lundi 25 juin 2018

Le Rafale dans une impasse en Belgique ?


Après le ministre de la défense Steven Vandeput, par deux fois au moins, c'est le président de la N-VA Bart De Wever qui a sèchement exclu l'éventualité que la Belgique se dote du chasseur français Rafale en remplacement de ses F-16. Les camouflets publics s’enchaînent pour la proposition française.

Refaisons brièvement l'état des offres. La Belgique cherche, en remplacement de ses F-16, à se doter d'ici 2023 de 34 appareils multirôles, pour 3,4 milliards d'euros. Le 14 février dernier, deux agences gouvernementales, celle des Etats-Unis et celle du Royaume-Uni, pour le F-35 de Lockheed Martin et le Typhoon du consortium Eurofighter, avaient déposé leur "best and final offers"Deux candidats s'étaient retirés (Boeing et Saab), un autre décidaient de ne pas participer à cet appel d'offres jugé faussé car en faveur du F-35 américain... mais faisait tout de même une offre. Il s'agissait de la partie française avec le Rafale. 

Lire sur le blog: F-35, Typhoon, Rafale... la Belgique peut maintenant choisir


En dehors de l'appel d'offres, la proposition commerciale française, qui comporte notamment de grandes compensations économiques, une participation au programme SCAF (système de combat aérien du futur), voire même une intégration à l'aéronavale (!), est censée être examinée en parallèles des deux offres "officielles".
Cependant, c'est la troisième fois en ce mois de juin que le premier ministre Charles Michel doit recadrer des responsables politiques pour qui le Rafale est d'ores et déjà exclu de la compétition.

Par deux fois en effet, le ministre de la défense appartenant à la N-VA, Steven Vandeput a "éliminé" le Rafale dans des déclarations à la presse.
Et ce dimanche 24 juin, ce fut le tour du Président de la N-VA Bart De Wever, qui déclarait que "l'avion de combat français Rafale n'est pas un bon plan, il n'est pas suffisamment performant pour notre défense. La prolongation des F-16 est exclue également". Et d'ajouter:  "3,4 milliards pour un appareil qui permet de ne rien faire, cela n'a aucun sens". Dur. Et même injuste, car erroné.

Encore une fois hier, le Premier ministre Charles Michel a donc dû rappeler, par l’intermédiaire de son cabinet que "la procédure décidée au gouvernement sera respectée et les décisions seront prises au gouvernement sur la base d'informations objectives et nulle part ailleurs".


De la politique, et seulement de la politique ?

Pour de nombreux commentateurs de la politique belge, il ne faut en fait voir ici qu'une bataille de chefs, cherchant à remettre en cause le leadership du Premier Ministre. On ne s'attardera donc pas sur la méconnaissance visiblement abyssale du leader de la N-VA en matière d'aviation de combat. Et ça notamment quand on sait qu'indirectement, c'est bien le F-35 américain qui est poussé par les responsables flamands.

Le gouvernement annonce lui se donner le temps de la décision, mais différents courants d'influences, y compris l'OTAN, poussent pour un choix rapide.

Quoi qu'il advienne, la décision belge sur son futur avion de chasse sera lourde de conséquences pour l'Europe de la défense.


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