mercredi 7 novembre 2018

Dassault Aviation retire le Rafale de la compétition au Canada ?


Dassault Aviation aurait abandonné l'idée de présenter son chasseur Rafale lors de l'appel d'offres visant à fournir 88 nouveaux avions de combat au Canada. En cause, l’incapacité de répondre à certaines exigences de sécurité. 

Ci-dessus: F-35A de l'USAF avec un F/A-18 de l'US Navy. Autrement dit, les favoris au Canada - Martin Short; Lockheed Martin


Le camouflet belge aurait-il laissé des traces ? Selon Reuters en effet, Dassault Aviation ne répondra pas - avec le Rafale - à l'appel d'offres visant à fournir 88 nouveaux avions de combat au Canada, citant "trois sources au fait du dossier".

Le point bloquant serait l'incapacité française à répondre aux exigences de sécurité de l'alliance des "Five eyes" formée entre les services de renseignement des Etats-Unis, de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni.
Parmi les cinq concurrents initiaux pour ce marché estimé à 10-13 milliards d'euros, la France et la Suède (qui proposait son Gripen) seraient alors - quasiment de facto - exclues par ce critère, au contraire des britannique avec l'Eurofighter ? 

Certains parleront une nouvelle fois, après l'affaire belge, d'un appel d'offres "orienté" vers l'industrie américaine.
Puisqu'à l'heure qu'il est, nous parlons encore au conditionnel, nous n'irons ici pas jusque là. Il s'agit néanmoins de reconnaître que les alliances contemporaines (comme l'OTAN ou les Five Eyes) sont dirigées de telle sorte que les contraintes opérationnelles et d’interopérabilité qu'elles imposent favorisent très clairement l'industrie américaine.



Et si Dassault et les européens ont eu, ou ont toujours dans l'esprit de venir concurrencer les américains sur leur propre terrain, c'est bien parce que l’élection de Justin Trudeau, très critique à l'époque sur le programme F-35 (dont le Canada est contributeur), laissait transparaître une opportunité séduisante.
Un mirage qui allait s'évaporer lorsqu'en 2016, Ottawa confirmait la tenue d'un appel d'offres "ouvert et transparent" dans le but de remplacer la flotte existante de chasseurs CF-18, tout en décidant également de se doter "provisoirement" de 18 chasseurs F\A-18 Super Hornet afin de maintenir les capacités opérationnelles de sa chasse.
En vérité, et pour des raisons tant économiques que stratégiques, il ne fait pas de doute depuis le départ dans ce dossier que les appareils américains, en l’occurrence le F-35 de Lockheed Martin et le F-18 de Boeing, partent très largement favoris.

Ce sera probablement donc une lutte fratricide entre F-35 et F-18, dans laquelle on mettra tout de même une pièce sur F-35, tendance oblige...  L'appel d'offres sera officiellement lancé au printemps prochain. 

Pour Dassault et son Rafale, ce "retrait", après l'échec belge, fait mal, mais comme l'a dit justement Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation en 2016, les français ne sont pas sur ce dossier pour « pour jouer les lièvres »
Le marché occidental semble à l'heure actuelle sous domination totale des USA. Restent les cas particuliers de la Suisse (une vraie chance pour la France), et de la Finlande, pays "neutre" dont la proximité géographique avec la Russie peut potentiellement dissuader aujourd'hui d'acheter américain.

Il faudra sinon regarder plus à l'est, vers le Moyen-Orient et surtout l'Asie. Le camp français semble considérer qu'il vaut mieux y concentrer les efforts.


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