mercredi 19 décembre 2018

#CSO Le renouvellement des capacités spatiales stratégiques est lancé !


Le premier satellite de la Composante spatiale optique (CSO) a été lancé avec succès ce mercredi 19 décembre depuis le Centre spatial guyanais de Kourou. Il s'agit de la première pièce du grand renouvellement des capacités spatiales stratégiques.

Images & illustrations - Etat Major des Armées


Alors que l'on attend à l'Elysée la nouvelle "stratégie spatiale" qui devra définir les ambitions et réponses à apporter dans un contexte de renouveau de la compétition extra-atmosphérique et orbitale, la date du 19 décembre (18 en réalité, mais les vents en altitude ont entraîné un report de 24H) était à marquer au fer rouge.

En effet, le lanceur russe Soyouz a mis sur orbite haute (800 km) avec succès depuis le Centre spatial guyanais le premier satellite de la Composante spatiale optique (CSO).


Fabriqué par Airbus Defence & Space et Thales Alenia Space, CSO-1 (pour composante spatiale optique) vient suppléer Helios II au service des capacités d'imagerie à destination du renseignement militaire. C'est surtout la première pièce du renouvellement de l'ensemble des capacités spatiales de défense pour la prochaine décennie.
A moyen terme, ce sont 3 satellites CSO, 3 satellites CERES (capacité d'écoute et de renseignement électromagnétique spatiale) et 2 satellites SYRACUSE IV (système de radiocommunication satellitaire) qui seront mis en orbite. 

La charge utile de ces satellites CSO permet l’acquisition d’images à très haute résolution dans les domaines visible et infrarouge (de jour et de nuit) et dans une variété de modes de prise de vue permettant de répondre à un large spectre de besoins. Les satellites sont de conception identique. Il s’agit de satellites manœuvrants, basés sur une architecture plateforme en partie héritée de Pléiades et leur conférant une autonomie et une agilité élevées malgré une masse portée à 3,5 tonnes. Les satellites CSO disposeront d’une capacité inédite de contrôle d’orbite autonome à bord pour les fonctions de maintien à poste.


Programme à 1,3 milliards d'euros; CSO à plein régime, pourra fournir presque 800 images et 9 To de données confidentiel défense et secret défense par jour, quadruplant les capacités offertes par le système actuel Helios.
CSO-2 sera lui placé en 2020, toujours par Soyouz, à 480 km d’altitude (contre 800 km pour CSO-1) et fournira de l’image en EHR (Extrêmement Haute Résolution). CSO-3 suivra en 2021, sur Ariane 6-2.

CSO, un des programmes "les plus performants au monde", fait partie du programme MUSIS (Multinational Space-based Imaging System) mettant l'accent sur les coopérations européennes, notamment les allemands et les italiens. MUSIS comprendra à terme CSO, la composante radar italienne COSMO-Skymed seconde génération, la composante radar allemande SARah et la composante spatiale optique champ large espagnole INGENIO. La Suède est également partenaire sur CSO, offrant une station sol sur le cercle polaire, et l'Allemagne dispose d'un droit à l'image, après avoir contribué à hauteur de 210 M€ à la construction du troisième satellite.

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Avec le retour de la compétition entre les puissances, l'espace est brusquement redevenu un enjeu politique. Stratégique, il l'a toujours été.
Et dans ce contexte, la France, puissance spatiale, compte bien sûr, en comptant également sur l'Europe et ses coopérations, tirer son épingle du jeu et garantir ses capacités souveraines. Voire les augmenter grâce à Galileo, le GPS européen.

Pas étonnant dans ce contexte donc, que le ministère des Armées se soit lancée dans une généreuse campagne de communication, avec notamment un webdocumentaire:
Instrument de la puissance nationale, l’espace est un domaine stratégique essentiel à nos opérations. Au regard de l’évolution des menaces, des risques et des technologies, ce milieu particulier nécessite une vigilance accrue. Observation, écoute, communication, navigation, sont les principales applications spatiales qui contribuent chaque jour à notre sécurité et au succès de nos opérations. Les satellites militaires sont des capacités indispensables qui permettent aux forces armées d’opérer plus précisément en toute indépendance et en sécurité. 
Pour comprendre les enjeux de l'espace pour la défense, mais aussi connaitre les besoins et les moyens dont dispose la France, la rédaction a préparé un webdocumentaire :

« Espace et défense, les satellites militaires »


L'ensemble du lancement était à suivre en direct grâce au CNES et Ariane Group, entièrement commenté, avec pour clôture le discours de félicitations de la ministre Florence Parly en personne.


Replay du lancement (discours des responsables à partir de 1h25)



Sécurité maximale et coopération russe

Évidemment, la réussite du lancement d'un satellite comme CSO est déterminante pour la nation. C'est pourquoi l'Armée de l'air engage le dispositif BUBO.

Le Centre spatial guyanais de Kourou est ainsi renforcé par un dispositif aérien provenant de la métropole et articulé autour de deux Rafale de l’escadron de chasse 2/4 «Lafayette», un Boeing C-135 du 2/91 «Bretagne», et un E-3F «Awacs» de la 36ème escadre de commandement et de conduite aéroportée, ont donc fait le déplacement depuis la métropole. Ils viennent renforcer les hélicoptères et unités habituellement présents sur place. 
115 aviateurs et 48 tonnes de matériel ont également été acheminés. Un Antonov An-124 et un A400M ont été mobilisés pour ce convoyage.

Nombre d'entre vous auront remarqué que CSO est lancé par un lanceur russe Soyouz, et non par Ariane (CSO-3 sera lancé par Ariane 6, quand ce dernier sera opérationnel).
Faut-il s'en plaindre ? Dépendre d'un lanceur russe pour déployer des capacités souveraines semblera paradoxal... Mais en voyant le verre à moitié plein, on se félicitera plutôt de la traditionnelle et fructueuse coopération entre européens et russes dans le domaine spatial. C'était le 48ème lancement Soyouz de Roscosmos au profit d'Arianespace.








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