mercredi 28 juin 2017

Le Commandement des Opérations Spéciales a 25 ans

Forces spéciales françaises pendant la Guerre du Golfe en 1991

Le Commandement des Opérations Spéciales (COS) fêtait mardi 27 juin dans la cour d'honneur des Invalides à Paris les 25 ans de sa création. Entièrement refondées en 1992, les forces spéciales françaises sont aujourd'hui en pointe de l'engagement militaire du pays sur tous les théâtres.

Retour en 1991: une coalition internationale impressionnante se réunit derrière les USA afin de libérer le Koweït, envahi durant l'été 1990 par l'armée irakienne de Saddam Hussein. La France, à travers l'opération Daguet, envoie dans le Golfe un contingent assez important qui montrera toutes les limites de son format stratégique. Les forces spéciales notamment (1er RPIMa, 13e RDP), apparaissent disposer de moyens tout à fait sous-dimensionnés. 

Selon le colonel Rosier, qui commandait alors le 1er RPIMa de Bayonne, et pendant l'opération Daguet le 1er groupement commando parachutiste (1° GCP), un groupement de 120 hommes formé autour d'un noyau dur du 1er RPIMa complété de 6 équipes CRAP (1er RHP, 2e REP, 3e et 6e RPIMa, 35e RAP), « l'expérience a prouvé que les moyens n'étaient pas à la hauteur de l'intention, en termes de capacité, d'autonomie et d'homogénéité ; le groupement engagé dans le Golfe n'a pu remplir que des missions de circonstance... »
Face à la démonstration américaine, la France réalise l'étendue de son retard en matière d'action spéciale et de renseignement (y compris satellitaire).

La création du COS en 1992 en est une conséquence directe. Dès la fin du conflit, le grand chantier des forces spéciales françaises est lancé.
Le COS, ou commandement des opérations spéciales, est ainsi créé par l'arrêté du 24 juin 1992, qui précise ses missions: « planifier, coordonner et conduire les actions menées par les unités spécialement organisées, entraînées et équipées pour atteindre des objectifs militaires ou paramilitaires définis par le chef d'État-Major des armées. »

Bâti sur le modèle américain interarmées de l'USSOCOM, il n'a cessé de grandir et d'être choyé depuis, au fil de l'évolution des opérations contemporaines, dont l'Afghanistan a été un tournant à partir de 2001.
La France peut aujourd'hui se targuer d'être l'une des seules nations a disposer d'un tel outil de forces spéciales, probablement même le plus performant au monde après les USA (on n'oubliera pas de citer dans ce club les russes et surtout les britanniques). 

Le COS dans la BSS en 2017.

Ce 27 juin aux Invalides, le COS célébrait donc son quart de siècle. Jean-Marc Tanguy vous propose d'ailleurs sur son blog Le Mamouth un résumé des cérémonies qui ont vu de nombreux opérateurs être décorés.



Des Balkans à l'Afrique, en passant par l'action de l'Etat en mer où bien sûr aujourd'hui le Levant (Irak, Syrie), le COS est de tous les combats. En première ligne. Officiellement, ce sont plus de 25 grandes opérations qui ont été menées depuis 1992, dans presque autant de pays. Officieusement, on devine que ce nombre est autrement plus important.
Ses moyens en hommes et matériels sont en voie de renforcement, cela vous le savez si vous lisez régulièrement ce blog. Il devrait approcher à court terme les 4000 hommes.



Le COS attend des drones, des C-130 ravitailleurs (pour les hélicoptères Caracal), de nouveaux véhicules VLFS et PLFS, de nouvelles embarcations, des M134 sur ses vénérables Gazelle, etc... la liste est longue.
Dans ce cadre, des initiatives originales sont prises en France, comme c'est le cas avec le salon professionnel SOFINS, qui permet tous les deux ans à Bordeaux de rassembler la communauté des forces spéciales autour d'innovations dont les applications serviront au plus vite en mission.

Pour approfondir, je conseille la lecture du hors-série N°53 de la revue DSI, paru en avril dernier, qui revient notamment sur l'évolution du COS et son fonctionnement aujourd'hui.



Aucun commentaire:

Publier un commentaire