on imagine déjà l'intégration d'Helma-P sur des véhicules comme ceux du programme Scorpion. 


mercredi 25 novembre 2020

Aerospace Forum le 8 décembre à Bordeaux [conférence en ligne]


Mardi 8 décembre à 18H, en ligne

AEROSPACE FORUM
La Nouvelle Aquitaine est reconnue pour ses compétences dans les industries aéronautique et spatiale. Cette double compétence en fait sa spécificité et un atout majeur. Sans oublier l’aspérité aviation civile et militaire qui la caractérise et la rend unique. Avec la crise sanitaire du Covid 19 la filière dans son ensemble s’est vue impactée. 
Aussi, cet événement sera centré sur les enjeux du rebond et les enjeux régionaux en Nouvelle Aquitaine Une filière résiliente, espoir pour demain en Nouvelle-Aquitaine. La Tribune, média économique de référence, déjà à l’initiative d’événements de la filière (Paris Air Forum, Trophées de l’Aéronautique, Toulouse) propose un événement positif, prospectif , 100% digital visant à redonner confiance et des perspectives, et s’inscrire en réponse aux besoins de la filière impactée compte-tenu de la crise.

 

Programme

18H OUVERTURE OFFICIELLE - Alain ROUSSET, Président de la région Nouvelle-Aquitaine

GRAND TEMOIN - Jean-Yves LE GALL, Président du CNES

KEYNOTE - ``DECARBONER L'AVION`` 

MISE EN LUMIERE D'UNE ENTREPRISE 
  • Sébastien LE COINTE, Directeur d’Agence Entreprises, CIC Sud-Ouest
  • Nathalie TRIOLET, Directrice de participations, IRDI SORIDEC GESTION

TABLE RONDE - ``LA SURVEILLANCE DE L'ESPACE``

  • Eleni DIAMANTI, Directrice de recherche CNRS au laboratoire LIP6
  • Gilles FLONBLANC, Secrétaire général et Président d’ArianeGroup SAS
  • Michel GOUTAUDIER, Manager Défense & Sécurité chez CGI Business Consulting, Spécialiste des questions spatiales
  • Philippe PHAM, Directeur des programmes Observation de la Terre, Airbus Defence and Space

lundi 23 novembre 2020

Thalès, Indra et FCMS lancent le développement des capteurs du SCAF


L’Allemagne, l’Espagne et la France, les trois nations européennes parties au programme NGWS/SCAF, ont confié ce 23 novembre à FCMS, Indra et Thales le développement de la nouvelle suite de capteurs qui équipera le système de combat aérien du futur (SCAF).

Source: Thalès Group


Thales communique ce lundi que la Direction générale de l’armement (DGA) a signé avec l'espagnol Indra, leader du consortium industriel composé de FCMS (Allemagne), Indra et Thales, le contrat qui verra l’intégration des capteurs dans le cadre contractuel de la Phase 1. Cette phase porte sur l’étude de conception des capteurs et doit durer 12 mois, avec une prolongation possible de 6 mois, "si nécessaire". 

Le consortium planchera sur l’élaboration des concepts qui permettra au système d’armes du futur d’être en capacité de faire face aux enjeux opérationnels prévisibles à l’horizon 2040, avec une architecture connectée et distribuée, la conception architecturale des futurs capteurs et la maturation des technologies associées. 

Le communiqué précise que cette architecture distribuée permettra de maximiser les capacités fournies par le cloud de combat NGWS/SCAF, avec une appréciation plus précise de la situation tactique et une survivabilité accrue pour les plateformes. Le consortium en charge des capteurs travaillera aux côtés des autres intervenants majeurs du programme NGWS/SCAF (cloud de combat, avion de combat de nouvelle génération, drones accompagnateurs) afin d’optimiser la conception et l’intégration des capteurs au sein du système et des plateformes concernées.

Les 3 acteurs se félicitent eux de  "l’harmonie et de l’esprit de collaboration" qui anime leur coopération.

Il est enfin rappelé dans cette annonce que le développement du volet capteurs s’avère essentiel pour parvenir à des architectures homogènes parfaitement intégrées à l’avion de combat de nouvelle génération, aux systèmes de drones et au cloud de combat. La supériorité du NGWS/SCAF dépendra en grande partie de la capacité de son réseau de capteurs à compiler des informations à la fois plus nombreuses et plus pertinentes que celles de l’adversaire.


vendredi 20 novembre 2020

Le programme AVSIMAR est lancé ! Dassault fournira 12 Falcon à la Marine


En visite sur le site de Dassault Aviation à Seclin, la ministre des Armées Florence Parly a annonce jeudi 19 novembre une commande de douze Falcon 2000 de surveillance maritime à Dassault Aviation. Le programme AVSIMAR est lancé, pour 1,3 milliards d'euros.

Ci-dessus: Florence Parly, avec Eric Trappier le PDG de Dassault Aviation - image DA

Le 9 novembre 2018, la DGA avait notifié à Dassault Aviation une étude de définition d'un concernant cet appareil et la mission de surveillance maritime. Quelques mois plus tard, lors du salon du Bourget 2019, la confirmation d'une commande de Falcon 2000 "Albatros" était tombée.

Après la rencontre d'hier sur le site Dassault Aviation de Seclin dans les Hauts de France, on sait désormais que cette commande sera réalisée en deux fois avec un premier lot de 7 appareils cette année et un second de 5 avions en 2025. 

Ces Falcon viendront remplacer une flotte vieillissante (ou honorable, comme on aime à dire dans les armées !) de 13 appareils, constituée de Falcon 200 (5 ) et de huit Falcon 50 (8).

La commande sera notifiée prochainement. Elle représente une valeur de 1,3 milliard d’euros. Le Falcon "Albatros" est en réalité un Falcon 2000 LXS de surveillance maritime. Naval Group fournira le système de missions, Thales les radars Searchmaster, et Safran, la boule optronique Euroflir.

Les 3 premiers sont attendus en 2025, et les livraisons des 12 appareils devraient être achevées en 2030.

Ces Falcon seront opérés par la Marine Nationale en métropole et sur les bases à l'Outre-Mer. Leur autonomie sera de 8h. On sait aussi qu'ils seront capables d'agir de concert avec des drones (l'EuroMale... ou autre ?). Ce qui semble justifier que la cible soit passé de 13 appareils initialement, à 12.


Assemblage... en Inde !

Ce contrat devrait générer 150 emplois chez Dassault Aviation (100 pour le développement, en production) en France... précisons en France oui, car seuls les 3 premiers appareils seront fabriqués dans les usines historiques de l'avionneur français.

En effet, dans le cadre des contreparties liées au contrat Rafale de 2016, les autres Falcon Albatros seront assemblés à Nagpur, en Inde, avant leur "transformation" en France.