lundi 3 janvier 2022

Voeux stratégiques 2022 !

Commençons cette nouvelle année par les traditionnels vœux de réussite, que l'on souhaitera bien entendu à vous tous lectrices et lecteurs, mais aussi et surtout aux forces armées sur tous les terrains. 2022 s'annonce riche et sera, pour ce qui nous concerne en France, dans un premier temps rythmée par l'élection présidentielle.


La Présidentielle donc. A ce stade, en janvier 2022, les programmes défense des candidats déclarés s'alignent sur l'ambition d'un retour de la France en tant que grande puissance, tout en dénonçant le fameux "déclassement". Il est donc question de second porte-avions de nouvelle génération (une question aujourd'hui pas forcément tranchée), et bien sûr d'augmentation drastique des matériels comme des effectifs. Problème: tout cela fait fi du contexte non pas économique, mais bien sociétal, qui fait que les ressources humaines ne sont pas une variable si facilement ajustable. Au format actuel, même minimum, les armées peinent en effet toujours à maintenir le seuil de recrutement. Pour les candidats, garantir les objectifs budgétaires engagés en 2017 seraient déjà un bon début. 

Un recrutement qui justement nous amène à parler des OPEX, dont le volume va considérablement s'alléger (sauf nouvelle crise évidemment). Au Sahel, Barkhane, dont les heures sont comptées, a déjà commencé sa grande transformation, et ses effectifs auront fondu durant le premier semestre 2022. L'armée de Terre est la principale concernée dans cette "relâche" prévue pour durer encore l'année suivante, et pourra se concentrer sur son grand programme d'entraînement à la haute intensité.

Qui dit haute-intensité dit matériels modernes, et en nombre. La modernisation se poursuit donc, les blindés Griffon continuent d'affluer, et le très attendu Jaguar rejoindra ses premières unités opérationnelles au printemps. En revanche, on ne verra pas le drone Patroller avant, au mieux, la fin de l'année. 

Mais la "haute intensité" concerne tout le monde, sur tous les terrains (même immatériels, ou en orbite) s'inscrivant dans un contexte international incertain où les agissements russes et chinois sont particulièrement scrutés à la loupe, heure par heure, dès aujourd'hui (hier en fait). Après la baffe AUKUS, il faudra aussi réévaluer notre stratégie indopacifique, d'autant plus que la question calédonienne est désormais réglée. 
Cela tombe bien, la France vient de prendre la présidence du Conseil de l'UE et aura à charge de dicter quelques grandes idées censées contribuer à l'indépendance stratégique du continent.   

Après une année 2021 exceptionnelle, le Rafale aura encore de beaux défis à relever sur les marchés export. Nous regarderons surtout vers l'Indonésie et l'Inde (encore cet axe indopacifique). Tout récemment, la Serbie a évoqué un curieux intérêt pour le chasseur de Dassault. Une réponse probable à l'acquisition de l'appareil par les Croates. 

Dans le spatial enfin, Ariane 5 venant de célébrer sa "presque-fin" de carrière par l'un de ses plus beaux lancements, celui du télescope James Webb, 2022 marquera l'avènement d'Ariane 6. Le nouveau lanceur lourd européen sera tiré dans sa première première version… première version car il s'agit d'une fusée qui sera largement amenée à évoluer durant sa vie opérationnelle, intégrant diverses innovations comme les moteurs ou étages réutilisables. Objectif réduction des coûts !

Et dans le quasi-spatial, on attend avec hâte en ce début d'année le premier test d'un démonstrateur de planeur hypersonique français, le V-MAX. 


Tout cela est bien entendu non-exhaustif et nous prendrons plaisir à suivre l'actualité stratégique tout au long de cette nouvelle année. La priorité comme dans tous vœux de nouvelle année, est toutefois la santé, avec on l'espère la sortie de cette crise sanitaire débutée il y a 2 ans maintenant.


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