mercredi 7 juillet 2021

Le Dassault Falcon 10X devient l'option crédible pour le futur PATMAR


La désagrégation très probable du programme européen MAWS, destiné à échafauder les systèmes de Patrouille Maritime de l'après 2030, semble ouvrir la voie à un nouveau départ franco-français dans lequel le Falcon 10X, dernier né de Dassault Aviation, s'impose comme solution naturelle.

Ci-dessus: vue d'artiste du Falcon 10X, le plus grand des Falcon - Dassault Aviation


Après les mises en garde du DGA Joël Barre mi-juin à l'Assemblée Nationale, La Tribune révèle que la France devrait bien quitter le programme militaire franco-allemand d'avions de PATMAR du futur (imaginé à l'horizon 2030-35). Le programme MAWS aura donc été quasiment tué dans l'œuf par le choix des Allemands de s'équiper de cinq avions P-8A Poseidon (Boeing).

Le comportement toujours très ambivalent des Allemands dans la défense, et même s'ils annoncent le caractère transitoire de cette solution, en attendant MAWS (tout comme le fait qu'ils aient choisi des F-18 pour la transition du Tornado vers SCAF), aura cette fois eu raison de la patience des Français, qui se tourneraient donc vers une solution… nationale. 

Le plus grand des Falcon

Avec 22 Atlantique II Rénovés (nda: 18/22 en réalité) à remplacer dans les années 2030, la Marine Nationale doit donc se tourner vers une nouvelle plateforme. Selon la révélation de La Tribune, le nouveau Falcon 10X de Dassault en constituerait le cœur.
Et c'est ainsi que Dassault Aviation, qui se sentait exclu de MAWS, pourrait donc revenir dans la course, non plus comme challenger, mais bien avec ce Falcon 10X comme candidat principal apte à proposer une plateforme de PATMAR.

7 mai 2021: Dassault Aviation dégaine son imposant Falcon 10X


Révélé le 6 mai dernier, le Falcon 10X sera l'appareil le plus imposant de la gamme. Rapide (Mach 0,9) endurant (14 000 km), il est motorisé par Rolls Royce et bénéficiera des dernières technologies d'avionique, avec notamment un cockpit ultramoderne.
Il est question d'une voilure entièrement constituée de composites (fibres de carbone), permettant une solidité maximale, un poids réduit et une traînée minimale, comme sur… le Rafale.
Enfin, sa cabine de 16m, la plus spacieuse du marché d'affaires, est un autre atout non négligeable quand on connait les besoins en systèmes embarqués et personnels d'un appareil de PATMAR.

Le 10X part donc avec certains avantages qui rendent sa candidature crédible. Reste que la militarisation de cet appareil sera un véritable défi (mais de l'armement a bien déjà été vu sur des maquettes récentes de Falcon 2000). Les sources évoquent une collaboration avec Thalès. 
Cela renforcerait en tout cas une tendance allant vers la "miniaturisation" des plateformes, comme le prouve l'émergence d'avions de C2 à partir de business jets.

Avions historiques des armées, les Falcon sont déjà au cœur de programmes futurs d'ordre stratégique, puisque Dassault est déjà engagé dans le programme de SURMAR avec les Falcon "Albatros" (sur Falcon 2000 LXS), et de SIGINT avec les "Archange" (sur 8X). 

Dans ce scénario, la principale victime est Airbus, qui constituait le choix européen par excellence (et pas forcément le plus français d'ailleurs) et proposait volontiers l'ébauche d'un A320néo "MPA".


8 commentaires:

  1. Petit rectificatif (vous pouvez ne pas afficher ce commentaire).

    Suite au choix allemand des P-8 de Boeing, on devra donc se contenter des 18 ATL2 qui seront portés au standard 6 sur les 22 que compte la marine nationale:
    https://www.aerobuzz.fr/defense/latlantique-2-au-standard-6-en-route-pour-sa-mso/

    Si les allemands avaient accepté la dernière proposition française, cela aurait été l'intégralité des ATL 2 qui passait au standard 6:
    https://www.meretmarine.com/fr/node/247539

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    1. Merci c'est noté ! (Je ne supprime que les commentaires insultants ou hors de propos. Pas les commentaires constructifs !)

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  2. Bonjour,
    Les ATL2 sortent de modernisation. Le système a été revalorisé porté au "standard 6" pour 18 des 22 avions que possède la marine nationale.

    Pour la suite, il est à considérer l’évolution de l’ASM, de la PATMAR (ce sont deux choses complémentaires, mais différentes), de la lutte anti-surface et, spécificité française : « la frégate aérienne du désert ».

    Faire de l’ASM à basse-altitude devient dangereux ou le deviendra, ce n’est pas forcément discret non plus.

    La lutte anti-surface, à base d’ANL ou Exocet, nécessite de la capacité d’emport de charges lourdes et de désignation.

    La Patmar demande une variété de capteurs et la capacité à descendre à basse-altitude pour larguer du matériel de survie ou reconnaître / identifier en visuel un navire au comportement douteux.

    Enfin, la frégate aérienne du désert nécessite une versatilité des équipages, si l’on considère que le désert est un océan de sable, des capacités de persistance, des compétences en interception et écoutes, en guidage d’aéronefs, de raid, etc...

    En plus, il faut aller vite sur place, tenir sur place (donc ravitaillement en vol), gérer des drones, des effecteurs déportés, consommables ou non, installer une liaison satellite , s’inscrire dans un cloud de combat, etc…

    Cela fait beaucoup de choses pour une cellule de Falcon 10.

    L’avion a beau être génial, volumineux, aérodynamiquement fin, rapide et l’on peut certainement le doter de certaines capacités mais tout ne rentrera pas dans la cellule et mettre des points d’emport externes ce fera au détriment des performances (allonge, vitesse, contraintes de structure).

    C’est une affaire bien plus complexe qu’il n’y parait et peu de cellules répondent à l’évolution de la lutte ASM (je mets la Patmar de côté) avec l’objectif premier : assurer la protection des SNLE donc de chasser le SNA adverse, qui peut aussi être un SNA allié qui viendrait en maraude chiper du renseignement ou tenter de caractériser la signature d’un SNLE sorti de l’Île Longue.

    Une chose étonnante en tout cas : Breguet Aviation a fait l’ATL1 et l’Alizé…
    Dassault, aujourd'hui est le seul constructeur qui a fait, fait, et sait faire un avion de lutte ASM + anti-navire + Patmar.

    Ce sont les seuls en Europe... Et ils n’ont jamais été consultés sur ce programme.

    Cordialement.

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    1. Ce que vous appelez "PATMAR" est en fait de la SURMAR. Les Falcon 2000 "Albatros" sont prévus pour ça.
      Un PATMAR est traditionnellement un avion capable de faire la lutte ASM et anti surface et d'être armé pour détruire les cibles qu'il repère.
      Pour le désert, on y a envoyé les Atlantic puis Atlantique 2 faute de mieux.
      Les drones de MQ-9 Reaper font très bien le job et permettent à l'Aéronavale de se recentrer sur ses domaines de lutte.

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  3. Dernièrement on a surtout entendu parler des Atlantique 2 au-dessus du désert:
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/01/06/les-patrouilleurs-du-desert-l-aviation-de-patrouille-mariti-21765.html

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    1. Enfin, jusqu'à récemment...
      http://www.opex360.com/2021/07/09/selon-moscou-un-avion-de-patrouille-maritime-francais-a-ete-intercepte-par-un-su-27-au-dessus-de-la-baltique/

      http://www.opex360.com/2020/08/19/laviation-russe-intercepte-un-atlantique-2-de-la-marine-nationale-en-le-confondant-avec-un-avion-italien/

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  4. Peut être va-t'elle cannibaliser l'option prise avec le Falcon 8X...
    http://www.opex360.com/2021/07/23/marine-nationale-dassault-aviation-va-proposer-un-avion-de-patrouille-maritime-base-sur-le-falcon-10x/

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    1. En attendant, Dassault a choisi Thalès pour AVSIMAR:
      http://www.opex360.com/2021/09/21/dassault-aviation-notifie-un-contrat-a-thales-pour-equiper-les-futurs-avions-de-surveillance-maritime-de-la-marine/

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