La start-up du new space The Exploration Company annonce une troisième levée fonds. Celle-ci constitue même un record pour le spatial en Europe, puisqu'elle s'élève à la somme impressionnante de 450 millions de dollars (387 millions d'euros), faisant de la société franco-allemande la première dans son domaine à mobiliser autant de fonds privés lors d'un troisième tour de financement.
Ci-dessus : les travaux avancent sur le capsule Nyx à Munich - The Exploration Company.
Alors qu'elle s'impose commune une des figures du Sommet International de l'Espace (elle a été nommée Envoyée Spéciale par le Président de la République pour l'occasion, aux côtés de Thomas Pesquet) qui débute ce mercredi à Paris, Hélène Huby peut se féliciter de diriger l'une des start-ups du new space les mieux financées en Europe, avec un cumul de 680 millions de dollars depuis sa création en 2021 (la première étant l'allemande Isar Aerospace, qui vient de faire voler son lanceur spectrum ce 5 septembre depuis la Norvège. Celle-ci a levé près de 800 millions).
Avec cette nouvelle levée de 450 millions de dollars annoncée ce mardi 8 septembre, The Exploration Company réalise surtout un record continental dans le spatial, « la plus importante série C jamais réalisée par une entreprise européenne ». Un type de montant que l'on a effectivement plutôt tendance à voir dans le new space américain.
Et justement, si The Exploration Company s'est longtemps vantée de se financer sur le continent, les fonds anglo-saxons jouent cette fois un rôle majeur avec Bessemer Venture Partners (US) et Atomico (GB).
Enfin, à la veille du Sommet de l'Espace, le communiqué de la start-up mentionne les félicitations du Président Macron, ainsi que celles de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ce qui ancre encore davantage la société dans son empreinte binationale (une stratégie affirmée et confirmée). Ses 550 employés sont en effet à la fois basés à Munich, à Bordeaux… et désormais même, à Turin.
Sur le voie de SpaceX ?
Dans les faits, cet argent (sans oublier les 2 milliards qui emplissent le carnet de commandes de l'entreprise) va contribuer à l'aboutissement du développement de la capsule Nyx dans toutes ses versions, destinées en premier lieu au cargo vers l'orbite basse (ISS, stations privées…), possiblement la Lune, et qui transporteront peut-être un jour des être humains.
Aussi et surtout, et comme on le pressent depuis le début de cette année 2026 et la tentative avortée de rachat du britannique Orbex, alors en faillite, The Exploration Company et Hélène Huby ne cachent plus leur ambition de contribuer à l'élaboration d'un futur lanceur super-lourd européen réutilisable, capable d'envoyer a minima 40 tonnes vers l'orbite basse (soit deux fois la capacité d'une actuelle Ariane 6.4, et similaire à la New Glenn de Blue Origin). Cela passera par la mise au point, avec le soutien de l'ESA, de Storm, un moteur-fusée au méthane à 180t de poussée produit selon les nouvelles normes de l'industrie 4.0 comme l'impression 3D, et donc conçu pour sortir en grande série, tel le Raptor de SpaceX.
SpaceX, qui est bien le modèle de The Exploration Company, car tout en effet transpire l'ambition dans le discours de l'entreprise [il faut le voir/l'entendre pour le croire], à qui la dirigeante tente tout de même de donner une direction plus teintée de valeurs "européennes" (éthique, durabilité, coopération…).
Mais au delà de la politique, il est aisé de deviner que l'enjeu est avant tout industrielle, avec pour but de bâtir -ou d'acquérir- rapidement toutes les briques de la chaîne de valeur du transport spatial.
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