vendredi 19 avril 2019

Avec Thalès, la Rafale Team se reforme enfin sur le programme SCAF


On connaît désormais l'une des missions du groupe Thalès, champion français du numérique de défense et de sécurité, dans le programme européen de système de combat aérien futur. Il aura la charge du dialogue entre les objets connectés de ce système de combat collaboratif.

Ci-dessus: la MinArm Florence Parly, le 15 avril sur le site Thalès de Limours - photo Thales Group


Une des premières difficultés d'un programme multinational de l’ampleur du SCAF (/FCAS), en français "système de combat aérien futur", stratégique s'il en est pour les pays participants, est d'associer les grands acteurs de la défense en Europe. D'autant plus que l'entrée dans le programme initialement est une opportunité industrielle incroyable, comme en témoigne la volonté espagnole de rejoindre ce programme, initialement franco-allemand, aussi tôt que possible (ce qui fut validé en janvier 2019).

Pour la France, l'enjeu global était bien évidemment de d'associer le champion Airbus, à la "Team Rafale", constituée de Dassault Aviation, Safran et Thalès, et ce notamment afin d'éviter le "divorce "des années 80 qui mena au lancement de deux programmes concurrents: Rafale & Eurofighter.

Dans cette équation initiée de façon tangible à Berlin il y a déjà un an par Airbus et Dassault (ce dernier étant maître d'oeuvre sur le chasseur), Thalès Group, était jusque là le grand absent, et même perdant. L'inquiétude était légitime, tant le rôle de Thales non seulement sur Rafale, mais également s'agissant de tous les équipements électroniques de défense français, est primordial. Et c'est notamment Airbus qui hérite sur SCAF de la conception de systèmes stratégiques.

Finalement, la participation de Thalès au SCAF a été confirmée ce lundi 15 avril par Florence Parly, qui visitait le site Thales de Limours, dans l’Essonne "J’ai l’ambition d'ici le milieu de l’année de passer des contrats relatifs au démonstrateur de l'avion: (...) Thales, par ses compétences d'intégrateur, aura toute sa place pour construire le dialogue entre les objets connectés de ce système de combat collaboratif", a annoncé la ministre.

Thales participera au  SCAF  en partenariat avec l'espagnol Indra et l'allemand Hensold qui vient d'acquérir une grande partie des activités du français Nexeya, spécialisée dans la conception et le développement d'équipements électroniques.

Conçu comme un système de systèmes associant le futur avion de combat, des drones aux rôles diverses (ailiers, ravitailleurs, senseurs, essaims...), des armes "intelligentes" comme les futurs missiles de croisière, ou bien encore autres avions, satellites, et même systèmes des autres armées, le SCAF associe déjà sur la papier une bonne douzaine de grandes entreprises. L'écosystème, qui va encore se renforcer c'est une forte probabilité (surtout si d'autres pays s'y associent), devra s’affiner et surtout se structurer. Devant l'ampleur du programme, on peut parier sur l'implication à long terme de centaines de sous-traitants, et donc par là même, de plusieurs milliers d'emplois sur le continent européen.

De nouvelles annonces seront faites au salon du Bourget le 17 juin au sujet de SCAF, principalement au sujet du développement d'un démonstrateur pour le chasseur de nouvelle génération. 

A noter que lors de sa visite chez Thalès, la ministre des Armées a assisté à la sortie des chaînes de production du premier radar Sea Fire 500 qui équipera les futures frégates de défense et d’intervention de la Marine Nationale, et signé avec Patrice Caine, le PDG, renouvellement de la convention Action PME.


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