lundi 17 septembre 2018

[Replay] Table ronde « Cybersécurité » à #NOVAQ 2018


La table ronde « Cybersécurité » réalisée par des membres du collectif EchoRadar dans le cadre de la conférence NOVAQ 2018 – Université du Futur, à Bordeaux le 14 septembre 2018 revient sur plusieurs thématiques liées à la cybersécurité, la cyberdéfense, la transition digitale, l'IOT, et l'automobile connectée.



vendredi 14 septembre 2018

Contre l'état islamique, les forces françaises appuient l'offensive


Un point sur les opérations au Levant, qu'il s'agirait pour l'opinion publique, de ne pas oublier. En effet, les combats continuent pour réduire les poches de résistance constituées par Daesh dans l'est syrien. Les forces françaises et la coalition ne lâchent pas la pression, et agissent de concert dans le cadre d'une offensive majeure des forces libres dans la vallée de l'Euphrate.

Source et photos ci-dessous: EMA. Image ci-dessus: Forces américaines

On commence avec cette "faille" des services de communication du commandement des forces américaines en Iraq et Syrie, qui dans un tweet montrant des soldats US (des Marines visiblement) tirer au mortier près de Deir Ezzor, ont révélé la présence de forces spéciales françaises sur place. En effet, on peut apercevoir sur l'image ci-dessus un véhicule blindé ARAVIS français. 

Une image que ne remet pas en cause la sécurité des hommes, puisqu'elle date de plusieurs semaines, et qui a le mérite de rappeler que ces soldats de l'ombre sont présents sur la ligne de front, depuis 3 ans.


Dans le même temps, et sur quasiment le même objectif, mais côté iraquien, la Task Force Wagram est présente en appui de l’offensive contre les dernières poches de Daech présentes dans la vallée de l’Euphrate.

Les artilleurs français et leurs canon Caesar accompagnent l’offensive lancée le lundi 10 septembre par les FDS dans la région de Hajine. La TF Wagram a réalisé, depuis le territoire irakien, 4 missions de tir cette semaine (bilan du 5 au 11 septembre inclus), peut-on lire dans le compte rendu des opérations du ministère des Armées, portant son bilan total à 1889 tirs !


Enfin, les Rafale du Normandie-Niemen sont actuellement déployés au Levant, où les bases aériennes en Jordanie et aux EAU continuent de fournir le soutien aérien à la coalition.

Le 31 août notamment, des Rafale du « Groupe de bombardement 43 » ont décollé de la base H5 en Jordanie et ont frappé deux caches d’armes dans la vallée de l’Euphrate, ce qui a permis de poursuivre la réduction du potentiel militaire ennemi. Cette mission était composée à 100 % par des pilotes du NN.

Cette mission s’inscrivait dans le cadre de la préparation de l’offensive des forces démocratiques syriennes contre les derniers réduits territoriaux de Daech en Syrie.

Depuis, dans la semaine du 5 au 11 septembre, les aéronefs de l’opération Chammal ont réalisé 21 sorties aériennes en appui des forces locales engagées au sol. Aucune frappe n’a été réalisée (bilan total de l’action du pilier appui aérien depuis le 19/09/14 : 8458 sorties / 1457 frappes / 2249 objectifs neutralisés).


mercredi 12 septembre 2018

Pour la rentrée, la Défense se dévoile en chiffres... mais pas seulement !


Ces lundi et mardi 10 & 11 septembre, le monde de la Défense faisait sa rentrée officielle avec la tenue à Satory en région parisienne, de son Université d'Eté. Un exercice relativement formel cette année qui mettait surtout en avant les forces... et leurs matériels.

Comme c'est maintenant le cas tous les ans, le ministère des Armées publie un document didactique rassemblant l'essentiel des données sur les forces françaises: budgets, effectifs, moyens, missions... une trentaine de pages aisées à parcourir tant elles recèlent d'infographies, et dont on conseille la lecture à tout citoyen. Lien ci-dessous:


Chiffres clés de la Défense - 2018

A découvrir ICI


Mais du côté de l'UED, dont l'un des thèmes phares était l'innovation, les stars étaient celles du programme SCORPION, cœur de la modernisation de l'Armée de terre. Il n'y avait pas une, mais bien plusieurs attractions principales avec premièrement, la première démonstration dynamique du nouveau blindé de reconnaissance "Jaguar", qui pourrait bien devenir une référence mondiale tant il semble adapté aux conflits modernes.

Mais également, on retiendra chez Nexter/Texelis - là encore une première - la maquette du VMBR Léger "Serval", 17 tonnes tout de même, petit frère du "Griffon", qui était lui en revanche absent.

Enfin, grosse nouveauté, la présentation d'un véhicule autonome faisant office de civière. L'Armée de terre planifie l'intégration de ces véhicules au programme SCORPION pour le début de la décennie 2020. Les expérimentations sont donc en cours.

Le VBMR "Serval" de Nexter et Texelis, en maquette 1/1 pour la première fois - Nexter

Robox, un véhicule autonome d'évacuation des blessés, pourrait arriver dans les forces d'ici 2021 - Vincent Lamigeon sur Twitter 

Le buggy MRZ4 de Polaris, doit équiper les forces spéciales - Photo Vincent Lamigeon sur Twitter

L'Armée de terre et sa cavalerie lourde version programme SCORPION - Photo Daphné Benoît sur Twitter



A droite, on aperçoit un exosquelette



lundi 10 septembre 2018

La Défense fait sa rentrée, l'esprit tourné vers le ciel


Alors que le monde de la Défense Nationale fait sa rentrée ce lundi 10 septembre avec l'Université d'été de la Défense à Satory, la ministre des Armées Florence Parly a posé vendredi dernier au CNES, dans un certain fracas médiatique, l'un grands enjeux de la stratégie mondiale: la militarisation de l'espace extra-atmosphérique. 

Illustration ci-dessus: l'Armée de l'air assure la protection du site de Kourou, en Guyane. Une base stratégique pour la France, et l'Europe. 


C'était vendredi au CNES (Centre National d'Etudes Spatiales), à Toulouse. Un discours attendu de la ministre des Armées, qui finalement marquera peut-être son mandat.

Extraits: "Je voudrai vous raconter une histoire. Un satellite au nom latin, Athena-Fidus. Un satellite précieux puisqu'il permet des communications militaires sécurisées. Un satellite qui depuis 2014 nous permet d'échanger des informations, de planifier des opérations, de garantir notre sécurité. Mais voilà. Alors qu'Athena-Fidus continuait sa rotation tranquillement au-dessus de la terre, un satellite s'est approché de lui, de près, d'un peu trop près. De tellement près qu'on aurait vraiment pu croire qu'il tentait de capter nos communications. Tenter d'écouter ses voisins, ce n'est pas seulement inamical. Cela s'appelle un acte d'espionnage. Et ce satellite aux grandes oreilles s'appelle Luch-Olymp, satellite russe bien connu, mais un peu... indiscret. Nous l'avions vu arriver, et avons pris les mesures qui s'imposaient. Nous le surveillons attentivement, nous avons d'ailleurs observé qu'il a continué de manœuvrer activement les mois suivants auprès d'autres cibles, mais demain, qui dit qu'il ne reviendra pas auprès d'un de nos satellites?"

(...)

"Depuis quelque temps, alors que nos voisins changeaient en partie la nature de l'espace, qu'avons-nous fait ? Pas grand-chose, a-t-elle affirmé. Pas assez en tous cas. Non, nous ne sommes pas protégés contre ces menaces. Non, l'espionnage et les actes offensifs, ça n'arrive pas qu'aux autres. Oui, nous sommes en danger, nos communications, nos manœuvres militaires comme nos quotidiens sont en danger si nous ne réagissons pas. Il s'agit de conserver notre liberté d'appréciation, d'accès et d'action dans l'espace demain comme aujourd'hui".

(...)

"La France est et sera une puissance spatiale. Cela signifie que nous allons garder notre liberté d'accès à l'espace. Cela signifie que nous nous donnerons les moyens d'agir et de surveiller. Cela signifie que nous construirons une véritable autonomie stratégique spatiale".


L'enjeu pour aujourd'hui, demain, après-demain

On le sait, la maîtrise des espaces (le cyber inclus) est la nouvelle préoccupation majeure des grandes puissances. Et en ce qui concerne l'information, autrement dit la clé, outre les câbles sous-marins, tout passe évidemment... par l'espace et le réseau satellitaire. Car comme l'ensemble du secteur civil (et en vérité, notre vie quotidienne), tous les grands programmes militaires en sont dépendants, dans toutes les armées, et ce d'autant plus que ces forces misent dorénavant sur la fusion de données.

Le cas d'espionnage, de "reniflage" que révèle la ministre n'est en rien surprenant pour qui suit, même de loin, les activités spatiales. Rappelons qu'outre les satellites espions russes, ou les missiles anti-satellites chinois, il y a également un vaisseau américain, le X-37B, constamment en orbite autour de la planète sans que l'on ne sache très bien ce qu'il y fabrique...
Il est en revanche intéressant que Madame Parly fasse le choix d'en informer aussi ouvertement le grand public. A raison finalement, puisque prise de conscience il doit y avoir. 

Derrière les trois grands, dans l'ordre USA, Russie, Chine... la France fait figure de puissance plus que crédible dans le domaine spatial, et en Europe, de leader. Y compris dans le militaire.
Une Europe dont tout l'intérêt est de comprendre qu'elle a sa carte à jouer. Sciences, économie, souveraineté, stratégie et influence... l'espace est d'ores et déjà la porte d'entrée d'un futur plus serein.


La loi de programmation militaire 2019-2025  prévoit un budget de 3,6 milliards d'euros pour le spatial, qui permettra le renouvellement de toutes les capacités, des  satellites d'observation (CSO) et de communication (Syracuse), ainsi que la modernisation du radar de surveillance spatiale Graves.

Au Ministère des Armées, une équipe travaille actuellement sur un rapport que présentera la ministre au Président de la République d'ici la fin de l'année. A ce moment sera publiée la stratégie spatiale de défense. Ce que nous suivrons très attentivement sur ce blog. Quelle sera la réponse française par exemple, à l'incongrue annonce par Donald Trump de la création d'une "Space Force" pas spécialement désirée au Pentagone ? Quel sera également, notre point de vue s'agissant du droit face au risque d'une militarisation, directe ou indirecte, des orbites ?

Selon Florence Parly, la France ne se refusera aucune voie.

L'espace "stratégique" est un sujet d'étude grandissant, un sujet qui verra dans les années à venir de plus en plus de gouvernements, et probablement surtout d'entreprises, s'y consacrer de façon prioritaire.
L'UED qui se déroule aujourd'hui et demain a pour thèmes la jeunesse, l'Europe, l'innovation... Très classique. Pourtant, nul doute que dans la tête de chaque acteur de la Défense Nationale désormais, les pensées sont un peu plus tournées vers les étoiles.