lundi 27 février 2017

Le Caracal "Pirate" pour bientôt ?


Attendue depuis presque 10 ans, la capacité d'appui-feu sur les Caracal est en passe de devenir réalité. Une campagne de tests a en effet été menée à Cazaux fin 2016 avec l'installation d'une mitrailleuse lourde M3M/GAU-21 du belge FN Hersthal sur les H225M de l'Armée de l'air.

Illustration: une M3M/GAU-21 sur un Puma belge.

La DGA-EV a mené sur la BA 120 de Cazaux une campagne d'essais au sol et en vol durant l'automne dernier avec la tourelle de 12mm "M3M/GAU-21" du fabriquant belge FN Hersthal, adaptée aux H225M Caracal de l'Escadron d'Hélicoptères 1/67 « Pyrénées ».

Lire l'article plus détaillé sur le blog Défens'Aero >>> ICI


L'armement lourd à bord des Caracal est au moins attendu depuis 2008 et l'embuscade d'Uzbin en Afghanistan (qui avait couté la vie à 10 soldats français et montré le manque criant de puissance de feu de nos armées en OPEX). L'hélicoptère ne disposait jusque là que de mitrailleuses MAG 58 de calibre 7,62 mm.
Cette capacité nous rappelle les fameux PUMA "Pirate" et leur impressionnante tourelle de 20 mm montée en sabord (canon GIAT M620).

Tout comme les M134 sur Gazelle, ces armes lourdes vont apporter, dans un premier temps au régiments de forces spéciales comme le 4e RHFS ou le « Pyrénées », une puissance de feu supplémentaire bienvenue. En effet, il est constaté depuis des années une montée en gamme des calibres utilisés par les groupes armés terroristes, dans la bande sahélo-saharienne notamment. En réponse, les hélicoptères des forces françaises doivent miser de façon croissante tant sur le blindage que sur l'armement.

Attention cependant, plus d'armements, c'est moins de place pour les hommes, ce qui prédestine donc plutôt les appareils équipés au rôle d'appui feu.

S'agissant précisément des Caracal, on se souviendra des propos d'un haut gradé de l'US Air Force à Cazaux cet automne lors de l'exercice Salamandre, qui avait justement déclaré que l'ajout de mitrailleuses lourdes en ferait un appareil redoutable.
Mais les possibilités ne s'arrêtent pas ici pour le H225M qui peut théoriquement embarquer des paniers à roquettes comme c'est le cas au Mexique, ou même un missile anti-navire Exocet comme le prévoit le Brésil.


Ci-dessous un Super Puma Air du «Pyrénées» à l'entraînement avec sa tourelle de 20 mm:

Photo publiée dans Air & Cosmos en 2015

vendredi 24 février 2017

Bordeaux parmi les bons élèves de la lutte contre la radicalisation


Lancé à peine plus d'un  an après le début de la vague d'attentats qui allait toucher la France, un travail parlementaire des sénatrices Esther Benbassa (EELV) et Catherine Troendlé (LR) avait pour lourde tâche de juger de la prise en charge de la problématique "radicalisation" en France. Aujourd’hui le constat est sévère: c'est un « échec ».

Ce mercredi 22 février, les deux élues écologiste et Les Républicains ont remis leur rapport intitulé « Désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe ». Un rapport qui attention, ne sera pas publié avant l'été.
Comme on le pressentait, ce dernier préconise un changement de politique s'agissant de la lutte contre la radicalisation violente. Principalement, les centres de "déradicalisation" sont dans la ligne de mire, comme celui de Pontourny (Indre-et-Loire) que le président de la commission des Lois du Sénat, Philippe Bas, juge comme « un fiasco complet, tout est à repenser, tout est à reconstruire ».

Le rapport reconnaît le contexte de panique qui a perturbé la naissance des ces centres, mais n'excuse que certaines associations aient tenté de jouer la carte du « business de la déradicalisation ». La méthode "Bouzar" (sic) est y notamment montré du doigt. Pour Esther Benbassa, « ces associations ne connaissaient pas la question, elles se sont juste engouffrées dans la brèche, en menant des actions qui n’étaient pas à la hauteur des défis ».

Les sénatrices comme l'ensemble des décideurs préconise désormais une approche tournée vers la prévention et la réinsertion.

Et justement, parmi les bons points distribués, on retrouve le CAPRI, le centre d'action et de prévention des individus (oui mon illustration n'est pas à jour) basé à Bordeaux.
Nous en avions parlé ici dans les semaines suivant sa création en 2016, le CAPRI a choisi une approche "douce" favorisant la prévention. Ainsi, plusieurs personnes en voie de radicalisation et surtout non concernées par une procédure judiciaire en cours pour des faits de terrorisme ou de violence (ou figurant sur la liste des fichés S) sont suivies sur le long terme par des conseillers, juristes, psychologues, ou personnels du clergé...
Ce sont 36 jeunes qui ont été suivis par le centre depuis son ouverture selon Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux en charge de l'égalité et de la citoyenneté et porte-parole du CAPRI.
Le ministre de l'intérieur, Bruno Le Roux, s'était d’ailleurs rendu fin janvier à Bordeaux, au sein de la l'association, estimant que ce modèle devait avoir la chance de faire ses preuves à moyen terme, pouvant même être pérennisé à échelle nationale.
C'est tout le mal que l'on souhaite dans un pays qui, il faut le dire, partait de zéro en la matière.

Pour plus d'infos sur la structure, voir son site internet (radicalisation.fr) ou le libellé CAPRI sur Pax Aquitania.


jeudi 23 février 2017

Des chercheurs bordelais impliqués dans les découvertes sur TRAPPIST-1



L'information ne passe pas inaperçue, et pour cause ! Une équipe internationale emmenée par des chercheurs belges de l’université de Liège ont annoncé la découverte, mercredi 22 février, dans la revue Nature, de 7 exoplanètes à même d'accueillir la vie, et ce dans un même système, autour de l'étoile naine "Trappist-1", à 39 années-lumières de chez nous.

La NASA avait une nouvelle fois - c'est sa politique désormais - annoncé une grande découverte pour ce 22 février. Une découverte concernant selon les rumeurs la recherche sur la vie extra-terrestre. La réponse s'est incarnée à travers la parution dans la prestigieuse revue "Nature" d'une étude internationale identifiant grâce au, télescope spatial Spitzer de la NASA, pas moins de 7 exoplanètes gravitant autour de l'étoile naine "Trappist-1".

Si tout cela est chapeauté par la NASA, les chercheurs ayant mené cette étude sont en majorité européens et viennent notamment, en ce qui concerne les français, du CNRS, du CEA. Surtout, on aura remarqué sur Pax Aquitania que les recherches ont été en partie conduites au Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux par trois scientifiques.


Le groupe de chercheurs a employé un télescope spécifiquement conçu pour cette mission au Chili et nommé "Trappist" (Transiting Planets and PlanetesImals Small Telescope). Mais ce n'est pas tout, les études ont nécessité un véritable tour du monde avec des outils au Maroc, aux Canaries, à Hawaï et en Afrique du Sud.


Sur les 7 exoplanètes, 3 sont dans une zone habitable, à la distance nécessaire de leur étoile pour que leurs températures moyennes soient proches de celles de la Terre. Elles présentent donc des conditions compatibles avec la présence d'eau liquide en surface. En théorie, la vie y est possible. La vie humaine, c'est moins probable !

Alors évidemment, même si cela peut faire rêver (voir l'affiche très "SF" fournie par la NASA qui décidément maîtrise très bien sa com' depuis quelques temps), le système Trappist-1 n'est pas encore notre prochain lieu de vacances, cependant la découverte est assez remarquable et fera date.
Comme le précise Franck Selsis, chercheur au Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux (CNRS) et cosignataire de l’article, « ce n’est pas la première fois que l’on trouve un système planétaire avec sept planètes, mais c’est la première fois que les sept planètes en question sont toutes rocheuses ».

Trappist-1 est située dans la constellation du Verseau à 39 années-lumière de notre propre étoile, le soleil. A l'échelle de la galaxie, c'est la porte à côté. A l'échelle de l'espèce humaine en revanche...
C'est une "naine ultra-froide", dont la masse représente 8 % de celle du Soleil et dont le rayon équivaudrait -seulement - à celui de Jupiter.

Evidemment, la chance que ces planètes soient habitables est extrêmement mince et il reviendra désormais aux télescopes spatiaux dernières générations, comme le futur "James Webb Telescope", de nous en dire plus sur le système Trappist-1: présence d'eau, liquide ou non, d'une atmosphère, exposition aux radiations solaires, etc...

Quoiqu'il en soit, chaque année qui passe sur Terre, ce sont des dizaines d’exoplanètes qui sont découvertes par les chercheurs du monde entier, nous permettant d'en apprendre toujours plus sur notre "voisinage" stellaire.  Jusqu'à la perle rare ?

mercredi 22 février 2017

Dassault confie à Sabena la modernisation des Falcon 50 de la Marine


Une partie des travaux de modernisation des quatre Falcon 50 de la Marine Nationale a été confiée par Dassault Aviation à Sabena Technics. Ces travaux seront réalisés à Bordeaux.

Dassault Aviation vient de retenir Sabena Technics pour réaliser en partenariat les travaux de modifications à réaliser sur les quatre Falcon 50M de la Marine nationale. Ces appareils faisaient auparavant partie de la flotte gouvernementale et doivent donc désormais équiper pour la surveillance maritime, leur nouvelle mission au sein de la Marine.
Une des modifications notables porte sur la création d'une trappe permettant de larguer une embarcation de secours au plus près du ou des naufragés.


C'est sur le site bordelais (Mérignac) de Sabena Technics que les modifications seront apportées sur le premier Falcon 50M, un site dont les ateliers et le bureau d'études disposent des agréments Part-Fra 21G et 21J. Elles concerneront:
  • la conception de la modification, basée sur les concepts préliminaires et les spécifications de Dassault;
  • la fabrication du kit de modification; 
  • l'intégration du premier avion;
  • le contrôle, les essais et la certification, en partenariat avec les pilotes d'essais et les ingénieurs du département qualité de Dassault Aviation.

Pour Philippe Rochet, Directeur Général Délégué de Sabena technics, « Nous sommes ravis d'avoir franchi cette étape significative pour renforcer notre relation fructueuse avec Dassault Aviation, cette collaboration intelligente nous permet de travailler en étroite collaboration avec une autre équipe d'ingénieurs pour la première fois et de partager nos compétences pour fournir les plus hauts niveaux de qualité ».

Selon le communiqué de Sabena, le travail de modification sur le premier Falcon 50M doit commencer durant le premier trimestre 2018. La rénovation complète des 4 avions sera achevée fin 2019. Seul le premier Falcon 50M sera modernisé à Bordeaux, les trois autres exemplaires seront modifiés dans les ateliers de Sabena Technics à Dinard.


mardi 21 février 2017

Assystem va réaliser un banc de tests pour le retrofit des Mirage 2000D


Assystem développera pour Thales dans ses locaux bordelais un banc de tests pour les Mirage 2000D. Des Mirage de l'Armée de l'air qui en effet, pour 55 d'entre eux, entrent en phase de rénovation à mi-vie.

Le temps du "tout Rafale" n'est pas encore venu dans l'Armée de l'air (contrairement à la Marine). Une partie des 2000D de la chasse française doivent en effet être renovés afin de rester opérationnels jusqu'en 2030, au moins. Cette rénovation à mi-vie comprendra une amélioration de l'avionique, l'ajout d'un pod canon 30mm, ainsi que le remplacement des missiles air-air MAGIC par des MICA et enfin l'intégration du pod de désignation laser Talios de Thales.

Et dans ce programme, le groupe d'ingénierie français Assystem vient d'être chargé par Thales Group du développement d'un banc de tests dédié "à la visualisation" des chasseurs français, apprend t-on dans un communiqué.



C'est principalement à l'agence bordelaise (Gradignan) d'Assystem que la mission consistant à mettre technologiquement à niveau le banc d'essais existant des Mirage 2000D reviendra. Des banc d'essais qui devraient être livrés dès l'été 2017.