lundi 23 mai 2022

Drame évité de justesse entre deux Rafale au meeting de Cognac


Lors du meeting de l'Air de Cognac ce week-end, deux avions de combat Rafale sont entrés en collision lors d'une démonstration. La catastrophe a été évitée, même si des dégâts matériels sont à déplorer sur les appareils comme au sol, sur une habitation.

Ci-dessus: le Rafale "Rogue Spartan" de l'escadron 3/30 Lorraine. 


Plus de peur que de mal ce dimanche 22 mai certes, mais une frayeur dont on se rappellera longtemps. Deux Rafale C, dont l'appareil destiné à la campagne de démonstration du Solo Display, se sont "légèrement" percutés lors du meeting de Cognac, sur la base aérienne 709. Cela a immédiatement entraîné une arrêt de la démo et une mise sous cloche des avions pour enquête auprès du BEA.

On sait au moins que l'appareil du Solo Display, reconnaissable à sa livrée spéciale (et qui venait d'ailleurs de remporter le NATO Tiger Meet), a perdu un morceau de sa dérive avec le senseur principal de son système Spectra, qui a lui atterri sur le toit d'une habitation. Là encore, des dégâts seulement matériel, par chance. 

Les appareils semblent hors de combat pour quelques semaines. Ce qui est dommage pour le Solo Display et son public, et l'est encore plus pour la flotte de l'armée de l'Air et de l'Espace déjà fortement sous tension.

Bien des médias ont déjà relayé le sujet mais je ne saurai que vous conseiller la vidéo de "ATE" sur cet incident et les enseignements que l'on peut en tirer à ce stade:


vendredi 20 mai 2022

En images, l'exercice Athena a rassemblé les forces spéciales Air à Cazaux


Du 2 au 13 mai, le traditionnel exercice Athena 2022 a sonné le rappel des forces spéciales Air sur la base aérienne 120 de Cazaux. Cette année plus que jamais, les militaires ont poursuivi la préparation au combat de haute intensité.

Images : © Armée de l'Air et de l'Espace


Pendant deux semaines, les commandos, équipages et le poste de commandement de la Task Force constituée pour cette itération d'Athena se sont entraînés jour et nuit pour se préparer à affronter un ennemi à armes égales. 

Un objectif majeur notamment pour La TF Athena : l’entrée en premier par la prise d’un aérodrome aux mains de l’ennemi.

A noter que les Américains et Espagnols participaient à l'exercice. 






















mercredi 18 mai 2022

800 000 euros pour la nouvelle plateforme logistique d'Arquus à Limoges

Le site Arquus de Limoges a reçu une subvention d'un montant de 800 000 euros de la part de l'Etat. Cette somme sera consacrée à la nouvelle plateforme logistique du groupe. 

Illustrations: vues d'artiste fournies par Arquus.


Le 11 mai, Madame Fabienne Buccio, préfète de région Nouvelle-Aquitaine, a remis à l'industriel spécialiste du terrestre de défense Arquus, une subvention exceptionnelle de 800 000 euros au titre du soutien à l'investissement industriel dans les territoires.

La subvention viendra contribuer à la construction de la nouvelle plateforme logistique d'Arquus à Limoges, que le groupe annonce comme future pierre d'angle du Centre d'Excellence de la Production de Véhicules Neufs. 


Pour Arquus, le projet s'inscrit dans le cadre de la réorganisation et de la modernisation du site de Limoges, où l'industriel de défense emploie 350 salariés.

Les travaux du nouveau bâtiment ont débuté fin 2021, pour une inauguration prévue en 2023.

Outre la production de véhicules, le site prend en charge au sein du "GME EMBR" la constitution des kits de mobilité des Griffon et Jaguar de l'armée de Terre, derniers nés de l'industrie terrestre tricolore.

Enfin, sur cette question de la mobilité, hybride en particulier, Arquus planche également sur des démonstrateurs: VAB Electer, Scarabee, Griffon hybride (objectif 2025 pour ce dernier)…
En fait, c'est toute la gamme de véhicules militaires qui fait l'objets de travaux sur l'hybridité au sein du groupe, des véhicules de reconnaissance au char de bataille. 


vendredi 13 mai 2022

Surprise ! L'armée française abandonne le Camouflage Centre-Europe !


La Section technique de l'armée de Terre (STAT) a lancé sa campagne de communication présentant le nouveau camouflage des fantassins français à partir de 2024, ou de son petit nom le BME pour : bariolage multi-environnement.


On savait depuis quelques années déjà que le Camouflage Centre-Europe (CCE) était condamné à disparaître sur les véhicules terrestres, pour laisser place notamment au "brun Terre de France" et à des motifs géométriques amovibles au besoin. 

Mais pour ceux qui comme moi ont grandi dans les années 1990, il est donc temps de dire adieu - après le FAMAS - au camouflage emblématique qui faisait l'identité du fantassin français depuis une trentaine d'années. 

Ce 12 mai, la STAT a donc dévoilé le BME, pour bariolage multi-environnement. Un nouveau motif de camouflage plus adapté au technologies modernes (la vision thermique notamment), très travaillé, et qui viendra remplacer à la fois le Centre-Europe et le camouflage désertique "Daguet". Il aura cependant une variante arctique (voir vidéo en fin d'article).

Le BME est annoncé 25% plus efficace que son prédécesseur (c'est en fait le gain de temps avant sa détection).

Fantassins équipés du treillis doté du bariolage multi-environnement. - © STAT/ADJ Alexandre B.

Alors oui, cela ressemble basiquement au "multicam" américain qui a envahi le marché depuis la fin des années 2000 (après la période "pixels" à laquelle la France a heureusement échappé !), mais avec quelques spécificités. Les Britanniques sont d'ailleurs dans la même démarche avec leur propre camouflage, également très proche du multicam et du nouveau BME. 

Deux conséquences sur ce point:
  • l'armée régulière rejoint l'apparence des unités de forces spéciales, totalement converties au multicam ou ses variantes. Cela contribue au "désilhouettage" de ces dernières (mais la grande majorité des unités de FS dans le monde sont passées au multicam, ce qui est bien arrangeant);
  • après l'arrivée du HK416 en remplacement du FAMAS, l'armée française perd un peu plus de son identité visuelle au profit d'un plus grand confort opérationnel. C'est un détail qui comptait à l'époque des Opérations de Maintien de la Paix ou de la présence à long terme en OPEX. Ce qui ne semble plus être la tendance aujourd'hui… 

Le camo BME a pour lui le mérite d'être made in France, et intégrera progressivement les forces à partir de 2024, sur des treillis modèle F3. Le programme est évalué à 200 millions d'euros.

Une vidéo explicative de la démarche, très intéressante, a également été publiée:


lundi 9 mai 2022

L'armée française prête à sauter le pas des munitions rodeuses

L'Agence pour l'Innovation de Défense a publié ce 9 mai 2022 deux appels à projets intitulés LARINAE et COLIBRI. Ils concernent tous les deux des solutions de systèmes automatisés dotés de charge explosive. En d'autres termes, il s'agit de munitions rodeuses. Une première en France.

Illustration: vue d'artiste du Switchblade américain.


Un court message ce soir car attention, révolution. Après - tardivement - les drones armés, la France semble se décider à franchir le pas des munitions rodeuses. 

En effet, nous pouvons lire dans la communication qui entoure l'appel à projet de l'AID que le ministère des Armées conduit et prépare plusieurs opérations d’armement dans le domaine des drones de contact et des drones tactiques. 

Afin d’accompagner ces actions, d’approfondir la connaissance du domaine, d’explorer les cas d’usages, tout en stimulant l’écosystème pour la proposition de concepts innovants, la Direction générale de l’armement (DGA) et l’Agence de l’innovation de défense (AID) lancent deux appels à projets complémentaires :
  • LARINAE porte sur la recherche d’un système bas coût de neutralisation et à « longue élongation », soit au-delà de 50km à partir de son point de mise en œuvre. La cible peut être blindée;
  • COLIBRI porte sur la recherche d’un système bas coût de neutralisation de cibles, dans la zone de contact, soit au-delà de 5km à partir de son point de mise en œuvre.

Ces AAP sont - vous l'aurez forcément remarqué - particulièrement intéressants de part leur caractère "low cost" (moins de 20 000 euros pour le consommable). 

Les premières démonstrations sont envisagées 9 mois après la contractualisation des projets ciblés par COLIBRI, et un an après la contractualisation des projets ciblés par LARINAE.

Les munitions rodeuses sont un sujet que l'on a pu évoquer plusieurs fois sur ce blog, en premier lieu lors du conflit du Nagorno-Karabakh à l'automne 2020, et plus récemment bien sûr, dans notre appréciation de la guerre en Ukraine. 

L'avenir proche nous dira dont si le champion national MBDA ou d'autres acteurs (des dronistes ?) ont su proposer une solution viable aux armées françaises. 

Commentaire personnel: un "TB-2 à la française" ne serait pas de refus non plus…


Les fichiers sont à consulter ICI, sur le site de l'AID. Ils comportent plus de détails sur le matériel recherché.