L’armée de l’Air et de l’Espace a annoncé ce jour avoir conduit ses premières expérimentations de tirs de missiles Hellfire sur des cibles aériennes de type « drone ». L'autre information marquante est que l'un de ces tir a été réalisé le 2 avril par un drone MQ-9 Reaper de la 33e ESRA de Cognac.
Images: l'interception d'un drone cible par un MQ-9 Reaper doté de missiles Hellfire - Armée de l'Air.
Après avoir régné pendant deux décennies dans la lutte contre les groupes armées terroristes, quel sera le rôle futur des drones MALE (moyenne altitude longue endurance), vulnérables, dans des conflits dits de haute intensité qui ont tendance à se généraliser depuis le début de la décennie 2020 ?
Eh bien cela pourrait être dans un inhabituel rôle défensif.
On le sait, la lutte anti-drones (LAD) est devenu un enjeu absolument prioritaire pour les forces armées du monde entier, menant à la révélation de toute une série d'innovations, ou de retours à des solutions plus… rustiques. Il y a quelques heures encore, les Rafale français étaient toujours en mission de défense aux Emirats arabes unis, où ils auraient abattu plus de 80 drones iraniens Shahed depuis six semaines, grâce aux missiles MICA. Mais le missile, comme son porteur, restent largement inadaptés pour cette mission. Ces derniers jours, il était aussi question de l'entrée en jeu des hélicoptères Tigre de l'armée de Terre sur ce même théâtre, pour cette même mission.
Et voilà donc que dans le même temps, dans l'idée de "compléter les moyens existants", l'armée de l'Air menait sur le champ de tir de l’île du Levant (Var), en coordination avec la Direction générale de l’armement (DGA) et avec le concours du Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM), des expérimentations de LAD avec le célèbre Reaper et ses missiles Hellfire, en service sur les drones des forces françaises de puis trois mois seulement (oui, un sacré retard).
L'armée de l'Air ne manque pas de faire mention de l'esprit pionnier qui a animé cette adaptation capacitaire, fruit des travaux des équipages de la 33e escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque (ESRA) au sein de la Weapons School du CEAM. D'autant plus que le missile Hellfire est mondialement connu comme étant un missile… anti-char.
Il ne fait aucun doute que cette expérience fera parler, le drone Reaper offrant par ailleurs une endurance bienvenue de plusieurs heures sur théâtre (les interventions de Rafale aux Emirats se font en 45 minutes, tout compris. Mais le Rafale est largement plus rapide), mais le rapport coût/efficacité reste démesuré, et cela concenre le vecteur comme la munition. La voie est toutefois grande ouverte pour de futurs drones MALE -comme le Aarok de Turgis & Gaillard ?- associé à des munitions low cost de type "drone anti-drone" ou roquettes guidées.
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