lundi 19 novembre 2018

L'Armée de l'air perd l'un de ses 6 drones Reaper dans un crash au Niger


L’Etat-Major des Armées a annoncé samedi 17 novembre qu'un drone de surveillance MQ-9 Reaper de l’Armée de l'air s’était écrasé lors de son approche de la base aérienne de Niamey au Niger. Outre la destruction de l'appareil, aucun dégât matériel ou humain n'est à signaler.

On aura au moins expérimenté une chose ce week-end, avec le premier crash d'un drone MALE utilisé par l'armée française: c'est que l'on a pas à s'inquiéter pour la vie des équipages !
Pour le matériel en revanche, la conséquence est grave, quand on connait les faibles volumes en service dans nos armées, notamment pour tout ce qui vole.

L'Armée de l'air a donc perdu dans la nuit de vendredi à samedi son premier drone Reaper lors d'une mission au Sahel. Le colonel Patrik Steiger, porte-parole de l’EMA a déclaré à l'AFP que « l’incident, qui a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi lors de la phase d’atterrissage, a été causé par une perte de signal de ce drone alors qu’il était à proximité de la base, interrompant de fait le contrôle de l’appareil piloté à distance ».

Les forces françaises ont rapidement pu sécuriser le site du crash, et les équipements "sensibles". Les images montrent un drone totalement détruit.


La France possède 6 drones MQ-9 Reaper tous employés par l'Escadron 1/33 Belfort, 2 sont à Cognac, et 4 (désormais 3) sont à Niamey où ils assurent quasiment 24h sur 24 des missions de renseignement au profit des forces françaises des opérations Barkhane et Sabre (le volet forces spéciales). La flotte compte à ce jour plus de 23 000 heures de vol.

Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense de François Hollande, avait en 2013 annoncé l'achat auprès des USA de ces systèmes. 6 drones restent à être livrés par General Atomics en 2019. La ministre actuelle, Florence Parly, avait elle annoncé il y a un an que cette tranche serait dotée d'armements.

Les forces américaines, plus grandes utilisatrices du Reaper, ont déjà perdu plusieurs drones en opérations, même si l'appareil reste relativement (très) fiable. 
Pour le ministère des Armées, il s'agira de rapidement remplacer ce drone dont le prix catalogue avoisine les 17 millions de dollars. Dans le cas contraire, la capacité fera rapidement défaut à une époque où la permanence du renseignement d’origine aérienne est absolument déterminante ! 

A vrai dire, l'idéal serait même de doubler la flotte de Reaper en y ajoutant pourquoi pas des capacités de surveillance maritime, puisque l'Euromale n'est pas attendu avant la fin des années 2020. Le gros bémol reste qu'à ce jour, les ressources humaines n'ont pas suivi la cadence.

Profitons-en enfin sur ce blog pour rappeler que Cognac est le HUB français en matière de capacités "drone" MALE, puisque la base aérienne y héberge l'Escadron Belfort. Hasard du calendrier, France Bleu y avait la semaine dernière réalisé un reportage.

Dans un autre domaine, celui du drone tactique, l'Armée de terre percevra elle à partir de 2019 ses premiers drones Patroller de Safran (10 pour les missions, 4 pour la formation), qui pourraient bien à terme, disposer eux de roquettes guidées.


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