lundi 9 avril 2018

Séminaire sur Histoire & Jeu Vidéo jeudi 12 avril à Pessac


L'agenda très chargé de ce printemps se remplit encore. Et de façon plutôt inédite avec ce séminaire organisé par l'Université Montaigne de Bordeaux jeudi 12 avril. Il s'agit de la quatrième et dernière session d'un cycle consacré au jeu-vidéo. Si le sujet nous intéresse particulièrement, c'est que l'Histoire n'est vue ici quasiment qu'à travers le prisme de la guerre. La Mission Centenaire (14-18) est d'ailleurs associée à l'événement.

Présentation (source: Université Bordeaux Montaigne):

Cette initiative doctorante a pour objectif de fédérer autour d’un objet relativement jeune les différentes disciplines scientifiques susceptibles de mettre en lumière le nouveau visage d’un média qui se confronte encore aujourd’hui à certaines réticences lorsqu’il s’agit de le considérer comme un art à part entière. De fait, en autorisant l’organisation de conférences et débats sur le jeu vidéo au sein de l’université, nous ouvrons le champ de l’audiovisuel à une industrie culturelle qui depuis quelques années dépasse en terme de chiffre d’affaires (mondial et en France) celui du cinéma. En traitant du jeu vidéo sous l’angle de l’interdisciplinarité, nous étendons également cet objet d’étude au-delà des champs de l’art, de l’audiovisuel et des sciences de l’information et de la communication. De fait, nous évoquons l’hypothèse selon laquelle le jeu vidéo serait un outil essentiel et indispensable dans la redéfinition de notre rapport au récit, à l’image, au monde qui nous entoure et à l’Histoire de ce monde.



Auditorium de la Médiathèque Jacques Ellul, 21 rue Camponac, 33600 Pessac. Entrée libre.

Objet d’étude transdisciplinaire à partir duquel les différentes disciplines qui constituent les sciences humaines et sociales peuvent être observées sous un nouvel angle, le jeu vidéo suscite aujourd’hui de plus en plus l’intérêt du monde académique. Ce mouvement d’intérêt actuel envers un média jadis méprisé s’inscrit à la fois dans l’affirmation du poids économique du secteur, mais aussi dans sa légitimation culturelle. De fait, il apparaît évident que les sujets traités à partir d’autres industries culturelles comme le cinéma peuvent aussi bien l’être à partir du jeu vidéo.

Dans le cadre de la commémoration du Centenaire de la Grande Guerre, l’École Doctorale Montaigne-Humanités (Université Bordeaux-Montaigne) encadrera le 12 avril 2018 une journée d’étude interdisciplinaire centrée sur la représentation vidéoludique de l’Histoire et plus particulièrement sur celle de la Première Guerre mondiale. En autorisant le joueur à devenir acteur de l’Histoire, dans des représentations virtuelles photo-réalistes mettant en scène les différents théâtres d’opérations qui ont façonné le visage du monde au début du 20e siècle, le jeu vidéo questionne l’Histoire. En utilisant des images d’archives dans ces récits interactifs, comme ce fut le cas dans Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre ; en faisant appel à des historiens pour conseiller et apporter leur expertise ; en essayant d’être le plus fidèle possible aux faits qui ont eu lieu il y a de ça 100 ans, le jeu vidéo n’est-il pas aujourd’hui un moyen, tout comme le cinéma de fiction et documentaire, de représenter l’Histoire, d’en apporter une nouvelle écriture, une nouvelle dimension ? Pour paraphraser Marc Ferro, le problème ici est « de se demander si le [jeu vidéo modifie] ou non notre vision de l’Histoire, étant entendu que l’objet de l’Histoire n’est pas seulement la connaissance des phénomènes passés, mais également l’analyse des liens qui unissent le passé au présent, la recherche des continuités, des ruptures » (Ferro, 1993 ; 217). L’objectif premier de cette journée consiste à penser l’Histoire autrement ; à soulever l’hypothèse selon laquelle le jeu vidéo peut se penser comme un outil de l’Histoire. Avec des jeux comme Soldats Inconnus et plus récemment, Battlefield 1, les développeurs de jeux montrent qu’en plus d’une dimension interactive et ludique, le jeu vidéo peut également être doté d’une dimension pédagogique.

Se côtoieront des spécialistes, chercheuses et chercheurs venus tout droit d’horizons différents et dont la complémentarité offrira une expérience enrichissante pour envisager l’Histoire par le biais de l’interdisciplinarité.




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