vendredi 30 juillet 2021

La Défense allemande s'intéresse à l'avion spatial. Et nous ?


L'Armée allemande vient de confier un contrat d'une valeur de 250 000 euros à la société Polaris Raumflugzeuge afin d'étudier les apports militaires du concept d'avion spatial de cette dernière.

Ci-dessus: le concept Aurora de Polaris Raumflugzeuge.


L'Allemagne soigne son secteur du New Space. Et après les micro lanceurs, c'est l'avion spatial qui attise l'intérêt.

En confiant un contrat d'étude de 250 000 euros à Polaris Raumflugzeuge, la Bundewher entend évaluer le potentiel du concept Aurora, un appareil suborbital capable de lancer des satellites de 800 à 1000 kg, et ce particulièrement pour les missions de renseignement. 

Un projet qu'on avait déjà pu évoquer ce printemps (voir lien ci-dessous). 

Lire aussi: Quel destin pour l'avion spatial ?


Le moment pour nous de se poser de nouveau la question: en France, qu'en est-il ? 

Eh bien rien de neuf. Mis à part l'essai du planeur hypersonique V-Max à venir cette année, absolument nécessaire afin de se mettre au niveau des autres puissances nucléaires, rien n'a été dévoilé chez nous, dans la défense comme dans le spatial, concernant quelques pistes de rupture. Il faut dire que la politique du décarboné occupe actuellement beaucoup de place. Même dans la défense !

Pourtant les concepts d'avion spatial (plutôt suborbital), ou de drone spatial (en orbite basse avec une soute et un potentiel de manœuvrabilité supérieur aux satellites), font bien l'objet de réflexions en France, à plusieurs niveaux, y compris politique.
Ceci dit, nul doute que comme souvent, ce mouvement allemand devrait entraîner des réactions chez nous. Une stratégie actions réciproques parfois calculée !

A Berlin, le secteur institutionnel doute ouvertement de la viabilité économique de ces nouveaux systèmes spatiaux… mais - bien poussé par ses industriels - cela ne lui empêche en rien d'étudier des pistes, prudemment, appuyant ses potentielles pépites au sein d'un écosystème européen à même de lui attribuer dans le futur des financements bien plus généreux. 

Sur les mouvements allemands justement, d'Ariane 6 aux micro-lanceurs, jusqu'à l'avion spatial, il convient cependant de nuancer l'analyse. L'exemple du contrat d'étude objet de ce billet est marquant. 250 000 euros, c'est peu !
Car ce que recherche l'Allemagne, probablement plus que de véritables accomplissements opérationnels (sur le plan purement stratégique, avouons que la Bundeswehr reste bien timide), c'est bien l'acquisition de compétences industrielles, jadis perdues. On peut ici penser aux négociations tendues sur le SCAF en ce qui concerne la propriété intellectuelle, mais aussi à ce programme de drone furtif aussi brièvement présenté qu'oublié chez Airbus. Un UCAV en apparence très proche du nEUROn franco-européen, programme auquel l'Allemagne n'a pas voulu participer.

De notre côté du Rhin, alors qu'un grand plan de relance industrielle à vocation "souveraine" est annoncé pour la rentrée (qui se matérialiserait par filières), nous aimerions déjà imaginer un peu plus d'audace quant aux pistes explorées pour le futur de l'aérospatial, ou la robotique. 
Certains grands groupes attendent cela avec impatience, mais plus encore, nos start-up ont cruellement besoin de telles preuves de confiance.

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3 commentaires:

  1. Le lien vers l'étude de drone furtif d'Airbus semble ne pas aboutir. Bonnes vacances !

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  2. Dans les micro-lanceurs, l'Allemagne est dans le concret et va vers le plus rentable:
    https://www.challenges.fr/entreprise/aeronautique/spatial-europeen-l-inquietant-separatisme-allemand_779610

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