lundi 8 janvier 2018

2018, année stratégique ?


Nous voici en 2018 ! Avec à l'horizon, la fameuse décennie 2020, déjà, qui pointe, avec ses ruptures. La France entamera cette année la pente sinueuse vers sa remontée en puissance stratégique. Si tout va bien.

D'un point de vue français, on peut se demander si 2017 n'a pas été une année de transition. Election Présidentielle oblige. Si chaque candidat agitait l'argument d'une remontée en puissance stratégique, derrière un plan de budget à 2% (voire 3 !) du PIB, la réalité comptable aura vite rattrapé le nouveau Président de la République, Emmanuel Macron. Et le Ministère des Armées... Il en aura coûté la tête au mois de juillet du CEMA, le général de Villiers.

Pas de révolution... mais une transition pour le moins tumultueuse.

Mais le budget est en marche vers les 2% du PIB, pour le moment, avec une augmentation de 1,6 milliards d'euros en 2018, portant le budget du MinArm à 32,4 milliards (hors pensions). Il s'agira  de soutenir cet effort, et même d'en faire plus, d'ici la fin du quinquennat en 2022, puis 2025. Mais nous n'y sommes pas encore, voir loin c'est bien, rester prudent aussi.

Dans ce contexte, le premier semestre nous offrira les croustillants débats sur la loi de programmation militaire. Et il y aurait tellement à y inclure que, forcément, les déceptions seront terribles. Cela pourrait toucher le programme HIL (hélicoptères légers)... ou un autre programme, comme le Rafale qui n'est pas à l'abri.

Côté livraison, on attend selon le Projet de loi de finances 2018 une FREMM ("Bretagne"), les 14 et 15ème A400M dans l'Armée de l'air, 3 Rafale, 5 Tigre et 10 NH90, un C-130J, 8 avions de formation Pilatus PC-21 à Cognac, le premier ravitailleur MRTT... sans parler des appareils modernisés comme les E-2C Hawkeye, ou encore de divers missiles. Ce sera également une année importante pour le programme SCORPION dans l'Armée de Terre.


Soft Power privilégié ?

Et pendant que de l'autre côté du monde, sur les deux rives du Pacifique, on s'invective à propos du bouton nucléaire, la France doit se (re)positionner sur l'échiquier. Emmanuel Macron semble avoir une stratégie diplomatique claire dans ce but: le retour à une tradition très française, prônant multilatéralisme comme valeur maîtresse, et interventionnisme en dernier recours (rupture avec les deux précédents Présidents) .... tout en prenant le lead sur des grands sujets comme celui du climat.

Les armées françaises ont besoin de souffler, et nul n'est à l'abri d'une nouvelle crise (y compris climatique, comme Irma l'a prouvé). Sur ce point, on peut penser que les plans de l'Elysée portent sur une clôture progressive (prudence) des activités au Levant, ainsi qu'un allègement du dispositif au Sahel. Grâce au G5, grâce à l'ONU, grâce à l'Europe (Italie, Belgique, Allemagne.. Pays-bas) ?

L'Europe justement. Un Royaume-Uni devenu muet (ne laissons pas les britanniques de côté !), une Allemagne littéralement emmêlée dans les rouages de son système politique, laissent en ce début d'année la France bien seule sur le continent. Mais le grand consensus de décembre dernier sur les coopérations structurées permanentes fait espérer que la défense européenne connaîtra cette année un élan pour le moins salvateur. On ne demande pas la lune, mais quelques avancées pragmatiques, dans l'intérêt commun.

Pour le blog enfin, ce sera l'année charnière, l'année des 5 ans, mais aussi l'année du million de pages vues ! La motivation reste la même, et vous le comprenez, l'actualité devrait demeurer bien fournie. Gardons le rythme donc.  Le MCO aéronautique, en pleine réforme, va notamment pas mal nous occuper, avec en ligne de mire le salon ADS Show à Mérignac en septembre.


Quoiqu'il advienne... une bonne et heureuse année 2018 à toutes et à tous !


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