vendredi 28 février 2020

Expérimentation en vue pour des Chinook dans l'armée de l'Air


L'éventualité que la France se dote enfin d'hélicoptères lourds dans ses armées devient tangible. En effet, un officier de l'armée de l'Air a déclaré publiquement cette semaine que l'Etat Major visait l’expérimentation avant 2025.

Ci-dessus: un MH-47G de l'US Army, tel qu'on se plairait à l'imaginer dans sa livrée armée de l'Air.


La question des hélicoptères lourds est un peu devenue un marronnier dans l'armée française. Essayons donc de ne pas en faire des tonnes... mais l'information lâchée cette semaine par Flight Global a de quoi sérieusement rebattre les cartes dans ce débat.

En effet, selon le média aéronautique, le colonel Paupy du Bureau Plans de l'armée de l'Air a déclaré lors d'un symposium sur les hélicoptères à Londres ce 25 février, que la France planifiait d'acquérir 2 appareils en leasing, afin de combler un "déficit capacitaire", et surtout, à titre d'évaluation.

En leasing ?! Effectivement, la location d'appareils (une pratique qui se généralise) permettrait avec un investissement "minime" de contourner l'actuelle LPM, qui ne prévoit aucunement l'achat d'hélicoptères lourds. Cet éventuel programme d'acquisition ne concernerait que la prochaine LPM, à partir de 2025, toujours selon le colonel français.

Avec une telle manœuvre, la France mise peu, pour un pari qui devrait s'avérer largement gagnant. Ouvrir la porte au Chinook américain, en étant quasiment certaine du succès de l'évaluation, préparerait le terrain pour l'acquisition d'une petite, voire moyenne, flotte d'appareils. 

Pas d'information sur la version de l'appareil, même si on présuppose qu'il s'agirait du nouveau CH-47F standard "Block II". Nous verrons bien.

S'agissant de l'emploi, le colonel Paupy ayant indiqué que l’armée de l'Air recherchait un appareil capable d'évoluer en territoire ennemi, il est donc question d'appui direct aux opérations, à la manière de la façon dont collaborent les 3 Chinook britanniques de la Royal Air Force sur Barkhane.

Depuis plusieurs années, et de façon intensifiée ces derniers mois (c'est même devenu un fil rouge sur ce blog), le débat sur l'acquisition de Chinook pour les forces françaises anime le monde militaire: trou capacitaire à combler... achat contesté d'un système américain... questions doctrinales sur l'emploi de telles machines (logistique, opérations spéciales)...



Mais tout récemment, et après avoir publiquement révélé un besoin (voir lien ci-dessus), le COS, puis l'ALAT s'étaient désistés, assurant que leur corps de métier était le vol tactique. 
Aujoud'hui donc, l'armée de l'Air, qui a plutôt jusqu'ici utilisé un argumentaire touchant à la logistique de théâtre, semble hériter d'un dossier qui n'a jamais semblé aussi proche de se concrétiser.

Finalement, l'histoire du drone Reaper, ou du C-130J, semble se répéter: face aux besoins des opérationnels et à l'absence de solutions sur le marché européen, c'est bien le pragmatisme qui l'emporte. Reste à savoir quelle enveloppe y sera consacrée dans la prochaine Loi de programmation militaire.

Lors de cette conférence, le colonel Paupy a également évoqué l'arrivée du H-160 Guépard, et la modernisation des Caracal à horizon 2028. Le Bureau Plans de l'EMAA travaille également aux hypothèses sur l'aéromobilité post-2040.


1 commentaire:

  1. "Mais tout récemment, et après avoir publiquement révélé un besoin (voir lien ci-dessus), le COS, puis l'ALAT s'étaient désistés, assurant que leur corps de métier était le vol tactique."
    Justement le Chinook sait faire autant du transport de charges (soute, élingue)intra-théâtre, que de la Resco/SAR (cf USAF)...que du transport tactique,pax, matériel, artillerie, véhicules compacts, quads, motos, civières et matos Evasan ... comme démontré sur les 5 continents depuis 1966 :-P
    Interloqué de cet avis soi-disant attribué à l'ALAT pour ma part

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