lundi 11 février 2019

Frappe nucléaire dans les Landes


Dans la nuit du lundi 4 au mardi  février, un Rafale de l’armée de l’Air a effectué un tir d’évaluation du missile air-sol de moyenne portée amélioré (ASMP-A). Le missile, évidemment désarmé, a ainsi frappé avec succès la zone d’essais du centre DGA Essais de missiles de Biscarrosse.

Ci-dessus, au centre: le missile stratégique ASMP-A porté par un Rafale


Le tir du missile ASMP-A a été réalisé par un Rafale B de l’escadron 2/4 La Fayette de Saint-Dizier (Forces aériennes stratégiques), durant une mission de 11h nécessitant plusieurs ravitaillements par des avions C-135 et A330 Phénix.
Vous l'aurez compris, le test reproduisait les conditions réelles de cette mission primordiale des forces aériennes stratégiques. Le chasseur a donc terminé sa mission par une pénétration à basse altitude avant de délivrer son armement stratégique.

Selon le ministère des Armées, le tir d’évaluation a eu lieu sur une nouvelle génération de missiles ASMP-A avec une portée de 500 kilomètres et une charge nucléaire de 300 kilotonnes

Pour la ministre Florence Parly, « ce succès renforce la crédibilité technico-opérationnelle de la dissuasion dont la permanence de la composante aéroportée est assurée sans discontinuité par l’armée de l’Air depuis 1964 ».
Effectivement, ce type d'essais, tout comme les exercices "Poker" des FAF, perpétue le haut niveau de crédibilité de la composante "air" de la dissuasion nucléaire française.

Et même s'il était prévu de longue date, il est de surcroît intéressant de constater qu'il - le tir-  intervient dans le contexte dégradé de la sortie de la Russie et des États-Unis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (qui en réalité, est plutôt une conséquence des relations Chine/USA).
Or, après un rapide tour de la presse internationale la semaine passée, on remarque que le tir français a fait grand bruit, partout. Aux USA, en Grande-Bretagne et Europe (de l'est surtout !), Russie bien sûr, et jusqu'en Chine. Une telle publicité au final, nous "arrange" en termes de souveraineté et de place sur l'échiquier mondial, mais il demeure amusant de répertorier les divergences d'interprétations, qui vont de l'avertissement visant spécifiquement la Russie, au positionnement comme leader stratégique européen, et ce en concurrence avec les USA et l'OTAN.


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