mercredi 12 janvier 2022

Un Reaper de Cognac s'insère dans le trafic aérien entre la France et l'Espagne

L'armée de l'Air et de l'Espace nous apprend que la France et l’Espagne ont mené une opération commune de contrôle d'un drone MQ-9 Reaper dans l'espace aérien commercial entre les deux pays. La circulation des drones MALE au cœur du trafic aérien est un enjeu européen. 

Image: armée de l'Air et de l'Espace


Devenu la pierre angulaire des opérations au Sahel, le drone Reaper continue de se faire au ciel français. Le 13 décembre 2021, il a même participé à une grande première bilatérale. 

En effet, les autorités françaises et espagnoles (l'Ejército del Aire est aussi utilisatrice du Reaper) ont mené une grande d'expérience d'insertion dans le trafic aérien commercial. Un MQ-9 a réalisé, depuis sa base aérienne 709 de Cognac, une boucle qui l'a mené jusqu'en Espagne. 

Il s'agit là de l'aboutissement d'expériementation menées en France depuis maintenant 5 ans (alors que le drone est lui arrivé sur le terrain en Afrique en 2013). 

Le communiqué nous détaille donc la procédure mise en œuvre le 13 décembre:

Après des mois de préparation entre les armées de l’air espagnole et française, et les contrôleurs civils de ces deux nations, le Reaper a pris son envol depuis la base aérienne (BA) 709 de Cognac-Châteaubernard à 12h30, le 13 décembre dernier. Lors de la première phase, l’aéronef a été pris en compte par les contrôleurs aériens civils du centre de contrôle de Bordeaux pour rejoindre les frontières espagnoles.

L'aéronef a ensuite survolé les Pyrénées. À l’issue, les contrôleurs aériens espagnols ont pris le relais. Depuis Madrid, les opérateurs civils et militaires ont appuyé le vol en prenant en compte les avions commerciaux. Une première, puisqu’en temps normal, les drones opèrent dans des zones séparées du trafic civil.

Le Reaper en vol a ensuite atteint un nouvel espace aérien placé sous la responsabilité du centre de contrôle de Barcelone, avant de passer sous celle du centre de Marseille. Lors de la dernière partie du vol, le contrôle du Reaper a été transféré aux centres de Bordeaux puis de Cognac, avant d’atterrir sur la BA 709 à 16h00.

L'expérience s'est donc déroulée de façon nominale, et devra permettre d'orienter les travaux de l’Agence européenne de défense afin d’établir une future réglementation adaptée. D'abord pour les militaires, puis plus tard potentiellement, pour les drones civils.

On rappelle que dans un autre dossier, celui de l'Eurodrone, c'est principalement cette exigence (allemande) de sécurité  qui a amené à faire du MALE européen un appareil bimoteur, et ce pour offrir une sorte d'assurance en cas de panne moteur dans le ciel du continent. C'est aussi cette exigence qui a fait du programme un projet qui parait aujourd'hui surdimensionné… et qui voit son existence même remise en cause.


2 commentaires:

  1. Pendant ce temps-là, les biffins attendent leur drone tactique qui a besoin d'une piste...
    http://www.opex360.com/2021/12/20/les-premiers-drones-tactiques-patroller-ne-seront-pas-livres-a-larmee-de-terre-dici-la-fin-2022-selon-la-dga/

    On leur parle de la navigabilité ou on les laisse découvrir le concept ? ;-)

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  2. L'Eurodrone n'est pour l'instant pas censé être armé et sa mission est de surveiller SA PROPRE POPULATION.

    La comparaison est cruelle sans attendre 2029:
    https://www.capital.fr/economie-politique/decouvrez-le-mojave-le-nouveau-drone-de-combat-americain-1422979


    Si jamais cet engin voit le jour, je propose que l'on crée une sous-famille au MALE appelée "CHAPON".

    Parce qu'un drone obèse, désarmé et produit en Allemagne, comment dire...

    Nous avons laissé nos couilles sur le billot et les porterons en sautoir!

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