lundi 22 octobre 2018

Dassault Aviation dévoile un concept de chasseur de nouvelle génération


Evénement à Euronaval, avec la révélation par Dassault Aviation d'une maquette de son concept de chasseur de nouvelle génération, sobrement appelé "NGF" (new generation fighter). Les prémices de ce que sera le nouveau chasseur du programme franco-allemand FCAS.

Illustrations: Twitter


Surprise ! Dassault Aviation profite du salon Euronaval, qui se tient au Bourget du 23 au 26 octobre pour révéler un concept de chasseur de nouvelle génération. L’aéronavale est à l'honneur donc, et le timing est le bon, alors qu'on apprend que la Belgique va choisir le F-35 américain, et ainsi fermer la porte à une participation dans le programme européen (nous en reparlerons sur ce blog).
Airbus DS avait déjà révélé un concept, aujourd'hui utilisé dans les vidéos du groupe. Dassault a depuis reçu l’assurance d'être le maître d'oeuvre du futur chasseur franco-allemand, remplaçant du Rafale et de l'Eurofighter, qui s'intégrera au sein d'un système plus large, le Système de Combat Aérien Futur, ou Future Combat Air System à l’horizon 2040.

La maquette, itération d'un concept déjà apparu dans une vidéo Dassault Aviation ayant "fuité" il y a quelques mois, montre un chasseur bimoteur à aile delta, aux lignes très furtives. Ce qui marque, comme sur les concepts d'Airbus, et contrairement au Tempest britannique de BAE UK, c'est bien sûr l'absence d’empennage. Il s'agit en soit d'une rupture pour un concept made in France.
Exit les plans canard du Rafale et du Typhoon, ce qui revient à conclure qu'il faudra aller chercher la maniabilité dans des moteurs à poussée vectorielle. Les prises d'air se retrouvent sous l'appareil, ce qui rappèle le F-22 américain ou le SU-57 russe.

Attention, rien ici n'est définitif, car il reste, et c'est le plus important, à définir dans les forces aériennes le besoin, autrement dit: comment concevons nous le combat aérien de 2040 ? La tendance pourrait pousser vers le couple furtivité/vélocité. Autrement dit pas un chasseur pour pratiquer la contre-insurrection... mais bien conçu pour le conflit de haute-intensité.

L'appareil, navalisable, sera moins lourd qu'un F-22 (20 tonnes à vide, contre la moitié pour un Rafale), mais il s'en rapproche grandement dans l'idée. De là à conclure que, comme le F-22 et le F-35, chasseurs furtifs, le "NGF" aura une capacité d'emport limitée...

Quant à la fusion de données, l'intelligence artificielle, les armes à énergie dirigée... ce sont encore d'autres problématiques qu'une simple maquette n'aidera pas à définir.

Finalement nous n'aurons donc pas eu besoin d'attendre le salon du Bourget 2019, et trois mois après l'apparition d'une maquette du Tempest britannique, programme pour l'instant concurrent, le -grand- public peut se faire une idée de ce que sera l'avion de combat "européen" de demain. L'histoire retiendra que c'est la Marine Nationale, le jour même où la ministre Florence Parly annonce le lancement des études sur le prochain porte-avions, qui aura eu la primauté de la révélation de cette maquette.
Une vue d'artiste montre d'ailleurs à Euronaval, le "NGF" décoller du pont d'un porte-avions aux côtés d'un drone de combat s'apparentant au Neuron de Dassault. Coïncidence, le Neuron repart en campagne de vol cet automne.



Le porte-avions (et drones) français du futur ?

A la veille de l'ouverture du salon, la maquette est bien couverte

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