mercredi 8 janvier 2020

Thales Alenia Space et la DGA signent un contrat d'étude sur le Stratobus


Thales Alenia Space annonce ce 8 janvier la signature avec la Direction générale de l'armement d'un contrat d'étude de concept  portant sur les applications ISR (Intelligence, Surveillance et Reconnaissance) à partir de la plateforme StratobusTM et destinées à répondre aux besoins opérationnels des armées françaises.

Source: Thales Alenia Space


Ce contrat est en réalité tripartite puisqu'il concerne non seulement TAS, société conjointe entre Thales (67%) et Leonardo (33 %) mais aussi Thales Group. Ainsi donc que la DGA.
Ce contrat vise selon le communiqué du groupe à étudier l'apport des plateformes stratosphériques persistantes pour compléter et améliorer la capacité de défense de la France. 

Il porte sur :
  • L'étude d'un concept opérationnel d'une mission ISR, incluant des exercices de simulation de son fonctionnement sur des théâtres d'opération.
  • L'étude d'un concept de démonstrateur échelle 1 capable de voler dans la stratosphère afin de démontrer les performances en vol d'une mission ISR.

Toujours selon l'industriel, l'intérêt des solutions stratosphériques de type Stratobus est double : il accroît notablement la zone surveillée depuis un unique porteur, notamment en permettant de s'abstraire des masques de terrain. Il offre de plus une persistance sur zone qui complète et améliore la résilience vis-à-vis des solutions existantes, navales, aéroportées, terrestres et spatiales.

« Ce contrat a pour objet d'évaluer la pertinence des solutions stratosphériques persistantes de type StratobusTM, pour les besoins de défense et marque une étape clé vers la définition d'une éventuelle solution opérationnelle en lien avec les utilisateurs. Il permettra de préparer les entrées nécessaires au développement de la solution complète incluant l'avionique dronisée et fiabilisée ainsi que l'ensemble des segments de contrôle, l'objectif étant d'aboutir à une démonstration en vol pour fin 2023 », déclare Jean-Philippe Chessel, Directeur de la Ligne de Produit StratobusTM. « Le projet StratobusTM avait été soutenu dès l'origine par la France dans le cadre du Plan d'Investissement d'Avenir et du FEDER de la région PACA » rappelle-t-il.



L’avènement des pseudo-satellites

Si les dirigeables s'apprêtent à revenir à la mode dans le transport de marchandises (principalement en raison de leur nature écologique), ne parlez pas de ballons dans le domaine militaire (ils existent, mais dans un autre domaine de la surveillance. Par exemple les ballons captifs), mais de pseudo-satellites.

Ces solutions conçues pour évoluer à très haute altitude - 20 000m pour le Stratobus - pourront offrir de nouvelles capacités parfaitement adaptées à des missions de renseignement précises. Plus endurantes qu'un drone, plus permanentes qu'un satellite, elles sont aujourd'hui principalement incarnées par les ballons stratosphériques ou les drones HAPS.
L'Europe a de surcroît le mérite de disposer de deux projets bien avancés que sont le Stratobus chez Thales, et le drone Zéphyr chez Airbus. Des solutions qui intéressent déjà les forces françaises ou britanniques.

Pour revenir précisément au Stratobus, il s'agit d'un ballon stratosphérique dirigeable autonome de la famille des HAPS [High Altitude Platform System] et positionné à 20 km d'altitude. Avec une couverture régionale permanente, il est le complément idéal d'une solution par satellite. Stratobus pourra embarquer des missions de type surveillance des frontières, de sites critiques sur terre comme sur mer (vidéo protection des plates-formes off-shore), de la sécurité militaire (lutte contre le terrorisme, les trafics de stupéfiant), mais aussi de contrôle environnemental (feux de forêts, érosion des plages, pollutions …) et télécommunications (internet, 5G).

Si on pense avant tout au rôle que pourraient jouer ces aéronefs sur un théâtre comme le Sahel, c'est la Marine Nationale qui a récemment fait part de son intérêt pour ce type de moyen, par la voix de son chef d'Etat-Major, l'Amiral Prazuck, lors d'une audition parlementaire: « Un pseudo-satellite vole à 30.000 mètres d’altitude et peut rester des semaines en l’air. Il avance assez lentement, sa charge utile est assez faible, mais il va à la vitesse d’un bateau : il pourrait donc suivre une force navale, me servir, de façon assez discrète, de relais de télécommunications, mais aussi, de point d’observation afin de relever tous les transpondeurs, en voyant plus loin ». (...) « Ce peut être un outil moins onéreux, plus mobile et peut-être plus discret qu’un satellite ». (...) « J’espère donc que nous pourrons assez rapidement tester ce type d’engins ».

Il était donc temps que cette étude auprès de la DGA soit lancée, alors que le calendrier prévoit un premier vol du Stratobus fin 2023.


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