mercredi 20 juin 2018

Nouvelle étape pour le SCAF Franco-Allemand


La France et l'Allemagne ont signé le mardi 19 juin deux lettres d'intention communes, dont l'une portant sur le système de combat aérien du futur (SCAF). Elle désigne la France comme nation leader du projet destiné à succéder au Rafale et à l'Eurofighter à l'horizon 2040.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel se sont rencontrés ce 19 juin au château de Meseberg, près de Berlin, pour un sommet franco-allemand. Une rencontre préliminaire au Conseil européen de Bruxelles qui portera sur la zone euro, et le projet porté par le couple d'un budget commun.

Mais on attendait également des avancées sur le partenariat stratégique européen entre la France et l'Allemagne. Moins d'un an après l'annonce à l'Elysée d'une volonté commune, et après les avionneurs Dassault Aviation et Airbus, qui avait signé un accord initial de coopération fin avril, les ministres de la défense/des armées française et allemande ont signé le même jour deux lettres d'intention communes, portant sur un futur char de combat, et le système de combat aérien futur.

Lire sur le blog: Dassault Aviation et Airbus, feront le chasseur du futur



Si le char lourd (Main Ground Combat System – MGCS), fruit de l'union de Nexter et KMW, sera à la charge principale des allemands, avec d'ailleurs mention d'un système d’artillerie du futur (CIFS), le programme FCAS (ou SCAF à l'international) avec au centre le futur avion de chasse européen, mais aussi donc, une architecture de systèmes, des drones, ravitailleurs... sera lui conduit par la France, et Dassault Aviation.

La lettre d’intention prévoit le lancement d'ici la fin de l'année 2018 d'une phase d’étude comprenant des travaux d’architecture et le lancement rapide de démonstrations, précise le ministère de la Défense dans un communiqué.
Une politique de démonstrateur, c'était la volonté récemment exprimée par Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation.
L'idée est d'aboutir, vers 2025, à une définition « des concepts à retenir pour le futur système opérationnel »

Bien sûr derrière la volonté politique, il faudra se répartir le poids industriel du programme, dont une grosse partie concernera le futur chasseur, vraisemblablement de 6ème génération. Si Dassault est en position de force, assurant l'avenir de toutes ses équipes pour l'après Rafale, Airbus va chercher à obtenir de belles parts du gâteau de l'autre côté du Rhin. Un véritable défi qui scellera l'avenir de l'Europe de la Défense.

D'autres industriels sont amenés à intégrer le programme. Il faudra notamment se trouver un motoriste. A-t-on encore cette capacité en Europe ?

Autre défi, le(s) programme(s) reste ouvert aux partenaires européens éventuels, ce qui sera une des clés de sa réussite tant commercialement, qu'en termes de stratégie et de souveraineté, face à la concurrence sans merci et déjà présente qu'est celle du F-35 et de son environnement de combat très très exclusif...

Stratégie et souveraineté toujours, Paris et Berlin ont aussi convenu du lancement du satellite militaire franco-allemand CSO3 sur Ariane 6, afin de garantir un accès souverain de l'Europe à l'espace.


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