mercredi 25 mars 2020

« Opération Résilience »



Face à la pandémie de Coronavirus, l'appui des militaires aux personnels de santé et à la population prendra désormais la forme d' « Opération Résilience ». Un mot que la France avait découvert durant les attentats de 2015.


Le Président de la République, s'exprimant depuis Mulhouse (devant l'hôpital de campagne "EMR") a annoncé ce 25 mars un accroissement de l'appui des forces Armées dans la lutte contre l'épidémie de COVID-19.

Nous l'avons vu la semaine dernière, les armées ont été engagées avec des moyens spécialisés: l'Armée de l'air avec son kit "Morphée" (un A330 MRTT et deux Falcon d'astreinte) ou l'unité de décontamination de Cazaux, le SSA avec son hôpital de campagne et l'intégralité de ses établissements, ou encore la Marine avec le PHA Tonnerre pour des liaisons médicalisées avec la Corse.

Mais alors que la "vague" épidémique est attendue pour les prochains jours, le recours aux armées va évoluer encore. 
En effet, « face à ce qui se profile, ce pic de l’épidémie qui est devant nous, j’ai  [le Président] décidé, sur proposition de la ministre des Armées et du chef d’état-major des armées, de lancer l’opération Résilience. Cette opération, distincte de l’opération Sentinelle, qui continue de se concentrer sur la lutte contre le terrorisme, sera entièrement consacrée à l’aide et au soutien aux populations ainsi qu’à l’appui aux services publics pour faire face à l’épidémie de Covid-19, en métropole comme en outre-Mer, en particulier dans les domaines sanitaire, logistique et de la protection ».

Résilience est une opération militaire qualifiée d'inédite, dédiée au soutien des services publics et des Français.
Vraisemblablement détournée du volet sécuritaire (même si on y parle de "protection"), l'opération Résilience vise à soutenir les services de l'Etat, dans tous les domaines où les compétences des armées seront nécessaires. Nous en découvrirons d'avantage dans les prochains jours, notamment le nombre de personnels qui seront impliqués. 

A ce stade, une des mesures phares de cette opération avait déjà été pressentie la semaine dernière lorsque le Tonnerre a été mobilisé.
Il s'agit pour la Marine d'appuyer l'Outre-Mer avec ses deux autres porte-hélicoptères amphibies (PHA). Ainsi, sur décision du Président de la République, le Mistral, déjà dans l'Océan Indien pour la mission Jeanne d'Arc, prend la direction de La Réunion.
Le Dixmude lui, encore à Toulon, ira se positionner dans la zone Antilles-Guyane d'ici le début du mois d'avril.

L'Etat se montre ainsi proactif vis à vis des territoires ultra-marins, moins touchés que la métropole certes, mais tous déjà concernés par des cas d'infection. Et où l'inquiétude monte.

Cette implication des forces armées (il en va de même désormais partout dans le monde) risque d'avoir une conséquence sur les opérations extérieures, ce que nous analyserons ici dans les prochaines semaines. La ministre Florence Parly garantit la continuité de ces dernières.
Mais cependant, la mission de formation des forces irakiennes a vu ces derniers jours le rapatriement de la plupart des contingents de formateurs de la coalition. Le retrait français a lui été annoncé ce soir (deux cent personnes, équipes médicales incluses).


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