mercredi 19 février 2020

La formation des pilotes de chasse bientôt intégralement sur PC-21 ?


La planètes s'alignent doucement pour un remplacement progressif des Alpha Jet dans l'armée de l'Air. En effet, un récent avis de la DGA ouvre la voie à la commande de nouveaux avions d’entraînement PC-21. Après la migration des escadrons de formation de Tours vers Cognac, ce serait à terme également le cas des effectifs de Cazaux.

Ci-dessus: un PC-21 de Cognac, volant aux côtés d'un Rafale - Jean Luc Brunet/armée de l'Air.


Un an et demi après l'arrivée (rentrée 2018) d'une flotte de 17 avions d'entraînement Pilatus PC-21 dans l'armée de l'Air sur la base aérienne 709 de Cognac, la Direction générale de l’armement (DGA) a publié le 15 février un avis de marché public pour des prestations de mise à disposition et de soutien d’aéronefs PC-21, de leurs matériels d’environnement, travaux d’infrastructure et prestations associés, pour la formation des pilotes de chasse en phase de transition opérationnelle. 

Ce marché qui concerne la maintenance, les infrastructures (à Cognac) et la simulation autour de l'environnement du PC-21, évoque la "phase 4" de la formation des pilotes de chasse, qui se déroule actuellement à Cazaux sur Alpha Jet. 
« Le titulaire mettra à disposition au titre du présent marché : avions PC-21, leurs systèmes d’environnement [systèmes de préparation et de restitution de mission] et certains matériels spécifiques. Il mettra en oeuvre l’ensemble de ces moyens ».
S'il n'est pas précisé combien d'appareils sont requis, un segment compris entre 8 et 10 appareils a été évoqué lors de travaux parlementaires, la cible permettant d'assurer 5 à 8 000 heures de vol annuellement. Ce qui porterait la flotte à Cognac de 17 à 25 ou 27 appareils. L'acquisition concerne aussi un simulateur supplémentaire.

La phase 4 de la formation des pilotes fait l'objet d'un projet "MENTOR" qui vise à fusionner cette dernière avec l'enseignement dispensé à Cognac, tout comme l'ex-programme FOMEDEC (devenu par la suite "Cognac 2016" qui avait mené à l'acquisition des Pilatus) a permis de dissoudre la formation sur TB-30 Epsilon avec la phase suivante sur Alpha Jet... puis Pilatus. Ramenant des effectifs de Tours sur Cognac.


La fin de l'Alpha Jet  ?

Avec cette dernière transition, l'Alpha Jet disparaîtra donc de la formation des pilotes de chasse, mais restera en service dans les escadrons d’entraînement... et bien sûr la Patrouille de France, qui devra évidemment à terme réfléchir à la succession.
Ici c'est principalement l’implantation de Cazaux qui est concernée, et sa 8eme escadre de chasse qui réunit :
  • l'Escadron de transition opérationnelle 1/8 Saintonge
  • l'Escadron de transition opérationnelle 2/8 Nice 
  • l'Escadron d'entraînement 3/8 Côte d'Or.
  • l'Escadron de Soutien Technique Aéronautique 15.008 "Pilat", chargé de la mise en œuvre et la maintenance des Alpha Jet au profit des escadrons 1/8 "Saintonge", 2/8 "Nice" et 3/8 "Côte d'Or"
Attention aux éléments de langage. Quand on parle de "fermer Cazaux", comme depuis un an environ, il s'agit donc bien de la formation. Cela ne concerne pas les multiples autres entités du sites, comme la DGA EV ou les hélicoptères du "Pyrénées". A ce titre, il est toujours d'actualité que l'armée de l'Air récupère à Cazaux les Caracal des forces spéciales Terre basés à Pau au 4ème RHFS. Ce qui sera rendu possible avec l'arrivée à Pau du NH90 destiné aux forces spéciales, avant 2025 normalement.

En revanche pour Cazaux, quid de l'escadron singapourien et de ses Aermacchi M-346 si la 8eme escadre de chasse est réorganisée/déménage à Cognac ?

Enfin, certains se demanderont - légitimement - comment un turbopropulseur comme le Pilatus PC-21 peut remplacer un chasseur à réaction pour la formation de pilotes qui seront pour la plupart directement amener à voler sur Rafale.
Il faut cependant savoir que le PC-21 affiche non seulement des performances exceptionnelles (qui font véritablement l'unanimité chez nous comme dans le monde), mais aussi une avionique qui se rapproche de celle d'un chasseur moderne. L'appareil comme son simulateur à Cognac sont de plus spécifiquement paramétrables pour imiter le comportement d'un Rafale, et disposent d'outils pour l'apprentissage (simulation de pannes par exemple).

Argument ultime, son emploi permet de réaliser des économies substantielles, divisant presque le coût de la formation d'un pilote de moitié. 

Et pour avoir eu la chance récemment de voir sur place une présentation du cockpit comme du simulateur, il s'agit là effectivement d'instruments de tout premier ordre.

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