vendredi 8 février 2019

Premiers accords autour du futur chasseur européen


Ce 6 février restera l'une des dates charnières dans l'histoire de l'Europe industrielle de la défense, puisque ce sont deux contrats qui ont été notifiés dans le cadre du projet de futur avion de combat franco-allemand. Et bientôt espagnol, puisque mi-février, Madrid devrait officiellement intégrer le programme.

Images - © Dassault Aviation; Safran


La ministre allemande de la défense, Ursula von der Leyen, étaient présente mercredi en région parisienne aux côté de son homologue française, Florence Parly, pour une journée consacrée au plus grand projet industriel européen, le SCAF: système de combat aérien futur. Projet qui unit la France et l'Allemagne.
L'Espagne devrait rejoindre officiellement le programme dans quelques jours, ouvrant la voie aux financements du Fonds européen de défense (qui nécessite 3 pays). En revanche, la Belgique devrait rester sur la pas de la porte, elle qui dans un élan de schizophrénie, se disait intéressée par SCAF le jour de l'annonce du choix du F-35 américain pour ses forces aériennes.

Ce 6 février donc, les deux ministres ont confié à Dassault Aviation (maître d'oeuvre) et Airbus une étude de concept commune (JCS) basée sur le « High Level Common Operational Requirements Document » (HL CORD) signé en 2018 par la France et l’Allemagne. Cette étude fait suite à l’accord de référence conclu entre Dassault Aviation et Airbus Defence and Space en 2018 pour développer et produire le Système de combat aérien futur (SCAF)

  • Identifiera des concepts de base préférentiels pour ses principales composantes que seront l’avion de combat de prochaine génération, les drones, un système de systèmes et les services associés de prochaine génération.
  • Évaluera la viabilité opérationnelle et technique, ainsi que la faisabilité programmatique des concepts de base.
  • Identifiera les besoins technologiques et de démonstrateurs communs.
La date de démarrage de cette étude JCS de deux ans est fixée au 20 février 2019.

Pour Éric Trappier, Président-Directeur général de Dassault Aviation: « Cette nouvelle mesure est un élément fondamental pour assurer l’autonomie stratégique européenne de demain. Dassault Aviation mobilisera ses compétences d’Architecte et d’Intégrateur systèmes pour répondre aux besoins des Nations et permettre à notre continent de rester à l’avant-garde du domaine primordial des systèmes de combat aérien. »

Dirk Hoke, Président exécutif (CEO) d’Airbus DS, a déclaré pour sa part : « Le SCAF est l’un des plus ambitieux programmes de défense européens du siècle. Avec la signature du contrat aujourd’hui, nous allons enfin mettre en marche ce programme de haute technologie. Les deux entreprises s’engagent à fournir à nos Nations les meilleures solutions en ce qui concerne l’avion de combat de prochaine génération et les systèmes de systèmes qui l’accompagneront. Nous sommes ravis de recevoir cette opportunité et honorés de la confiance qui nous est accordée. »

Cette étude commune vise à conceptualiser les différentes capacités du SCAF et à jeter les bases de leur définition et industrialisation future, en vue d’une capacité opérationnelle complète à l’horizon 2040. Dans cette optique, des programmes de démonstrateurs seront préparés et lancés à l’occasion du Salon aéronautique du Bourget en juin 2019.

Oui, le calendrier s'est considérablement accéléré. Car si le projet ne sera mené à terme qu'à l'horizon "2040" (en ce qui concerne la capacité opérationnelle dans les forces), il s'agit dès aujourd'hui de fédérer en Europe - ou pourquoi pas, en dehors (Japon par exemple) - et de rendre ainsi le projet parfaitement concret, ceci dans le but d'éviter un drame "Eurofighter bis", et éventuellement mettre les britanniques et leur projet concurrent Tempest au pied du mur, ne leur laissant pour seul choix que d'intégrer FCAS selon les termes continentaux.


Le français Safran et l'allemand MTU sur les moteurs



Florence Parly et Ursula von der Leven se sont également rendues à Gennevilliers où elles ont inauguré la nouvelle fonderie du site Safran, et ont assisté à la signature d’une lettre d’intention entre les industriels français et allemands, Safran et MTU Aero Engines, qui seront étroitement associés aux travaux pour la définition du moteur du futur système de combat commun.

Safran hériterait de la conception et de la production du moteur, quand MTU gérerait services et maintenance, peut-on lire dans la presse spécialisée.
On murmure également qu'il reste de la place dans le deal pour un autre champion européen des turbines (qui lui a de l'avance sur certaines technologies), le britannique Rolls Royce. Mais comme dit, plus haut, il demeure embourbé outre-Manche dans le programme Tempest. 

On évoque au ministère des Armées des parties chaudes à 2 100 degrés pour le futur chasseur (là où le M88 du Rafale plafonne à 1 850, ce qui peut être désormais un point bloquant à l'export). La nouvelle fonderie de Safran devrait permettre d'innover en la matière avec le travail sur de nouveaux matériaux.


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