mercredi 25 septembre 2019

L'A400M biberonne enfin le Caracal... et un jour le Guépard ?



Lors d'une campagne de tests réalisés à Istres, l'avion de transport Airbus A400M "Atlas" a réalisé avec succès ses premiers contacts de ravitaillement en vol d'un hélicoptère avec un H225M "Caracal". Initialement prévu dans les spécifications techniques de l'appareil, le ravitaillement en vol des hélicoptères avait été par la suite jugé quasiment impossible à réaliser en raison des turbulences provoquées à l'arrière de l'A400M.

Images: DGA


Formidable - et opportun - hasard du calendrier, Airbus Defence s'est largement félicité ce 24 septembre du succès de la campagne de test réalisée par la Direction Général de l'Armement. En effet, l'Armée de l'air venait à peine de recevoir son premier KC-130J la semaine passée, une acquisition justement décidée en 2015 pour pallier aux manquements du programme A400M...


Effectivement, lorsqu'il y a quelques années, l'A400M connu une période de turbulences particulièrement difficile, certains n'hésitèrent pas en France à faire une croix sur la capacité tant attendue de ravitaillement des hélicoptères, si chère aux opérations spéciales de l'escadron "Pyrénées" et de ses Caracal. Car le H225M Caracal, du moins les 10 appareils en service dans l'Armée de l'air (+8 au 4ème RHFS, mais sans perche de ravitaillement) est le seul hélicoptère européen ravitaillable en vol, en attendant, éventuellement, que cette capacité arrive sur les prochains standards du NH90 Caïman. 
Cependant, et comme on arrête pas l'innovation, une solution fut recherchée, par l'ONERA notamment en allongeant les perches de ravitaillement, afin de passer outre les difficultés causées par le turbulences qui rendaient le positionnement des hélicoptères derrière l'A400M bien trop périlleux. 

Et enfin, en septembre 2019, au cours de 4 vols opérés de jour, l’A400M a effectué 51 contacts (sans transfert de carburant), marquant une étape décisive vers sa pleine capacité de ravitailleur. Ces tests ont été réalisés sous la coordination du centre d’essais en vol français «DGA Essais en vol».


Les essais ont été effectués entre 1 000 et 10 000 pieds à une vitesse de vol, très basse, de 105 nœuds (soit 194 km/h), et ont confirmé les résultats positifs des précédents vols de proximité effectués au début de l'année. La prochaine étape du programme d'essais en vol consistera en un contact avec transfert de carburant. 

Ces prochaines opérations sont planifiées pour cette fin d'année, tandis que la certification finale pourrait intervenir en 2021.


Mais, cerise sur le gâteau, les clichés dévoilés montrent également que la campagne d'essais en vol comprenait également les premiers essais de proximité entre l'A400M et un hélicoptère H-160, dernier né de la gamme Airbus Helicopter. Le H160 a été choisi pour incarner, via une version "H-160M Guépard", le futur hélicoptère léger interarmées.  

Ces essais ont été demandés par la DGA selon Airbus, dans le cadre de l'étude de faisabilité du Guépard. Les tests ont été effectués avec succès.

A terme, l’A400M, vrai couteau suisse, pourra en plus de ses missions de transport stratégique, ET tactique, assurer en cas de besoin la mission de ravitaillement en vol des chasseurs (Eurofighter, Rafale, Tornado ou F / A-18) et transporteurs militaires (C295, C-130, et.. A400M !).
L'A400M transporte jusqu'à 50,8 tonnes de carburant. Deux citernes supplémentaires peuvent également être installées, fournissant chacune 5,7 tonnes de carburant supplémentaires. Le carburant transporté dans les réservoirs supplémentaires peut être de nature différente de celui des réservoirs principaux. Cela permet à l’A400M de répondre aux besoins de différents types d’aéronefs.



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