mercredi 26 avril 2017

Clin d'oeil à l'Histoire pour les 20 ans des Forces Spéciales Terre


Ce mois d'avril, quelques régiments de forces spéciales ont récompensé par une Croix de la Valeur Militaire lors d'une cérémonie à Pau. Dans le même temps, les commandos du 1er RPIMa récupère leur historique béret amarante.

Pas de com' du Ministère sur ces cérémonies, ici mes sources sont Le Mamouth et Veterans Jobs Center (photo d'illustration du nouveau béret du 1er RPIMa).

Il y a une quinzaine de jour, le 11 avril, les forces spéciales Terre fêtaient leurs 20 ans. Commandement des Forces Spéciales de l'Armée de terre (CSFT) organisait une cérémonie à Pau durant laquelle les régiments des forces spéciales, et donc surtout les hommes, recevaient quelques décorations méritées.
Ont notamment été décorés les drapeaux du 13e RDP (13ème Régiment de Dragons Parachutistes) et 4e RHFS (4ème Régiment d'hélicoptères de combat). Ceux-ci ont reçu une nouvelle Croix de la Valeur Militaire, récompense venant couronner les unités ayant accompli une ou des actions d'éclat en opérations extérieures.

De plus, symbole de l'histoire, les commandos parachutistes SAS du 1er RPIMa portent désormais un béret de couleur amarante. Ce béret sera porté par tous les personnels d'active et de réserve.
En effet, le 1er Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine troque son béret rouge pour le béret "amarante" porté par les paras SAS de la France libre, dont le régiment est un héritier. Il en conserve également la devise "Qui ose Gagne" ('Who Dare Wins' chez les SAS british).


Le 24 juin prochain, c'est le COS (fruit direct de la Guerre du Golfe) qui fêtera ses 25 ans.


mardi 25 avril 2017

"Atlantic Trident", exercice de haut vol pour la fine fleur de la chasse occidentale


Du 12 au 28 avril 2017, les pilotes de chasse américains, britanniques et français s’entraînent ensemble sur la base aérienne de Langley (État de Virginie, USA). Rafale, Eurofighter Typhoon et F-22 Raptor accueillent cet année un nouveau venu, le fameux F-35.

En décembre 2015, le "Trilateral Exercise" avait fait sensation dans le petit monde de l'aviation. Pour la première fois, on y voyait les trois forces aériennes les plus modernes y aligner leurs fleurons pour s'entraîner dans les conditions d'un conflit de haute intensité.

L'US Air Force accueille de nouveau l'Armée de l'air et la Royal Air Force sur la base de Langley en Virginie en ce mois d'avril 2017 pour un exercice désormais nommé "Atlantic Trident". Faisant directement suite à l'exercice trilatéral organisé en décembre 2015, «Atlantic Trident» 2017 est la "traduction concrète d’un partenariat stratégique entre les armées de l’air américaine, britannique et française" selon le communiqué du Ministère français de la Défense.
Six Rafale, Trois monoplaces de la 30e escadre de la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan (de l'escadron Normandie Niemen, et du 3/30 Lorraine) et trois biplaces de la 4e escadre de la base aérienne 113 de Saint-Dizier participent à cet exercice, accompagné d'un A400M Atlas pour la logistique. Ils ont d'ailleurs pu y croiser un autre A400M ainsi que la Patrouille de France, qui réalise actuellement son tour des USA.

Et la présence des Rafale de l'Armée de l'air n'y est pas anodine, puisque selon le général Éric Charpentier, commandant la brigade aérienne de l'aviation de chasse et directeur français de l’exercice; «Nous comptons parmi les forces aériennes majeures dans le monde, capables d’opérer sur l’ensemble du spectre des missions aériennes. Nous appartenons à un club très fermé de nations disposant d’avions de chasse figurant parmi les plus performants au monde. Grâce à leur préparation et à leur expérience opérationnelles, nos aviateurs tiennent leur rang. Aujourd’hui, nous sommes ici totalement à notre place et c’est un réel motif de fierté.»
A noter que pour l'occasion les chefs d’états-majors des trois armées de l’air étaient réunis afin d’évoquer le futur de leur partenariat stratégique, ainsi qu'un nombre inhabituel de journalistes, y compris de la presse généraliste. TF1 a par exemple diffusé un reportage ce week-end.


La haute-intensité, la vraie mission de ces pilotes

Des Rafale français donc, mais aussi les Typhoon britanniques du 1st Fighter Squadron, et les impressionnants F-22 américains du 1st Fighter Wing, comme en 2015. Avec une grande nouveauté cette fois, puisque le si moderne, mais tant décrié F-35 est présent cette année. Six F-35A Lightning de la 33rd Fighter Wing arrivent en effet d’Eglin, en Floride.

Face à ces fleurons de l'aviation mondiale réunis au sein d’une coalition amie appelée "Blue Force", des F-15 et T-38 américains jouent le rôle d'opposants au sein de la "Red Force".

Si l'exercice a débuté par une phase d'oppositions en combat à vue, appelées Basic Fighting Manoeuvers (BFM), le vrai intérêt de ce dernier réside dans son scénario de conflit fictif, durant lequel la Blue Force doit ainsi répondre aux agressions répétées de la Red Force par des missions de défense aérienne, appelées Defensive Counter Air (DCA). L’objectif final étant d’obtenir la suprématie aérienne, afin de pouvoir ensuite annihiler la menace ennemie par des raids aériens offensifs en profondeur derrière les lignes de combat.

Vous l'avez deviné, cet exercice a pour scénario une guerre entre grandes puissances. Une guerre qui semble si différente des opérations actuelles de bombardement menées par les aviations occidentales sur des théâtres de "basse intensité" comme il est maintenant la norme de les appeler, un conflit comprenant des systèmes de détection avancées, des armes anti-aériennes dernières générations, une chasse ennemie moderne et entraînée, ou des éléments de guerre électroniques.

Les avions de ce trio occidental doivent pouvoir œuvrer dans une synergie parfaite. C'est d'ailleurs ce qui explique pourquoi ces armées tentent de parvenir à une intégration maximale entre avions de 4ème (Rafale, Typhoon) et de 5e génération (F-22, F-35). Le F-35 notamment, encore tout jeune - et loin d'évoluer dans des conditions optimales - puisqu'il entre à peine en service aux USA, doit trouver sa place dans ce type de dispositif.

Si vous avez la chance de discuter avec un pilote de chasse, celui-ci vous garantira sans aucun doute que le cœur de son métier demeure le combat aérien dans un environnement permissif. C'est pourquoi, en oubliant même toute considération géopolitique, l'entrainement à la haute intensité est une priorité des armées occidentales. Une priorité parfois mise à mal par le sur-engagement des forces aériennes sur des multiples théâtres.


On n'en reparle ici bientôt, l'US Air Force, l'Armée de l'air et la RAF devraient nous livrer de jolis clichés sous peu. Pour le bilan il faudra sûrement attendre un peu plus longtemps (euphémisme !). Pour ce qu'on en sait, en 2015, le Rafale français s'était comporté à merveille.


samedi 22 avril 2017

Défense & Election Présidentielle, la France et ses alliances


Quitter l'OTAN, quitter l'UE, se rapprocher de la Russie... La Présidentielle 2017 serait-elle gagnée par un courant isolationniste sans précédent ? "Faux" vous répondront ces candidats qui prônent les dialogues et partenariats "avec tout le monde". Il n'empêche que rarement les alliances en vigueur depuis 1945 n'auront été si remises en cause. 

Illustrations: vues d'artiste du nouveau QG de l'OTAN actuellement en construction près de Bruxelles.

On termine cette série comparative des programmes pour l’élection présidentielle du 23 avril par la remise en cause, ou non, des alliances militaires de la France. Sujet complexe sur lequel on pourrait digresser des heures durant, il va malheureusement me falloir être plus expéditif aujourd'hui.


Quitter l'OTAN !? 

C'est LA nouvelle lubie d'une partie des candidats à la Présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, François Asselineau, Jacques Cheminade, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan,  et enfin Jean Lassalle sont pour un retrait de la France de l'Alliance Atlantique, ou a minima de son commandement intégré pour les trois derniers cités (intérêt ?).

Dans le désordre, ces candidats jugent l'Alliance obsolète car conçue pour un contexte de Guerre Froide et qu'elle n'a donc plus d'ennemi, dangereuse pour la souveraineté de la France dans le sens où elle nous installerait dans un confortable mais insidieux atlantisme qui nous entraînerait dans les guerres américaines (Ah ? L'exemple souvent invoqué est celui de l'Irak en 2003, où ne participait ni la France, ni l'OTAN), dangereuse également pour l'industrie française de l'armement et le format de nos armées.

6 candidats "otano-sceptiques", cela représente une majorité sur les 11 prétendants à l'Elysée. Et quand on sait que ni Nathalie Arthaud, ni Philippe Poutou - qui ne sont en fait jamais questionnés sur ces problématiques - n'ont pris position... 

En face, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, et François Fillon ne remettent pas en cause l'Alliance Atlantique. Toutefois, le premier recommande de ne plus intégrer de nouveaux membres (ce qui irrite la Russie), le second veut privilégier l'Europe de la Défense à l'OTAN, et le dernier annonce un rapprochement quasi historique avec la Russie.

Cette défiance vis à vis de l'alliance avec les USA, car c'est bien cela qui est visé, découlerait tout droit du courant populiste ascendant qui touche nos sociétés. La France d'abord.


Europe de la Défense, ou pas d'Europe du tout ?

Sur l'Europe de la Défense, il y a une grande divergence également. Sans surprise, les eurosceptiques n'y croient pas une seule seconde, et s'en détachent.

Nous retrouvons donc les trois mêmes (et seuls) candidats pro-européens  nous parler d'Europe de la Défense.
Benoît Hamon est le plus ambitieux en voyant l'Europe comme notre Alliance Militaire prioritaire, devant l'OTAN, proposant une "Union de Défense". Il espère faire exonérer les dépenses militaires des calculs brusselois du déficit public.
Tout comme François Fillon sur ce dernier point, lui qui rappelle que les partenariats stratégiques sur le continent ne tiennent pas qu'à l'UE, citant le Royaume-Uni.

Emmanuel Macron possède le projet le plus détaillé avec la création d'un Conseil de Sécurité Européen, d'un Quartier Général Européen (où, enfin, les Groupes Tactiques trouveraient une utilité), ainsi qu'un Fond Européen d'Investissement de Défense.


Quand on invoque la France "non-alignée" du Général De Gaulle

Comme je le disais plus haut, ce repositionnement, ou plutôt ce recentrage sur les intérêts franco-français est à mettre sur le renouveau du courant nationaliste. Ce sont les intérêts de la nation France qui comptent, eux et seulement eux. Dans ce contexte, il faudrait nous libérer de nos contraintes diplomatiques et militaires, qui seraient elles basées à Washington ou à Bruxelles.
Un positionnement à double tranchant, comme le démontre le revirement actuel de Marine Le Pen au sujet de Donald Trump le président des Etats-Unis. Lui qui s'annonçait non-interventionniste a surpris la communauté internationale en frappant la Syrie au début du mois d'avril en représailles d'une attaque chimique contre des civils, attaque attribuée au régime de Bachar El Assad. La candidate du FN s'était félicitée de l’élection de ce candidat "anti-système", et doit maintenant faire machine arrière devant les manœuvres américaines. Ce n'est pourtant pas une surprise, le slogan de campagne de monsieur Trump le laissait présager: "America First".

Regardons à l'est maintenant, où la très virile politique de Vladimir Poutine semble faire des émules chez nos hommes politiques français. Russophilie, le mot est lâché. La tendance était mesurable depuis des années, à travers l'habile politique d'influence, de soft power, dans laquelle s'était lancée une Russie boostée sur la scène internationale par ses coups d'éclat géorgiens (2008) et ukrainien (2014). La côté de popularité du Président russe est montée en flèche dans les opinions occidentales, et dans la foulée, chez les politiques, Marine le Pen et François Fillon en tête.
Mieux/Pire, à grand renfort de médias comme RT ou Sputnik, ou même de cyberattaques avérées, des tentatives de déstabilisation vis à vis des courants politiques libéraux ont été initiées depuis la Russie, qui cherche par ce biais à gagner des supports au sein des nations occidentales. Emmanuel Macron est notamment apparu comme une cible.

De manière générale, on constate en fait une remise en cause du bloc occidental. Ces candidats ne revendiquent pas (ou plus) une alliance ou partenariat stratégique avec la Russie, mais une politique de non-alignement rappelant celle en vigueur un temps dans les années soixantes sous le mandat du Général De Gaulle. Avec des positions singulières parfois, comme cette "alliance bolivarienne", l'Alba, que désire rejoindre Jean-Luc Mélenchon. Le leader de la France Insoumise veut une France modèle en matière de promotion de la paix dans le monde. Une France qui mettrait l'ONU et la négociation au centre du jeu diplomatique, mais qui surtout serait opposée aux logiques impérialistes.

Reste que pour en revenir à la défense nationale, que doit-on en conclure ? Tous revendiquent au final une France forte et indépendante, mais ils sont désormais nombreux à remettre en cause des partenariats vieux de plusieurs décennies.
Aujourd'hui cependant, qui a sérieusement les moyens d'agir hors d'une coalition ? Même au Mali, où la France a pu se targuer d'avoir réalisé une fameuse "entrée en premier", les moyens de transport aérien logistique de nos alliés (Canadiens, américains, britanniques..) ont été nécessaires et fondamentaux. Ils le sont toujours sur l'opération Barkhane, je pense ici aux ravitailleurs pour la chasse ou les forces spéciales.
Ambitionner que l'on soit à ce point capables à court terme paraît illusoire. Les moyens matériels et humains, donc financiers, nécessaires seraient considérables. Il s'agirait d'admettre que la France est certes une grande puissance à l'échelle européenne, mais une puissance moyenne (ce n'en est pas moins honorable, pas de déclinisme ici) à l'échelle du monde.


Que l'on parle de Donald Trump aux USA, de la politique extérieure de Vladimir Poutine en Russie, où de monsieur Erdogan en Turquie, que l'on parle du Brexit, de la montée des nationalismes dans les démocraties, de la crise qui n'en finit plus au Levant... la France, membre permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, elle qui a souvent su jouer un rôle important aux yeux du monde, compte sur son prochain Président pour la placer justement dans ce tumultueux "concert des Nations".
Le jeu de la diplomatie n'est pas si coutumier que cela des coups d'éclat et grands revirements. A vouloir jouer la carte du coup de pied dans la fourmilière, attention de ne pas y gagner l'isolement. Nos partenariats sont nécessaires, et ils nous définissent.

Une dernière chose. Demain, votez !


vendredi 21 avril 2017

Défense & Election Présidentielle, la question du nouveau porte-avions


Le second porte-avions français, censé venir seconder le Charles De Gaulle, est peu à peu devenu un habitué des élections présidentielles. Néanmoins, cette fois, le prochain Président de la République devra trancher, et vite. Les candidats se sont positionnés.

Photo: le porte-avions Charles De Gaulle en 2015 - Marine Nationale


Promis dès 2007 par Nicolas Sarkozy, le "PA2" fut l'une des grandes victimes de la chute des budgets de la défense nationale. Son destin fut même lié pendant un temps à celui des deux portes-avions britanniques, projet qui sombra avec les 100 millions d'euros investis par la France. Depuis, il alimente les débats, mais n'avait jamais semblé ne serait ce qu'approcher le haut de la pile des dossiers prioritaires. Jusqu'à cette campagne électorale 2017 donc.

Nous l'affirmions en début de semaine, le prochain quinquennat pourrait bien être marqué par une hausse conséquente du budget de la défense. Et comme un symbole de ce désir de remonter en puissance, les candidats à la présidentielle François Fillon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignant se sont publiquement prononcés pour le lancement d'un second porte-avions.
Jean-Luc Mélenchon, lui, est plus ambiguë sur le sujet, mais nous allons y revenir.

Sont en jeu ici la permanence à la mer (enfin le sujet de la puissance maritime française revient sur le devant de la scène) de la Marine Nationale, ainsi que l'outil diplomatique. Car oui, un porte-avions, comme nous l'avons vu avec les américains face à la Corée du Nord, où les russes avec le Kuznetsov fin 2016, est un bel outil pour affirmer sa puissance sur la scène internationale.
Si on ne peut plus vraiment les qualifier de "game changer" sur les théâtres d'opération, les porte-avions offrent une capacité de "surge", mais sont surtout devenus un véritable aimant médiatique ! Il n'y a qu'à voir le traitement par les médias du monde entier du départ du Charles De Gaulle pour la mission "Arromanches" fin 2015, dans la foulée des attaques de Paris. Pourtant planifié avant les attentats, l'envoi du navire amiral français avait été interprété comme une riposte musclée.

Faisons l'inventaire donc: François Fillon et Emmanuel Macron évoquent le lancement rapide des études sur le nouveau porte-avions, afin que celui-ci arrive avant la fin de vie du PACDG vers 2040.
Benoît Hamon les rejoint mais n'évoque lui que le remplacement du Charles De Gaulle, pas de cohabitation donc. Contrairement aux autres candidats qui chiffrent le bâtiment à 4,5 milliards d'euros, lui parle du double, et émet l'hypothèse que l'on lance le programme avec des alliés - citant,  de façon surprenante... l'Allemagne - afin de réaliser des économies d'échelle.
Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignant prônent directement la mise en chantier du navire au plus vite (baptisée "Richelieu" et nucléaire pour MLP).
Chez Jean Luc Mélenchon, on invoque d'une part la puissance maritime française ainsi que les besoins du chantier naval de Saint-Nazaire de tourner. Toutefois dans le même temps... on juge un second porte-avions non nécessaire pour la simple et bonne raison que le terrain d'opération de prédilection étant la Méditerranée, la France dispose déjà de portes-hélicoptères "sous-utilisés" et de son porte-avions permanent avec la base de Solenzara (voir conférence ANAJ-IHEDN du 6 avril). Le fameux "USS Corsica".


Un 2ème porte-avions ? Non. Un nouveau porte-avions !

Il faut bien différencier deux choses: parle t-on ici d'un second porte-avions venant seconder le Charles De Gaulle, ou du simple renouvellement d'ici la fin de carrière de ce dernier ?

Le temps a passé depuis les années 2000 et notre actuel porte-avions a déjà 20 ans. Il vient d'entrer pour 18 mois dans sa période de modernisation à mi-vie. A ce stade, on ne parle donc plus d'un sister-ship, mais bel et bien d'un remplaçant dont la construction serait décidée durant le prochain mandat présidentiel, après une phase d'études préparatoires qui décideront de spécificités techniques comme le tonnage, la propulsion, ou le format de catapulte.

Selon les études, les marins et les industriels, ce nouveau porte-avions présenterait un tonnage proche des 60 000 tonnes (comparables aux PA britanniques), pour une longueur de 300m. Il serait capable de mener simultanément des manœuvres d'appontage et de catapultage, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Il accueillerait bien évidemment le Rafale, mais peut-être également la prochaine génération de drones de combat.
Un navire plus imposant que le Charles De Gaulle, mais adapté aux normes récentes, avec tout de même un tonnage inférieur de moitié au dernier né de l'US Navy, l'USS Gérald R. Ford.

Voilà à quoi pourrait ressembler le "Georges Pompidou" (les présidents de la 5ème République, pourquoi pas ?), mais pas le Richelieu de Marine le Pen. En effet, cette dernière, en proposant la mise en chantier du navire dès 2018 avec seulement un an d'études, lancerait là en quelque sorte un Charles De Gaulle modernisé "bis".
A ce stade en fait, le mal est fait, le PA2 tel que pensé à l'origine, comme une version améliorée/actualisée du CDG, aurait dû être lancé il y a moins 10 ans. Il serait donc plus raisonnable de préparer la prochaine génération de porte-avions, et de le faire seul, au contraire de ce que propose Benoît Hamon. L'échec de la coopération avec les britanniques, comme le fait qu'il s'agisse d'un instrument de souveraineté diplomatique pousse en ce sens.

Vue d'artiste du nouveau porte-avions

La vraie décision concernera le 3ème porte-avions

Encore une fois, il convient de préciser: ce "PA3" serait bien le sistership du nouveau porte-avions entré en service vers 2030. Il arriverait lui en 2040, soit juste après le désarmement du Charles de Gaulle, qui aura alors servi près de 40 ans.
Ce navire permettrait bien évidemment d'éviter l'écueil que nous connaissons actuellement, à savoir un porte-avions qui n'est disponible que ponctuellement.

Seule Marine Le Pen s'avance à promettre le lancement de ce chantier, qui viendrait après son PA2 "Richelieu".
Pour Emmanuel Macron, la décision sera prise dans le nouveau Livre Blanc. Il y sera en effet décidé si la France se lance dans la construction d'un seul nouveau porte-avions, ou de deux exemplaires.
Les autres candidats ne vont pas jusqu'à évoquer ce troisième porte-avions. Attention toutefois, 2040, c'est déjà demain.

[Remarque: Contrairement aux idées reçues, la constitution d'un deuxième groupe aéronaval ne veut pas forcément dire plus de Rafale, ou plus de Frégates. Le mot d'ordre demeure la permanence opérationnelle. Plus généralement, en ce qui concerne ces questions, je vous invite donc à lire mon cher collègue du blog référence en la matière, Le Fauteuil de Colbert.]


Grande Bretagne et USA à l'ouest, Russie à l'est, Chine et Inde en Asie, les grandes puissances ne comptent pas négliger le domaine maritime et misent aujourd'hui sur les porte-avions. La France est aujourd'hui la seule puissance derrière les Etat-Unis à posséder un tel appareil disposant de catapulte STOBAR. Un instrument de projection que certains aiment renommer par le titre suivant: "42 000 tonnes de diplomatie".
Peut-être les missiles tueurs de navires , où la 6ème génération d'avions de chasse, rendront les porte-avions obsolètes, mais nous sommes encore loin de cette rupture stratégique. C'est pourquoi il reviendra au prochain Président de la République d'être audacieux sur cette problématique.