lundi 8 juillet 2019

Une force de 20 Rafale dans le Pacifique en 2023


Ce court billet va nous permettre de faire suite à une interrogation posée l'été dernier sur ce blog, lorsque nous abordions la question d'un "pivot" stratégique français vers le Pacifique, reposant sur la Nouvelle Calédonie. L'Armée de l'air a depuis répondu en partie à la question du renforcement des moyens français dans la zone. En effet, elle pourra à partir de 2023 y envoyer en moins de 24h une force de combat de 20 Rafale.

Ci-dessus: deux Rafale et un ravitailleur MRTT en janvier 2019 à La Réunion - Armée de l'air


Alors que les grands enjeux stratégiques de notre monde se déplacent vers l'Extrême Orient, ce sont 1,7 millions de français qui vivent dans cette zone Indo-Pacifique. Un moment clé à l'heure où à Paris, les décideurs tentent de faire exister la France à l'autre bout du monde. 

Mais avec 8 000 personnels déployés dans la zone Indo-Pacifique, un chiffre tout de même conséquent, les moyens militaires français sont ils suffisants ? Car en effet, une grosse moitié de ces moyens est affectée dans l'Océan Indien. Les bases prépositionnées aux EAU et à Djibouti assurent le contrôle des routes commerciales vers la Mer Rouge, puis la Méditerranée, quand La Réunion (un B2M, un patrouilleur, et les frégates de surveillance Floréal et Nivôse) ouvre la route des expéditions vers l'Antarctique. Le patrouilleur polaire et logistique L'Astrolabe y est d'ailleurs basé. On évoquera aussi la problématique des îles éparses.

En zone Pacifique, les moyens sont autrement plus "légers". La France doit-elle faire de Nouméa la base clé de son dispositif Pacifique ? 
Cette question, nous tentions d'y répondre il y presque un an sur ce blog, alors que la Nouvelle Calédonie préparait son référendum sur l'indépendance (lien ci-dessous).



Dès la fin d'année, nous apprenions de la bouche du CEMAA, le général Lavigne, durant une audition parlementaire, que l'Armée de l'air serait apte à déployer une force conséquente de chasseurs en 2023, très précisément, 2023. Sans plus de détails.
L'explication était pourtant simple, et elle est délivrée dans une intervention du CEMAA lors du Paris Air Forum qui se déroulait ce 15 juin, avant l'ouverture du salon du Bourget (conférence passionnante disponible en vidéo ci-dessous):


2023, cette date correspond donc en réalité à la période où l'Armée de l'air possédera 8 ravitailleurs A330 MRTT "Phénix" opérationnels, ce qui bouleversera radicalement les capacités opérationnelles de nos forces aériennes. 8 ravitailleurs modernes sont donc nécessaires, ce qui prouve l'importance de cet "organe vital" d'une force aérienne de catégorie "AAA". 

Rappelons qu'en janvier dernier, avec le MRTT pour "nounou", deux Rafale ont effectué un voyage jusqu'à la Réunion, avec notamment un vol de retour de 9 000 km durant quasiment 12h,  soit 5 ravitaillements par Rafale, avant de se poser à Saint Dizier, démontrant au monde (comme c'est le cas épisodiquement) les capacités stratégiques de l'Armée de l'air.

En juillet 2018, c'était également l'exercice Pitch Black et la mission Pégase, qui avait mené une force aérienne française (dont 3 Rafale) jusqu'en Australie, en passant par les EAU, l'Inde, la Malaisie.

Avec la montée en puissance de la flotte MRTT (et A400M, nécessaire pour appuyer un tel déploiement), l'Armée de l'air passe donc à la vitesse supérieure, puisqu'on parle désormais non pas de 2 ou 3 Rafale, mais bien de 20 chasseurs, soit une véritable force de combat, qui pourrait de surcroît être doublée par l'aéronavale en présence du porte-avions.


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