lundi 13 janvier 2020

La « Coalition pour le Sahel » tente de se redéfinir à Pau


Emmanuel Macron recevait ce lundi à Pau les présidents des cinq pays du Sahel, un théâtre d'opérations en pleine crise. Il ressort de ce véritable sommet international une refondation symbolique des efforts sécuritaires entrepris dans la sous-région. Barkahne et le G5 Sahel fusionnent pour devenir la "coalition Sahel".

Illustration: Pau, le 13 janvier 2020.© Guillaume Horcajuelo/Pool via REUTERS


Cette "réunion" avait été demandée par le Président français après la tragédie du 25 novembre, et qui avait notamment touché le 5ème RHC. Le lieu du sommet n'était pas anodin, et les chefs d'Etat en ont profité pour rendre hommage aux militaires français avec un dépôt de gerbes dans l'enceinte du 5ème régiment d'hélicoptères de combat.

La France et les pays du G5 Sahel (Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Mali) se sont donc réunis ce lundi 13 janvier au Château de Pau, afin de donner un élan nouveau à leur coopération militaire, alors que la bande sahélo-saharienne (BBS) connaît une recrudescence dramatique des attaques djihadistes.

Dans une déclaration commune publiée dans la soirée, les présidents africains ont « exprimé le souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel » (ils ont également remercié l'appui crucial des Etats-Unis, dont la présence à moyen terme dans la région est incertaine). Un message que le Président Macron souhaitait entendre alors que la France fait l'objet désormais de critiques non-dissimulées, et qu'elle semble pourtant bien seule, parmi ses alliés européens pourtant également concernés, à payer le prix du sang. 

Une reconnaissance en quelque sorte, pour les 41 militaires français tombés au Sahel depuis janvier 2013.

Plus concrètement, Emmanuel Macron a annoncé l’envoi de 220 soldats supplémentaires au Sahel pour renforcer l’opération Barkhane, sans préciser leur rôle particulier. La force compte actuellement 4 500 hommes environ.

Des bruits de couloir font également état d'un projet de formation des forces de sécurité maliennes par la Gendarmerie française. Une mission analogue avait été menée en Afghanistan.


Commandement commun pour une « Coalition pour le Sahel »

Surtout, les dirigeants annoncent la création d'une « Coalition pour le Sahel », qui dans les faits s'incarnera dans un commandement centralisé de l'opération Barkhane et ses partenaires (Britanniques, Danois, Estoniens...), des forces africaines du G5 Sahel, et du futur groupement des forces spéciales « Takuba » (Estonie, République Tchèque, Belgique...).
La déclaration commune évoque « un nouveau cadre politique, stratégique et opérationnel ». Dans les faits, nous n'entions déjà pas très loin, mais ce nouveau cadre officiel aura le mérite de responsabiliser tous les acteurs, ce qui probablement son objectif principal.

Une coalition meurt (ses jours sont néanmoins comptés, en Irak), une nouvelle naît au Sahel. Certains éléments de langage ont la vie dure ! 

Sur le terrain, l'effort est logiquement mené sur le front principal, à savoir la zone des trois frontières (Mali, Burkina, Niger),  où se sont concentrées les attaques ces derniers mois. L'ennemi ici directement désigné est le groupe Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS).

Un nouveau sommet se déroulera en juin 2020 à Nouakchott en Mauritanie. A noter que l'ONU et l'Europe étaient représentées par leur haut-dirigeant à Pau ce 13 janvier. Deux entités qui semblent n'avoir plus que peu de crédit dans cette problématique.


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